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Présidence de Calvin Coolidge

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Présidence de Calvin Coolidge

30e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait officiel de Calvin Coolidge réalisé par Charles S. Hopkinson, 1932, Maison-Blanche.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1924
Début du mandat
(remplacement d'un président décédé)
Fin du mandat
Durée 5 ans 7 mois et 1 jour
Présidence
Nom Calvin Coolidge
Date de naissance
Date de décès (à 60 ans)
Appartenance politique Parti républicain

La présidence de Calvin Coolidge débuta le , date de l'investiture de Calvin Coolidge en tant que 30e président des États-Unis, et prit fin le . Membre du Parti républicain, Coolidge était vice-président des États-Unis depuis 2 ans et 151 jours lorsqu'il accéda à la fonction suprême après la mort soudaine du président en exercice Warren G. Harding. Élu pour un mandat complet de quatre ans en 1924, Coolidge se forgea une réputation de conservateur partisan d'un interventionnisme limité du gouvernement fédéral. Son secrétaire au Commerce Herbert Hoover, vainqueur de l'élection présidentielle de 1928, lui succéda à la Maison-Blanche.

Désireux de tourner la page des scandales de l'administration Harding, Coolidge se débarrassa rapidement de la plupart des individus impliqués dans ces affaires. Il présida à une économie forte et chercha à réduire le rôle du gouvernement fédéral en matière de régulation. Avec l'aide de son secrétaire au Trésor Andrew Mellon, Coolidge baissa massivement les impôts à trois reprises et utilisa les pouvoirs qui lui étaient conférés par le tarif Fordney-McCumber de 1922 pour maintenir les droits de douane à un niveau élevé afin de protéger l'industrie américaine. Il mit en revanche son veto à une loi sur l'aide aux agriculteurs qui aurait impliqué le gouvernement fédéral dans la résolution d'une crise agricole prolongée qui touchait une partie du monde rural. La vigueur de l'économie et la restriction des dépenses publiques eurent pour effet d'engendrer des excédents budgétaires constants ainsi qu'une baisse de la dette fédérale globale qui diminua d'un quart sous la présidence de Coolidge. Ce dernier promulgua également la loi sur l'immigration de 1924 qui limitait considérablement l'arrivée de nouveaux migrants aux États-Unis. Dans le domaine de la politique étrangère, Coolidge confirma le refus de son pays d'intégrer la Société des Nations, ce qui ne l'empêcha pas de s'entretenir avec les dirigeants étrangers et de soutenir le pacte Briand-Kellogg de 1928.

Tout au long de sa présidence, Coolidge jouit d'une popularité importante et sa décision de ne pas se représenter en 1928 surprit les observateurs. L'opinion publique se retourna toutefois contre lui quelques mois après son départ, alors que les États-Unis étaient frappés de plein fouet par la Grande Dépression ; Coolidge fut pointé du doigt pour sa responsabilité dans le déclenchement de la crise, en particulier son incapacité à mettre un frein à la spéculation sauvage qui avait acculé des milliers de personnes à la ruine. Son héritage fut réévalué sous l'administration de Ronald Reagan, mais les appréciations finales sur son mandat restent partagées entre ceux qui approuvent sa réduction des programmes fédéraux et ceux qui considèrent que l'État devrait être plus impliqué dans le contrôle et la réglementation de l'économie. Ses initiatives en faveur de l'égalité raciale sont cependant saluées par l'ensemble du spectre politique.

Accession à la présidence

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Calvin Coolidge prêtant le serment présidentiel dans sa maison de famille, le 3 août 1923 (par Arthur I. Keller).

Gouverneur du Massachusetts de 1919 à 1921, Calvin Coolidge avait été choisi en vue de l'élection présidentielle de 1920 pour figurer sur le « ticket » républicain en tant que colistier de Warren G. Harding. Le scrutin fut remporté par les républicains et Coolidge devint vice-président. Le , le président Harding mourut lors d'une tournée en Californie. Coolidge était alors dans le Vermont dans la maison de sa famille lorsqu'il apprit la mort de Harding par un messager[1]. Son père, un notaire public, administra le serment de la présidence dans le salon familial à la lueur d'une lampe à pétrole à h 47 le . Il se rendit à Washington le lendemain et il prêta à nouveau serment avec le juge Adolph A. Hoehling, Jr. de la cour suprême du district de Columbia car il n'était pas certain qu'un notaire disposait de l'autorité suffisante pour administrer le serment présidentiel[2]. Coolidge s'adressa au Congrès lorsque celui-ci se réunit à nouveau le suivant dans un discours qui faisait de nombreuses références aux idées de Harding, dont des restrictions sur l'immigration, le vote du budget et le besoin pour le gouvernement fédéral d'arbitrer les grèves des mineurs de charbon en Pennsylvanie[3],[4].

Composition du gouvernement

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Même si de nombreux membres du cabinet de Harding étaient empêtrés dans des scandales, Coolidge annonça qu'il ne demanderait aucune démission, pensant que comme le peuple avait élu Harding, il devait poursuivre la présidence de ce dernier au moins jusqu'à la prochaine élection[5]. Il conserva auprès de lui Judson T. Welliver, le compétent rédacteur de discours de son prédécesseur, qui fut remplacé par Stuart Crawford en . Coolidge nomma également C. Bascom Slemp, un représentant de Virginie et politicien expérimenté, pour travailler conjointement avec Edward T. Clark, un républicain du Massachusetts qui faisait partie de son équipe à la vice-présidence, en tant que « secrétaires du président », une position équivalente à celle de l'actuel chef de cabinet de la Maison-Blanche[5].

Le membre le plus influent du cabinet Coolidge fut probablement le secrétaire au Trésor Andrew Mellon qui avait la haute main sur la politique fiscale de l'administration et était considéré par beaucoup, y compris par le représentant démocrate du Texas John Nance Garner, comme étant plus puissant que Coolidge lui-même[6]. Le secrétaire au Commerce Herbert Hoover joua également un rôle de premier plan au sein du cabinet, en partie du fait de sa réputation d'homme favorable aux milieux d'affaires[7]. Quant au secrétaire d'État Charles Evans Hughes, il dirigea la politique étrangère américaine jusqu'à sa démission en 1925, à la suite de la réélection de Coolidge ; il fut remplacé par Frank B. Kellogg qui avait servi en qualité de sénateur et d'ambassadeur au Royaume-Uni. Après sa victoire à l'élection de 1924, Coolidge nomma William M. Jardine au poste de secrétaire à l'Agriculture et John G. Sargent à celui de procureur général[8]. Le président voulait initialement confier le département de la Justice à Charles B. Warren mais la nomination de celui-ci fut rejetée par le Sénat — une première depuis 1868 — et la Maison-Blanche se rabattit alors sur Sargent[9]. Coolidge n'eut pas de vice-président au cours de son premier mandat mais cette vacance fut comblée en 1925 par Charles Dawes, qui se disputa entre autres avec Coolidge au sujet de la politique agricole[10].

