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Conversation

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Conversation entre une mère et son fils en Ouganda.

Une conversation est un échange verbal entre deux personnes dans un cadre quotidien et informel, qui leur permet de faire connaissance, de se donner des nouvelles (bavardage), de flirter ou de se confier plus intimement.

Orale ou écrite, elle peut avoir lieu dans la vraie vie comme par téléphone, par SMS ou sur les réseaux sociaux, notamment depuis l'avènement du Web social.

La conversation est une activité de la vie quotidienne qui a un rôle social très fort. Elle est le ciment des relations entre les gens, entre amis, et elle sert à la « réactualisation des liens sociaux ». La conversation « a un caractère immédiat, familier, gratuit, non finalisé et égalitaire[1] ».

Bavardage entre John Kerry et Julie Bishop, en marge d'une réunion de travail.

Le bavardage, la conversation ordinaire, la conversation quotidienne ou le small talk[2] (terme anglais signifiant littéralement « petite discussion ») est la pratique d'une conversation dans un contexte où les participants sont supposés se concentrer sur une autre activité, par exemple en silence. D'une façon générale, et par extension, on désigne comme un bavardage une conversation que l'on trouve futile, stérile ou donc d'importance secondaire[3]. Le bavardage est en effet défini par Martin Heidegger comme « la possibilité de tout comprendre sans appropriation de la chose[4] », c'est-à-dire que le bavardage consiste en une conversation dialogique dans laquelle le sens auquel renvoie le signifiant n'est pas soumis à une recherche ou une interrogation de la part des interlocuteurs.

Flirt ou « drague »

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Édouard Manet, Chez le père Lathuille, 1879, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Tournai.

Un flirt (mot issu de l'anglais, prononcé en français [flœʁt] Écouter) est une relation amoureuse empreinte de légèreté, dénuée de sentiments profonds ; le verbe flirter désigne, quant à lui, le fait de tenir une conversation dans un tel rapport. Dans un sens très proche, la drague (ou le fait de draguer) englobe toute communication entreprise dans la perspective d'une relation légère.

La drague gay est particulièrement documentée.

Depuis la fin des années 1990 se développent, parmi les hommes hétérosexuels, des « pick up artists » (PUA) spécialisés notamment dans la drague de rue, et qui forment une véritable « communauté de la séduction ».

Rendez-vous galant ou « date »

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Un couple ayant un rendez-vous dans un café.
Au Café de Jean Béraud.

Un rendez-vous galant est une forme de séduction constituée d'activités sociales réalisées par deux personnes dans le but d'évaluer l'adéquation entre elles comme partenaire pour une relation intime. Bien que le terme rendez-vous ait plusieurs sens, il se réfère généralement à l'acte de réunion et d'engagement dans des activités sociales mutuellement convenues, ensemble en public, comme un couple.

Conversation érotique

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Le téléphone rose est un service commercial qui propose des discussions téléphoniques érotiques contre rémunération.

Une conversation érotique[5] (ou abusivement discussion érotique) est une conversation intime entre partenaires sexuels à des fins d'excitation, le plus souvent pendant les préliminaires, ou considérée comme une fin en soi. Elle peut inclure des vocalisations copulatoires.

Un tel échange se tient dans la vraie vie, généralement par chuchotement à l'oreille, mais aussi au téléphone, par SMS, plus ou moins publiquement sur un réseau social, ou encore, dans les années 1990-2000 (avant la démocratisation des messageries instantanées), par courriel. Depuis l'avènement du Web social, elle s'inscrit souvent dans le cadre du cybersexe.

Différences entre les hommes et les femmes

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Trois femmes en pleine conversation.

Contrairement à différents stéréotypes répandus, les femmes ne parlent pas plus que les hommes. Les femmes et les hommes prononcent un nombre similaire de mots par jour en moyenne[6]. Une étude publiée en 2007 dans la revue Science explique que les femmes prononcent en moyenne 16 215 mots par jour, contre 15 669 mots pour les hommes, mais cette petite différence n'est pas significative et les distributions, qui peuvent varier énormément entre les individus, n'étaient pas différentes entre les deux sexes[7],[8].

