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Astrospartus mediterraneus

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Gorgonocéphale de Méditerranée, Tête de Méduse

Astrospartus mediterraneus
Description de l'image Astrospartus mediterraneus, Giens 02.jpg.
Classification WoRMS
Règne Animalia
Embranchement Echinodermata
Sous-embr. Asterozoa
Classe Ophiuroidea
Sous-classe Myophiuroida
Infra-classe Metophiurida
Super-ordre Euryophiurida
Ordre Euryalida
Famille Gorgonocephalidae
Sous-famille Gorgonocephalinae

Genre

Astrospartus
Döderlein, 1911

Espèce

Astrospartus mediterraneus
(Risso, 1826)

Statut de conservation UICN

( NE )( NE )
NE  : Non évalué

Le gorgonocéphale de Méditerranée (Astrospartus mediterraneus) est une ophiure géante de la famille des Gorgonocephalidae. C'est la seule espèce du genre Astrospartus, et la seule gorgonocéphale de Méditerranée.

Description

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C'est une ophiure gorgonocéphale d'aspect caractéristique : elle se compose d'un grand disque central (5-8 cm), duquel partent cinq couples d'épaisses branches souples rapidement très ramifiées, formant une sorte de filet en fractale, destiné à filtrer l'eau pour en capturer le plancton. L'ensemble peut atteindre 1 m de diamètre bras déployés. Quand ils capturent du plancton ou quand ils sentent une menace (ou perçoivent de la lumière), les bras peuvent se replier rapidement en s'enroulant, et en position de protection l'animal forme ainsi une pelote enchevêtrée d'une dizaine de centimètres ou deux. La couleur de l'ensemble est rose pâle à blanchâtre ou grisâtre, avec les extrémités plus claires[1].

La description originale est ainsi formulée :

« Corps orbiculaire, à une rangée de rayons alongés, grêles, dichotomes, très divisés, cirrheux; bouche entourée de dix trous vers le bord du disque. [...] Cette espèce est d'un gris plus ou moins intense, peinte et brodée en dessous fort régulièrement par de petits traits pointillés jaunâtres. »

— Antoine Risso, 1826[2]

Habitat et répartition

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Cette ophiure habite la Méditerranée occidentale (surtout entre Marseille et Naples) et les côtes est-atlantiques, notamment en Mauritanie ou au Sénégal. C'est une ophiure d'eaux profondes, qui ne se rencontre qu'à partir d'une bonne trentaine de mètres de profondeur, et jusqu'à 800 m. Elle vit généralement accrochée à l'extrémité de structures naturelles telles que des gorgones (notamment Paramuricea clavata) ou des éponges[1].

Systématique

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Dessin holotype par Rondelet (1558).

L'espèce est mentionnée pour la première fois en 1558 par Guillaume Rondelet sous le nom Stella arborescens[3], elle ne fut cependant pas retenue dans le système de classification linnéen qui ne tient pas compte des travaux antérieurs[4]. Elle fut ensuite assimilée à des espèces tropicales par Linck ou Lamarck, ou à l'espèce atlantique Gorgonocephalus caputmedusae (Linnaeus, 1758) par Retzius. En 1826, Antoine Risso en fera une description sous le nom Euryale mediterraneus. Mais cette description, succincte, peinera à convaincre et sera remise en question dès 1830 par Blainville, qui nie l’existence d’un gorgonocéphale en Méditerranée.

Il faudra attendre de nouvelles descriptions de Grube et L. Agassiz (Euryale arborescens L. Agassiz, 1839 et Gorgonocephalus verrucosus Grube, 1840) pour que l'espèce soit reconnue comme distincte et valide. Le genre monotypique Astrospartus est ensuite introduit par Döderlein en 1911 et confirmé en 1927[5]. Les principaux travaux ultérieurs sont attribués à Tortonese et Zibrowius[5].

Le nom valide de ce taxon à ce jour est donc Astrospartus mediterraneus (Risso, 1826)[6].

