Aller au contenu

Mutuelle générale de l'Éducation nationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis MGEN)
Mutuelle générale de l'Éducation nationale
Logo de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
MGENVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité
Forme juridique
Domaine d'activité
Santé, prévoyance
Siège
Paris (75015)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Effectif
10 114 salariés
18 600 militants (détachés ou élus)
4 096 904 personnes protégées(2016)
Président
Matthias Savignac (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Organisation mère
Affiliation
Chiffre d'affaires
5,5 milliards € (2016) de prestations versées
Publication
Valeurs MutualistesVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates

La Mutuelle générale de l'Éducation nationale, souvent désignée par le sigle MGEN, est une mutuelle de santé française, membre du groupe VYV.

La MGEN est historiquement la mutuelle des fonctionnaires de l’Éducation nationale, de la Culture, de la Recherche et de la Jeunesse et des Sports[1]. Depuis 2002, elle propose des offres ouvertes à tous.

La Mutuelle générale de l'Éducation nationale est fondée en 1946 sur l'initiative du Syndicat national des instituteurs (SNI)[2] dont le congrès de Grenoble de 1946 souhaita, dans un contexte marqué par la mise en place de la Sécurité sociale, unifier l'ensemble des mutuelles de santé du milieu de l'enseignement (d'où le nom de mutuelle générale). Elle a 860 000 adhérents en 1960[3].

L'unification des mutuelles de santé du secteur de l'éducation a pour but de demander la gestion du régime de Sécurité sociale des fonctionnaires de l'Éducation nationale par la nouvelle mutuelle. Marcel Rivière, le rapporteur de la question au congrès du SNI, est le premier président de la MGEN. Toutefois, la mutuelle est une structure distincte et indépendante du syndicat, ouverte à tous, contrairement à la tradition des pays nordiques ou anglo-saxons.

En 2011, la MGEN crée avec d'autres mutuelles Istya, une union mutualiste de groupe (UMG) qui devient le premier groupe de protection sociale français avec plus de 6 millions de personnes couvertes, soit 10 % de la population[4]. La création d'Istya permet de répondre aux nouveaux critères exigés par la directive européenne Solvabilité II et fait suite aux nombreux mouvements de concentration de mutuelles ou d'assurances[5].

En 2012, la MGEN est la plus importante du pays en nombre d'adhérents et en cotisations, avec 4 millions de personnes, et c'est également la première mutuelle de la fonction publique[6]. Elle dispose d'un réseau de 18 600 militants présents sur le terrain, ainsi que de 10 000 salariés.

En juin et , les assemblées générales de la MGET et de la MGEN se prononcent en faveur de leur fusion. Cette dernière est approuvée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le 30 décembre de la même année. Elle est effective au [7] et plus de 220 000 mutualistes rejoignent alors le groupe MGEN.

En , Harmonie mutuelle, la MGEN et Istya se rapprochent pour former le groupe VYV[8].

Sécurité sociale de l'Éducation nationale et d'autres ministères

[modifier | modifier le code]

La MGEN, depuis 1946, gère pour le compte de la sécurité sociale, l'assurance maladie obligatoire des personnels de ministères dans le cadre d'une mission de service public.

Sont concernés les ministères :

Complémentaire santé

[modifier | modifier le code]

En complément de son activité de sécurité sociale, la MGEN propose des complémentaires santé, notamment à destination :

  • des personnels de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, de la Recherche, de la Culture et des collectivités territoriales ;
  • des personnels des conseils régionaux ou départementaux ;
  • des agents du ministère de l'Agriculture (RSP) ;
  • des étudiants préparant un concours de l’Éducation nationale.

La MGEN est l'organisme référencé pour assurer la complémentaire santé des agents du ministère de l'Écologie sur la période 2018-2024.

En 2025, la MGEN est retenue pour le contrat d’assurance-santé obligatoire des personnels du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche[9] ainsi que pour le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. L'adhésion devient obligatoire pour les personnels à partir de 2026[10].

MGEN Filia
La complémentaire Efficience santé proposée par MGEN Filia, créé en partenariat avec la MAIF, est ouverte à toutes personnes [11],[12]. Le , MGEN Filia a absorbé la mutuelle MOCEN.

Gestion d'établissements sanitaires et sociaux

[modifier | modifier le code]

En outre, la MGEN gère 33 établissements sanitaires et médico-sociaux : cliniques médicales, hôpitaux psychiatriques, centres de santé, centres de soins de suite et réadaptation, maisons de retraite qui sont ouverts à tous les assurés sociaux.

La MGEN est le principal financeur, avec la Matmut, de l'Institut mutualiste Montsouris, via l'union de gestion mutualiste MFPASS, dont le président est Thierry Beaudet, ex-président de la MGEN.

