Saint-Brais
| Saint-Brais | ||||
Armoiries |
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| Administration | ||||
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| Pays | ||||
| Canton | ||||
| District | Franches-Montagnes | |||
| Communes limitrophes | Clos du Doubs, Haute-Sorne, Lajoux, Les Enfers, Montfaucon, Saulcy | |||
| Maire | Aline Erard | |||
| NPA | 2364 | |||
| No OFS | 6758 | |||
| Démographie | ||||
| Population permanente |
237 hab. (31 décembre 2024) | |||
| Densité | 16 hab./km2 | |||
| Langue | Français | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 47° 18′ 25″ nord, 7° 06′ 50″ est | |||
| Altitude | 967 m |
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| Superficie | 15,15 km2 | |||
| Localisation | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Suisse
Géolocalisation sur la carte : Suisse
Géolocalisation sur la carte : canton du Jura
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| Liens | ||||
| Site web | saint-brais.ch | |||
| Sources | ||||
| Référence population suisse[1] | ||||
| Référence superficie suisse[2] | ||||
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Saint-Brais est une commune suisse du canton du Jura, située dans le district des Franches-Montagnes.
Géographie
[modifier | modifier le code]La commune de Saint-Brais se situe sur la montagne qui sépare le plateau franc-montagnard des rives du Doubs, sur la route menant de Glovelier à Saignelégier, à 12 km au nord-est de cette dernière[3].
Elle comprend plusieurs hameaux, dont Césai[4] (aussi orthographié Cesai[3] et Césais[5]), le Chesal et Sur Moron[3], et fermes isolées[6].
Le territoire de Saint-Brais s'étend sur 15,15 km2[2]. Lors du relevé de 2013-2018, les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient 3,6 % de sa superficie, les surfaces agricoles 50,5 %, les surfaces boisées 44,2 % et les surfaces improductives 1,4 %[7].
Deux éoliennes surplombent le village depuis 2009[8], les premières du canton du Jura[9]. Situées en surplomb du village, non loin des maisons, elles sont sujettes à polémiques pour les nuisances qu'elles génèrent pour une partie de la population[10],[11].
La commune possède une exclave[12] nommée Les Seignattes de Montfaucon[13].
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le nom de la commune, qui se prononce /sɛ̃ bʀɛ/, désigne saint Brice[14].
Sa première occurrence écrite date de 1275, sous la forme de Sem Bris[14].
Son ancien nom allemand est Sankt Brix[6].
Histoire
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Saint-Brais possède trois grottes situées à la jonction du plateau franc-montagnard et de l'extrémité occidentale de la vallée de Delémont (entre 950 et 1 000 m d'altitude). De 1935 aux années 1960, elles furent explorées par Frédéric-Edouard Koby. Il y fit diverses découvertes qui rendirent les lieux célèbres. En 1955, une incisive supérieure gauche d'un homme du Moustérien faisait de la grotte II le premier site suisse à livrer un reste humain néandertalien (vers 40000 à 35000 av. J.-C.). Elle constitue, avec le maxillaire de Cotencher, les deux seuls restes de cet hominidé retrouvés en Suisse. Cette dent était accompagnée d'une abondante faune pléistocène, notamment des ours des cavernes. La grotte I a livré quelques silex taillés et outils en os attribués d'une part à la fin de l'époque glaciaire (vers 10000 av. J.-C.), d'autre part au Néolithique. Les trois grottes ont fourni un important ensemble de céramiques de la fin de l'âge du Bronze moyen et du début du Bronze final (1450-1200 av. J.-C.). En l'absence d'observations stratigraphiques plus fines, on ignore si plusieurs groupes humains se succédèrent par hasard en ces lieux ou si ces derniers servaient régulièrement d'abris lors d'expéditions en montagne d'une population établie dans la vallée de Delémont[15].
La commune de Saint-Brais est citée en 1275 comme dépendance du village de Planey, mentionné en 1139 parmi les possessions du chapitre de Saint-Ursanne. Planey, qui aurait été brûlé en 1637 par des soldats français, était situé à l'est du village actuel, lequel s'est développé autour de l'église paroissiale Saint-Brice, reconstruite en 1656 et 1765 et rénovée en 1965, avec un clocher-porche en pierre de taille. La paroisse comprend Montfavergier. Saint-Brais fit partie de la prévôté de Saint-Ursanne (évêché de Bâle) et, sous le régime français (1793-1813), des départements du Mont-Terrible puis du Haut-Rhin, avant d'être rattaché au canton de Berne de 1815 à 1978. Depuis le milieu du XIXe s., Saint-Brais est une commune mixte avec deux sections (Saint-Brais et Les Métairies). Devenu réserve naturelle, l'étang de Bollement fournissait autrefois la force hydraulique à un moulin et une scierie. Saint-Brais est resté agricole (73% des emplois en 2005)[6],[16].
Le , 73,9 % des citoyens de Saint-Brais disent oui à une initiative populaire demandant la suppression de l'armée suisse, faisant de Saint-Brais la commune suisse qui a accepté cet objet le plus nettement[17],[18],[19].