Synonymes taxonomiques[6] :

Publication originale

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  • Risso, A. (1826-1827). Histoire naturelle des principales productions de l'Europe Méridionale et particulièrement de celles des environs de Nice et des Alpes Maritimes. [book series]. 400 pp., 13 pls. [volumes 1-5. Paris, F.G. Levrault. vol. 3. Mammifères. Oiseaux. Poissons / vol. 4. Mollusques. Annélides / vol. 5. Crustacés. Myriapodes, scorpionides, arachnides et acarides. Insectes. Vers intestinaux. Radiaires. Zoophytes]. lire

Impact écologique

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À partir de 2018, les pêcheurs des zones de pêche artisanale de Cap de Creus (Mer Méditerranée nord-ouest) ont soulevé l'impact négatif d'Astrospartus mediterraneus sur la performance des pêcheries artisanales dans la zone. Bien que des données de surveillance à long terme fassent défaut, les recherches révèlent que les concentrations d'A. mediterraneus observées dans la zone étudiée sont les plus denses jamais recensées dans l'ensemble de la mer Méditerranée. Cette population, relativement jeune, pourrait indiquer le début d'une prolifération massive. Les pêcheurs, qui notent cette augmentation, s'accordent à dire que cette prolifération représente un obstacle majeur pour leur activité, entraînant des pertes significatives de temps et d'argent[7]. En retour, d'autres travaux montrent que les jardins de coraux d'eau froide où se trouve A. mediterraneus sur le plateau continental méditerranéen, sont des communautés benthiques complexes et importantes, vulnérables aux perturbations comme la pêche. Qu'il s'agisse du chalutage de fond, et, dans une moindre mesure, de la pêche au filet maillant, ces impacts ne doivent pas être négligés et devraient faire l'objet de mesures prises en collaboration avec les pêcheurs locaux[8].

Bases de données et références taxonomiques

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Bibliographie

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  • Helmut Zibrowius, « Nouvelles observations de l'ophiure gorgenocéphale Astrospartus mediterraneus sur la côte méditerraneenne de France. Bibliographie annotée et répartition », Trav. sci. parc nation. Port-cros, vol. 4,‎ , p. 157-169 (lire en ligne Accès libre).

Liens externes

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Notes et références

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  1. a et b DORIS, consulté le 10 juin 2014.
  2. Risso, A. (1826-1827). Histoire naturelle des principales productions de l'Europe Méridionale et particulièrement de celles des environs de Nice et des Alpes Maritimes, Paris, F.G. Levrault, 1826, T. 5 p. 274.
  3. Guillaume Rondelet, De piscibus marinis, libri XVIII, in quibus veræ piscium effigies expressæ sunt, Lyon, apud Matthiam Bonhomme, 1554. p. 530 de la verion française.
  4. « International Code of Zoological Nomenclature », sur code.iczn.org (consulté le )
  5. a et b Helmut Zibrowius, « Nouvelles observations de l'ophiure gorgénocephale Astrospartus mediterraneus sur la côte méditerranéenne de France. Bibliographie annotée et répartition », Trav. sci. parc nation. Port-cros, vol. 4,‎ , p. 157-169 (lire en ligne Accès libre).
  6. a et b World Register of Marine Species, consulté le 3 mai 2025.
  7. (en) Marina Biel-Cabanelas, Andreu Santín, Mireia Montasell et Janire Salazar, « From emblematic to problematic: The case of Astrospartus mediterraneus (Risso, 1826) (Echinodermata: Ophiuroidea) in the artisanal fishing grounds of the Cap de Creus area (NW Mediterranean Sea) », Continental Shelf Research, vol. 255,‎ , p. 104925 (ISSN 0278-4343, DOI 10.1016/j.csr.2023.104925, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  8. (en) M. Montseny, C. Linares, N. Viladrich et J. L. L. Riera, « Quantifying bycatch of cold-water gorgonians to propose a dynamic management strategy for sustainable artisanal fishing on the mediterranean continental shelf », Ocean & Coastal Management, vol. 262,‎ , p. 107592 (ISSN 0964-5691, DOI 10.1016/j.ocecoaman.2025.107592, lire en ligne Accès payant, consulté le )