Le cabinet Coolidge photographié en 1924 à l'extérieur de la Maison-Blanche. Au premier rang, de gauche à droite : Harry Stewart New, John W. Weeks, Charles Evans Hughes, Calvin Coolidge, Andrew Mellon, Harlan F. Stone et Curtis D. Wilbur ; au second rang, de gauche à droite : James J. Davis, Henry C. Wallace, Herbert Hoover et Hubert Work.
Cabinet Coolidge
Fonction Nom Dates
Président Calvin Coolidge 1923-1929
Vice-président Aucun 1923-1925
Charles Dawes 1925-1929
Secrétaire d'État Charles Evans Hughes 1923-1925
Frank B. Kellogg 1925-1929
Secrétaire au Trésor Andrew Mellon 1923-1929
Secrétaire à la Guerre John W. Weeks 1923-1925
Dwight Davis 1923-1929
Procureur général Harry M. Daugherty 1923-1924
Harlan F. Stone 1924-1925
John G. Sargent 1925-1929
Postmaster General Harry Stewart New 1923-1929
Secrétaire à la Marine Edwin Denby 1923-1924
Curtis D. Wilbur 1924-1929
Secrétaire à l'Intérieur Hubert Work 1923-1928
Roy Owen West 1928-1929
Secrétaire à l'Agriculture Henry C. Wallace 1923-1924
Howard Mason Gore 1924-1925
William M. Jardine 1925-1929
Secrétaire au Commerce Herbert Hoover 1923-1928
William F. Whiting 1928-1929
Secrétaire au Travail James J. Davis 1923-1929

Nominations judiciaires

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Coolidge nomma un juge à la Cour suprême, Harlan Fiske Stone, qui succéda en 1925 à Joseph McKenna, mort la même année. Stone était un ancien camarade de Amherst, un avocat de Wall Street et un républicain conservateur. Il était doyen de la Columbia Law School lorsque Coolidge le nomma procureur général en 1924 pour restaurer la réputation de la fonction ternie par le procureur général de Harding, Harry M. Daugherty[11]. Dans le cadre de ses fonctions, Stone fut un fervent défenseur du principe de retenue judiciaire et, par la suite, l'un des juges de la Cour les plus favorables au New Deal[12].

En plus de cette nomination à la Cour suprême, Coolidge nomma 17 juges aux cours fédérales d'appel et 61 juges aux cours de districts. Il nomma également des juges à divers tribunaux spécialisés dont Genevieve R. Cline qui devint la première femme dans une juridiction fédérale lorsque Coolidge la plaça à l'United States Court of International Trade en 1928[13]. Coolidge signa également le Judiciary Act de 1925 qui permettait à la Cour suprême de mieux choisir ses dossiers pour réduire sa charge de travail.

Politique intérieure

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Scandales de l'administration Harding

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Peu avant la mort de Harding, plusieurs scandales impliquant des membres de son administration avaient éclaté au grand jour et, bien que n'étant pas concerné par ces révélations, Coolidge dut gérer les retombées de ces affaires dès son entrée en fonction. En effet, le secrétaire à l'Intérieur Albert B. Fall, qui avait démissionné en , et le secrétaire à la Marine Edwin Denby étaient compromis dans le scandale du Teapot Dome tandis que des accusations similaires étaient dirigées contre le procureur général Harry M. Daugherty et l'ancien directeur du Bureau des vétérans Charles R. Forbes. Une commission sénatoriale bipartisane, présidée par Thomas J. Walsh et Robert M. La Follette, fut chargée d'enquêter sur ces scandales et ses travaux débutèrent dans les premières semaines de la présidence de Coolidge. De nouvelles malversations furent ainsi mises au jour et Coolidge nomma Atlee Pomerene et Owen Roberts comme procureurs spéciaux même s'il restait personnellement sceptique quant à la culpabilité des personnes mises en cause. En dépit de la pression du Congrès, il refusa de limoger Denby qui démissionna de son propre chef en mais renvoya toutefois à la même date Daugherty qui refusait de quitter son poste. Le président remplaça par ailleurs le directeur du Bureau of Investigation, William J. Burns, par J. Edgar Hoover. L'enquête de Pomerene et Roberts, conjuguée avec le départ des fonctionnaires empêtrés dans ces scandales, permit à Coolidge de se dissocier des prévarications du précédent gouvernement[14]. De fait, les affaires liées à l'administration Harding étaient largement oubliées en même si un scandale impliquant l'ex-ministre des Postes William H. Hays fit brièvement la une des journaux en 1928[15].

Politique économique

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Durant la présidence de Coolidge, les États-Unis connurent une période de croissance économique rapide connue sous le nom de « Roaring Twenties »[16]. Le taux de chômage se maintint à des niveaux très faibles tandis que le produit intérieur brut du pays passa de 85,2 milliards de dollars en 1924 à 101,4 milliards en 1929[17]. Selon Nathan Miller, « les années d'après-guerre inaugurèrent une ère de consumérisme plus démocratisée que jamais en Amérique ou ailleurs »[18]. Le nombre d'automobiles aux États-Unis était de 23 millions en 1929 contre 7 millions dix ans plus tôt alors que le pourcentage de foyers raccordés à l'électricité, qui n'était que de 16 % en 1912, atteignit 60 % au milieu des années 1920[16]. Les inégalités s'accrurent néanmoins fortement sous la présidence de Coolidge à tel point qu'un peu moins de la moitié des richesses nationales était détenue en 1928 par les 10 % d'Américains les plus fortunés, ce qui constitua un record jusqu'en 2007[19].

La régulation gouvernementale sous Coolidge était, comme un biographe l'écrivit, « fine jusqu'à en être invisible »[20]. Le président estimait que la défense des intérêts des industriels était bénéfique à la société dans son ensemble et il chercha à diminuer les impôts ainsi que les réglementations qui pesaient sur les entreprises tout en révisant à la hausse le tarif douanier afin de protéger ces dernières de la concurrence étrangère[21]. Coolidge méprisait la régulation économique et poursuivit cette idée en nommant des commissaires à la Federal Trade Commission (FTC) et à l'Interstate Commerce Commission qui firent peu pour restreindre les activités des entreprises sous leur juridiction[22]. Sous la direction de William E. Humphrey, désigné par Coolidge, la FTC cessa pratiquement toute action en justice contre les trusts ce qui permit à certaines entreprises, à l'instar d'Alcoa, de dominer des pans entiers de l'industrie[23]. Coolidge s'abstint par ailleurs d'interférer avec les pratiques de la Réserve fédérale qui maintenait les taux d'intérêt à un niveau très bas et favorisait l'essor des opérations boursières sur marge[24]. Il utilisa également les prérogatives conférées au président en matière de politique douanière par le tarif Fordney-Mac Cumber de 1922 pour rehausser les droits de douane que ce tarif avait déjà fixés à des taux importants[25]. Il peupla enfin la United States Tariff Commission, un organisme chargé de conseiller le président sur la politique tarifaire, d'hommes d'affaires intéressés au maintien de droits de douane élevés[26].

