Guide du rôliste galactique
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| Adresse | legrog.org |
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| Slogan | Le dernier site web avant la fin du monde |
| Type de site | Encyclopédie des jeux de rôle |
| Langue | Français |
| Inscription | Gratuite |
| Siège social | Grenoble |
| Propriétaire | Association GROG |
| Lancement | 2000 |
| Revenus | Dons et publicité |
| État actuel | En activité |
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Le Guide du rôliste galactique, abrégé en GRoG, est une encyclopédie en ligne sur les jeux de rôle sur table, créée au début des années 2000. Le Guide du rôliste galactique (GROG) est aussi le nom de l'association française gérant ce site web[1],[2].
Structure du site
[modifier | modifier le code]Le site, relié à une base de données, propose la description neutre et factuelle des ouvrages publiés (auteurs, éditeur, date de parution, contenu, etc.), ainsi que la description générale de la gamme à laquelle ils se rattachent. Le site comprend une partie encyclopédique qui recense les ouvrages de jeu de rôle, avec des fiches consacrées aux ouvrages, aux gammes, aux auteurs et artistes et aux maisons d'édition ; les jeux amateurs ont également des fiches. Le site comprend aussi un volet critique : les internautes peuvent poster des avis sur les ouvrages. Enfin, le GRoG comprend un volet magazine plus restreint publiant actualités de parutions et d'événements, interviews et dossiers[3],[1].
Histoire du site
[modifier | modifier le code]2000-2008 : première version du site
[modifier | modifier le code]Le site est créé en mai 2000[4],[5] par un groupe d'étudiants grenoblois. Le site est administré par une association loi de 1901 du même nom créée en janvier 2000[6],[7]. La première version du site est en ligne de 2000 à 2008. Elle est alors hébergée sous le nom de domaine roliste.com[3]. La création du Guide du rôliste galactique s'inscrit dans un mouvement général de création de nombreux sites consacrés au même loisir, avec des sites anglophones comme RPG.net en 1996 ou Places to Go, People to Be en 1998 et des sites francophones comme la Scénariothèque en 1996, le Site de l'elfe noir (renommé par la suite SDEN) en 1997 et des forums comme CasusNO en 2001[8],[9]. Le magazine finlandais de jeux de rôle Roolipelaaja replace la création du GRoG dans le contexte de cette période de la fin des années 1990 et du début des années 2000 où les jeux de rôle en France connaissent des baisses de chiffres de ventes et où les magazines papier spécialisés connaissent une éclipse : Internet devient, avec les conventions de jeux, le principal facteur d'unité des amateurs du loisir, ce qui peut expliquer l'ambition d'un site recensant l'ensemble des jeux publiés[10].
Au bout d'un an, le site compte 200 gammes de jeux, 1600 ouvrages référencés et 1500 critiques postées par des internautes[11].
Certaines actualités publiées sur le site du GRoG sont reprises dans une rubrique du magazine papier Casus Belli durant sa deuxième série (publiée par Arkana Press) en 2003, à partir du numéro 21[12],[13]. En 2006, le GRoG met en commun son calendrier des événements et conventions rôlistiques avec les sites de la Fédération Française de Jeu de Rôle et le Site de l'elfe noir (SDEN) afin de le tenir plus facilement à jour ; l'architecture technique utilisée permet aussi d'afficher ces actualités sur plusieurs sites (une quarantaine au printemps 2006)[14].
En 2008, le site compte 12 administrateurs et environ 80 contributeurs qui rédigent les fiches[11].
Deuxième version du site en 2009
[modifier | modifier le code]À la suite d'un conflit interne à l'association, le site est indisponible quelques jours, puis fonctionne sous la forme d'un blog sur le nouveau domaine legrog.org d' à , avant de reprendre son fonctionnement normal[15]. L'architecture technique du GRoG est entièrement révisée à cette occasion[16]. L'association publie des excuses publiques[17] et rachète son ancien nom de domaine roliste.com, tout en conservant également legrog.org. Le site compte alors environ 8 000 ouvrages et 800 gammes[16].
En 2019, le GRoG recensait environ 11 000 ouvrages[6].
Les contributions au GRoG
[modifier | modifier le code]Le corps des contributeurs réguliers du GRoG (appelés matelots) est distinct de l'association : il n'est pas nécessaire de faire partie de l'association pour être contributeur, et vice-versa. Les fiches sont rédigées par les « matelots » puis relues et validées par des « officiers » ou « sous-officiers ». Les critères de validation comprennent des critères de qualité ainsi que des critères éthiques (les personnes ayant directement contribué à un jeu ne peuvent pas en rédiger la fiche, cela afin d'éviter les pratiques de publireportage)[1]. En 2024, 20 à 30 ouvrages sont mis en ligne chaque semaine, en moyenne[1]. Il est également possible de faire des dons à l'association[18].
