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Pluvier oréophile

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Oreopholus ruficollis

Oreopholus ruficollis
Description de cette image, également commentée ci-après
Pluvier oréophile dans la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien, au sud du Chili.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Charadriidae

Genre

Oreopholus
Jardine & Selby, 1835

Espèce

Oreopholus ruficollis
(Wagler, 1829)

Synonymes

  • Eudromias ruficollis (Wagler, 1829)
  • Oreopholus totanirostris (Jardine et Selby, 1835)
  • Oreophilus ruficollis simonsi (Chubb, 1919)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Pluvier oréophile (Oreopholus ruficollis) est une espèce de petits oiseaux limicoles de la famille des Charadriidae, qui vit en Amérique du Sud.

Le Pluvier oréophile est reconnaissable à sa silhouette fine et relevée, et à son plumage chamois avec une tache noire au centre de l'abdomen. Il a une sous-espèce, O. ruficollis pallidus, qui est plus petite et plus pâle.

Principalement répandu en Argentine, en Bolivie, au Chili et au Pérou, le Pluvier oréophile est un oiseau d'altitude, qui peut nicher jusqu'à 4 600 m dans les Andes. On le trouve aussi le long des côtes, et certaines populations migrent en hiver, soit plus au nord, soit à plus basse altitude.

Sa population est réduite et en déclin, comptant au maximum quelques milliers d'individus matures selon les estimations de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Néanmoins, le déclin n'est pas assez prononcé pour qu'il soit considéré comme une espèce vulnérable et son aire de répartition est très étendue, ce qui le classe comme une espèce de préoccupation mineure.

Il est parfois appelé en français Gravelot oréophile. Son nom vient du grec et signifie « qui fréquente les montagnes » (Oreopholus) ou « qui aime les montagnes » (Oreophilus).

Description

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Dimensions et plumage

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Le Pluvier oréophile mesure 25 à 29 cm de long et pèse entre 120 et 154 g[1],[2]. L'aile mesure 146 à 152 mm chez la sous-espèce O. ruficollis pallidus et 160 à 183 mm chez la sous-espèce O. ruficollis ruficollis, le bec 37 à 31 mm, les tarses 45 à 53 mm et la queue 69 à 90 mm[3].

C'est un oiseau reconnaissable, à la silhouette fine et relevée, avec un fin bec noir et des orteils courts. Son plumage est majoritairement chamois, avec le menton blanc, la gorge rousse pâle et une tache noire au centre de l'abdomen blanchâtre. Son dos est très strié de noir et de roux et ses pattes sont roses[1],[2]. En vol, le dessous du corps paraît blanc. Il n'y a pas de variation saisonnière ni de dimorphisme sexuel. La sous-espèce pallidus est plus petite, plus grise et plus pâle[2],[3].

Les juvéniles ont la gorge chamois, des franges claires beaucoup plus fines sur les plumes du dos, le dessous plus clair et la tache au centre de l'abdomen est brune au lieu de noir. Les pattes sont grises[2].

Le Pluvier oréophile est généralement silencieux, mais lorsqu'il est dérangé, il émet un cri flûté et bruyant, souvent entendu en vol. Il émet aussi un chant plus faible et plaintif[3].

Distribution et habitat

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Distribution

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Carte de répartition
  • Aire de nidification
  • Présence à l'année
  • Aire d'hivernage

Le Pluvier oréophile niche au Chili, au Pérou, en Bolivie et en Argentine. Au Chili, il est répandu d'Arica à la Terre de Feu. En hiver, son aire de distribution s'étend à l'Argentine, l'Uruguay et la Bolivie[1]. Les deux sous-espèces ont une aire de répartition différente : celle d'O. ruficollis pallidus est limitée à la côte nord du Pérou, tandis que O. ruficollis ruficollis est répandu du centre au sud du Pérou, à l'ouest de la Bolivie, au Chili, et du nord de l'Argentine à la Terre de Feu. En hiver, cette sous-espèce migre aussi en Équateur, à l'est de l'Argentine et au sud-est du Brésil[2].

La sous-espèce pallidus est probablement présente à l'année au nord du Pérou. Chez la sous-espèce ruficollis, certains individus sont probablement sédentaires, d'autres migrateurs : ceux qui nichent aux plus hautes altitudes, dans les Andes, migrent à plus basse altitude après la reproduction, et ceux qui nichent le plus au sud migrent vers le nord entre mars-avril et août-septembre[2],[3].

Photographie de deux Pluviers oréophile dans un paysage montagneux.
Le Pluvier oréophile vit principalement dans les montagnes sud-américaines, comme ici dans la province de Tucumán en Argentine.

