Paradoxurus zeylonensis
Paradoxure de Ceylan, Civette palmiste dorée
Répartition géographique
- Viverra zeylonensis Pallas in von Schreber, 1778 (Protonyme)
- Viverra zeilonensis E. A. W. von Zimmermann, 1780
- Viverra ceilonensis Boddaert, 1785
- Viverra zeylanica J. F. Gmelin, 1788
- Viverra zeglanica Link, 1795
- Paradoxurus aureus A. G. Desmarest, 1822
- Ictides aureus Lesson, 1827
- Arctictis aurea J. B. Fischer, 1829
- Paradoxurus zeylanicus, var. fuscus Kelaart, 1850
- Paradoxurus zeylanicus E. L. Layard, 1851
- Paradoxurus montanus Kelaart, 1852
- Paradoxurus zeylonensis Corbet & J. Edwards Hill, 1980
- Paradoxurus stenocephalus Groves, Rajapaksha & Manemandra-Arachchi, 2009
Paradoxurus zeylonensis, le Paradoxure de Ceylan, également connue sous le nom de Civette palmiste dorée, est un mammifère carnivore de la famille des viverridés, endémique du Sri Lanka. Elle est considérée comme vulnérable dans la liste rouge de l'UICN. Son aire de répartition est très fragmentée, et l'étendue et la qualité de sont habitat décline au Sri Lanka[1].
Dénominations
[modifier | modifier le code]- Nom scientifique valide : Paradoxurus zeylonensis (Pallas, 1777)[2] ;
- Noms vulgaires : Paradoxure de Ceylan[3], Civette de Ceylan[4], Civette de Ceylan, Civette palmiste dorée[5], Musang doré ;
- Noms vernaculaires : Civette palmiste, Civette, Musang.
Au Sri Lanka, le paradoxure de Ceylan est appelé pani uguduwa පැනි උගුඩුවා, sapumal kalawaddha සපුමල් කලවැද්දා, ou ranhothambuwa රන් හොතබුවා / hotambuwa හොතබුවා par la communauté sinhalophone. Les paradoxures de Ceylan et les paradoxures hermaphrodites sont parfois désignés collectivement sous le nom de kalawedda en cingalais et maranai (மரநாய்) en tamoul[6].
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Cette espèce a été décrite par Peter Simon Pallas en 1778 sous le Protonyme de Viverra zeylonensis à partir d’un spécimen obtenu au Sri Lanka[7]. Entre le XIXe siècle et le début du XXIe siècle, plusieurs spécimens zoologiques ont été décrits à postériori, notamment :
- Paradoxurus aureus par Frédéric Cuvier en 1822[8],[9] ;
- Paradoxurus montanus par Edward Frederick Kelaart en 1852, qui décrivit une civette palmiste brun fauve des montagnes du Sri Lanka, qu’il considérait comme une variété de la civette palmiste dorée[10];
- Paradoxurus stenocephalus par Colin Groves et ses collègues en 2009, qui décrivirent un spécimen brun doré provenant de la zone sèche du Sri Lanka. Ils proposèrent de considérer P. montanus, P. aureus et P. stenocephalus comme des espèces distinctes sur la base de la coloration du pelage et des mesures du crâne des spécimens[6].
Des analyses génétiques indiquent que les spécimens de P. montanus, P. aureus et P. stenocephalus partagent le même haplotype. En raison de leur faible différenciation génétique, ils ne doivent être considérés ni comme des espèces distinctes ni comme des sous-espèces, mais comme des synonymes juniors[11]. L’espèce est actuellement monotypique[12].
Caractéristiques
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La paradoxure de Ceylan est de couleur dorée à brun doré sur les parties supérieures et d’un doré plus pâle sur le ventre[8]. Les individus varient d’une teinte sépia foncé à l’ocre, roux ou brun doré. L’extrémité des poils de garde est fréquemment lustrée, parfois grisâtre. Les pattes sont à peu près de la même teinte que le dos, mais la queue et la face sont parfois nettement plus clairs, gris chamoisé. Le visage ne présente pas de motif, et les vibrisses sont d’un blanc sale. Les poils situés à l’avant des épaules rayonnent à partir de deux verticillés de poils et poussent vers l’avant le long des côtés du cou et de la nuque jusqu’à la tête. Ils poussent également vers l’avant sur la gorge antérieure, en rayonnant à partir d’un seul tourbillon. Le motif dorsal consiste en de faibles bandes et taches légèrement plus foncées que la couleur de fond. La face inférieure est légèrement plus pâle et parfois plus grise que la face supérieure[13].
Le paradoxure de Ceylan présente deux morphes : l’un doré et l’autre brun foncé. Les spécimens des régions montagneuses sont plus sombres, d’un brun bois légèrement grisâtre, et plus pâles sur la face inférieure, avec l’extrémité de la queue jaune blanchâtre[6].
Les oreilles arrondies ont des bords dépourvus de poils. Les yeux sont grands, avec des pupilles verticales. Il émet, par ses glandes anales, une odeur agréable rappelant les fleurs de Michelia champaca[14].