La plupart des éléments du GRoG forment une œuvre collective (fiches, actualités…), d'autres éléments restent propriétaires de leurs auteurs (critiques, articles, design du site…), et certains éléments restent propriétaires des éditeurs de jeux (images des ouvrages, etc.). Son contenu est pleinement protégé par le droit d'auteur[19].
Contributions de partenaires
[modifier | modifier le code]Avec l'accord des ayants droit, la base du GRoG inclut, parmi les critiques d'ouvrages référencées, des articles en provenance de magazines et de sites extérieurs. Les magazines et sites concernés sont Casus Belli, avec distinction entre les époques 1980-1999 ou 2000-2006, Jeu de rôle magazine, Le Maraudeur, Présence d'esprits, Jeux d'ombres et 2d+3 (émission télévisée sur Canal Web)[20].
Le GRoG d'or
[modifier | modifier le code]Le GroG d'or est une récompense du meilleur jeu de l'année décernée par l'association depuis 2001 ; il peut être français ou étranger[3],[21]. Chaque mois, les contributeurs au GRoG se réunissent et élisent le Jeu du mois, un jeu ayant eu une actualité récente fichée sur le site. Chaque année, les 12 jeux du mois concourent au prix du GRoG d'or pour l'élection du jeu coup de cœur de l'année.
Cette récompense a acquis une certaine notoriété[10].
Liste des jeux récompensés par le GRoG d'or
[modifier | modifier le code]- 2001 : Blue Planet
- 2002 : Nobilis[22]
- 2003 : Transhuman Space
- 2004 : Orpheus
- 2005 : Vermine
- 2006 : COPS
- 2007 : Warhammer
- 2008 : Warhammer 40K
- 2009 : Hellywood
- 2010 : Doctor Who
- 2011 : Tenga
- 2012 : Würm[23]
- 2013 : Apocalypse World[24]
- 2014 : Star Wars - Edge of the Empire
- 2015 : Dungeons & Dragons (5e édition)
- 2016 : Sombre
- 2017 : Degenesis
- 2018 : Brigandyne
- 2019 : Meute
- 2020 : Dieux ennemis
- 2021 : Le Cabinet des murmures
- 2022 : Knight
- 2023 : Dune (2d20)
- 2024 : City of Mist
- 2025 : Sans Cœur
Analyses
[modifier | modifier le code]En 2007, le sociologue Olivier Caïra évoque le GRoG comme « la plus importante base de données francophone sur le jeu de rôle », de sorte qu'à ce moment, le site constitue selon lui « l'un des deux piliers du milieu associatif français du jeu de rôle » (l'autre étant selon lui la Fédération française de jeu de rôle)[3]. Coralie David rapproche le GRoG des médias rôlistiques dans la mesure où les critiques et avis présents sur le site l'amènent à jouer un rôle prescripteur comparable à celui des magazines ; le GRoG est selon elle « le premier en termes de prescription » parmi les sites web consacrés au loisir[25].
En 2024, Sanne Stijve et David Robert analysent la base de données du GRoG et montrent en quoi il peut être utilisé comme ressource pour des travaux de recherche portant sur les jeux de rôle sur table. La base de données est selon eux « sans équivalent à ce niveau de qualité et de complétude » et fait partie du « patrimoine rôliste ». Ils en montrent aussi les limites, notamment le fait que, les bénévoles étant principalement francophones, la base de données est très représentative et très complète pour les jeux parus en français, mais peut l'être moins pour d'autres langues que les bénévoles ne maîtrisent pas. Ils mentionnent aussi de possibles limites liées d'une part aux centres d'intérêt des bénévoles qui se chargent de rédiger les fiches, d'autre part au fait que certains éditeurs envoient leurs nouvelles parutions au GRoG à la manière de services de presse tandis que d'autres ne le font pas, ce qui peut entraîner une surreprésentation de certains éditeurs[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Stijve et Robert 2024
- ↑ Par JunM, « Le GRoG : une base de données pour tous les rôlistes de la galaxie », sur https://www.jeuxderole.com/, (consulté le )
- Caïra 2007, p. 38
- ↑ David 2015, p. 639
- ↑ Narbeuh, « Il témoigne dans le Fix : 20 ans de GRoG et toujours pas alcoolo. », sur Le Fix, (consulté le )
- Bianquis 2019, p. 307
- ↑ Annonce de création de l'association Guide du rôliste galactique sur le site du Journal Officiel. Page consultée le 22 décembre 2025.
