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Logonna-Quimerc'h

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Logonna-Quimerc'h
Logonna-Quimerc'h
L'église paroissiale Saint-Onna
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h
Statut Ancienne commune
Code postal 29590
Code commune 29138
Démographie
Population 112 hab. (1962)
Géographie
Coordonnées 48° 14′ 51″ nord, 4° 07′ 51″ ouest
Historique
Fusion 13 janvier 1965
Intégrée à Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h
Localisation
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Logonna-Quimerc'h

Logonna-Quimerc'h est une ancienne commune du Finistère, qui fusionna en 1965 avec Pont-de-Buis et Quimerc'h pour créer la commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h.

Géographie

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Logonna-Quimerch est situé sur la rive droite de l'estuaire de l'Aulne, une ria qui se jette dans la rade de Brest.

Un dépôt de 5 objets en bronze (deux haches à talon[1], un ciseau au burin, un ciseau à douille et un marteau à douille)[2], datant d'environ 1 000 ans av. J.-C. a été trouvé en juin 1923 près de la forme du Manoir[3].

Un camp retranché celte[4], dit camp du Muriou, d'environ 100 mètres de côté, a été identifié à cheval sur les anciennes communes de Quimerch et Logonna-Quimerch[5].

Étymologie et origines

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Logonna-Quimerch est une ancienne trève de Quimerch devenue paroisse en 1804.

L'étymologie du nom Logonna (Loc-Onna) ferait remonter les origines du lieu au IXe siècle comme pour tous les sanctuaires placés sous ce vocable. Le culte de saint Onna, patron de Logonna, est très ancien. Saint Onna était un disciple de saint Guénolé et moine à l'abbaye de Landévennec. Il aurait évangélisé Logonna occupé alors par les Romains[6]

Révolution française

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Ménez, recteur (curé) de Logonna-Quimerc'h, et Salaun, son vicaire, prêtres réfractaires, s'exilèrent en Espagne pendant la Terreur[7].

Le XIXe siècle

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Logonna-Quimerch en 1843

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A.Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Logonna-Quimerch en 1843 :

« Logonna-Quimerc'h : commune formée de l'ancienne trève de Quimerc'h ; aujourd'hui succursale. Géologie : le grauwacke est la roche dominante. On parle le breton[8]. »

Logonna-Quimerch à la fin du XIXe siècle

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Un rapport d'avril 1872 indique que Logonna-Quimerc'h fait partie des 28 communes du Finistère à être encore sans école[9].

Voici la brève description que fait Benjamin Girard de la commune de Logonna-Quimerch, alors peuplée de 278 habitants pour une superficie de 446 hectares, vers 1885 :

« Cette commune, une des plus petites du Finistère, est située sur la rive droite de l'Aulne, un peu en aval de l'embouchure de la rivière de Pont-de-Buis ; elle n'est traversée par aucune voie de communication et ne possède qu'une école mixte. Son chef-lieu, sans importance, n'a que 33 habitants[10]. »

Le XXe siècle

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Logonna-Quimerch : l'ancienne école

L'école de Logonna-Quimerch, ouverte au début du XXe siècle seulement, ferme dès 1965.

La Belle Époque

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Le recteur de Logonna-Quimerc'h écrit en 1903 : « Après la première communion, les enfants généralement rentrent dans les écoles congréganistes, soit à Châteaulin, soit ailleurs »[11].

La Première Guerre mondiale

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Logonna-Quimerch : le monument aux morts

Le monument aux morts de Logonna-Quimerch[12] porte le nom de 10 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 2 (Gabriel Cevaër et Roger Coatalem) sont morts en Belgique dès 1914 ; Jean Lanchec est mort en mer lors du naufrage du croiseur cuirassé Léon Gambetta en 1915 ; Émile Cevaër, marsouin, a été tué à l'ennemi dans l'actuelle Macédoine du Nord en 1917 ; les autres sont morts sur le sol français.

L'Entre-deux-guerres

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La Seconde Guerre mondiale

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Un soldat (Louis Richou) de Logonna-Quimerc'h est décédé le à l'hôpital mixte de Limoges pendant la Seconde Guerre mondiale[12].

Dans la nuit du 26 au , au moulin de Kergaéric, des résistants FTP (des « bandits » écrit le journal collaborationniste L'Éclair), le visage masqué, tuèrent Pierre Poulmarch[Note 1], héros de la Première Guerre mondiale ; ses deux frères Jacques et François ainsi que sa belle-sœur furent grièvement blessés (ces meuniers étant à tort accusés de vendre des cochons aux Allemands et de faire payer très cher la farine aux ouvriers) ; ces crimes sont resté impunis[13].

L'après Seconde Guerre mondiale

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Un soldat (Roger Glehen) originaire de Logonna-Quimerc'h est mort pour la France pendant la Guerre d'Indochine[12].

