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Icosaméron

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Icosameron ou Histoire d'Édouard et d'Élisabeth
Titre original
(en) Icosameron, or, the Story of Edward and Elizabeth: Who Spent Eighty-One Years in the Land of the Megamicres, Original Inhabitants of Protocosmos in the Interior of Our GlobeVoir et modifier les données sur Wikidata
Format
Langue
Auteur
Genres
Science-fiction
Fiction philosophique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Époque de l'action
Date de parution
Lieu de publication
Pays

L'Icosaméron ou Histoire d'Édouard et d'Élisabeth qui passèrent quatre-vingts-un ans chez les Mégamicres, habitans aborigènes du Protocosme dans l'intérieur de notre globe est un ouvrage de Giacomo Casanova publié en français sous son pseudonyme « Jacques Casanova de Seingalt » à Prague en 1787 ou 1788.

Moins connu que ses Mémoires, l'Icosaméron est une œuvre mixte, mêlant roman, conte philosophique, satire et des éléments de science-fiction[1].

L'Icosaméron est publié en cinq tomes. Le premier contient une dédicace au comte de Waldstein, le « Commentaire littéral sur les trois premiers chapitres de la Genèse », long texte théologique visant à justifier l'existence des Mégamicres, et enfin les deux premières journées du voyage d'Édouard et d'Élisabeth. Le deuxième tome commence également par une dédicace à un certain « A.S.A.L.M.P.C.A.D.W. ». Les trois derniers tomes ne contiennent aucun paratexte[2].

L'histoire en tant que telle se compose de différents « segments ». Édouard et Élisabeth racontent leurs aventures à leur famille et à des membres de la bonne société anglaise. Entre chaque journée, un court échange a lieu entre eux.

Casanova présente au lecteur un frère et une sœur dont les prénoms, Édouard et Élisabeth, évoquent des souverains anglais[1]. À la suite d'une tempête qui engloutit leur navire, ils arrivent dans le Protocosme, un monde intérieur souterrain malgré tout éclairé par un soleil[1],[3].

Là, ils font la rencontre des Mégamicres, de petits êtres androgynes et ovipares. Au nombre de trente milliards, ceux-ci peuplent le Protocosme et ne connaissent ni le sommeil, ni la maladie, ni la vieillesse[3].

Ensuite, les deux protagonistes s'adonnent à une relation incestueuse et donnent naissance à quarante jumeaux, qu'Édouard marie entre eux. Leurs descendants finiront par atteindre les quatre millions qu'Édouard, maintenant considéré comme un souverain divin, éduquera au christianisme, de même que les Mégamicres[3].

Finalement, après quatre-vingt-un ans dans ce Protocosme, Élisabeth et Édouard retournent à la surface à la suite d'une explosion, sans aucun signe physique de vieillissement[Pas dans la source][2].

Références littéraires

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Le titre du livre, Icosaméron, formé à partir des mots grecs eikosi « vingt » et hemera « jour », indique que le récit est fait sur vingt journées[4]. Casanova s’est peut-être inspiré de L'Heptaméron de Marguerite de Navarre[1], dont le titre rappelle le Décaméron de Boccace.

Le Protocosme (« premier monde ») évoque, en écho au commentaire biblique précédant le début de l'histoire, le jardin d'Éden, avec Édouard et Élisabeth incarnant les nouveaux Adam et Ève.

L'appellation Mégamicres (« grand-petit »), enfin, inverse les mots grecs à l'origine du Micromégas (« petit-grand ») de Voltaire[1].

De même qu'il est possible que Casanova ait été influencé par Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift pour son livre, on pourrait voir l'influence de l'Isocaméron chez Jules Verne avec Voyage au centre de la Terre[1].

Selon Joseph Pollio[Qui ?], l'acronyme A.S.A.L.M.P.C.A.D.W renverrait au général autrichien « Son Altesse Monseigneur le Prince Christian Auguste de Waldeck »[réf. souhaitée].

Références

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  1. a b c d e et f Henri Diament, « Voies souterraines de l'imagination onomastique au siècle des Lumières : l'Icosaméron de Casanova », Nouvelle revue d'onomastique, vol. 19, no 1,‎ , p. 173–180 (DOI 10.3406/onoma.1992.1140, lire en ligne, consulté le ).
  2. a et b « Un autre récit des origines est possible : la Genèse dans l’“Icosameron” de Casanova » [PDF], EFLE Université de Lausanne.
  3. a b et c Nadia Minerva, « Tons, gestes, couleurs : la langue divine selon Casanova (Icosameron, 1788) », Travaux & documents « Uglossies », no 23,‎ , p. 79-95 (HAL hal-02267984, lire en ligne, consulté le ).
  4. Lise Leibacher-Ouvrard, « Casanova et l’utopie de l’indifférence », The French Review, American Association of Teachers of French, vol. 67, no 3,‎ , p. 432-444 (lire en ligne, consulté le ).