Répartition et habitat
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La répartition du paradoxure de Ceylan est en grande partie continue à travers les zones humide, intermédiaire et sèche de l’île. Une population isolée existe dans le parc national de Wilpattu. Le caractère discret, nocturne et arboricole de l’animal a probablement conduit à une sous-estimation importante de son aire de répartition réelle[15]. Il est présent depuis le niveau de la mer jusqu’à au moins 2 000 m d’altitude dans les hautes terres centrales et la chaîne de montagnes des Knuckles. L’espèce occupe les forêts pluviales de plaine, les forêts tropicales montagnardes à nuages, les forêts de mousson denses et les forêts de la zone sèche[16].[15].
Il n’est pas certain que le paradoxure de Ceylan fréquente les forêts de broussailles épineuses plus arides du sud et de l’est, ces régions ayant été peu prospectées pour les mammifères nocturnes. Il n’est pas strictement inféodé aux forêts primaires et montre une grande flexibilité écologique. Il est également observé dans des forêts dégradées et secondaires, de petits fragments forestiers isolés, des paysages agricoles et des jardins domestiques comportant de grands arbres[15].
De nombreuses observations proviennent de zones fortement anthropisées, notamment à proximité de routes très fréquentées, de sites archéologiques tels que Sigiriya, et en lisière de villages. Toutefois, il ne semble pas occuper les zones urbaines, généralement colonisées par la paradoxure hermaphrodite[15].
Bien que le paradoxure de Ceylan utilise volontiers des habitats perturbés, sa survie à long terme dépend vraisemblablement de la présence d’un certain couvert forestier, car il n’est pas supposé pouvoir subsister dans des paysages totalement déboisés[17][15].
Écologie et comportement
[modifier | modifier le code]Le paradoxure de Ceylan est vit en milieux forestiers, tout en tolérant des modifications mineures de l’habitat lorsque subsiste un couvert forestier continu. Il est arboricole, nocturne et solitaire ; son régime alimentaire se compose de fruits, de baies, d’invertébrés et d’un large éventail de petits vertébrés[15].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Golden palm civet » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Duckworth, J.W.; Mudappa, D.; Pethiyagoda, R.; Woolgar, J.; de Silva Wijeyeratne, G. & Hall, J., « 10.1063/1.4831988.4 », sur IUCN Red List of Threatened Species., (consulté le )
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 21 décembre 2025.
- ↑ Collectif, Grande encyclopédie alpha des sciences et des techniques : Zoologie 3-3, vol. Zoologie 3-3, Paris ; Genève ; Bruxelles-Anvers, Grange Batelière – Éditions Atlas, (lire en ligne), p. 221
- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 18 mai 2025.
- ↑ Christian Meyer, « civettes palmistes », sur Dictionnaire des Sciences Animales, Montpellier, CIRAD, (consulté le ).
- Groves, C. P., « The taxonomy of the endemic golden palm civet of Sri Lanka », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 155, , p. 238–251 (DOI 10.1111/j.1096-3642.2008.00451.x, lire en ligne [archive du ])
- ↑ Pallas, P. S., Die Säugethiere in Abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen, Erlangen, Schreber, J. C. D., Wolfgang Walther, , 451 p. (lire en ligne), « Der Boshond »
- Cuvier, F., « Du genre Paradoxure et de deux espèces nouvelles qui s'y rapportent », Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, vol. 9, , p. 41–48 (lire en ligne)
- ↑ Cuvier, G. et Griffith, E., The animal kingdom arranged in conformity with its organization with supplementary additions to each order, vol. 2, London, G. B. Whittaker, (lire en ligne)
- ↑ Kelaart, E. F., Prodromus faunae zeylanicae: being contributions to the zoology of Ceylon, Ceylon, E. F. Kelaart, , 39–41 p. (lire en ligne), « Paradoxurus zeylanica »
- ↑ Veron, G., « How many species of Paradoxurus civets are there? New insights from India and Sri Lanka », Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, vol. 53, no 2, , p. 161–174 (DOI 10.1111/jzs.12085, lire en ligne)
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 2025-12-21.
- ↑ Pocock, R. I., The Fauna of British India, including Ceylon and Burma, vol. 1. Mammalia, London, Taylor and Francis, , 381–383 p. (lire en ligne), « Paradoxurus zeylonensis »
- ↑
- UICN, consulté le 2025-12-21.
- ↑ « GBIF : Paradoxurus zeylonensis (Schreber, 1778) », sur Global Biodiversity Information Facility
- ↑ Schreiber, A., Wirth, R., Riffel, M. et Van Rompaey, H., Weasels, civets, mongooses, and their relatives. An Action Plan for the conservation of mustelids and viverrids, Gland (Suisse), IUCN Small Carnivore Specialist Group,
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Gero, A., Animal Diversity Web : Paradoxurus zeylonensis, 2020 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Paradoxurus zeylonensis (Schreber, 1778) (consulté le )
- (fr + en) EOL : Paradoxurus zeylonensis (Schreber 1778) (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Paradoxurus zeylonensis (Schreber, 1778) (consulté le )
- (en) IRMNG : Paradoxurus zeylonensis (Schreber, 1778) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Paradoxurus zeylonensis (Schreber, 1778) (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Paradoxurus zeylonensis Schreber, 1778 (consulté le )
- (en) NCBI : Paradoxurus zeylonensis (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Paradoxurus zeylonensis (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Paradoxurus zeylonensis (Pallas, 1777) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Paradoxurus zeylonensis (Pallas, 1777)
