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Lyon populaire

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Lyon populaire
Vivre en travaillant ou mourir en combattantVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Fondation
Dissolution
Prédécesseur
Bastion social (directement)
Groupe union défense – Lyon (indirectement)
Successeur
Audace Lyon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Cadre
Forme juridique
Pays
Organisation
Membres
Lyon Populaire 30-40 (selon StreetPress)[3]
Jeunesse Lyon Populaire 15 (selon StreetPress)[4]
Fondateur
Eliot Bertin (Fondateur de Lyon Populaire)
Matis A. surnommé « Pchit » (Fondateur de Jeunesse Lyon Populaire)[1]
Idéologie
Positionnement
Site web

Lyon populaire est un groupe d'ultradroite lyonnais, appartenant à la mouvance nationaliste-révolutionnaire de l'extrême droite à Lyon. Il se fonde en 2019 à la suite de la dissolution du groupe Bastion social auquel il succède. Il est responsable de violences, à Lyon et à Clermont-Ferrand.

Le , il est dissout par un décret en Conseil des ministres, pour apologie de la collaboration avec le nazisme et incitation à la discrimination et la violence envers les étrangers, les juifs et les personnes homosexuelles.

Ses militants se retrouvent autour d'un ancien groupuscule en sommeil, Audace Lyon.

Se définissant comme une « communauté militante, solidaire et enracinée », Lyon populaire est fondé en 2019, après la dissolution du Bastion social par le gouvernement cette même année[5].

Le groupe organise depuis un forum qui rassemble jusqu'à plusieurs centaines de militants nationalistes. Le forum est consacré au thème de l'implantation locale en 2023, de l'écologie intégrale en 2024 et de la justice sociale en 2025[6].

L'organisation possède un mouvement de jeunesse d'une quinzaine de membres, fondé en appelé « Jeunesse Lyon Populaire »[4].

Syncrétisme politique

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Le militant de Lyon Populaire incarne un ensemble idéologique, entre soralisme, références à l’Action française, fascination pour les fascismes, critiques de la modernité, antisémitisme, anarchisme et idéalisation de l’ordre burgonde. Ce mélange idéologique fait de lui un anti-tout : anti-bourgeois, anti-woke et anti-système. On retrouve ces différentes idéologies à l'occasion du forum Justice Sociale organisé par Lyon Populaire[6].

En , selon Rue89 Lyon, trois membres du groupe participent, aux côtés de militants néonazis, à l'agression de militants antifascistes à Clermont-Ferrand[7].

En , le fondateur du groupe est placé en détention provisoire, accusé d'avoir participé à une attaque contre un local associatif lyonnais lors d'une conférence en faveur de la cause palestinienne[6],[8],[9].

En , la préfecture du Rhône interdit le forum annuel du groupe, évoquant des symboles apparentés au nazisme, la présence d'invités appartenant à l'ultradroite et le risque d'affrontement avec des mouvements d'extrême gauche[5],[8]. Malgré l'interdiction préfectorale, le forum a lieu — sous forme réduite — sur la commune de Thurins[5].

En 2024, des militants écologistes s'opposent à Lyon Populaire, les qualifiants d'écofascistes[10],[5].

Dissolution

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Le , le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau annonce une procédure de dissolution par décret en Conseil des ministres de l'association à qui il reproche « le fait de provoquer des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d’effets ». Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur rappele avoir engagé des procédures contre un mouvement promouvant « l'apologie de la collaboration avec le nazisme et de provoquer à la haine, à la violence et à la discrimination envers les étrangers », les juifs et les personnes homosexuelles[11],[12],[13]

Notifiés par courrier le , d'une procédure contradictoire les visant, les responsables indiquent « ne pas faire appel de cette décision injuste, qui manifeste tout le mensonge de ce prétendu État de droit. » Et ainsi préférer « utiliser notre temps et notre argent au service de projets concrets et utiles à leur échelle »[14].

Le , Bruno Retailleau annonce la dissolution de Lyon Populaire[15].