Coolidge laissa la politique économique entre les mains de son actif secrétaire au Commerce, Herbert Hoover, qui utilisa les fonds gouvernementaux pour améliorer l'efficacité des entreprises et développer le transport aérien et la radio[27]. Hoover, en tant que fervent partisan de la coopération entre le gouvernement et les milieux d'affaires, organisa de nombreuses conférences réunissant intellectuels et chefs d'entreprise afin d'émettre des recommandations ; si peu de réformes furent en définitive adoptées, ces propositions renvoyèrent une image dynamique de l'administration[28]. Entre 1923 et 1929, le nombre de familles équipées d'un poste de radio passa de 300 000 à 10 millions[29]. Le Radio Act of 1927 donna naissance à la Federal Radio Commission (FRC), rattachée au département du Commerce. Cette dernière accorda maintes licences à d'importantes stations de radio commerciales dont « l'intérêt public, la commodité ou la nécessité » étaient reconnus et instaura l'obligation pour les radiodiffuseurs de respecter l'égalité de temps d'antenne[30]. À la demande de Hoover, le Congrès approuva le Air Commerce Act qui autorisait le département du Commerce à réglementer le transport aérien[31]. L'administration Coolidge contribua également au financement des routes en vertu du Federal Aid Highway Act of 1921[32] ; en outre, la distance couverte en kilomètres par les autoroutes américaines ayant doublé au cours des années 1920, elle participa à la création du United States Numbered Highway System selon lequel les autoroutes devaient faire l'objet d'une désignation ordonnée et d'une signalisation uniforme[33].

La politique économique de Coolidge a souvent été critiquée pour son adhésion à l'idéologie du laissez-faire qui aurait mené à la Grande Dépression[34]. Hostile à l'interventionnisme du gouvernement dans la sphère économique, Coolidge déclara en que « le business de l'Amérique, c'est le business »[35]. D'un autre côté, l'historien Robert Sobel avance que cela était plus lié au soutien de Coolidge au fédéralisme : « en tant que gouverneur du Massachusetts, Coolidge soutint les législations sur les salaires et la durée du travail, s'opposa au travail des enfants, imposa des contrôles économiques durant la Première Guerre mondiale, favorisa les mesures de sécurité dans les usines et même la représentation des ouvriers au sein des comités de direction. A-t-il soutenu ces mesures lorsqu'il était président ? Non, car dans les années 1920, ces questions étaient de la responsabilité des gouvernements locaux »[36]. David Greenberg affirme pour sa part que les politiques économiques de Coolidge, destinées principalement à soutenir l'industrie américaine, empruntaient davantage à la tradition hamiltonienne qu'à celle du laissez-faire[21].

Fiscalité et dépenses publiques

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Le secrétaire au Trésor de Coolidge, Andrew Mellon, en septembre 1926.

Coolidge entra en fonction peu après la fin de la Première Guerre mondiale durant laquelle le gouvernement américain avait augmenté les impôts dans une proportion inédite[37]. La politique fiscale de Coolidge était celle de son secrétaire au Trésor Andrew Mellon : les taxes doivent être faibles et le moins de personnes possibles doivent avoir à les payer[38]. Alors que la loi de finances de 1921, soutenue par Mellon, avait déjà réduit la tranche supérieure du taux marginal d'imposition de 71 % à 58 %, Mellon chercha de nouveau à baisser voire à supprimer divers impôts sous la présidence de Coolidge[39].

Au début de l'année 1924, Coolidge s'opposa à la loi d'indemnisation des vétérans de la Première Guerre mondiale, surnommée le Bonus Bill, qu'il jugeait irresponsable sur le plan budgétaire[40]. Nombre de législateurs désiraient en effet profiter du surplus dégagé par le budget fédéral pour accorder une prime aux anciens combattants de la dernière guerre, au motif que ceux-ci n'avaient pas perçu leur juste dû pendant le conflit ; Coolidge et Mellon souhaitaient, à l'inverse, utiliser cet excédent pour baisser les impôts et considéraient que le pays ne pouvait pas se permettre de voter à la fois le Bonus Bill, diminuer les taxes et maintenir un budget à l'équilibre. Le Bonus Bill était toutefois très populaire dans l'opinion et soutenu par plusieurs républicains influents tels qu'Henry Cabot Lodge et Charles Curtis. Coolidge mit son veto au texte mais le Congrès passa outre, infligeant au président sa première défaite législative importante[41].

Les débats suscités par le Bonus Bill contrarièrent les plans de l'exécutif et Coolidge dut abandonner son projet d'abaissement du taux maximal d'imposition à 25 %[42]. À l'issue d'intenses tractations, le Congrès approuva le Revenue Act de 1924 qui diminuait l'impôt sur le revenu et supprimait toute forme d'imposition pour quelque deux millions de personnes[43]. La loi eut également pour effet de réduire la tranche supérieure du taux marginal d'imposition de 58 % à 46 % mais les droits de succession furent augmentés et renforcés d'un nouvel impôt sur les donations[44]. Après sa réélection en 1924, Coolidge réclama de nouvelles baisses d'impôts[45], ce en quoi il obtint gain de cause avec l'adoption par le Congrès des Revenue Acts de 1926 et de 1928. Si la taxe sur les donations fut supprimée en 1926, Mellon ne put en revanche faire abroger celle sur les successions dont l'entrée en vigueur remontait à 1916. Outre la diminution du taux d'imposition maximal, les différentes lois fiscales adoptées sous la présidence de Coolidge révisèrent à la hausse le montant des revenus n'étant pas assujettis à l'impôt ; ainsi, en 1928, seuls les 2 % de contribuables les plus fortunés payaient un impôt sur le revenu fédéral[46].

