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Jean-Marie Pardessus

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Jean-Marie Pardessus
Fonctions
Conseiller à la Cour de cassation
-
Conseiller général de Loir-et-Cher
à partir de
Député des Bouches-du-Rhône
-
Député de Loir-et-Cher
-
Député de Loir-et-Cher
-
Maire de Blois
-
Louis-Athanase Bergevin (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
Vineuil ou BloisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Pardessus de Rozière (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Maître
Distinction
Blason d'après Jean-Baptiste Rietstap.
Œuvres principales
Tableau du commerce antérieurement à la découverte de l'Amérique (d), Loi salique, ou Recueil contenant les anciennes rédactions de cette loi et le texte connu sous le nom de "Lex emendata" (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean-Marie Pardessus, né à Blois le et mort à Vineuil le , est un magistrat, juriste et homme politique français, principalement actif en Loir-et-Cher, pendant le Premier Empire et la Restauration.

Il est le fils de Jean-Thomas Pardessus, avocat en Parlement et juge au tribunal civil de Blois en 1812, et de Catherine Bergevin[1]. Sa famille est attachée à l'ancienne monarchie, son frère Jean-Thomas, officier des armées vendéennes, est fusillé en 1794[1] et son père emprisonné à Orléans.

Défenseur officieux dans sa ville natale, à Blois, pour le compte de prêtres insermentés et d’émigrés, il plaide, en l'an IX, pour l'un des accusés dans l'affaire Clément de Ris[2].

Juge à la cour criminelle de Loir-et-Cher, maire de Blois en 1806 à la suite son oncle Louis-Athanase Bergevin[3], il est élu, le , par le Sénat conservateur, député de ce département au Corps législatif, où il prend part aux délibérations juridiques. Après sa réussite au concours d'agrégation, il est nommé, le , professeur de droit commercial à la faculté de Paris occupant la chaire qui vient d'être créée.

Ayant adhéré au retour des Bourbons, il devient, le , député du grand collège du Loir-et-Cher et siége à droite, tout en conservant une certaine indépendance :

« Les électeurs de mon département m’ont dit : “Servez le roi”. Ils ne m’en ont pas dit autant du ministère. »

— Dictionnaire des parlementaires français.

Membre de la commission de la caisse d'amortissement le et conseiller à la Cour de cassation en 1821, il rentre au parlement, le , comme député du grand collège du Loir-et-Cher contre M. de La Géraudière. Il est réélu successivement, par le grand collège des Bouches-du-Rhône, le , le et le .

De 1818 à 1820, il édite les Œuvres d'Henri François d'Aguesseau en 16 volumes in octavo.

En 1820, il fait partie en tant que député du Loir-et-Cher de la commission des souscripteurs pour l'acquisition du château et du domaine de Chambord afin de l'offrir au duc de Bordeaux, petit-fils de Charles X et prétendant à la Couronne de France sous le nom d'Henri V[4].

Il continue de siéger à droite, et finit par se ranger parmi les membres les plus intransigeants de la Chambre.

Ayant refusé, en 1830, de prêter serment au nouveau gouvernement par fidélité aux Bourbons, il est destitué de ses fonctions de professeur et de conseiller à la Cour de cassation. Il s'occupe alors, à titre privé, de travaux de législation et d'histoire.

Il est membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1828.

Il est enterré au sein de la 51e division du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Publications

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Cours de droit commercial, 1825.
  • Traité des servitudes (Blois, 1806)
  • Traité du contrat et des lettres de change (Paris, 1809, 2 volumes)
  • Cours de droit commercial (1813-1817, 4 volumes)
  • Collection des lois maritimes antérieures au dix-huitième siècle (1828-1845, 6 volumes). Sur Gallica : t. 1 ; t. 2 ; t. 3 ; t. 4 ; t. 5 ; t. 6.
  • Tableau du commerce antérieurement à la découverte de l'Amérique (1834)
  • Sur l'origine, du droit coutumier en France (1839)
  • Us et coutumes de la mer (1847, 2 volumes). Sur Gallica : t. 1 ; t. 2 ( reproduit et complète les quatorze premiers chapitres de la Collection des lois maritimes antérieures au dix-huitième siècle).
  • Les diplômes mérovingiens (Tomes 1 et II, 1843-1846)
  • Tomes IV, V et VI de la Table chronologique des Chartes et diplômes
  • Tome XXI des Ordonnances des rois de France, une bonne édition de la Loi salique (1843)

Héraldique

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À l'inverse de son frère le chevalier Jean-Anne Pardessus[5], Jean-Marie a toujours porté les armes familiales[a]. Néanmoins, les héraldistes ne sont pas tous d'accord quant à leur blasonnement.

