DOPA
Dopa
| Lévodopa | |
| Identification | |
|---|---|
| No CAS | |
| No ECHA | 100.000.405 |
| No CE | 200-445-2 |
| Code ATC | N04 |
| DrugBank | DB01235 |
| SMILES | |
| InChI | |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | C9H11NO4 [Isomères] |
| Masse molaire[1] | 197,187 9 ± 0,009 4 g/mol C 54,82 %, H 5,62 %, N 7,1 %, O 32,46 %, |
| pKa | lévodopa : pKa1=2,32, pKa2=8,72, pKa3=9,96, pKa4=11,79 à 25 °C |
| Propriétés physiques | |
| T° fusion | 285 °C déc |
| Précautions | |
| SGH | |
| H302, H315, H319 et H335 |
|
| Directive 67/548/EEC | |
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
| modifier |
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La 3,4-dihydroxyphénylalanine (en abrégé, DOPA ou dopa) est une substance intermédiaire dans la synthèse des catécholamines. Elle possède deux isomères optiques, la L-DOPA ou L-dopa (ou lévodopa, dénomination pharmacologique internationale), lévogyre, et la D-DOPA ou D-dopa, dextrogyre.
La L-DOPA est la forme stéréo-isomérique lévogyre métabolisable par l'organisme. Sa décarboxylation par la DOPA-décarboxylase produit la dopamine.
La L-DOPA est capable de franchir la barrière hémato-encéphalique. C'est une substance qui est utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson en augmentant le taux de dopamine.
Dans la maladie de Parkinson
[modifier | modifier le code]La L-DOPA s'avère supérieure aux agonistes de la dopamine dans le contrôle des symptômes, avec toutefois plus de complications motrices[2]. Elle freine l'évolution de la maladie[3] et améliore très légèrement l'autonomie du patient[4] (par rapport aux agonistes de la dopamine).
La L-DOPA reste le traitement de choix chez la personne âgée, surtout en cas de troubles cognitifs débutants[5], ces derniers pouvant constituer une contre-indication aux autres médicaments antiparkinsoniens.
L'éradication d'Helicobacter pylori améliorerait les résultats du traitement par la lévodopa[6], ce germe pouvant contribuer à la survenue de la maladie de Parkinson[7].
Mode d'administration
[modifier | modifier le code]Elle se fait par voie orale, en trois prises durant les repas dans le traitement initial[5]. Les doses sont augmentées progressivement et le nombre de prises peut atteindre cinq.
Effets secondaires
[modifier | modifier le code]Les dyskinésies apparaissent dans près de 40 % des cas après quelques années de traitement[8]. Ces effets secondaires sont dépendants des dosages et sont plus fréquents lorsque la maladie de parkinson survient chez un sujet jeune[5].
Des troubles impulsifs sont décrits dans un peu plus de 10 % des patients traités[9]: addiction aux jeux, achats compulsifs...
Il existe un risque de survenue de glaucome chez les patients ayant un angle irido-cornéen fermé. Une asthénie et des nausées sont décrites[5].
Chez la femme enceinte, il ne semble pas exister un risque augmenté de malformation fœtale[10].
Microbiote intestinal
[modifier | modifier le code]En outre sa métabolisation périphérique au niveau des entérocytes et hépatocytes principalement responsable de la majeure partie de la biodisponibilité de la L-DOPA, il est connu depuis les années 1970 que la L-DOPA est aussi métabolisée au niveau du microbiote intestinal[11]. Lorsque Marshall et Warren reçoivent un prix Nobel en 2005 pour la découverte d’Helicobacter pylori dans les ulcères de l’estomac, dites alors « infectieuses », la quadrithérapie résultante : amoxicilline, clarithromycine, métronidazole et oméprazole ont vu chez les patients Parkinsoniens traités à la L-DOPA leurs dyskinésies fortement augmentées, traduisant par conséquent un surdosage sanguin de la L-DOPA pour une même quantité administrée[12]. Ces données cliniques montraient alors une corrélation entre la prise de divers antibiotiques par voie orale et une pharmacocinétique différente de la L-DOPA, laissant par conséquent déduire que le microbiote intestinal a un impact non négligeable sur la pharmacocinétique de ce médicament. Une autre équipe de chercheurs a montré que, dans un premier temps, la L-DOPA est décarboxylée par une tyrosine décarboxylase dépendante du phosphate de pyridoxal appartenant à Enterococcus faecalis. Par la suite, des souches de Eggerthella lenta peuvent déshydroxyler, par une dopamine déshydroxylase dépendante du molybdène, la dopamine pour former de la m-tyramine (qui n'est pas connue pour avoir de conséquence biologique)[13]. En outre, l’équipe de chercheurs a soulevé la question : la carbidopa permet-elle d’inhiber la tyrosine décarboxylase d’E. faecalis en plus de la DOPA carboxylase humaine ? Leurs résultats semblent montrer que non. Ainsi, cela peut montrer que l’utilisation de la carbidopa peut ne pas nécessairement modifier les variations pharmacocinétiques intra et interindividuelles de la L-DOPA chez les patients Parkinsoniens. Cependant ces mêmes chercheurs ont toutefois identifié un dérivé de la tyrosine pouvant inhiber la tyrosine décarboxylase d’E. faecalis : la (S)-α-Fluoromethyltyrosine[13].
Plantes et environnement
[modifier | modifier le code]Dans les plantes, L-DOPA L-DOPA possède des propriétés allélopathiques et inhibe donc la croissance de certaines espèces. Elle est produite et sécrétée en grande quantité par quelques espèces de légumineuses telle que la fève Vicia faba et Mucuna pruriens[14]. Son effet dépend fortement du pH et de la réactivité du fer dans le sol[15]. Une étude publiée en 2025 a montré que la L-DOPA exogène induit une réponse de carence en fer rapide et intense chez les plantes de riz et d'Arabidopsis traitées. Cette réponse est indépendante du statut nutritionnel en fer de ces plantes[16].
