Pierre Bardou-Job
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Cimetière Saint-Martin de Perpignan (d) |
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Famille Bardou (d) |
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Eugène Bardou (neveu) Léon Bardou (d) (neveu) Pierre-Michel Bardou-Job (d) (petit-fils en lignée masculine) Jules Bardou (d) (petit-neveu) Émile Bardou (d) (petit-neveu) |
Pierre Bardou-Job, né Pierre Bardou le à Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) et mort le à Perpignan (Pyrénées-Orientales), est un industriel, propriétaire et homme politique français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils de Jean Bardou, Pierre Bardou donne son ampleur à la marque de papier à cigarettes JOB créée par son père. La protection juridique du dépôt de brevet, en le garantissant de la concurrence, a eu pour effet d’enrichir considérablement la descendance de Jean Bardou. Son développement se poursuit de nos jours dans la multinationale Républic technologie.
Par ailleurs, Pierre Bardou fut un bâtisseur : il commanda une série de châteaux à l'architecte danois Viggo Dorph-Petersen[Note 1],[1],[2]
Il lui commanda alors :
Le Château de Valmy;
Le Château d'Aubiry;
Il est inhumé au cimetière Saint-Martin de Perpignan.
Une rose est baptisée de son nom en 1887 par Gilbert Nabonnand, sous le nom de 'Bardou Job'[3],[4].
Fabricant de l'appareil
[modifier | modifier le code]Jean Bardou est décédé en 1852. La marque JOB est vendue aux enchères en août 1853 et achetée pour 16 000 francs par Pierre Bardou.[5] Son frère Joseph Bardou avait créé une société distincte qui fabriquait du papier à cigarettes « le Nil », dont le logo est un éléphant qui rit.[6]
En janvier 1854, Pierre commence à fabriquer son propre papier à Perpignan. Une gamme de papiers aromatisés comprenait la réglisse, l'anis, la vanille, le genièvre, le camphre, etc. Une attention particulière a été accordée à la commercialisation, notamment au développement de papiers de qualité supérieure ou de luxe, avec des boîtes attrayantes conçues pour les femmes.[7]
Fin 1858, Bardou achète une grande maison au 18 rue Saint-Sauveur à Perpignan (actuelle rue Zola) pour 40 000 francs, Il s'agissait à l'origine d'un immeuble d'appartements, qu'il fait diviser en deux parties, l'une pour la fabrication et l'autre pour sa résidence.[7] Pierre fait installer une verrière dans son "Hôtel de l’Industrie du Papier a Cigarette".[6] Ce dernier devient une manufacture de 1861 à 1879, et emploie 80 ouvriers en 1861. En 1865-66, un atelier de lithographie et d'impression est installé. Vers 1872-75, la papeterie Moulasse est ouverte sur le Salat, un affluent de l'Ariège, enregistré sous les noms de Pierre Bardou et Léon Pauilhac.
Un deuxième bâtiment a été acquis au 13 rue Saint-Sauveur, puis des bâtiments supplémentaires jusqu'à occuper tout un pâté de maisons, le processus de fabrication devenant de plus en plus automatisé, à la vapeur. En 1889, l'entreprise Job emploie 290 femmes et 40 hommes.[7] Pierre et son frère Joseph emploient tous deux d'excellents graphistes, dont Jane Atché de Toulouse et le Tchèque Alphonse Mucha, pour créer du matériel publicitaire.[8]
Bourgeois fortunés
[modifier | modifier le code]En 1857, Pierre Bardou épouse Léonie Amiel, fille d'un confiseur de Perpignan, sans dot. Elle reçoit de son époux une garantie viagère en cas de prédécès de Pierre d'une valeur de 12.000 francs.[7] Au début des années 1860, Bardou transforme sa maison de la rue Saint-Sauveur en demeure privée. Il possède un nombre croissant de propriétés en ville et à la campagne.[5] L'épouse de Pierre, Léonie Amiel, meurt en 1871, laissant trois enfants. Sa belle-sœur, Henriette Amiel, s'est installée dans l'hôtel particulier du 18 rue Saint-Sauveur à Perpignan pour s'occuper d'eux.[9]
