Aller au contenu

Bataille de Saint-Denis (1567)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Bataille de Saint-Denis
Description de cette image, également commentée ci-après
Gravure de la Bataille de Saint-Denis (1567), Tortorel et Perrissin, 1570.
Informations générales
Date
Lieu Saint-Denis
Issue Victoire catholique
Belligérants
Catholiques Huguenots
Commandants
Anne de Montmorency
Philippe Strozzi
Louis Ier de Bourbon-Condé
Gaspard II de Coligny

Deuxième guerre de religion

Batailles

Guerres de Religion en France


Prélude


Première guerre de Religion (1562-1563)


Deuxième guerre de Religion (1567-1568)


Troisième guerre de Religion (1568-1570)


Quatrième guerre de Religion (1572-1573)


Cinquième guerre de Religion (1574-1576)


Sixième guerre de Religion (1577)


Septième guerre de Religion (1579-1580)


Huitième guerre de Religion (1585-1598)
Guerre des Trois Henri


Rébellions huguenotes (1621-1629)


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Coordonnées 48° 33′ 39″ nord, 2° 12′ 41″ est

La bataille de Saint-Denis de 1567 oppose le , au cours de la deuxième guerre de Religion, l'armée royale catholique commandée par le connétable Anne de Montmorency et les troupes protestantes du prince Louis de Condé.

C'est une victoire pour l'armée royale, mais le connétable est gravement blessé et meurt deux jours plus tard.

La bataille tire son nom de la ville près de laquelle elle a eu lieu, Saint-Denis (actuel département de la Seine-Saint-Denis) située au nord de Paris.

Contexte : la deuxième guerre de Religion (1567-1568)

[modifier | modifier le code]

En 1567, les chefs militaires du protestantisme français s'inquiètent lorsque l'armée espagnole du duc d'Albe est envoyée durant l'été du Milanais vers les Pays-Bas, donc en longeant la frontière française, afin de réprimer la révolte des gueux. Or, en 1565, au cours du grand tour de France de Charles IX, une entrevue a eu lieu à Bayonne entre Catherine de Médicis, la reine mère, et le duc d'Albe, entrevue dont les résultats sont restés secrets.

Les protestants, certains qu'ils vont être attaqués sous peu, décident d'agir préventivement. Le 28 septembre 1567, le prince de Condé tente d'enlever le roi lors de la « surprise de Meaux ». L’opération échoue, mais c'est le début de la deuxième guerre de Religion.

Prélude à la bataille

[modifier | modifier le code]

Les troupes du prince de Condé et de l'amiral de France Gaspard de Coligny, renforcées par des mercenaires allemands, s'installent à Saint-Denis. La basilique Saint-Denis est alors pillée et profanée[1],[2].

Louis de Condé, Gaspard de Coligny et son frère François de Coligny d'Andelot (tous deux neveux maternels d'Anne de Montmorency), entament alors des négociations avec la cour. Le roi Charles IX leur envoie ses hérauts, en leur enjoignant de se présenter sans armes, sous peine d’être déclarés rebelles, suivant l'ancien usage féodal.

Les chefs protestants refusent et décident d’investir Paris. Assez rapidement, les vivres manquent. Une sortie est décidée par le camp royal.

Déroulement de la bataille

[modifier | modifier le code]

Montmorency, nommé par Catherine de Médicis à la tête de l’armée royale, s'engage sur la route de Saint-Denis et occupe la plaine entre Montmartre et Aubervilliers.

Il partage son armée en trois corps de batailles : le centre et l'aile gauche composés de bourgeois parisiens « bien marnez et dorez comme calices » et l'aile droite de 6 000 hommes de la garde à pied française du roi commandée par Philippe Strozzi, avec des gardes suisses pour l'artillerie.

Du côté protestant, les arquebusiers sont installés dans des tranchées ; les cavaliers, eux, utilisent des gaules ferrées en guise de lance.

La milice parisienne avance vers les lignes protestantes, mais est stoppée par le feu des arquebusiers, puis enfoncée par une charge de cavalerie. Le connétable de Montmorency est gravement blessé d’un coup de pistolet tiré dans son dos.

L'élan de l'armée royale est stoppé, leurs adversaires contre-attaquent, mais l'aile droite de l'armée royale, restée intacte, fait un mouvement de conversion à gauche, les prend de flanc et les rejette en désordre au-delà de Saint-Denis[3].

Les troupes protestantes restantes se retirent alors vers Montereau, puis sont poursuivies jusqu'aux confins de la Lorraine par les Gardes françaises qui reviennent ensuite à Paris, où elles prennent leurs quartiers, permettant à Paris de se réapprovisionner.

Bataille de Saint-Denis.
Enluminure du manuscrit Carmen de tristibus Galliae, 1577, Bibliothèque municipale de Lyon, ms. 0156, fo 14 vo.

Les deux armées se renforcent :

  • du côté protestant, on reçoit l’aide de Frédéric III, électeur palatin, qui envoie 9 500 mercenaires ; l’armée des vicomtes, rassemblée par Peyrole de Bruniquel, Caumont et Montclar, qui réunit les Gascons et les protestants du Rouergue, a rallié ceux du Sud-Est, et rejoint Condé sous la direction de Jacques de Crussol (soit 4 000 hommes). L’armée protestante compte environ 30 000 hommes ;
  • du côté catholique également, avec les renforts italiens et suisses du duc de Nevers.

Les frais élevés causés par ces deux armées provoquent leur licenciement et la conclusion de la paix de Longjumeau en mars 1568.

Notes et références

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

  • Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généralisteVoir et modifier les données sur Wikidata :