Divers
[modifier | modifier le code]Elle fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en )[17].
Elle reste le traitement antiparkinsonien le moins cher[5].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
- ↑ Stowe R, Ives N, Clarke C et al. Dopamine agonist therapy in early Parkinson’s disease, Cochrane Database Syst Rev, 2009;2:CD006564
- ↑ Stanley Fahn, David Oakes, Ira Shoulson et Karl Kieburtz, « Levodopa and the progression of Parkinson's disease », The New England Journal of Medicine, vol. 351, no 24, , p. 2498–2508 (ISSN 1533-4406, PMID 15590952, DOI 10.1056/NEJMoa033447, lire en ligne, consulté le )
- ↑ PD Med Collaborative Group, Richard Gray, Natalie Ives et Caroline Rick, « Long-term effectiveness of dopamine agonists and monoamine oxidase B inhibitors compared with levodopa as initial treatment for Parkinson's disease (PD MED): a large, open-label, pragmatic randomised trial », Lancet (London, England), vol. 384, no 9949, , p. 1196–1205 (ISSN 1474-547X, PMID 24928805, DOI 10.1016/S0140-6736(14)60683-8, lire en ligne, consulté le )
- Muzerengi S, Clarke CE, Initial drug treatment in Parkinson’s disease, BMJ, 2015;351:h4669
- ↑ (en) Hashim H, Azmin S, Razlan H, Yahya NW, Tan HJ, Manaf MR, Ibrahim NM, « Eradication of Helicobacter pylori infection improves levodopa action, clinical symptoms and quality of life in patients with Parkinson's disease », PLoS One, vol. 9, no 11, , e112330. (PMID 25411976, PMCID PMC4239049, DOI 10.1371/journal.pone.0112330, lire en ligne [html])
- ↑ (en) Dr Testerman Traci, « Bacteria 'linked' to Parkinson's disease », BBC Online, consulté le 23 mai 2011.
- ↑ Ahlskog J, Muenter MD, Frequency of levodopa-related dyskinesias and motor fluctuations as estimated from the cumulative literature, Mov Disord, 2001;16:448-58
- ↑ Daniel Weintraub, Juergen Koester, Marc N. Potenza et Andrew D. Siderowf, « Impulse control disorders in Parkinson disease: a cross-sectional study of 3090 patients », Archives of Neurology, vol. 67, no 5, , p. 589–595 (ISSN 1538-3687, PMID 20457959, DOI 10.1001/archneurol.2010.65, lire en ligne, consulté le )
- ↑ M. Dostal, C. Weber-Schoendorfer, J. Sobesky et C. Schaefer, « Pregnancy outcome following use of levodopa, pramipexole, ropinirole, and rotigotine for restless legs syndrome during pregnancy: a case series », European Journal of Neurology, vol. 20, no 9, , p. 1241–1246 (ISSN 1468-1331, PMID 23083216, DOI 10.1111/ene.12001, lire en ligne, consulté le )
- ↑ B. R. Goldin, M. A. Peppercorn et P. Goldman, « Contributions of host and intestinal microflora in the metabolism of L-dopa by the rat », The Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, vol. 186, no 1, , p. 160–166 (ISSN 0022-3565, PMID 4723308, lire en ligne, consulté le )
- ↑ M. Pierantozzi, A. Pietroiusti, L. Brusa et S. Galati, « Helicobacter pylori eradication and l-dopa absorption in patients with PD and motor fluctuations », Neurology, vol. 66, no 12, , p. 1824–1829 (ISSN 0028-3878 et 1526-632X, DOI 10.1212/01.wnl.0000221672.01272.ba, lire en ligne, consulté le )
- Vayu Maini Rekdal, Elizabeth N. Bess, Jordan E. Bisanz et Peter J. Turnbaugh, « Discovery and inhibition of an interspecies gut bacterial pathway for Levodopa metabolism », Science, vol. 364, no 6445, , eaau6323 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.aau6323, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Fujii Y, Shibuya T, Yasuda T, « L-3,4-Dihydroxyphenylalanine as an Allelochemical Candidate from Mucuna pruriens (L.) DC. var. utilis », Agricultural and Biological Chemistry, vol. 55, no 2, , p. 617–618 (DOI 10.1080/00021369.1991.10870627
)
- ↑ Hsieh EJ, Liao SW, Chang CY, Tseng CH, Wang SL, Grillet L, « L-DOPA induces iron accumulation in roots of Ipomoea aquatica and Arabidopsis thaliana in a pH-dependent manner », Botanical Studies, vol. 64, no 24, , p. 617–618 (PMID 37620733, PMCID 10449704, DOI 10.1186/s40529-023-00396-7
, Bibcode 2023BotSt..64...24H)
- ↑ Hsieh EJ, Rusli MH, Liao SW, Tseng CH, Chang CY, Wang SL, Yang TC, Chan YT, Shih YH, Hong CY, Grillet L, « L-DOPA elicits iron deficiency response through root-to-shoot signaling and independently of the canonical regulatory pathway », New Phytologist, (DOI 10.1111/nph.70823)
- ↑ (en) WHO Model List of Essential Medicines, 18th list, avril 2013
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Page spécifique dans la base de données sur les produits pharmaceutiques (Canada)
- Page spécifique sur le Répertoire Commenté des Médicaments, par le Centre belge d'information pharmacothérapeutique
- Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant DOPA
- Page spécifique sur le Vidal.fr