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Lesbia

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Lesbia
Lesbia et son moineau, huile sur toile d'Edward Poynter (1907).
Biographie
Période d'activité

Lesbia (ou Lesbie en français) est la maîtresse à laquelle le poète romain Catulle (87-) dédie de nombreux poèmes. Son identification avec une personne réelle et la portée de cette identification sont discutées. Le personnage de Lesbia a inspiré plusieurs artistes après l'Antiquité.

Problème de la réalité de Lesbie

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On ne la connaît que par les poèmes de Catulle. Elle serait en fait Claudia, épouse du consul Quintus Metellus Celer, aux mœurs assez libres. Selon Apulée, un auteur d’Afrique qui a vécu bien plus tard (v. 125-v. 170), « Lesbia » était en réalité un nom de plume inventé par Catulle. Elle est le sujet d’environ la moitié des 118 poèmes qui nous sont parvenus. Catulle aurait donné le nom de Lesbie à sa belle en l'honneur de la poétesse grecque Sappho. Cette dernière vivait sur l'île de Lesbos et tenait une école pour femmes, où elles apprenaient l'érotisme et la poésie.

Lesbia est traditionnellement identifiée à Clodia, répudiée par Lucullus pour inconduite et remariée à Quintus Caecilius Metellus Celer et sœur du démagogue Clodius Pulcher[1], poursuivie par Cicéron dans Pro Caelio, bien que cette conclusion manque de preuves évidentes, et soit contestée par une minorité de spécialistes.

Postérité dans l'Antiquité

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Martial l'évoqua dans une épigramme[2] : « Donne-moi, Diadumène, des baisers appuyés. Combien ? dis-tu.
[...].
Je n'en veux pas autant que ceux que Lesbia, à force de prières, donna au fin Catulle ».

Martial fait référence à Lesbia dans plusieurs épigrammes, où elle apparaît comme un élément de la réception érotique de la poésie de Catulle. Dans certains passages, il relit notamment le motif du passer en lui donnant une interprétation à connotation sexuelle[3].

« Lesbia, nequitiis passeris orba sui »

Postérité après l'Antiquité

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Représentations dans les arts

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Lesbie est représentée sur de nombreux tableaux ou sculptures, qui la montrent en général accompagnée d'un moineau, un thème inspiré par le poème III de Catulle où le poète déplore la mort de l'oiseau de sa maîtresse.

Références et allusions à Lesbie

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L'écrivain français Catulle Mendès rédigea en 1886 une nouvelle à l'antique titrée Lesbia[4].

Lesbia est un personnage des Catulli carmina, œuvre musicale de Carl Orff crée en 1943.

Isabel Miller, connue pour ses romans lesbiens, est le nom de plume d'Alma Routsong ; le prénom est l'anagramme de Lesbia.

L'écrivain espagnol Antonio Priante a publiée en 1992 un roman historique titré Lesbia mía[5].

  1. Pierre Grimal, Rome et l’Amour, Robert Laffont, 2007, (ISBN 9782221106297), p 124-125
  2. Martial, Épigrammes [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 34.
  3. Frédérique Fleck, « L'épigramme I, 109 de Martial : un poème encomiastique ou satirique ? », Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, vol. Tome LXXXII, no 1,‎ , p. 71-97, 2.3 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  4. Mendes.
  5. Antonio Priante, Lesbia mía, Ediciones de Intervención Cultural, , 170 p. (ISBN 9788416288939)

Liens externes

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