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Œillet d'Inde

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Tagetes patula

Tagetes patula au Muséum de Toulouse.

L'œillet d'Inde (Tagetes patula) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Asteraceae. Elle est originaire des régions tropicales des Amériques allant du Mexique à la Bolivie.

Ce sont des plantes herbacées. Cette espèce de tagètes (ou tagettes) fait partie de celles dont les fleurs sont comestibles, et son goût se rapproche de celui du fruit de la passion.

On l'utilise dans les potages, les beurres aromatisés ou « beurres fleuris », et ses pétales colorent les salades de fruits. Ces propriétés colorantes lui valent le surnom de « safran du pauvre ».

Nomenclature, étymologie

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Carl von Linné donne la première description de l’espèce sous la nom de Tagetes patula, en 1753, dans Species Plantarum 2: 887. 1753. (1 May 1753).

Le nom de genre Tagetes est dédié au dieu étrusque Tagès, qui enseignait l’art divinatoire[1].

Avant Linné, le naturaliste suisse d’origine française Jean Bauhin (1541-1613) avait décrit l’espèce sous le nom de Tagetes indicus minor simplici dans son Historia plantarum universalis, publiée en 1650 et 1651, soit environ quatre décennies après sa mort[2]. Il a aussi donné le nom de Caryophyllus indicus, « œillet d'Inde » à l’espèce. Avec son frère, Gaspard, il publie un curieux De plantis a divis sanctisque nomen habentibus consacré aux plantes portant des noms de dieux ou de saints.

La motivation de Jean Bauhin dans l’adoption de Tagète en référence à la divinité Tagès était que ce demi-dieu ou prophète étrusque était apparu miraculeusement du sol et avait une vigueur semblable à celle de l’œillet d’Inde qui peut pousser facilement du sol et se renouveler sans cesse.

L’épithète spécifique patula vient du latin patulus, -a, -um, signifiant « ouvert, étalé, évasé » signalant le port étalé des tiges plutôt que dressé, comparé à d’autres espèces de Tagètes comme T. erecta..

Le botaniste suisse pré-linnéen Jean Bauhin (1541-1612) a dénommé l’œillet d’Inde, Tagetes indicus simplici Caryophyllus Indicum dans Historia plantarum universalis, vol. 3[2].

  • Noms vernaculaires

Le nom vulgaire « œillet d'Inde » vient de sa ressemblance avec l'œillet commun (Dianthus caryophyllus), et du fait que la plante a été initialement importée des Antilles, à l'époque où elles faisaient partie de ce qu'on appelait les « Indes occidentales ». On l'appelle aussi « maregold », « marigold », ou « bonanza ».

L'Empereur Charles-Quint, lors de son expédition en Afrique en 1535, trouva l'œillet d'Inde dans les environs de Tunis et fut attiré par la brillance de ses couleurs, quoique peu agréable par son odeur. Il fut nommé « Fleur de Tunis », et désigné aussi sous le nom d’Africaine[3].

Description

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Tagetes patula est une plante annuelle ou vivace selon le climat qui atteint parfois 50 cm de hauteur.

En Europe occidentale, c’est une plante annuelle qui fleurit du printemps à l’automne, jusqu’aux premières gelées[4].

Les feuilles sessiles, opposées, sont divisées en segments lobés, pennatiséquées, dentés dont deux sont plus petits. Elles sont ponctuées comme le reste de la plante, de petites glandes contenant des huiles essentielles. Elles dégagent une odeur aromatique lorsqu’on les froisse.

La fleur est en capitule ronds, simple ou double, de couleurs jaune d’or, orange vif, acajou, bicolores, parfois crème ou vanille. Elle possède une odeur forte et soufrée repoussant les insectes.

La floraison est longue, du printemps aux premières gelées.

Les fruits sont des akènes allongés, avec des filaments à l’un des bouts.

L'œillet d'Inde est une plante vivace au annuelle selon le climat

En Europe, elle est cultivée comme annuelle. Très florifère, à croissance rapide, c’est une plante facile à cultiver[4].

Elle aime une exposition ensoleillée et tolère la mi-ombre.

On pratique le semis de février à mars sous abri, ou d'avril à mai directement en pleine terre. Quand la plante atteint une dizaine de centimètres, on peut la pincer pour qu'elle se ramifie. L'œillet d'Inde pousse généralement d'une trentaine de centimètres, et fleurit de juin jusqu'aux premières gelées. Pour améliorer la floraison, il convient de supprimer régulièrement les fleurs fanées.

L'œillet d'Inde repousse très facilement d'une année à l'autre, grâce au grand nombre de graines que forment ses fleurs.

Pour la culture en pot, il convient d'éviter l'excès d'arrosage, car sa racine est sensible à la pourriture.

En anglais, l'œillet d'Inde est appelé « French marigold », car les horticulteurs français en ont créé un très grand nombre de variétés depuis son introduction en France, au XVIe siècle. Il existe ainsi des variétés naines, à fleurs simples ou à fleurs de scabieuse. En espagnol d'Espagne, on nomme cette fleur « Calendura ».

Compagnonnage

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L'œillet d'Inde est souvent utilisé comme plante compagne.

L'odeur de son feuillage est souvent considérée comme déplaisante. Elle attire les syrphes, des papillons, mais repousse de nombreux parasites comme les pucerons, et les fourmis qui les « élèvent ».

Les racines de l'œillet d'Inde, tout comme celles de la rose d'Inde, sécrètent du thiophène, qui a un effet inhibiteur sur les nématodes (vers), les aleurodes (mouches blanches), et certaines plantes envahissantes comme le liseron et le chiendent[réf. nécessaire]. C'est pour ces effets répulsifs qu'on l'associe souvent à d'autres cultures, particulièrement en agriculture biologique.

L’œillet d'Inde est en revanche très apprécié des limaces et escargots, qui peuvent lui infliger de lourds dégâts.

Langage des fleurs

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Dans le langage des fleurs, l'œillet d'Inde symbolise la séparation[5].

Notes et références

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Références

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  1. Mauric Natacha, « Tagetes patula – Œillet d’Inde, Tagète étalée » (consulté le )
  2. a et b Bauhin, Johann, 1541-1613 et als, Historia plantarvm vniuersalis, nova, et absolvtissima, Ebroduni [Yverdon], [s.n.], MDCL. [1650]-MDCLI. [1651] DOI, 1650-1651 (lire en ligne)
  3. Charles Van Hulthem, Discours sur l'état ancien et moderne de l'agriculture et de la botanique dans les pays bas, Gand, D. J. Vanderhahghen, , 88 p. (lire en ligne), page 8
  4. a et b Natacha Mauric, « Jardin ! L’Encyclopédie » (consulté le )
  5. Anne Dumas, Les plantes et leurs symboles, Paris, Éditions du Chêne, coll. « Les carnets du jardin », , 128 p. (ISBN 2-84277-174-5, BNF 37189295).

Liens externes

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