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Bulbul orphée

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Pycnonotus jocosus

Pycnonotus jocosus
Description de cette image, également commentée ci-après
Bulbul orphée
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Pycnonotidae
Genre Pycnonotus

Espèce

Pycnonotus jocosus
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Bulbul orphée (Pycnonotus jocosus), parfois appelé Condé, est une espèce de passereau de la famille des Pycnonotidae, native de l'écozone indomalaise.

Description

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Le Bulbul orphée fait environ vingt centimètres de longueur, une envergure de 25 à 28 cm et il pèse de 23 à 42 g.

Parc national de Khao Yai, Thaïlande

Les deux sexes ont un plumage similaire, mais celui des jeunes est plus terne.

Il présente un plumage dorsal brun et ventral blanchâtre. Une raie sombre court en haut de sa poitrine à partir du haut du dos.

Il se distingue notamment à sa crête noire pointant vers l'avant, à sa tache rouge sur la joue[1] et à une ligne noire dessinant de fines moustaches sur sa gorge blanche. Sa longue queue est brune sauf près du ventre, où elle est rouge.

Il vit en moyenne 4 ans mais parfois jusqu'à 11 ans.

Le Bulbul orphée apprécie les champs et les zones seulement légèrement boisées ou couvertes de buissons et d'arbustes. Il s'accommode facilement de la compagnie des hommes. On rencontre cette grive souvent dans les villages et dans les jardins et parcs des grandes villes. À la Réunion, il est très fréquent, à basse et moyenne altitude, dans tous les jardins.

Répartition et sous-espèces

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (15.1, 2025)[2] il se répartit en huit sous-espèces suivantes (ordre phylogénique) :

  • P. j. fuscicaudatus (Gould, 1866) — Inde ;
  • P. j. abuensis (Whistler, 1931) — nord-ouest de l'Inde ;
  • P. j. pyrrhotis (Bonaparte, 1850) — nord de l'Inde et Népal ;
  • P. j. emeria (Linné, 1758) — de l'est de l'Inde au sud-ouest de la Thaïlande ;
  • P. j. whistleri Deignan, 1948 — îles Andaman ;
  • P. j. monticola (Horsfield, 1840) — est de l'Himalaya ;
  • P. j. jocosus (Linné, 1758) — sud de la Chine ;
  • P. j. hainanensis (Hasisuka, 1939) — Hainan ;
  • P. j. pattani Deignan, 1948 — sud de l'Indochine et nord de la péninsule Malaise.

Il a également été importé à l'île Maurice et de là à La Réunion, où il est considéré comme une peste animale pillant les cultures et notamment les arbres fruitiers. Il y est couramment appelé merle de Maurice et accusé de faire courir un danger d'extinction au Bulbul de Bourbon quant à lui endémique, un oiseau qu'il concurrence.

Comportement

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Le vol du Bulbul orphée est constitué de vols courts et saccadés[3], une succession de bonds qui ressemblent au vol d'un pic. Il vit en couple, durant la période de nourrissage des petits, les parents évoluent comme des inséparables. Son chant est très modulé et surtout extrêmement puissant compte tenu de sa taille. Il passe beaucoup de temps à appeler son-sa partenaire.

Alimentation

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Ce passereau est essentiellement frugivore. Il se nourrit de fruits mûrs sucrés, de nectar de fleurs, de baies et de graines. Il attrape et ingère aussi des insectes et des araignées dans la végétation ou lors de courtes poursuites aériennes.

Nidification

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Le bulbul orphée construit un nid en forme de coupe circulaire. Ce nid est constitué de brindilles, d'herbes et de radicelles, le tout lié par de la toile d'araignée, bien caché dans les buissons ou dans un petit arbre.

La couvée comprend en général de deux à quatre œufs blanchâtres ornés de taches rouges ou brun rouge.

Les œufs éclosent au bout de 12 à 14 jours.

Les oisillons sont d'abord nourrit par les deux parents de chenilles et d'insectes.

Quand ils sont adultes, ils forment des bandes pouvant compter jusqu'à 30 individus[4]. Ils mangent désormais des fruits[5].

Son cri est puissant et facile à reconnaître parce que perçant. Son chant est un jacassement réprobateur.

Le bulbul orphée est l'oiseau le plus populaire des concours de chants d'oiseaux organisés en Thaïlande[6], tradition très populaire dans le sud du pays (en particulier sur l'île de Ko Samui) ainsi qu'en Malaisie et à Singapour[7].

Évocation artistique

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Le compositeur Olivier Messiaen s'est inspiré de son chant dans l'une des pièces de ses Oiseaux exotiques, écrites entre 1955 et 1956[8].

Notes et références

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  1. Collectif (trad. de l'anglais), Histoire naturelle : plus de 5000 entrées en couleurs, Paris, Flammarion, , 650 p. (ISBN 978-2-08-137859-9), Bulbul orphée page 489
  2. Congrès ornithologique international, 15.1, 2025.
  3. Colin Harrison et Alan Greensmith (trad. Antoine Reille), Les oiseaux du monde, Bordas, coll. « L’œil nature », , 416 p., Bulbul orphée page 274
  4. Jiří Felix (trad. Jean et Renée Karel), Faune d'Asie, Paris, Gründ, , 302 p. (ISBN 2-7000-1512-6), Bulbul orphée page172
  5. (en) « Red whiskered bulbul », sur thainationalparks.com (consulté le )
  6. Monica Fantini, Radio France Internationale, « Écouter le monde : Écouter les concours de chants d'oiseaux en Thaïlande avec Stéphane Rennesson (7/11) » (Texte et Audio de 2 min 31 s), sur rfi.fr,
  7. Thierry Herremans, « Le chant du Pycnonotus à Nathon », Gavroche Thaïlande, no 151,‎ , p. 25 (lire en ligne [PDF])
  8. Notice de Oiseaux exotiques d'Olivier Messiaen sur le site de l'IRCAM

Liens externes

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