« Art »

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Tableau. Dans un parc aux hautes frondaisons, au centre un couple debout, l'homme invitant la dame, réticente, à rejoindre les personnages à gauche, deux couples assis, le troisième debout, de dos ; à droite, un serviteur noir
La Conversation d'Antoine Watteau (1721)
...voltigeant de propos en autre, comme des abeilles qui rencontreraient en leur chemin diverses sortes de fleurs[9].
Sept hommes, certains assis autour d'une table, d'autres debout, conversent autour de la lecture d'un livre, dans une bibliothèque
Entretiens sur un autre monde
Je ne m'amuserai point à dire que j'ai choisi dans toute la philosophie la matière la plus capable de piquer la curiosité. Mais après tout, s'inquiète de tout cela qui veut. Ceux qui ont des pensées à perdre, les peuvent perdre sur ces sortes d'objets ; mais tout le monde n'est pas en état de faire cette dépense inutile[10],[ws 1].
Fontenelle, Préface aux entretiens sur la pluralité des mondes
Voltaire et Diderot attablés au café Procope avec d'autres convives, et conversant
Voltaire et Diderot au Café Procope
Le plus grand usage de la parole[n 1]
Gravure. Six femmes conversant à côté d'un lit à baldaquin dans une chambre de l'hôtel de Rambouillet. L'une d'elles est assise sur le lit
Conversation dans une ruelle du XVIIe siècle de l'hôtel de Rambouillet - La célèbre Chambre Bleue ?[n 2]

L'art de la conversation, considéré comme l'un des fleurons[13] de la culture classique française[n 3], est une pratique développée en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, devenue un spectacle pour toute l'Europe[14] et caractérisée par la recherche d'une dimension esthétique et hédoniste dans les échanges mondains. Dans les ouvrages traitant de l'art de la conversation dans la France classique, les auteurs ne délimitent pas cet art protéiforme[15] dans ses formes ou ses codes. L'expression concerne originellement la conversation mondaine, mais ses pratiques et ses valeurs se sont répandues dans l'ensemble de la société cultivée, ont eu une influence importante dans la littérature, et le terme désigne plus généralement un art littéraire au sens classique de ce terme.

Pour des raisons culturelles et linguistiques, cet art a concerné essentiellement la France et son apparition a été favorisée par la libéralisation des mœurs à la mort de Richelieu. Il s'est développé grâce à l'émergence d'une société de Cour rassemblant une noblesse devenue oisive, en conservant ses caractéristiques originelles, issues du classicisme, dans le langage, la rhétorique et l'esthétisme, et sa diffusion dans l'ensemble du pays a été favorisée par le développement des Salons. Il a disparu rapidement lorsque la Révolution a bouleversé les conditions sociologiques qui l'avaient fait naître pour faire place à la « véhémence de l'orateur ».

Associant l'idéal de l'honnête homme et la culture du Courtisan, l'humanisme et la grâce, l'art de la conversation exige d'être galant, d'avoir esprit, goût, bel air et bon ton. Hommes et dames badinent en promenade ou dans les salons, échangent des flatteries, des pointes, dans la recherche d'un plaisir réciproque, se défiant de la rhétorique du débat. L'ensemble d'une société s'est reconnue dans cette pratique, et de nombreux contemporains en ont laissé un témoignage important à travers leurs mémoires, leur correspondance, ou des essais littéraires. Ils évoquent le plaisir qu'ils y trouvent, parfois les excès, et aussi ses codes et ses règles informelles. Ce sont ainsi de véritables portraits d'artistes qui nous sont parvenus.

La conversation orale représentait alors un modèle pour les différents genres littéraires, avec sa propre rhétorique et l'exigence formelle du classicisme, et s'inscrivait dans le courant esthétisant des Belles-lettres. Cette littérature de dialogues est devenue à son tour un modèle pour l'éducation sociale des aristocrates nobles et bourgeois, favorisant ainsi sa diffusion dans l'ensemble des cercles intellectuels, littéraires et mondains.

