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Observatoire du journalisme

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Observatoire du journalisme
Logo de l'Observatoire du journalisme.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
OJIMVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Fondateurs
Claude Chollet (d), Jean-Yves Le GallouVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
RNA

L'Observatoire du journalisme, anciennement Observatoire des journalistes et de l'information médiatique (OJIM), est une association loi de 1901 française d'extrême droite, dont l'objectif affiché est d'« informer sur ceux qui informent » en proposant une critique des médias de type réinformation.

L'association est déclarée à la préfecture de police de Paris le [1]. Elle est créée par Jean-Yves Le Gallou[2],[3], ancien député et ancien cadre du Front national, et par Claude Chollet[4], ancien cadre de l'industrie pharmaceutique chez Ipsen[5] et ancien président du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, proche du responsable du parti Les Identitaires, Fabrice Robert[6].

Selon Dominique Albertini et David Doucet[7], Claude Chollet aurait investi lui-même 10 000  pour lancer le site internet de l'association, puis l'association aurait vécu des dons de ses membres. Claude Chollet évoque une somme de 100 000  reçus au cours des 18 premiers mois d'existence de l'association.

En , la candidature de l'OJIM pour être membre de l'Observatoire de la déontologie de l'information est refusée[7].

En , 14 contributeurs actifs sont recensés par Les Inrocks. Le nombre de membres de l'association n'est jamais communiqué[4].

En , Claude Chollet revendique 120 000 visiteurs uniques par mois dans un article de Valeurs actuelles[8].

En , l'OJIM change de dénomination sociale pour devenir l'Observatoire du journalisme[réf. souhaitée].

Positionnement politique

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L'association est classée à l'extrême droite[9],[10], entre autres par les journalistes Dominique Albertini et David Doucet dans leur ouvrage de [7],[11]. Ce dernier voit en l'association le symbole d'une « professionnalisation de la critique des médias » au sein de cette partie de l'échiquier politique. L'association se veut dédiée au « monde de l'information, son évolution, son influence, mais aussi des dérives »[12],[4]. Selon David Doucet, l'association, cherchant à « délégitimer les médias traditionnels », en proposant des portraits de journalistes ou bien encore des infographies fouillées sur les différents groupes médiatiques, essaye de débusquer les engagements militants ou associatifs des journalistes afin de remettre en cause leur objectivité[4]. L'objectif revendiqué de l'association est d'« informer sur ceux qui informent », donc, selon Le Monde, de devenir le pendant à l'extrême droite du site Acrimed, « le célèbre observatoire critique des médias ancré très à gauche ». Outre ses fondateurs, l'Observatoire est soutenu par Philippe Milliau, un « autre pilier » de la Nouvelle Droite, ancien dirigeant du parti Les Identitaires[2] et cofondateur de TV Libertés.

Claude Chollet, qui refuse l'étiquette d'extrême droite, revendique une certaine neutralité et se définit comme « un populiste tendance Beppe Grillo ». David Doucet estime que « dans ses portraits, l'Ojim tourne parfois à l'entreprise voyeuriste », les origines ethniques ou orientations sexuelles supposées des journalistes classés à gauche prenant selon lui souvent le pas sur la description de leur carrière professionnelle. Laurent Ruquier est ainsi présenté comme « le gay passe-partout » et Harry Roselmack comme le « gendre martiniquais idéal », tandis que Robert Ménard est célébré pour son positionnement contre le « politiquement correct » et décrit comme le nouveau « Voltaire »[4], et Éric Zemmour dépeint comme un « brillant journaliste politique » incarnant « une certaine idée du journalisme à la française »[13].

En , Le Lab d'Europe 1 estime qu'il n'est pas surprenant que l'association soit félicitée pour son travail lors de la cérémonie des Bobards d'or étant donné ses liens avec l'extrême droite, tout en notant également que lors de cette cérémonie, le travail du site de critique des médias Acrimed, « réputé proche de la gauche alternative », est également salué[14]. L'Observatoire est par ailleurs la source la plus citée pour les Bobards d'or[15].

Selon l'association Acrimed, le site de l'Observatoire ne déclare pas « clairement son identité politique » et ne présente pas de « signe apparent de proximité avec l'extrême droite ». Par exemple, il ne propose pas de liens vers des sites de ce bord politique, mais vers des sites classés « à gauche », à l'exception de Polémia. Cependant, Acrimed affirme que Claude Chollet, en tournée de promotion en , bénéficie d'une « hospitalité [...] plutôt marquée... dans les médias d'extrême droite »[5]. Participant à la « réinformation »[16], l'association a notamment été l'invitée de la 5e « journée de réinformation » de la fondation Polémia[2].

