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Réseau de chaleur de Paris

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Le réseau de chaleur de Paris ou réseau de chaleur parisien est le plus grand système de chauffage urbain de France et le deuxième plus grand d'Europe[1]. En 2025, il compte plus de 500 km de canalisations souterraines qui transportent de la vapeur d'eau (principalement) et de l'eau chaude[1] pour chauffer environ un quart des bâtiments de la capitale (copropriétés, entreprises, hôpitaux, monuments…)[2]. Il alimente aussi les réseaux de seize villes des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne[2]. En 2023, il alimente en vapeur environ 6 000 clients, dont tous les hôpitaux parisiens, et représente près de 20 % du marché français des réseaux de chaleur[3].

En 2025, il fonctionne à 50 % avec des énergies renouvelables et de récupération. Il compte à la fois des sites de valorisation des déchets ménagers et des sites de production de chaleur[2]. Alimenté par un mix de chaleur issue de l'incinération des déchets, de géothermie ou encore de biomasse, il permet d'éviter l'émission de 300 000 t de CO2 par an, en remplaçant des milliers de chaudières individuelles[1].

Fonctionnement

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Distribution de chaleur

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En 2016, il chauffe l'équivalent de 500 000 logements, soit environ un tiers des logements collectifs parisiens[4].

En 2016, les communes d'Île-de-France concernées sont[5] :

Jusqu'en septembre 1976, la Gare de l'Est avait un branchement dérivé vers les installations de quai à voyageurs afin d'alimenter, en vapeur, les rames circulant vers Bâle et Vienne.

Production de chaleur

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Cheminée du Front-de-Seine.

En 2016, son mix énergétique comprenant plus de 50 % d'énergies renouvelables et de récupération, grâce à une plateforme logistique biomasse sur son principal site de production (Saint-Ouen-sur-Seine) permettant d'accueillir 1 300 tonnes par jour de granulés de bois fournissant 10 % de sa production annuelle de chaleur ; avec les 41 % de la valorisation thermique des déchets issus de trois centres parisiens du Syctom, le syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères, plus 10 % de biomasse, 2 % de biocombustible, et 1 % de géothermie, la part des énergies renouvelables atteint 54 %, complétée par 30 % de gaz et 16 % de charbon[4],[6].

En 2022, la chaleur est récupérée pour 45 % dans trois usines de traitement de déchets du Syctom à Ivry-sur-Seine, Issy-les-Moulineaux et Saint-Ouen. Le reste provient de huit chaufferies localisées à Saint-Ouen, au Kremlin-Bicêtre, à Ivry-sur-Seine, à Vitry-sur-Seine et à Paris (Bercy, Grenelle, Vaugirard, Paris Nord-Est). Les combustibles utilisés sont notamment le gaz, le biogaz, le charbon et les granulés de bois, les biocombustibles liquides[7].

1927-2027 : Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU)

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Le réseau est créé en 1927 et est exploité depuis son origine par la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU)[8] ; en 2016, c'est une société d'économie mixte détenue à 66 % par Engie et à 34 % par la Ville de Paris[4],[5].

La CPCU assure deux activités principales. D'une part, elle transporte et distribue la vapeur, grâce au réseau ; d'autre part, elle produit de la vapeur dans l'un de ses neuf sites de production, le reste de la vapeur nécessaire provenant des centrales d'incinération des déchets du Syctom.

À partir de 2027 : SEMOP détenue à 51 % par Dalkia

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En , la mairie de Paris lance la procédure d'appel à candidatures pour la concession du « service public parisien de production et de distribution de chaleur » pour 25 ans[3].

Logo de Dalkia.

En , la Ville de Paris choisit Dalkia, filiale du groupe EDF, associée à la RATP et à Eiffage, pour gérer le réseau à partir de 2027[2],[1]. Le contrat, d'une durée de 25 ans, représente un chiffre d'affaires estimé à 15 milliards d'euros[2],[1]. La nouvelle organisation prévoit la création d'une société d'économie mixte à opération unique (SEMOP), qui serait détenue à 49 % par des acteurs publics (34 % par la Ville de Paris et 15 % par la Caisse des dépôts) et à 51 % par Dalkia, afin de renforcer le contrôle public sur le réseau[1].

Le , le Conseil de Paris attribue la future concession du réseau à Dalkia. Le mois suivant, Engie dépose des recours pour faire annuler le contrat[9].

Notes et références

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  1. a b c d e et f Léandre Herman-Kasse, « La ville de Paris choisit EDF et la RATP pour le « contrat du siècle », un coup dur pour Engie », sur Challenges, (consulté le )
  2. a b c d et e « Réseau de chaleur parisien : Dalkia s’apprête à déloger Engie, opérateur depuis 1927 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a et b Réseau de chaleur : la bataille pour le méga contrat de la Ville de Paris est lancée, Les Échos, 28 septembre 2023.
  4. a b et c Dix pour cent du réseau de chaleur parisien est désormais alimenté au bois, Les Échos, 23 mars 2017.
  5. a et b Odile Plichon, « L'accord qui prive les Parisiens d'une baisse du prix du gaz », leparisien.fr, (consulté le ).
  6. CPCU en quelques chiffres « L'entreprise CPCU », sur CPCU (consulté le ).
  7. « Comment ça marche », sur cpcu.fr (consulté le )
  8. (en) R. Fourreau, « La CPCU face à une crue de type 1910 », La Houille Blanche, vol. 84, no 1,‎ , p. 56–59 (ISSN 0018-6368 et 1958-5551, DOI 10.1051/lhb/1998008, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. « Réseau de chaleur parisien : Engie dépose des recours pour faire annuler le contrat de Dalkia », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Lien externe

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