Dès le début du XIXe siècle, et aujourd'hui encore, des récits et des études expriment intérêt et nostalgie pour cet art disparu. Dans une époque où la communication rejette parfois dans l'indifférence la langue que l'on parle et le style dans lequel on s'adresse à autrui[16], cet article invite à « découvrir la passion que des temps moins éclairés mirent à disputer sur les qualités de leur langage, sur l'honneur qu'il pouvait faire à autrui et sur la faveur qu'il pouvait valoir au sujet parlant[16] » comme l'écrivit Fumaroli.

Bibliographie

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  • Emmanuel Godo, Une histoire de la conversation, Paris, PUF, col. Perspectives littéraires, 2003.
  • Theodore Zeldin, De la conversation (sous-titre en français : Comment parler peut changer votre vie), Fayard, 1999, 134 p. (ISBN 978-2702826959)
  • Alain Milon, L'Art de la conversation, Paris, PUF, col. Perspectives critiques, 1999.
  • Ali Benmakhlouf, La conversation comme manière de vivre, Albin Michel, 2016, 256 pages.

Notes et références

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  1. Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Lyon, Leroy, (lire sur Wikisource), « Préface »
  1. J'appelle Conversation, tous les entretiens qu'ont toutes sortes de gens, qui se communiquent les uns aux autres, soit qu'on se rencontre par hazard, et qu'on ait que deux ou trois mots à se dire ; soit qu'on se promene ou qu'on voyage avec ses amis, ou mesme avec des personnes qu'on ne connoist pas ; soit qu'on se trouve à table avec des gens de bonne compagnie, soit qu'on aille voir des personnes qu'on aime, et c'est où l'on se communique le plus agréablement ; soit enfin que l'on se rende en quelque lieu d'assemblée, où l'on ne pense qu'à se divertir, comme en effet, c'est le principal but des entretiens.
    chevalier de Méré, De la Conversation[11]
  2. L'art de la conversation devient alors inséparable en France de la délicatesse quasi musicale et de la curiosité la plus exacte portée à l'énonciation orale de la langue. Les femmes, aussi ignorantes que les crocheteurs, ont encore une meilleure oreille pour juger de cette musique, et pour en jouer[12].
    Marc Fumaroli
  3. Lire également Madame de Staël dont les accents passionnés, quelques décennies plus tard, pour ces conversations qu'elle a connues dans sa jeunesse, témoignent de l'importance de cette pratique dans la culture classique.

Références

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  1. « La conversation, la discussion, le débat… et les autres – Québec français », sur Érudit (consulté le )
  2. « « Tu fais quoi dans la vie ? » : le « small talk », source d’anxiété pour les jeunes diplômés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Napoléon Landais, Dictionnaire général et grammatical des dictionnaires, t. I, Paris, au Bureau central, , 966 p. (BNF 30731920, lire en ligne), p. 286
  4. HEIDEGGER, Martin, Être et Temps [Trad. Emmanuel Martineau], Paris, Authentica, , 323 p. (lire en ligne), paragraphe 35
  5. « Conversation érotique et normes de genre : pour une éthique de l’inconfort – Philosophiques », sur Érudit (consulté le )
  6. (en) Ashley Phillips, « Study: Women Don't Talk More Than Men », sur ABC News, (consulté le ).
  7. (en) Matthias R. Mehl, Simine Vazire, Nairán Ramírez-Esparza, Richard B. Slatcher et James W. Pennebaker, « Are Women Really More Talkative Than Men? », Science, vol. 317, no 5834,‎ , p. 82 (DOI 10.1126/science.1139940, lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) Julie Huynh, « Study Finds No Difference in the Amount Men and Women Talk », sur Université de l'Arizona - UBRP, (consulté le ).
  9. La Fontaine II, les Amours de Psyché et de Cupidon, p. 176
  10. Fontenelle in Libertins, Entretiens sur la pluralité des mondes. Préface, p. 1190
  11. Méré, De la Conversation, p. 103
  12. Craveri, Conversation, Les filles d'Ève B. Craveri cite Marc Fumaroli, p. 44
  13. Louis Van Delft, Toile de fond, p. 147-148
  14. Fumaroli, République, La conversation, p. 221
  15. Thomas, Esprit, p. 28
  16. a et b Fumaroli, Exercices, XVIIIe siècle - De la civilité à la citoyenneté - Paris 1624 Les mots et les choses, p. 331

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