Coolidge hérita d'un budget excédentaire de 700 millions de dollars mais aussi d'une dette fédérale de 22,3 milliards, contractée en grande partie au cours de la Première Guerre mondiale[47]. Les dépenses publiques furent globalement stables pendant toute la durée de son administration et le montant de la dette fut remboursé d'environ un quart sous son mandat. Coolidge fut ainsi le dernier président, avant Bill Clinton dans les années 1990, à réduire significativement le volume de la dette fédérale même si ses successeurs furent en mesure d'alléger le poids de la dette proportionnellement au PIB du pays[48].

Immigration

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Proportion relative de l'immigration en provenance du nord-ouest (en rouge) et du sud-est (en bleu) de l'Europe vers les États-Unis entre 1881 et 1940. Les effets de la législation dans les années 1920 sont visibles.

Dans les années antérieures à la présidence de Coolidge avait émergé aux États-Unis un puissant courant nativiste[49], très hostile aux immigrants en provenance d'Europe de l'Est et du Sud-Est ainsi que de l'Asie orientale[50]. Une lettre adressée au sénateur William Borah par l'un de ses électeurs résumait l'opinion de nombreux partisans d'une restriction des flux migratoires en affirmant que « l'immigration devrait être complètement stoppée pour au moins une génération jusqu'à ce que nous puissions assimiler et américaniser les millions d'individus qui se trouvent déjà parmi nous »[51]. Avant même l'accession de Coolidge à la présidence, le Congrès avait successivement adopté l'Immigration Act de 1917, qui obligeait les nouveaux arrivants à se soumettre à des tests alphabétiques, et l’Emergency Quota Act de 1921 qui fixait une limite temporaire au nombre d'immigrants autorisés à séjourner dans le pays[49]. Quelques années plus tard, un débat se fit jour parmi les membres du Congrès quant à l'élaboration d'une loi plus pérenne dont l'objectif, à savoir une diminution drastique de l'immigration, était largement soutenu par les dirigeants démocrates comme républicains à l'exception notable de certains élus démocrates des villes tels qu'Al Smith[52]. Alors que les chefs d'entreprise avaient longtemps défendu l'opportunité d'une immigration illimitée sur le sol américain, le développement de la mécanisation, l'entrée des femmes sur le marché du travail et la migration des Noirs du Sud vers le Nord firent que le recours à la main-d'œuvre étrangère n'était plus aussi indispensable qu'auparavant[53].

Dans son discours sur l'état de l'Union de 1923, Coolidge soutint le renouvellement des quotas migratoires mais son administration fut moins encline à défendre le National Origins Formula qui restreignait de fait l'immigration en provenance de la plupart des pays à l'exception de ceux d'Europe du Nord-Ouest. Le secrétaire d'État, Charles Evans Hughes, était fermement opposé aux quotas et en particulier à l'interdiction totale de l'immigration japonaise, appliquée en violation de l'accord conclu en 1907 avec le régime de Tokyo. Coolidge était lui-même réservé quant au bien-fondé de ces politiques migratoires restrictives, ce qui ne l'empêcha pas de ratifier la loi d'immigration de 1924 dont les dispositions étaient draconiennes[49]. Alors que l'Emergency Quota Act avait limité l'arrivage de nouveaux immigrants à 3 % de la population d'une nationalité donnée résidant sur le sol américain en 1920, la nouvelle législation abaissait ce seuil à 2 % calculé désormais sur la base du recensement de 1890[54]. Demeurée en vigueur jusqu'à la loi sur l'immigration et la nationalité de 1965, la loi de 1924 eut, plusieurs décennies durant, une influence considérable sur la démographie migratoire des États-Unis[49].

Réaction à la crise agricole

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L'une des questions les plus importantes de la présidence Coolidge fut le soutien à apporter aux agriculteurs, dont les revenus s'étaient effondrés au sortir de la Première Guerre mondiale[55]. Dans un contexte de surproduction, provoquée à la fois par la concurrence accrue des marchés mondiaux et l'introduction des tracteurs qui avaient augmenté la productivité des agriculteurs et permis la culture de terres autrefois dédiées à l'alimentation animale, de nombreux fermiers se retrouvèrent dans l'incapacité d'écouler leurs récoltes[56]. La surproduction fut ainsi à l'origine d'une crise agricole latente dont les conséquences furent dévastatrices dans une grande partie du monde rural[57]. Les agriculteurs constituant toujours, en débit d'une urbanisation croissante, une part influente de l'électorat, leurs difficultés furent une des questions politiques centrales de la décennie 1920[58].

Pour remédier à la crise, le secrétaire à l'Agriculture Henry C. Wallace suggéra de limiter la surface de terre cultivable par exploitant mais l'impopularité d'une telle mesure auprès des agriculteurs rendait son adoption impossible[59]. Après les élections de 1924, l'administration Coolidge proposa de s'appuyer sur les coopératives agricoles afin de stabiliser les prix mais le plan ne rencontra, là encore, que peu d'écho auprès des fermiers[60]. Ces derniers adhérèrent en revanche avec enthousiasme aux idées de George Peek dont les prises de position en faveur d'une hausse des prix agricoles inspirèrent la McNary-Haugen Farm Relief Bill[61] ; celle-ci proposait la création d'un comité agricole fédéral qui pourrait acheter les surplus de production lors des années à fort rendement et les stocker (si possible) pour plus tard ou les vendre à l'étranger[62]. Si la vente des récoltes par le gouvernement sur les marchés internationaux s'effectuerait à perte, celle-ci devait être en partie compensée par les cotisations versées par les agriculteurs tributaires du programme[63]. Les partisans de la loi firent valoir que le programme en question ne différait guère, dans son principe, des tarifs douaniers protectionnistes qu'ils estimaient indûment profitables aux intérêts industriels[64]. Coolidge s'opposa toutefois à cette loi en déclarant que l'agriculture devait se tenir « sur une base commerciale indépendante » et que le « contrôle étatique ne pouvait être détaché du contrôle politique »[62]. Les première et deuxième moutures de la loi McNary-Haugen furent rejetées respectivement en 1924 et 1925 mais le texte continua de jouir d'une grande popularité à mesure que la crise persistait[65].

