Celeste (constellation de satellites)
Celeste, anciennement LEO-PNT (Low Earth Orbit Positioning Navigation and Timing) est une constellation de micro-satellites de navigation circulant en orbite basse développée par l'Agence spatiale européenne et déployée à compter de 2026. Cette constellation doit permettre de tester et d'évaluer l'utilisation de satellites en orbite basse pour compléter les systèmes de positionnement par satellite existants (Galileo, EGNOS) reposant sur des constellations de satellites circulant sur une orbite moyenne. Cette constellation doit répondre aux besoins croissants de positionnement généré par les nouvelles applications (drone, véhicule autonome, internet des objets) qui requièrent une plus grande précision (objectif centimétrique), une bonne fiabilité (brouillage et interférences) et une meilleur couverture (environnement urbain dense, couverture végétale épaisse).
Contexte
[modifier | modifier le code]En 2021 il existait 6,5 milliards récepteurs GPS dans le monde et il était prévu que ce nombre croisse de 10% par an dans le futur. Mais les performances des systèmes de positionnement par satellite actuels sont sur le point d'atteindre leurs limites et l'ajout de nouveaux composants devient essentiel. De nouveaux besoins sont apparus avec le développement des véhicules autonomes, des drones, du concept de la Ville intelligente et de l'internet des objets pour le contrôle des systèmes industriels. Ces applications demandent une précision de l'ordre du centimètre contre un mètre actuellement, un signal continu fiable qui peut être reçu quel que soit l'environnement (zone urbaine dense, à l'intérieur des logements, sous un couvert végétal épais) sans interférence ni brouillage[1].
Le système de positionnement par satellite européen Galileo qui repose sur une constellation de satellites circulant sur une orbite terrestre moyenne (environ 22 000 km) et émettant des signaux en bande L n'est par en mesure de répondre à ces nouveaux besoins. Il est nécessaire de développer une constellation de satellites circulant sur une orbite basse (altitude de quelques centaines de kilomètres) qui du fait de sa proximité avec la surface permet d'émettre des signaux plus puissant capables de réduire les interférences et d'assurer la couverture des zones qui ne sont pas atteintes par les signaux actuels. En adoptant de nouvelles techniques de navigation et en émettant dans plusieurs bandes radio un satellite en orbite basse peut par ailleurs répondre aux besoins de précision, de couverture et de continuité[1].
L'Agence spatiale a planifié en 2022 le développement d'une constellation de satellites, baptisée LEO-PNT (Low Earth Orbit Positioning Navigation and Timing), destinée à tester ces solutions techniques et à évaluer leurs performances[1].
Historique
[modifier | modifier le code]Le projet LEO-PNT est approuvé en novembre 2022 lors du Conseil interministériel de l'Agence spatiale européenne. Il fait partie du programme FutureNAV dont l'objectif est d'améliorer les performances, la robustesse et les prestations des systèmes de positionnement par satellite européen (Galileo, EGNOS). FutureNav comprend également la réalisation du satellite géodésique GENESIS qui doit améliorer la précision du système de référence de la surface de la Terre (ITRF défini par le Système international de référence terrestre)[2]. Un appel d'offres est lancé par l'agence en février 2025 pour la réalisation de la constellation[3]. La fabrication des 11 satellites de la constellation est confiée à deux consortiums dirigés l'un par GMV (Espagne), l'autre par Thales Alenia Space (France)[4]. En septembre 2025 le projet est rebaptisé Celeste en référence au prénom de la fille du savant italien Galilée qui a lui-même donné son nom au système de positionnement par satellite européen Galileo[5].
Caractéristiques techniques
[modifier | modifier le code]La constellation est composée de 12 satellites dont deux de rechange[6],[1] :
- Deux prototypes de type CubeSat embarquant des émetteurs radio envoyant des signaux en bande L et S.
- Huit satellites de plus grande taille (environ 70 kg) embarquant un émetteur-récepteur radio fonctionnant en bande S et envoyant des signaux au format 5G, un émetteur envoyant des signaux en bande C pour combattre le brouillage et les interférences, un émetteur UHF pour permettre une meilleure réception des signaux de positionnement dans les régions comportant un couvert végétal épais, en zone urbaine dense et à l'intérieur des logements.
Déploiement
[modifier | modifier le code]Lancement des prototypes (mars 2026)
[modifier | modifier le code]Les deux premiers satellites sont des prototypes qui doivent permettre de tester durant 6 mois les techniques qui seront mises en oeuvre par les satellites opérationnels. Ce sont deux CubeSats l'un de type 12U l'autre de type 16U fabriqués respectivement par GMV et Thales qui embarquent des émetteurs envoyant des signaux en bande L et S. Ils doivent être placés en orbite vers le 24 mars 2026 par le lanceur léger néo-zélandais Electron décollant de la base de lancement Mahia située en Nouvelle-Zélande. Huit satellites de plus grande taille exploitant les résultats fournis par les deux premiers satellites doivent être déployés à partir de 2027[6].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) « ESA plans for low-orbiting navigation satellites », Agence spatiale européenne,
- ↑ (en) « ESA Navigation portfolio expanded and diversified by Ministerial Council », Agence spatiale européenne,
- ↑ (en) « Call for information on low Earth orbit navigation », Agence spatiale européenne,
- ↑ (en) « ESA’s LEO-PNT satellites set to launch by end of year », Agence spatiale européenne,
- ↑ (en) « Galileo ‘daughter mission’ name revealed: Celeste », Agence spatiale européenne,
- (en) « ESA’s Celeste target launch date confirmed », Agence spatiale européenne,
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Site officiel », Agence spatiale européenne (consulté le )