La MGEN soutient l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[13] et promeut activement par lobbying auprès des députés[14] le suicide assisté[15] et l'euthanasie[16]. En 2024, elle prend publiquement position pour que soit retirée du projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et de la fin de vie la condition de « pronostic vital engagé » pour bénéficier d'une aide au suicide, estimant que cette rédaction exclut de fait les personnes atteintes de maladies neurodégénératives ou rares et rompt ainsi l'égalité entre les patients[15].

Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, écrit aux députés pour critiquer ce positionnement de la MGEN, pointant du doigt les intérêts économiques de la mutuelle[17]. La Fondation pour l'innovation politique, laboratoire d'idées engagé à droite et proche des Républicains[18], accuse la mutuelle d'une volonté de maximisation des profits[19].

Partenariats

[modifier | modifier le code]

La MGEN est membre de :

ADOSEN
La MGEN a créé l'ADOSEN, une association spécialisée dans la promotion de la santé. Initialement, le sigle signifiait Association pour le don du sang dans l'Éducation nationale. Son sens actuel est Action et Documentation Santé pour l’Éducation nationale
Association MGEN-Solidaris
En 2012, la MGEN et Solidaris-Mutualité socialiste de Belgique ont décidé de s'associer pour, notamment, créer une offre mutualiste commune dans un pays européen tiers à partir de 2013 et militer ensemble auprès de l'Union européenne pour la reconnaissance d'un statut de groupement européen mutualiste.
Alliance MAIF-MGEN
En , la MAIF et la MGEN ont annoncé constituer une « alliance », renforçant ainsi leurs liens historiques, avec la volonté de mener des projets communs concernant la prévoyance et la dépendance.

Présidents

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Charlotte Siney-Lange, La politique médico-sociale de la MGEN : soigner autrement ? : 1947-1991, (SUDOC 104426918)
  2. « Les 70 ans de la MGEN », Revue des études coopératives mutualistes et associatives (RECMA), (consulté le ).
  3. Histoire de l'économie sociale : De la Grande Guerre à nos jours, Michel Dreyfus, Presses universitaires de Rennes, 2018 (ISBN 9782753573581) p. 159.
  4. « La MGEN crée Istya avec quatre autres mutuelles », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  5. (Sferen = MAIF, Macif, Matmut), (Covéa = GMF, MAAF, MMA), (Harmonie Mutuelles = Harmonie mutuelle, SMAR, MNAM), (Intériale = MGPAT, MMI, SMPPN), (UNEO = MNM, CNG, MAA)
  6. Laure Viel, « La MGEN souffre de la baisse du nombre de fonctionnaires » Accès libre, sur L'Argus de l'assurance, (consulté le ).
  7. Cour d'appel de Paris, « Décision RG n° 18/10393 », sur Cour de cassation, (consulté le )
  8. Laurent Thevenin, « L’assurance santé française tient son nouveau géant » Accès libre, Les Échos, (consulté le ).
  9. « La MGEN remporte le marché pour le contrat d’assurance-santé obligatoire | Snesup-fsu », sur www.snesup.fr (consulté le )
  10. Professeur des écoles, « Mutuelle des enseignants : retour forcé à la MGEN dès 2026 », sur Professeurs des écoles, (consulté le )
  11. http://www.mgen.fr/fileadmin/user_upload/documents/adherer/FILIA/2012/StatutsetRMMGENFilia2012.pdf.
  12. « La MGEN est ouverte à tout le monde » Accès libre, sur L'Argus de l'assurance, (consulté le ).
  13. MGEN Mutuelle Santé, « Fin de vie digne et choisie : MGEN s'engage » (consulté le )
  14. « «Promouvoir une fin de vie libre et choisie» : le lobbying de la mutuelle MGEN pour l’aide active à mourir auprès des députés », sur Le Figaro, (consulté le )
  15. a et b « Projet de loi sur la fin de vie : « L’aide à mourir constitue le soin ultime » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Agnès Leclair, « «Nous accompagnons nos assurés de leur premier à leur dernier souffle»: ces amendements proposés par une mutuelle pour élargir l’accès à l’aide à mourir », sur Le Figaro, (consulté le )
  17. « Ces mutuelles qui font la promotion de l’euthanasie en omettant de rappeler les économies qu’elles leur permettraient de réaliser » Accès payant, sur Atlantico, (consulté le )
  18. « Comment les think tanks surfent sur la présidentielle », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  19. « Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie », sur Fondapol (consulté le )
  20. « Une union politique », sur mfp.fr via Wikiwix (consulté le ).

Liens externes

[modifier | modifier le code]