D'un côté, Jean-Baptiste Rietstap les décrit « d’azur à un lis de jardin à trois fleurs, au pied duquel est couché un lévrier, le tout d’argent »[6], et est pratiquement rejoint par Charles Poplimont qui donne « d’azur à trois lis de jardin d’argent, aux pieds desquels est couché un lévrier de même, la tête contournée »[8].

De l'autre, Henri Jougla de Morenas et Albert Révérend — tous deux auteurs français —, les blasonnent conjointement « d’azur à une tige de lis au naturel et un chien braque couché au pied le corps contourné d’argent, accolé de gueules, la tête tournée à dextre »[1],[7].

Il convient de préciser que ces armes peuvent être considérées comme parlantes si l'on les blasonne « d’azur à un lis de jardin fleuri de trois pièces, à un lévrier [ou chien braque] couché par-dessus la tige du lis, le tout d’argent », ce qui d'un point de vue héraldique est parfaitement acceptable.

À Blois, la rue Pardessus, située dans le quartier du Puits-Châtel (en centre-ville), rend hommage à son ancien maire.

Notes et références

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  1. Le chevalier Jean-Anne a en effet porté « tiercé en fasce : de gueules à une foi rebrassée d’argent ; d’azur au signe des chevaliers de la Réunion ; et de sinople à une gerbe d’or, parti d’or au caducée en barre de sinople » sous le Premier Empire, depuis son élévation en 1813 en chevalier de la Réunion[5], avant de reprendre les armes familiales sous la Restauration, par concession du roi Louis XVIII[6], tel qu'indiqué dans les lettres patentes de 1824 l'élévant chevalier héréditaire[1],[7].

Références

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  1. a b c d et e Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, t. V, Paris, Chez l'auteur, (lire en ligne), p. 293
  2. « La triple physionomie de M. Pardessus | Le blog de Gallica », sur gallica.bnf.fr (consulté le )
  3. Louis-Catherine Bergevin et Alexandre Dupré, Histoire de Blois, vol. II, Blois, Chez tous les libraires, (lire en ligne), p. 602
  4. Journal des débats politiques et littéraires, (lire en ligne), p. 4.
  5. a et b Albert Révérend, Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, t. IV, Paris, Bureau de l'Annuaire de la Noblesse, (lire en ligne), p. 7
  6. a b et c Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. II, , p. 386
  7. a b et c Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand Armorial de France, t. V, , p. 213
  8. Charles Poplimont, La France héraldique, t. VI, Paris, Imprimeur J. Boyer, (lire en ligne), p. 316–317

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • « Jean-Marie Pardessus », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Georges Prévot-Leygonie, Barreau de Poitiers. Éloge de Jean-Marie Pardessus. Discours prononcé à la séance solennelle de rentrée des conférences des avocats stagiaires, le 14 janvier 1882, (lire en ligne)
  • Jean Hilaire, « Pardessus Jean-Marie », dans Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halpérin et Jacques Krynen (dir.), Dictionnaire historique des juristes français (XIIe – XXe siècle, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », (ISBN 978-2-13-056495-9), p. 609-610.
  • Jean Hilaire, Deperchin (Annie), Derasse (Nicolas), Dubois (Bruno) (dir.), « Pratique et doctrine au début du XIXe siècle. L’œuvre de Jean-Marie Pardessus (1772-1853) », Mélanges, Lille, Centre d'histoire judiciaire « Figures de justice. Études en l'honneur de Jean-Pierre Royer »,‎ , p. 287-294
  • Victor Simon, « La place du comparatisme dans l’œuvre de Jean‑Marie Pardessus », dans Les fondements historiques du droit européen des affaires, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, coll. « Études d’histoire du droit et des idées politiques », (ISBN 978-2-37928-114-3, lire en ligne), p. 209–222

Liens externes

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Articles connexes

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