La baisse du prix du coton en 1925 laissa entrevoir une alliance de circonstance entre les parlementaires du Sud et ceux de l'Ouest en faveur d'une importante loi de réforme agricole. Soucieux de faire barrage à tout programme gouvernemental d'envergure, Coolidge chercha à décourager les partisans de la loi McNary-Haugen et mobilisa différents groupes d'influence, à commencer par les hommes d'affaires, pour empêcher l'adoption du texte[66]. Dans le même temps, le président soutint le Curtis-Crisp Act, moins radical que la loi McNary-Haugen, qui créait un comité fédéral chargé de prêter de l'argent aux coopératives agricoles les années de surproduction mais le projet de loi fut rejeté[67]. En , le Congrès adopta de justesse la loi McNary-Haugen mais Coolidge mit son veto[68]. Dans sa justification, il exprima sa croyance selon laquelle la loi n'aiderait pas les agriculteurs et ne bénéficierait qu'aux exportateurs tout en accroissant la bureaucratie fédérale[69]. Le Congrès n'annula pas le veto, la loi fut revotée en mai 1928 avec une majorité accrue mais une nouvelle fois Coolidge utilisa son droit de veto[68]. Le président, fils d'un agriculteur du Vermont, déclara que les « agriculteurs n'ont jamais gagné beaucoup d'argent. Je ne crois pas que nous puissions y faire grand-chose »[70]. Le secrétaire à l'Agriculture William Marion Jardine tenta de résoudre à son tour la crise agricole par la création d'un Conseil fédéral de l'agriculture (Federal Farm Board) et ses initiatives furent à l'origine de l'Agricultural Marketing Act of 1929, adopté quelques mois après le départ de Coolidge de la Maison-Blanche[71].

Crue du Mississippi

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Coolidge fut souvent critiqué pour ses actions lors de la crue du Mississippi de 1927, la pire catastrophe naturelle qui toucha le Sud des États-Unis jusqu'à l'ouragan Katrina en 2005[72]. Même s'il nomma finalement Hoover à la tête d'une commission chargée de l'aide à la reconstruction, le manque d'intérêt de Coolidge concernant le contrôle fédéral des crues fut critiqué[72]. Coolidge ne croyait pas que visiter la région après les inondations ferait grand-chose et il considérait que cela serait vu comme une tribune politique. Il ne voulut pas non plus financer les aménagements de régulation des crues avec des fonds fédéraux en avançant que les propriétaires locaux devaient en supporter le coût[73]. D'un autre côté, le Congrès voulait une loi qui donnerait au gouvernement fédéral la responsabilité totale de la mitigation des crues[74]. Lorsque le Congrès vota une mesure de compromis en 1928, Coolidge refusa de s'en voir attribuer le mérite et il signa la loi en privé le [75].

Relations avec le monde du travail

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Le nombre de travailleurs syndiqués déclina au cours des années 1920, en partie du fait de la hausse continue des salaires et de la réduction de la durée moyenne du temps de travail hebdomadaire. Contrairement aux années précédentes, la présidence de Coolidge fut relativement épargnée par les grèves en dehors de celle des mineurs de charbon en 1923[76]. Le président était le plus souvent réticent à s'impliquer dans les questions sociales et confia à Hoover le soin d'apaiser les troubles dans le secteur minier ; à l'instigation du secrétaire au Commerce fut signé l'accord de Jacksonville entre les mineurs et les compagnies minières qui ne fut cependant guère suivi d'effet[77]. Tout au long de la décennie, la Cour suprême dirigée par William Howard Taft rendit plusieurs décisions d'inspiration conservatrice qui furent préjudiciables aux syndicats et autorisaient les tribunaux fédéraux à intervenir pour faire cesser les grèves. Les juges de la Cour étaient par ailleurs hostiles à toute ingérence gouvernementale visant à réglementer a minima les conditions de travail et prononcèrent l'inconstitutionnalité des lois sur le salaire minimum dans l'arrêt Adkins v. Children's Hospital de 1923[78].

Après l'invalidation à deux reprises par la Cour des lois réglementant et taxant les biens de consommation produits par des employés âgés de moins de 14 et 16 ans, le Congrès approuva en un amendement à la Constitution des États-Unis qui permettait expressément aux parlementaires d'encadrer le « travail des personnes de moins de 18 ans »[79]. Coolidge, dans son premier discours sur l'état de l'Union, s'exprima en faveur de cet amendement[80]. Ce dernier, communément surnommé l'« amendement sur le travail des enfants », ne fut cependant jamais approuvé par le nombre minimal d'États requis et, en l'absence de délai quelconque, est toujours considéré comme en attente de ratification devant les législatures étatiques[81].

Prohibition

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Le 18e amendement de la Constitution, ratifié en 1920, avait prohibé le commerce de boissons alcoolisées sur le territoire des États-Unis ; toute violation de cet amendement, en vertu du Volstead Act, faisait l'objet de pénalités[82]. Coolidge était personnellement hostile à la prohibition mais il s'efforça d'appliquer la loi fédérale et fit cesser la consommation d'alcool à la Maison-Blanche[83]. En dépit de l'instauration par le Congrès du Bureau de la prohibition chargé de l'exécution du Volstead Act, les dispositions de la loi ne furent que mollement appliquées à l'échelle du pays et, comme la plupart des États déléguaient le soin de faire respecter la prohibition au gouvernement fédéral, la production illégale de boissons alcoolisées prospéra[84]. Certaines figures du crime organisé, à l'instar d'Arnold Rothstein ou Al Capone, s'arrangèrent pour importer de l'alcool en provenance d'autres contrées telles que le Canada et la rentabilité de la contrebande fut à l'origine de la montée en puissance de la pègre[85]. La consommation d'alcool n'en chuta pas moins de façon spectaculaire au cours des années 1920, notamment en raison du prix élevé des boissons alcoolisées[86].

Droits civiques

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Coolidge est entouré d'Amérindiens en costumes traditionnels dans les jardins de la Maison-Blanche.
Coolidge avec des membres de la tribu des Osages lors de la signature de l'Indian Citizenship Act, le 2 juin 1924.

Coolidge se prononça en faveur des droits civiques des Afro-Américains et des catholiques. Dans son premier discours sur l'état de l'Union, il déclara que les droits des Noirs étaient « tout aussi sacrés que ceux de n'importe quel citoyen » en vertu de la Constitution et qu'il était de son « devoir public et privé de protéger ces droits »[87]. Il ne nomma aucun membre du Ku Klux Klan et ce dernier perdit beaucoup de son influence sous sa présidence[88].

Coolidge demanda à de nombreuses reprises la mise en place de lois anti-lynchage mais les tentatives du Congrès en ce sens étaient systématiquement bloquées par les démocrates du Sud[89]. S'il prit quelques mesures en faveur des Afro-Américains telles que la création d'une commission chargée de documenter leurs conditions de vie ou la mise en place de bourses pour leur permettre d'étudier la médecine aux frais du gouvernement, il ne fit toutefois rien pour soutenir les lois contre le lynchage et refusa de prendre publiquement position contre le Klan, même lorsque son rival démocrate John W. Davis l'invita à s'exprimer en ce sens lors de l'élection de 1924[90]. Il défendit néanmoins l'accès de certains Noirs à des postes de la fonction publique et nomma l'un d'entre eux comme ambassadeur au Liberia[90] ; l'historien Robert H. Ferrell note cependant que Coolidge ne fit guère d'efforts pour encourager la nomination d'Afro-Américains à des fonctions gouvernementales ni ne nomma aucune personnalité noire d'envergure au cours de son mandat[91]. En dépit d'un vote noir toujours majoritairement favorable aux républicains, l'engagement timoré de Coolidge et de son parti pour la cause des Afro-Américains, de même que le refus du président de secourir les sinistrés principalement noirs de la crue du Mississippi, leur aliénèrent le soutien de W. E. B. Du Bois, l'influent militant du mouvement des droits civiques[90].