- ↑ Larré et David 2019, p. 109
- ↑ Grégoire Macqueron, « Les âges du jeu de rôle francophone. Une petite analyse historique », Casus Belli, Black book éditions, 4e série, no 42, , p. 232-241 (le GRoG est évoqué en page 239)
- (fi) Thomas B., « Tiedätkö, miksi D&D: tä kutsutaan Pariisissa ? », Roolipelaaja, vol. 17, , p. 18-21 (lire en ligne)
- Le Grog, « Le Guide du rôliste galactique », Jeu de rôle magazine, 1re série, no 3, , p. 77 (ISSN 1964-423X)
- ↑ Julien Clément, « Casus Belli 2, le bug de l'an 2000 ? », Di6dent, Avion, plansix « Le numéro maudit », no 13, , p. 22-26 (information présente p.25).
- ↑ Collectif, « Piratage d'antenne : Grogasus », Casus Belli, Paris, Arkana Press, 2e série, no 21, , p. 24-25
- ↑ La rédaction, « Grog's Time », Casus Belli, deuxième série (Arkana Press) no 37, , p. 57
- ↑ Communication officielle du site en octobre 2008, postée sur divers sites comme SciFi-Universe et de nombreux forums : « Le Grog est en conflit avec un des membres fondateurs du site concernant l'utilisation du nom de domaine "rôliste" et des pages de code. La base de données reste la propriété du Grog et les textes ne sont pas perdus. Les administrateurs actuels font leur possible pour remettre le site d'aplomb au plus vite ».
- Canard Dé : « Retour du GROG ! », article sur le site du magazine Canard PC le 8 mai 2009. Page consultée le 22 décembre 2025.
- ↑ Excuses publiées le 15 février 2009.
- ↑ Comment soutenir le GRoG
- ↑ Considérations juridiques
- ↑ Page de référence des critiques extérieures
- ↑ Kaefer, « C'est quoi... Le GROG ? (jeu de rôle) », sur Scandalicious, (consulté le )
- ↑ "Et le Grog d'Or du meilleur Jdr 2001 est attribué à...", article de la rédaction dans Casus Belli, deuxième série (Arkana Press), n°15, août-septembre 2002, p.14.
- ↑ "Grog d'or 2012. Entre deux palmarès cannois", article dans Casus Belli, Black Book éditions, n°3, mai-juin 2012, p.17.
- ↑ "Grog d'or 2013. And the winner is...", article dans Casus Belli, Black Book éditions, n°7, mai-juin 2013, p.20.
- ↑ David 2015, p. 669
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- [Caïra 2007] Olivier Caïra, Jeux de rôle, les forges de la fiction, Paris, CNRS Éditions, , 311 p., poche (ISBN 978-2-271-06497-4, LCCN 2007444002)
- [David 2015] Coralie David, « Jeux de rôle, l'intercréativité de la création littéraire, thèse de doctorat en littérature générale et comparée sous la direction d'Anne Larue et Benoît Berthou, université Paris 13 Nord »
, . - [Larré et David 2019] Jérôme Larré et Coralie David, « Évolution du discours théorique », dans Danièle André et Alain Quadrat (dir.), Le Jeu de rôle sur table, un laboratoire de l'imaginaire, Paris, Classiques Garnier, coll. « Carrefour des lettres modernes », , 383 p. (ISBN 978-2-406-07481-6, ISSN 2494-6109, DOI 10.15122/isbn.978-2-406-07482-3, présentation en ligne)actes des journées d'études « Les quarante ans du jeu de rôle », Université Paris 13, 12-13 juin 2015.
- [Bianquis 2019] Jérôme Bianquis, « Comment conserver le jdr et la mémoire du jdr. L'encyclopédisme dans les jeux de rôle et les difficultés du classement », dans Danièle André et Alain Quadrat (dir.), Le Jeu de rôle sur table, un laboratoire de l'imaginaire, Paris, Classiques Garnier, coll. « Carrefour des lettres modernes », , 383 p. (ISBN 978-2-406-07481-6, ISSN 2494-6109, DOI 10.15122/isbn.978-2-406-07482-3, présentation en ligne)actes des journées d'études « Les quarante ans du jeu de rôle », Université Paris 13, 12-13 juin 2015.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site officiel
- [Stijve et Robert 2024] Sanne Stijve et David Robert, « L’histoire du jeu de rôle au regard du Guide du Rôliste Galactique, communication lors du colloque Vous êtes dans une taverne... Retour sur 50 ans de jeux de rôle, organisé par le CREM (Université de Lorraine) et le CRIMEL (Université de Reims Champagne-Ardenne), Metz, 27-28 mars 2024. », sur le CREM (Université de Lorraine) et le CRIMEL (Université de Reims Champagne-Ardenne, (consulté le ) ; captation vidéo