Hameau de Bollement
[modifier | modifier le code]Bollement a eu un passé très actif dans le domaine des moulins à eau. En tout il y aurait eu deux moulins, un à trois roues, un autre à deux roues. Mais en 1965, le moulin fut vendu à Berne, qui le brûla. Les seuls vestiges de ce passé sont une roue à aubes en fer, la seule qui n'a pas brûlé et une autre en bois qui avait été déplacée à Saint-Brais avant l'incendie. Cette dernière est aujourd'hui exposée dans une vitrine au milieu du village.
Avant de s'orthographier Bollement, le nom du hameau s'écrivait Bolleman (mentionné pour la première fois en 1482), du franc-comtois « bôlement » (éboulement). Deuxième étymologie possible, il semblerait que le Tabeillon (le ruisseau qui alimente l'étang) se soit appelé avant 1706 « Bolume » ou « Bolome » qui signifierait « en forme de bol » et que l'étang et le moulin en aient pris le nom.
À la fin du XIXe siècle, lorsque la ligne des CJ fut construite et qu'une halte y fut prévue (voir gare de Bollement), le nom devint Bollement selon l'Office fédéral de la topographie. Les deux orthographes sont toujours officielles bien que Bolleman ne soit plus utilisé.
L'étang de Bollement a été créé par la construction d'une digue sur le Tabeillon. L'étang, le Tabeillon et la forêt aux alentours forment la réserve naturelle de Bollement.
Population et société
[modifier | modifier le code]Surnom
[modifier | modifier le code]Les habitants de la commune sont surnommés les Chèvres[20].
Démographie
[modifier | modifier le code]Évolution de la population
[modifier | modifier le code]La commune comptait 307 habitants en 1818, 463 en 1850, 562 en 1870, 394 en 1900, 343 en 1950, 212 en 2000 et 221 en 2010[6].
La commune compte 237 habitants au 31 décembre 2024 pour une densité de population de 16 hab/km2[1]. Sur la période 2010-2023, sa population a augmenté de 8,1 % (canton : 6,4 % ; Suisse : 9,4 %)[21].
Pyramide des âges
[modifier | modifier le code]En 2023, le taux de personnes de moins de 30 ans s'élève à 29,7 %, au-dessous de la valeur cantonale (32,1 %). Le taux de personnes de plus de 60 ans est quant à lui de 26,9 %, alors qu'il est de 29,4 % au niveau cantonal[23].
La même année, la commune compte 122 hommes pour 117 femmes, soit un taux de 51 % d'hommes, supérieur à celui du canton (49,5 %)[23].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Bilan démographique selon le niveau géographique institutionnel »
, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
- « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes »
[xls], sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
- Charles Knapp (dir.), Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 4 : Quader - Sovrana, Neuchâtel, Victor Attinger, 1902-1910 (lire en ligne
), p. 274 [détail des éditions]
- ↑ Denis Moine, « Lieux-dits, liste », sur www.chronologie-jurassienne.ch (consulté le )
- ↑ A. D., « Traditions populaires concernant certaines pierres », Le Pays du Dimanche, , p. 1 (lire en ligne)
- François Kohler, « Saint-Brais » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Office fédéral de la statistique, « Statistique de la superficie standard - Communes selon 4 domaines principaux »
[xls], sur www.bfs.admin.ch, (consulté le ).
- ↑ [vidéo][Production de télévision] « JU: reportage à Saint-Brais sur l'installation de deux éoliennes de 119 mètres chacune », dans Couleurs locales sur RTS Un, , 3 min., Radio télévision suisse (consulté le )
- ↑ ats/bkel, « Le 1er parc éolien du Jura inauguré à St-Brais », sur Radio télévision suisse, (consulté le )
- ↑ Vincent Donzé, « La colère souffle sur les hélices », Le Matin, (ISSN 1018-3736, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Serge Jubin, « Le meilleur et le pire dans l’Arc jurassien », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Martin Schuler, Pierre Dessemontet et Dominique Joye, « Recensement Fédéral de la Population 2000 – Les Niveaux Géographiques de la Suisse », p. 30
- ↑ « Maps of Switzerland - Swiss Confederation - map.geo.admin.ch », sur map.geo.admin.ch (consulté le )
- Chantal Schüle-Marro, Andres Kristol et Nicolas Pépin, « Saint-Brais »
, sur toponymes.ch (consulté le ).
- ↑ François Schifferdecker, Dictionnaire Historique de la Suisse
- ↑ F. Chèvre, Hist. de St-Ursanne, du chapitre, de la ville et de la prévôté de ce nom, 1887 (réimpr. 1981), 849-861 p.
- ↑ « Office fédéral de la statistique », (consulté le )
- ↑ Antoine Membrez, « Les Jurassiens et l'armée, une longue histoire de désamour », Le Quotidien jurassien, (consulté le )
- ↑ rn, « Un petit vent de fronde », Le Franc-Montagnard, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 117
- ↑ « Variation de la population résidante permanente, de 2010 à 2023 »
, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
- ↑ « Évolution de la population des communes 1850-2000 »
, sur Office fédéral de la statistique, (consulté le ).
- « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, la nationalité (catégorie), le lieu de naissance, le sexe et la classe d'âge »
, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