Coolidge s'engagea en faveur des droits de la communauté amérindienne en promulguant, en , l'Indian Citizenship Act qui accordait la citoyenneté américaine à tous les Amérindiens[92]. L'entrée en vigueur de cette loi vint récompenser l'engagement de milliers d'Amérindiens dans l'armée américaine lors de la Première Guerre mondiale[93]. Le texte ne précisait toutefois pas clairement qui, du gouvernement fédéral ou des chefs de tribu, détenaient la souveraineté tribale[94]. En 1928, le rapport Meriam pointa les insuffisances de la politique menée à l'égard des Amérindiens, en particulier la « spoliation du patrimoine foncier » et « l'appauvrissement des communautés amérindiennes », et ce en dépit des moyens plus importants alloués au Bureau des affaires indiennes[95].

Politique étrangère

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Société des Nations et Cour de justice internationale

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Coolidge ne manifestait ni appétence ni expertise pour les affaires étrangères[96]. Même s'il n'était pas un isolationniste, il était réticent à l'idée d'entrer dans des alliances internationales[97]. Coolidge voyait dans le raz-de-marée républicain de 1920 la preuve d'un rejet de l'idée de Woodrow Wilson selon laquelle les États-Unis devaient rejoindre la Société des Nations (SDN). Sans être opposé à la Société, il considérait qu'en l'état, elle ne servait pas les intérêts américains et ne défendit pas une adhésion[98]. Il se prononça en revanche pour que les États-Unis rejoignent la Cour permanente de justice internationale à la condition que le pays ne soit pas contraint par ses décisions[99]. Le Congrès accepta finalement de rejoindre la Cour avec des réserves en 1926[100]. La SDN accepta les réserves mais suggéra quelques modifications qui ne furent jamais approuvées par le Sénat et les États-Unis ne rejoignirent jamais la Cour[101]. Par ailleurs, Coolidge poursuivit la politique de non-reconnaissance de l'Union soviétique de ses prédécesseurs[102].

Réparations et dettes de guerre

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Après la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs pays européens se retrouvèrent lourdement endettés, en particulier vis-à-vis des États-Unis. Ces mêmes pays étaient, certes, redevables de sommes considérables de la part de l'Allemagne au titre des réparations de guerre mais l'économie allemande s'effondra sous le poids de ces dernières. Si Coolidge refusa dans un premier temps d'annuler la dette de l'Europe ou de diminuer les droits de douane sur les produits d'importation européenne, l'occupation de la Ruhr par la France et la Belgique en 1923 le força à agir. À l'initiative du secrétaire d'État Hughes, Coolidge nomma Charles Dawes à la tête d'une commission internationale destinée à établir un accord sur la question des réparations allemandes. Le plan Dawes qui en résulta préconisait une restructuration de l'économie allemande et les États-Unis accordèrent d'importants prêts à l'Allemagne pour l'aider à rembourser ses dettes. Ce plan fut à l'origine d'un net rebond de la croissance économique allemande tout en favorisant un climat de coopération à l'échelle internationale[103].

Capitalisant sur le succès du plan Dawes, le diplomate américain Alanson B. Houghton aida aux préparatifs de la conférence de Locarno en . L'objectif de ce sommet était d'apaiser les tensions entre l'Allemagne et la France qui redoutait un réarmement de son voisin germanique. En vertu des accords de Locarno, la France, la Belgique et l'Allemagne s'engagèrent à respecter les frontières établies par le traité de Versailles et à s'abstenir de toute agression mutuelle ; Berlin accepta en outre de soumettre le tracé de ses frontières orientales à l'arbitrage des États créés dans cette région au sortir du premier conflit mondial[104].

Désarmement et renoncement à la guerre

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États signataires du pacte Briand-Kellogg. En vert foncé, les premiers signataires ; en vert, les adhérents suivants ; en bleu clair, les territoires des parties ; en bleu foncé, les territoires sous mandat de la Société des Nations, administrés par les parties.

L'initiative la plus connue de Coolidge fut le pacte Briand-Kellogg de 1928, nommé d'après le secrétaire d'État américain Frank B. Kellogg, qui reçut le prix Nobel de la paix pour cet accord, et le ministre des Affaires étrangères français Aristide Briand. Le traité ratifié en 1929 prévoyait que les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Japon « condamnaient le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renonçaient en tant qu'instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles »[105]. Si le traité ne permit pas d'« interdire » la guerre, il posa les bases des lois internationales établies après la Seconde Guerre mondiale[106],[107].

Impressionné par le succès de la conférence navale de Washington de 1921-1922, Coolidge plaida en faveur d'un nouveau sommet international afin de traiter des enjeux relatifs aux affaires navales, en particulier la limitation du nombre de navires dont le tonnage était inférieur à 10 000 tonnes. La conférence navale de Genève de 1927 se solda néanmoins par un échec en raison du désistement de la France et du fait que la plupart des délégués étaient des amiraux qui ne souhaitaient pas voir encadrée la taille de leurs flottes[108].

Amérique latine

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Coolidge nomma son ami proche Dwight Morrow au Mexique en tant qu'ambassadeur[109]. À la suite de la révolution mexicaine (1910-1920), les États-Unis avaient refusé de reconnaître le gouvernement d'Álvaro Obregón, qui avait été l'un des meneurs de ce soulèvement. Le secrétaire d'État Hughes s'était cependant efforcé de normaliser les relations avec le Mexique sous la présidence de Harding et Coolidge poursuivit dans cette voie en reconnaissant officiellement le gouvernement mexicain en 1923. Afin de venir en aide à Obregón qui faisait face à une rébellion, Coolidge mit fin à l'embargo qui pesait sur le Mexique et exhorta les banques américaines à prêter de l'argent aux autorités de ce pays. En 1924, le Mexique élut un nouveau président en la personne de Plutarco Elías Calles, dont une partie du programme visait à limiter les revendications de propriété américaines et à s'emparer des biens de l'Église catholique. L'ambassadeur Morrow convainquit toutefois Calles de garantir les titres de propriété américains antérieurs à 1917 et la relation entre Mexico et Washington fut bonne jusqu'à la fin de la présidence de Coolidge[110]. Avec le concours d'un prêtre catholique en provenance des États-Unis, Morrow joua également un rôle important dans la résolution de la guerre des Cristeros qui opposait les catholiques révoltés au régime de Calles[111].