Suivant cette dissolution, les néofascistes lyonnais se fédèrent autour du groupuscule Audace Lyon nouvellement réactivé[16].

Lyon populaire est lié à la mouvance nationaliste-révolutionnaire (NR) et identitaire. Sa ligne est radicalement hostile à l'immigration non-européenne, notamment pendant l'affaire Lola Daviet et l'affaire Thomas Perotto où les membres collent des affiches contre l'immigration et en participant à des manifestations non autorisées[17].

Selon l'historien Nicolas Lebourg — qui évoque à leur sujet une radicalité antisémite — « le fond idéologique reste très clairement celui du fascisme »[2].

Le groupe soutient l'éco-nationalisme et l'écologie intégrale[8],[5].

Sur la guerre russo-ukrainienne, Lyon Populaire se positionne en faveur de l'Ukraine et engage une collecte pour les réfugiés ukrainiens après le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie[7] ; un de leurs militants a combattu en Ukraine dans le régiment Azov[18].

Références

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  1. « CartoFaf : La cartographie de l’extrême droite radicale française », sur StreetPress.
  2. a et b Arthur Weil-Rabaud, « Lyon Populaire : un trait d’union entre néonazis et Manif pour tous », sur Rue89 Lyon, (consulté le ).
  3. « CartoFaf : La cartographie de l’extrême droite radicale française », sur StreetPress.
  4. a et b Daphné Deschamps et Arthur Weil-Rabaud, « À Lyon, la Cocarde lycée vire néofasciste », sur StreetPress, (consulté le ).
  5. a b c d et e « Ultradroite : Interdit à Lyon, le forum de Lyon populaire s’est tenu à Thurins », sur 20 Minutes, (consulté le ).
  6. a b et c « Rhône. Un forum organisé par un groupuscule d’ultradroite et un concert néonazi interdits par la préfecture », Le Progrès, (ISSN 2102-6807, consulté le ).
  7. a et b Arthur Weil-Rabaud, « Extrême droite : collecte pour l’Ukraine le matin à Lyon, baston l’après-midi à Clermont-Ferrand », sur Rue89 Lyon, (consulté le ).
  8. a b et c « Pourquoi la préfecture du Rhône a-t-elle interdit un forum organisé par un groupe d'ultra-droite nationaliste à Lyon », La Montagne, (consulté le ).
  9. « Attaque d’une conférence propalestinienne à Lyon : sept membres de l’ultradroite locale mis en examen », Le Monde, (consulté le ).
  10. Moran Kerinec, « À Lyon, les écologistes bataillent contre l’extrême droite écofasciste », sur Reporterre, (consulté le ).
  11. « Décret du 12 juin 2025 portant dissolution d'un groupement de fait » Accès libre, sur Journal officiel de la République française, (consulté le )
  12. « Bruno Retailleau confirme la dissolution prochaine d’Urgence Palestine, de la Jeune Garde et de Lyon Populaire », Le Parisien, (consulté le ).
  13. Alexandre Berteau et Matthieu Suc, « Derrière la marche en hommage à Quentin Deranque, l’ombre du groupuscule néofasciste Lyon Populaire » Accès payant, Mediapart, (consulté le )
  14. « Procédure de dissolution contre Lyon populaire : le groupuscule d’ultradroite « ne fera pas appel » », Le Progrès, (ISSN 2102-6807, consulté le ).
  15. AFP, « La Jeune Garde et Lyon Populaire ont été dissous, selon le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau » Accès libre, Le Monde, (consulté le ).
  16. Maxime Macé et Pierre Plottu, « Lyon populaire à peine dissous, les néofascistes locaux relancent déjà un groupuscule », Libération (consulté le ).
  17. Elian Delacôte et Marie Allenou, « France Inter diffuse un reportage sur l’extrême droite à Lyon sans évoquer sa violence » Accès payant, sur Mediapart, (consulté le ).
  18. Arthur Weil-Rabaud, « De Lyon à la guerre en Ukraine : itinéraire d’un militant néonazi lyonnais » Accès payant, sur Rue89 Lyon, (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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