Orf (maladie)
| Causes | Parapoxvirus ovis (d) |
|---|
| Spécialité | Infectiologie et médecine vétérinaire |
|---|
| CIM-10 | B08.0 (ILDS B08.040) |
|---|---|
| CIM-9 | 051.2 |
| DiseasesDB | 9262 |
| eMedicine | 1133450 |
| MeSH | D004474 |
L’orf, également appelé ecthyma contagieux, est une maladie cutanée d'origine virale touchant les moutons, et susceptible d'être transmise à l'humain. C'est une affection due à un virus de l'espèce Parapoxvirus orf. Elle est à l'origine de pertes économiques.
Histoire
[modifier | modifier le code]La maladie est décrite chez le mouton depuis les années 1920[1]. La première description humaine de la maladie date de 1934[1].
Étiologie
[modifier | modifier le code]Le virus de l'Orf est un parapoxvirus, identifié comme à l'origine de l'ecthyma contagieux du mouton en 1923[2].
Épidémiologie
[modifier | modifier le code]Mouton
[modifier | modifier le code]La maladie est endémique chez les moutons et les chèvres[1]. L'ecthyma contagieux est décrit chez des camélidés, des ruminants sauvages, et des cervidés[1].

La contamination a lieu par contact direct. La tranmission au sein d'un troupeau est rapide.
La durée d'incubation est de 3 à 7 jours[1].
Humain
[modifier | modifier le code]L'humain se contamine au contact d'animaux infectés, ovins ou caprins ou d'objets contaminés.
La contamination se fait par inoculation directe ou indirecte.
Les sujets les plus exposés au risque d'inoculation sont les éleveurs et les vétérinaires, mais aussi tout le personnel de la filière viande. On note un pic épidémique au moment des fêtes religieuses où le mouton est traditionnellement sacrifié[3],[1]. Il existe un vaccin destiné à l'animal et il est conseillé de renouveler ce vaccin tous les 6–8 mois. C'est une maladie immunisante chez l'homme, même si des recontaminations sont possibles avec des lésions de moindre importance.
Description clinique
[modifier | modifier le code]Mouton
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L'ecthyma contagieux se manifeste principalement par des lésions cutanées de type pustule, principalement sur les zones nues : lèvres, nez, bouche, paupières, oreilles, mamelles, zones génitales, pieds. Ces lésions évoluent sur environ 3 semaines pour ensuite former des croûtes. Douloureuses, elles peuvent empêcher les animaux de se nourrir correctement[1]. Le stress provoque cause une diminution de la production laitière, un amaigrissement, et a un impact négatif sur la qualité de la laine et de la carcasse[1].
Chez les chèvres, la maladie peut provoquer des mammites[1].
Humain
[modifier | modifier le code]L'incubation dure environ une semaine. La lésion initiale est une papule de coloration variable (blanchâtre, rouge, bleutée), ferme, sensible mais non douloureuse. Elle siège le plus souvent au niveau des doigts, des mains ou des avant-bras, plus rarement au niveau du visage ou du cou.
Cette papule augmente progressivement de volume pour prendre un aspect nodulaire, tumoral, et est parfois recouverte d'une pustule à contenu liquidien puis hémorragique ; cette pustule disparaîtra secondairement pour laisser place à un aspect de croûte centrale, à l'image de ce qui se produit avec les poxvirus, comme la vaccine. La papule est entourée d'une zone érythémateuse[4].
Ces nodules sont souvent uniques, mais ils peuvent être nombreux, par exemple dans les suites de morsures par un animal infecté. On note rarement des signes généraux et ils sont le plus souvent témoins d'une surinfection. On peut alors retrouver une lymphangite, des adénopathies satellites, voire de la fièvre.
La guérison spontanée est de règle en 3 à 6 semaines, sans cicatrice s'il n'y a pas eu de surinfection locale. Les formes inquiétantes d'emblée sont rares et sont le fait d'un trouble de l'immunité du patient (leucémie lymphoïde chronique, lymphome…) : elles se traduisent par un aspect de tumeur maligne ou d'une surinfection importante (granulome pyogénique) voire de formes disséminées papulovésiculeuses ou bulleuses.
Un érythème polymorphe peut apparaître dans les 8 à 10 premiers jours de l'infection[5]. Des cas d'érythème noueux secondaires ont été décrits.
Anatomopathologie
[modifier | modifier le code]L'examen anatomopathologique est rarement effectué. Lorsque le diagnostic est difficile, on peut avoir recours à l'examen au microscope électronique, ou à l'effet cytopathogène sur culture cellulaire[6].
On retrouve un aspect de ballonisation de l'épiderme avec apparition de vésicules. Au niveau du derme, on note un aspect granulomateux avec une prolifération vasculaire : au centre des granulomes on trouve de nombreux histiocytes et macrophages et un infiltrat lympho-plasmocytaire à la périphérie. L'étude ultrastructurale montre la présence de nombreuses particules virales dans les cytoplasmes.
Diagnostic
[modifier | modifier le code]Le diagnostic est aisé le plus souvent, parce qu'on a la notion de contact avec des ovins ou des caprins présentant des lésions du museau évocatrices d'un ecthyma contagieux. En cas de difficulté diagnostique, on pratique une biopsie, et c'est l'examen au microscope électronique qui apporte le diagnostic. La mise en culture virale est longue et les tests sérologiques ne sont pas de pratique courante.
Traitement
[modifier | modifier le code]Mouton
[modifier | modifier le code]Les traitements sont peu efficaces[2].
Humain
[modifier | modifier le code]C'est une maladie virale, et de ce fait le traitement est très limité.
On se limite à éviter les surinfections par l'utilisation d'antiseptiques locaux, et les lésions disparaissent spontanément sans cicatrice.
Chez les patients immunodéprimés, le cidofovir en usage local semble donner de bons résultats[7].
Prévention
[modifier | modifier le code]Voir aussi
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Zaharaddeen Lawan, Jamilu Abubakar Bala, Alhaji Modu Bukar et Krishnan Nair Balakrishnan, « Contagious ecthyma: how serious is the disease worldwide? », Animal Health Research Reviews, vol. 22, no 1, , p. 40–55 (ISSN 1466-2523 et 1475-2654, DOI 10.1017/S1466252320000018, lire en ligne, consulté le )
- (en) H.W. Reid et S.M. Rodger, chap. 42 « Orf », dans I. D. Aitken, Diseases of sheep, Blackwell Publishing, , 4e éd. (1re éd. 1983) (ISBN 78-14051-3414-9[à vérifier : ISBN invalide]), p. 297-302
- ↑ Un cas de contamination après sacrifice rituel
- ↑ Aspect d'une lésion avec son halo érythémateux
- ↑ Deux cas d'érythème polymorphe secondaires à un orf.
- ↑ C. Géraut, Dermatoses professionnelles. Traité de pathologie professionnelle et de l'environnement, 16-533-A-10. Encyclopédie Médico-Chirurgicale. Elsevier Masson SAS. 2006.
- ↑ Efficacité du cidofovir