Pierre Bardou était un grand collectionneur d'objets exotiques et insolites.[9] L'inventaire de 1871 de l'hôtel particulier du 18 rue Saint-Sauveur fait état de 669 meubles et objets de décoration. L'inventaire de 1871 de l'hôtel particulier du 18 rue Saint-Sauveur fait état de 669 meubles et objets de décoration. La partie privée comprenait douze pièces principales disposées autour d'une cour au-dessus de laquelle se trouvait une galerie, Il y avait deux salles à manger au rez-de-chaussée, deux bibliothèques et une chapelle à l'étage. La maison abritait une collection éclectique de peintures, de statues, de bronzes, d'ivoires, d'émaux et d'armes. [7] En 1877, le patrimoine privé de Pierre est estimé à 413.300 francs.[7]
En 1878, par décret présidentiel, Bardou change son nom en Bardou-Job, un exemple inhabituel où le créateur adopte le nom de la marque plutôt que l'inverse.[7] Sa fille aînée, Camille (1858-1934), épouse Charles Ducup de Saint-Paul, un officier supérieur. Son fils, Justin (1860-1930), épouse la fille d'un avocat d'affaires.[5] En 1888, Jules Pams épouse sa fille cadette Jeanne (1868-1918).[10] Pams était avocat et conseiller municipal à Perpignan, avec une fortune familiale issue du commerce maritime.[5] Alors que Pierre Bardou était un collectionneur enthousiaste de « curiosités », Jules Pams était un amateur éclairé et un mécène de l'art contemporain, et devient de fait le conseiller artistique de Bardou.[11]
Jeanne et Jules Pams s'installent à l'Hôtel de l'Industrie, qui prend le nom d'Hôtel Pams, et ne comprend plus la fabrication. Pierre continue à vivre dans la maison.[6] En 1889, Pierre fait rapporter à Perpignan une partie du « pavillon chinois » de l'Exposition universelle. Il est remonté sur la promenade des Platanes pour l'Exposition Industrielle de Perpignan de 1890. Il a fourni plus de 400 articles pour le pavillon des beaux-arts de l'exposition, y compris du mobilier liturgique, armes antiques, antiquités égyptiennes et romaines, meubles Louis XV et Louis XVI, peintures et sculptures.[11] Bardou a demandé à l'architecte danois Viggo Theodor Dorph-Petersen de concevoir un château pour chacun de ses enfants.[6] Ces bâtiments ont été achevés après sa mort.[12]
Justin reçoit le Château d'Aubiry (1894–1900) à Céret, Camille reçoit le château Ducup de Saint-Paul (1892-1910) à Perpignan et Jeanne se voit attribuer le château de Valmy (1888-1906) à Argelès-sur-Mer.[5]
L'héritage
[modifier | modifier le code]Pierre Bardou-Job décède à Perpignan le 24 février 1892 à l'âge de 65 ans.[13] Il meurt sans testament, mais ses biens sont facilement répartis entre ses enfants.[7] Jules Pams confie à l'architecte Léopold Carlier la transformation de l'hôtel particulier de la rue Saint-Sauveur, Jeanne hérite d'une maison de maître qui est un exemple du goût de la Belle Époque, somptueusement décorée.[6] La marque Job, dont la valeur est estimée à 1,2 million de francs en 1892, est détenue en indivision par ses héritiers. Ils ont créé la société Pierre Bardou-Job, détenue par Justin Bardou-Job, Charles Ducup de Saint-Paul et Jules Pams, dont le siège est situé rue Saint-Sauveur à Perpignan. En dépit de quelques conflits de travail, l'entreprise conservait une éthique paternaliste et offrait de bonnes conditions de travail à ses employés, dans l'esprit de Pierre Bardou-Job.[7]
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Il fait construire un château pour chacun de ses enfants
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ [1]
- ↑ « Pierre Bardou, Job et ses châteaux... - Perpignan - Pyrénées Orientales - Midi-Pyrénées - Grand Sud Insolite et Secret », sur www.grandsudinsolite.fr (consulté le )
- ↑ (en) Description sur HelpMeFind
- ↑ (it) Rose antiche S'Orrosa
- Murillo.
- On the Trail of the Laughing Elephant.
- Praca 2004.
- ↑ Perpignan: hommage aux Bardou....
- Praca.
- ↑ Jules PAMS – Cote Vermeille.
- Muchir.
- ↑ Praca 2007.
- ↑ Societe de Geographie de Marseille 1892, p. 197.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Nicolas Marty, « Bardou-Job (Pierre) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier, , 699 p. (ISBN 9782908866414)

- Marc Delclos, « Pierre Bardou-Job, l'industriel à la fois typographe et lithographe », dans Le papier à cigarettes : entre arts graphiques et industrie, Perpignan, ADAG,

Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Nécrologie », Le Temps, (lire en ligne, consulté le ) : annonce de la mort de Pierre Bardou-Job, mort subitement.