Évolution démographique

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Évolution démographique de Logonna-Quimerch jusqu'à sa fusion en 1965 avec Quimerch et Pont-de-Buis[14]:
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876
226 257 246 239 252 254 255 258 253 279 262 273 262
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
255 278 263 244 228 222 211 172 198 184 159 154 116 112
Nombre retenu à partir de 1968 : Population sans doubles comptes

Commentaire : Les résultats aberrants du recensement de 1806 (1896 habitants !) n'ont pas été retenus. À la faiblesse de la population de Logonna-Quimerch s'ajoute une stagnation démographique remarquable par delà les dents de scie d'un recensement à l'autre tout au long du XIXe siècle, la population de 1911 étant quasi identique à celle de 1793 (13 habitants de moins en 118 ans) et les évolutions survenues dans l'intervalle étant minimes, le maximum démographique étant atteint en 1861 avec 279 habitants et le minimum démographique de cette période étant atteint en 1911 avec 211 habitants, soit un écart de seulement 68 habitants entre les deux. Par contre, le XXe siècle montre un déclin démographique constant, amorcé en fait dès la fin du XIXe siècle : entre 1886 et 1962, Logonna-Quimerch perd 166 habitants, soit - 59,7 % de sa population en 76 ans, le dernier recensement, avant la fusion en 1965 de la commune avec Pont-de-Buis et Quimerch, celui de 1962, enregistrant le minimum démographique absolu avec seulement 112 habitants. Isolée, Logonna-Quimerch est le type même de commune frappée par un important exode rural tout au long du XXe siècle.

Administration

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1791   Jacques Ménez   Fut le premier maire de Logonna-Quimerch
Après / Pendant 1947   Marie-Jeanne Poulmarc'h   Élue par 109 voix sur 109 votants alors qu'elle ne s'était pas portée candidate.
Avant / Pendant juillet 1947   Jean-François Hetet    
avant 1925 après 1925 Le Gall   Reçoit la légion d'honneur en 1925
         
         

Monuments et sites

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  • L'église Saint-Onna, consacrée à saint Onna ou saint Nonna, date du XVIIe siècle : en forme de croix latine, disposant d'un clocheton, elle a été achevée vers 1660, mais restaurée et agrandie (ajout d'une sacristie et du porche sud) en 1892 par un entrepreneur de Châteaulin, Armand Gassis. Elle possède une statuaire ancienne, datant du XVe siècle, ce qui laisse supposer qu'elle a remplacé un édifice plus ancien[15].
  • Le manoir de Kermorvan : le manoir actuel date de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle, mais a subi des transformations importantes au XIXe siècle et au XXe siècle[16].
  • La ferme de Kergadalen : elle date de 1819 (maison à avancée [apotheis], en ruine)[17].

Notes et références

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  1. Pierre Poulmarch, né le au moulin de Kergaéric.

Références

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  1. « Hache à talon, Pont-de-Buis-les-Quimerc’h », sur topic-topos.com via Wikiwix (consulté le ).
  2. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, n° CVII, 1980
  3. « Mairie de Pont de Buis lès Quimerc'h », sur pontdebuislesquimerch.fr via Wikiwix (consulté le ).
  4. « Les enceintes fortifiees du haut moyen age en bretagne », sur sahpl.asso.fr (consulté le ).
  5. « Pont-de-Buis-les-Quimerc’h », sur topic-topos.com via Wikiwix (consulté le ).
  6. Douard Christel, Le Bris du Rest Erwan, Toscer-Vogel Catherine : "Entre mer et fleuve, Le Faou et son canton", Association pour l'Inventaire de Bretagne, coll. Images du Patrimoine, Rennes, 1998, p. 49-60
  7. Abbé Coutrarty, "Quelques renseignements sur les prêtres du Finistère exilés en Espagne", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, 1926, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5729760q/f261.image.r=Loperhet.langFR
  8. A. Marteville et P.Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 1, Rennes, Moulinex, (lire en ligne), p. 516.
  9. Armand Pihoret, « Rapport présenté au conseil général du département par M. Armand Pihoret, préfet du Finistère », Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. B. Girard, "La Bretagne maritime", 1885, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f289.image.r=Quimerc'h.langFR
  11. Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902 : la IIIe République contre les langues régionales, Spézet, Coop Breizh, , 182 p. (ISBN 2-909924-78-5)
  12. a b et c Memorialgenweb.org - Pont-de-Buis-lès-Quimerch: monument aux morts de Logonna-Quimerch
  13. « Dans le Finistère des bandits tuent sauvagement deux jeunes filles et massacrent une famille », L'Éclair,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le ) et Loïc L'Haridon, « Résistance. Le crime impuni de Kergaéric. », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Logonna-Quimerch », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
  15. M. Penven, J R Le Guillou ; « Logonna Quimerch » ; « Association sur les traces de François Joncour »
  16. « patrimoine.region-bretagne.fr/… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  17. « Ferme, Logonna : Kergadalen (Pont-de-Buis-lès-Quimerch) », sur patrimoine.bzh, (consulté le ).

Bibliographie

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  • H. Pérennès, Logonna-Quimerc'h, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, 1928.