L'occupation américaine du Nicaragua et d'Haïti continua sous l'administration Coolidge mais celui-ci retira les troupes américaines de la République dominicaine en 1924[112],[113]. Les États-Unis avaient créé dans ce pays une force de police locale afin d'assurer l'ordre sans intervention extérieure de leur part (ce qui n'empêcha pas l'homme désigné pour commander cette police, Rafael Trujillo, de s'emparer du pouvoir au début des années 1930)[114]. Coolidge représenta les États-Unis à la 6e conférence pan-américaine à La Havane à Cuba, du 15 au  ; ce fut le seul déplacement international qu'il accomplit sous sa présidence[115]. Lors de ce sommet, il adopta une position conciliante à l'égard des dirigeants latino-américains qui dénonçaient l'ingérence des États-Unis en Amérique centrale et dans les Caraïbes[96]. Coolidge fut le seul président américain en exercice à se rendre à Cuba jusqu'à la visite de Barack Obama sur l'île en 2016[116].

Sous la direction de l'économiste Edwin W. Kemmerer, les États-Unis dépêchèrent de nombreux experts financiers dans les pays d'Amérique latine afin d'accroître leur influence dans cette région. Avec le soutien du département d'État, Kemmerer négocia des accords avec la Colombie, le Chili et plusieurs autres nations qui toutes acceptèrent de se plier aux recommandations des économistes américains en échange de prêts. Les pays ainsi « kemmerisés » furent les destinataires d'importants flux de capitaux qui augmentèrent fortement leur dépendance commerciale à l'égard de Washington[117]. De fait, le volume des investissements directs américains en Amérique latine passa de 1,26 milliard de dollars en 1920 à 3,52 milliards en 1928[96].

Asie de l'Est

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Les relations avec le Japon, qui s'étaient améliorées après la signature du traité naval de Washington, se bonifièrent encore davantage grâce à l'aide américaine fournie à la suite du séisme du Kantō, qui coûta la vie à quelque 200 000 Japonais et fit deux millions de sans-abri. L'adoption par les États-Unis de la loi d'immigration de 1924, interdisant toute immigration japonaise sur le sol américain, fut cependant à l'origine d'une recrudescence des tensions entre les deux pays. Alors que le régime de Tokyo, sur le conseil de responsables américains, avait critiqué la loi alors en cours d'élaboration, ces menaces ne firent que galvaniser les partisans du texte qui s'en servir pour attiser l'hostilité envers l'immigration japonaise. Les réactions très vives qui s'ensuivirent au Japon renforcèrent les tenants de l'expansionnisme au détriment des défenseurs d'une politique de coopération avec les puissances occidentales[50].

Refusant dans un premier temps tout dialogue avec la république de Chine, dirigée par Sun Yat-sen puis par son successeur Tchang Kaï-chek, l'administration Coolidge protesta contre les atteintes commises sur les étrangers lors de l'expédition du Nord et refusa de renégocier les traités conclus avec la Chine des Qing. En 1927, Tchang sollicita néanmoins l'appui des États-Unis après avoir purgé son gouvernement de ses éléments communistes ; le secrétaire d'État Kellogg, également désireux d'un rapprochement avec la Chine, autorisa en conséquence cette dernière à fixer librement des droits d'importation sur les produits américains[118].

Échéances électorales

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Élection présidentielle de 1924

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La nation ne savait pas vraiment quoi faire de son nouveau président ; Coolidge n'avait pas joué un rôle important au sein de l'administration Harding et beaucoup s'attendaient à ce qu'il soit remplacé lors de l'élection de 1924[119]. Peu après son entrée en fonction en 1923, Coolidge fut confronté à la grève des mineurs de charbon, menée par le syndicat United Mine Workers of America, mais se tint à l'écart des négociations. Le gouverneur de Pennsylvanie, Gifford Pinchot, un républicain progressiste et possible prétendant à l'investiture de son parti en 1924, mit rapidement fin à la grève sans avoir eu à solliciter l'arbitrage du gouvernement fédéral. Pinchot se vit cependant reprocher sa gestion de la crise lorsque les prix du charbon augmentèrent et la stature de Coolidge auprès des élites républicaines en sortit grandie[120]. Ses autres rivaux potentiels, à l'instar du gouverneur de l'Illinois Frank Lowden et du général Leonard Wood, ne purent faire barrage à la candidature de Coolidge qui reçut le soutien du puissant magnat de l'automobile Henry Ford en [121].

La convention républicaine de 1924 fut organisée du 10 au à Cleveland dans l'Ohio et Coolidge nommé dès le premier tour[122]. Cette nomination fit de Coolidge le deuxième président non élu, après Theodore Roosevelt, à obtenir l'investiture de son parti pour un mandat complet de quatre ans[123]. En amont de la convention, Coolidge avait proposé au sénateur progressiste William Borah d'être son colistier mais ce dernier avait refusé pour continuer de siéger au Sénat[124]. La convention jeta alors son dévolu sur Frank Lowden qui déclina à son tour l'offre et ce fut en définitive le diplomate et banquier Charles Dawes qui fut choisi au troisième tour pour briguer la vice-présidence[122].

Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1924.

Le mois suivant se tint la convention démocrate à New York. L'ancien secrétaire au Trésor de Wilson, William Gibbs McAdoo, partait favori mais sa candidature fut quelque peu fragilisée par son implication dans le scandale du Teapot Dome ; il n'en faisait pas moins figure, à l'ouverture de la convention, de principal prétendant en lice aux côtés d'Al Smith, le gouverneur de New York[125]. Les deux hommes symbolisaient, à eux seuls, les clivages à l'œuvre au sein du Parti démocrate : l'électorat de Smith était essentiellement concentré dans les régions urbaines du Nord-Est, peuplées d'importantes minorités juive et catholique, tandis que McAdoo pouvait compter sur le soutien des bastions protestants du Sud rural et de l'Ouest[126]. Ne parvenant pas à trancher en faveur de l'un ou l'autre candidat, les délégués s'accordèrent finalement, au bout de 103 tours de scrutin, sur une personnalité de compromis, John W. Davis, auquel Charles Wayland Bryan fut adjoint en tant que colistier. Les espoirs démocrates furent renforcés par la défection du sénateur républicain du Wisconsin, Robert M. La Follette, qui fonda un nouveau parti progressiste. Beaucoup considéraient que cette scission, comme en 1912, permettrait aux démocrates de remporter l'élection[127].