C'est un oiseau d'altitude, qui vit principalement dans les prairies venteuses de la puna dans les Andes, entre 3 500 et 4 600 m, ou bien dans des zones sableuses avec peu de végétation et dans des steppes herbeuses[1],[2]. On le trouve aussi le long des côtes[3]. En migration, on peut le trouver à plus basse altitude, dans des zones irriguées dans les régions désertiques au centre du Pérou, dans des champs et dans des prairies[2].

Écologie et comportement

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Reproduction

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Photographie d'un poussin tacheté de beige, de noir et de brun.
Poussin de Pluvier oréophile.

La sous-espèce pallidus pond entre juin et janvier, principalement de juin à septembre, tandis que la ponte a lieu plus tard au sud du continent. La sous-espèce pallidus niche dans des zones sableuses ou des lomas avec peu de végétation, à une altitude basse. Des nids de la sous-espèce ruficollis ont été observés dans des plants de Tussack, d'autres sont formés de cercles de galets concentriques[2]. Les poussins sont couleur cannelle, avec des motifs complexes comprenant des lignes et des zones noires et blanches. Ceux de la sous-espèce pallidus ont un plumage très clair[2].

Une génération dure en moyenne 6,7 ans[4].

Effectifs, menaces et conservation

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Selon les estimations de l'Union internationale pour la conservation de la nature en 2016, il y aurait entre 1 000 et 10 000 individus au total, soit 670 à 6 700 individus matures. La population est en déclin[4].

Malgré sa population réduite, le Pluvier oréophile a une aire de distribution très étendue et ne connait pas un déclin démographique de plus de 10% sur les 10 dernières années ou les trois dernières générations. Pour ces raisons, l'UICN et Birdlife International le classe comme une espèce de préoccupation mineure[5].

Classification

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Le Pluvier oréophile est décrit par le zoologiste allemand Johann Georg Wagler en 1829, sous le nom Charadrius ruficollis. Il a eu pour synonymes Eudromias ruficollis (Wagler, 1829), Oreopholus totanirostris (Jardine et Selby, 1835) et Oreophilus ruficollis simonsi (Chubb, 1919)[6].

D'après la classification de référence (version 14.1, 2024)[7] de l'Union internationale des ornithologues, le Pluvier oréophile possède 2 sous-espèces (ordre philogénique) :

  • Oreopholus ruficollis pallidus (Carriker, 1935) : Nord du Pérou ;
  • Oreopholus ruficollis ruficollis (Wagler, 1829) : du Sud du Pérou à la Terre de Feu, hiverne dans l'Est du continent.

Noms et étymologie

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Son nom binominal est composé de Oreopholus, qui vient du grec et signifie « qui fréquente/vit dans les montagnes ». Il est parfois écrit Oreophilus, ce qui signifie « qui aime les montagnes ». La deuxième partie de son nom, ruficollis, signifie « au cou rouge »[8].

Il est parfois appelé en français Gravelot oréophile[9].

Notes et références

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  1. a b c et d Araya et Chester 1993, p. 166.
  2. a b c d e f g h i et j del Hoyo, Elliott et Sargatal 1996, p. 442.
  3. a b c d et e Marchant et Prater Hayman, p. 310.
  4. a et b UICN, consulté le 14 septembre 2025.
  5. (en) « Species factsheet: Tawny-throated Dotterel Oreopholus ruficollis », sur Datazone by Birdlife, (consulté le )
  6. (en) « Oreopholus ruficollis - Synonymes », sur Avibase (consulté le )
  7. « Buttonquail, thick-knees, sheathbills, plovers, oystercatchers, stilts, painted-snipes, jacanas, Plains-wanderer, seedsnipes – IOC World Bird List », sur www.worldbirdnames.org (consulté le )
  8. (en) James A. Jobling, The Helm dictionary of scientific bird names, Londres, Christopher Helm, (lire en ligne), p. 283, 341.
  9. (en) « Oreopholus ruficollis », sur Avibase (consulté le )

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages généraux et guides d'identification

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  • (en) Braulio Araya et Sharon Chester, The Birds of Chile, Miguel Gallegos, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. 166-167. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx Edicions, (lire en ligne Accès limité), p. 442. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) John Marchant, Tony Prater et Peter Hayman, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. 310. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles spécialisés

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  • (en) Yerko A. Vilina et Jorge L. Gonzalez, « The Migration Routes of the Tawny-throated Dotterel Oreopholus Ruficollis in Chile: Resolving a Complex Jigsaw Puzzle », Wader Study Group Bulletin, vol. 87, no 1,‎ (lire en ligne)
  • (en) Yerko Vilina et Sebastian Teillier, « The Tawny-throated Dotterel Oreopholus ruficollis in northern Chile », Wader Study Group Bulletin, vol. 60, no 1,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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