Publications

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Les ouvrages de la collection « Désintox » (ISSN 2800-2997) publiée par La Nouvelle Librairie sont « présentés » par l'Observatoire du journalisme et préfacés par Claude Chollet[17] :

  •  : Maximilien Dreyer, Yann Barthès, le ricanement au “Quotidien” : chronique d'une imposture, 37 p. (ISBN 978-2-491446-23-9).
  •  : Bertrand Delcassis, L'affaire Obono-“Valeurs actuelles” : retour sur un emballement médiatique, 51 p. (ISBN 978-2-491446-31-4).
  •  : Anne Trewby, Le néo-féminisme à l'assaut d'internet, 47 p. (ISBN 978-2-491446-43-7).
  •  : Claude Chollet, La Dilcrah, fossoyeur de nos libertés, 60 p. (ISBN 978-2-491446-84-0).
  •  : Édouard Chanot, L'empire Netflix : l'emprise du divertissement, 64 p. (ISBN 978-2-493898-37-1).
  •  : Yann Caspar, Edward Bernays : l'homme qui murmurait à l'oreille des foules, 72 p. (ISBN 978-2-493898-71-5).
  •  : Rodolphe Cart, La menace néo-conservatrice : une France et une Europe sous influence, 72 p. (ISBN 978-2-38608-031-9).
  •  : Xavier Eman, Formatage continu : Tour de France des quatorze principales écoles de journalisme, 108 p. (ISBN 978-2-38608-035-7).
  •  : Édouard Chanot, Brèche dans le mainstream : L'âge des alternatives médiatiques, 98 p. (ISBN 978-2-38608-048-7).

Notes et références

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  1. Annonce no 1245 du , Journal officiel Associations, no 26, , p. 2919.
  2. a b et c Olivier Faye, Abel Mestre et Caroline Monnot, « Jean-Yves Le Gallou lance un Acrimed d'extrême droite » Accès libre, Droite(s) extrême(s), Le Monde, (consulté le ).
  3. Paul Conge, « Critiquer les médias n'est pas seulement un sport national, c'est aussi une arme politique » Accès libre, sur Slate.fr, (consulté le ).
  4. a b c d et e David Doucet, « L'extrême droite développe sa critique des médias » Accès libre, Les Inrockuptibles, (consulté le ).
  5. a et b Henri Maler et Blaise Magnin, « L'extrême droite à l'assaut des médias et de la critique des médias » Accès libre, Acrimed, (consulté le ), publié dans Médiacritique(s), no 6, , p. 23–25 [lire en ligne [PDF]].
  6. « OJIM », L'Œil sur le Front, Libération, (version du sur Internet Archive).
  7. a b et c Albertini et Doucet 2016.
  8. Amaury Brelet, « La “réinfosphère” crève l'écran » Accès libre, Valeurs actuelles, (consulté le ).
  9. Stéphane François, « Les sites de «réinformation», la stratégie payante de l'extrême droite sur internet » Accès libre, sur Slate.fr, (consulté le ).
  10. Elsa de La Roche Saint-André, « «Le Média pour tous» : que sait-on de ce «site de réinformation» ? » Accès libre, CheckNews, Libération, (consulté le ).
  11. Stéphane François, « La fachosphère. (De Dominique Albertini & David Doucet) », Humanisme, Grand Orient de France, no 313 « Les limites de l'extrême »,‎ , p. 72–73 (DOI 10.3917/huma.313.0072, lire en ligne).
  12. Albertini et Doucet 2016, p. 216.
  13. Dominique Albertini, « La fachosphère se paie la tournée des “bobards” » Accès libre, Libération, (consulté le ).
  14. Antoine Bayet, « Le chef de cabinet de Marine Le Pen fait des petites fiches sur les journalistes » Accès libre, Le Lab, Europe 1, (consulté le ).
  15. Gaël Stephan et Ysé Vauchez, « Dévoiler les « bobards » des médias dominants : Les stratégies de (dé)légitimation de la réinformation », RESET : Recherches en sciences sociales sur Internet, no 10 « Savoirs incertains »,‎ (DOI 10.4000/reset.3180, lire en ligne).
  16. Samuel Laurent, « Nordactu, Breizh Info, Info-Bordeaux... Les vrais faux sites d'infos locales des militants identitaires » Accès libre, Les Décodeurs, Le Monde, (consulté le ).
  17. « Yann Barthès sur le grill : le quotidien de « Quotidien » », Éléments, .

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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