Peu après la convention, Coolidge connut une tragédie personnelle lorsque son plus jeune fils, Calvin Jr., mourut d'une septicémie. Après cela, il devint distant et déclara plus tard à propos de son fils : « lorsqu'il est mort, la puissance et la gloire de la présidence s'en allèrent avec lui »[128]. La campagne électorale fut probablement la plus apaisée depuis 1896 du fait du chagrin du président et de son style non-offensif[129]. En dépit des scandales qui avaient éclaboussé les républicains, l'implication de plusieurs démocrates dans ces affaires en atténua significativement le caractère partisan[130]. Le jour de l'élection, Coolidge et Dawes remportèrent tous les États en dehors du Sud, à l'exception du Wisconsin gagné par La Follette qui en était originaire[131]. Le président sortant recueillit en outre 54 % du vote populaire contre 28,8 % pour Davis et 16,6 % pour La Follette, soit l'une des meilleures performances pour un candidat de tiers parti dans le cadre d'une élection présidentielle. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, le républicains renforcèrent leurs majorités dans les deux chambres du Congrès[132].

Élection présidentielle de 1928

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Après l'élection de 1924, nombre d'observateurs s'attendaient à que Coolidge soit candidat pour un nouveau mandat au scrutin de 1928. À l'été 1927, alors qu'il était en vacances, le président déclara pourtant à la surprise générale qu'il ne briguerait pas un second mandat dans un message succinct se limitant à « Je décide de ne pas être candidat »[133],[134]. Dans ses mémoires, Coolidge expliqua sa décision de ne pas se représenter : « la fonction présidentielle exige un lourd tribut à celui qui l'exerce et à ceux qui l'entourent. Tandis que nous ne devons pas refuser de nous investir au service de notre pays, il est hasardeux de tenter ce qui nous semble être au-delà de nos forces »[135]. Coolidge étant hors course, les spéculations sur le choix du candidat républicain de 1928 se focalisèrent sur le sénateur Charles Curtis du Kansas, le sénateur William Borah de l'Idaho, l'ancien gouverneur de l'Illinois Frank Lowden, le vice-président Dawes, l'ancien secrétaire d'État Hughes et, en particulier, le secrétaire au Commerce Herbert Hoover[136].

Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1928.

Coolidge avait été réticent à l'idée de choisir Hoover comme successeur ; il remarqua un jour que « durant six ans, cet homme m'a donné des conseils que je n'avais pas demandés et tous ont été mauvais »[137]. Hoover était également contesté par Mellon et une partie des conservateurs en raison de ses vues progressistes sur certains sujets[138]. Sa gestion de la crue du Mississippi avait toutefois consolidé sa mainmise sur le parti et Hoover fut facilement désigné comme candidat à l'élection présidentielle lors de la convention nationale républicaine de 1928[139]. Dans son discours d'acceptation, il déclara : « Nous sommes aujourd'hui, en Amérique, plus près du triomphe final sur la pauvreté qu'aucun autre pays ne l'a jamais été […]. Si nous sommes assez chanceux pour poursuivre les politiques mises en œuvre au cours des huit dernières années, nous serons bientôt témoins, avec l'aide de Dieu, du jour où la pauvreté sera bannie de cette nation »[140].

Le Parti démocrate, qui avait été sèchement battu lors des deux dernières élections présidentielles, était toujours en proie à des dissensions importantes entre les représentants sudistes du parti et ceux des États du Nord-Est, de sorte que peu de démocrates pensaient leur parti capable de remporter le scrutin de 1928. À l'ouverture de la convention nationale démocrate, le candidat le plus en vue était le gouverneur de New York Al Smith qui, comme Hoover, fut désigné dès le premier tour de scrutin[141]. Le programme des démocrates ne différait guère de celui des républicains et la campagne se concentra avant tout sur la personnalité de Smith, son affiliation à l'Église catholique et son opposition à la prohibition[142]. Hoover remporta en définitive une victoire écrasante sur son adversaire qui perdit jusque dans son fief de New York et dans plusieurs États du Solid South[143].

Postérité

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Les historiens André Kaspi et Hélène Harter affirment que Coolidge, tout comme son prédécesseur Harding, ne laissa derrière lui qu'un « bilan législatif mince » et que son passage au pouvoir s'inscrivit dans un contexte où « le balancier bascule à nouveau en faveur d'un législatif fort après des années où le système politique a été dominé par l'exécutif »[144]. Robert H. Ferrell applaudit Coolidge pour avoir su éviter tout scandale important durant son mandat et présidé à une réduction de la dette mais fustige sa passivité dans le domaine de la politique étrangère et son incapacité à juguler la spéculation financière galopante[145]. Si Jacques Portes estime pour sa part que Coolidge « a bénéficié d'une immense popularité » et que « nombreux sont les Américains à associer son nom à l'idée même de prospérité, surtout quand ils regardent rétrospectivement cette période », il ajoute que « par sa vénération pour le monde des affaires et par sa soumission à ses vœux, Coolidge a accompagné aveuglément la prospérité, ne pouvant voir les périls qui grandissaient »[146].

Alors que Coolidge jouissait d'une grande popularité au moment de quitter la présidence, la Grande Dépression qui éclata peu après la fin de son mandat éroda rapidement son image, ses adversaires tenant sa politique économique pour responsable du déclenchement de la crise. Dans les années 1980, le président républicain Ronald Reagan fit cependant installer son portrait à la Maison-Blanche et fit l'apologie de sa politique de laissez-faire, ce qui entraîna un regain de popularité de Coolidge dans les cercles conservateurs[147]. Présentant les débats passionnés dont la postérité de Coolidge continuait de faire l'objet, Jason Roberts remarqua en 2014 à propos du 30e président américain que « cet homme énigmatique imprima sa marque sur les politiques des années 1920 »[148]. D'une manière générale, Coolidge est considéré par les historiens et les politologues comme un président inférieur à la moyenne. Il termina en 27e position d'un sondage C-SPAN de 2017[149] et fut classé 28e dans un autre sondage réalisé en 2018 auprès de l'American Political Science Association[150]. David Greenberg écrit :

« La présidence de Coolidge est considérée avec scepticisme par les universitaires, qui lui octroient une note relativement basse parmi les dirigeants de l'exécutif américain quant à la nature positive du bilan et de la postérité de son administration. Bien que personnellement intègre, il ne proposa ni vision globale ni programme d'action que l'opinion publique, à la faveur des présidences de Theodore Roosevelt et de Woodrow Wilson, avait fini par associer à la grandeur présidentielle[147]. »

Bibliographie

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Notes et références

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