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Tapir

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Tapirus

Les tapirs (Tapirus) sont un genre de mammifères ongulés, dont une espèce est originaire d'Asie alors que quatre sont d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. C'est le seul genre actuel de la famille des Tapiridés (Tapiridae). Cette famille est très proche de celles des chevaux (Equidae) et des rhinocéros (Rhinocerotidae), classés également dans les Perissodactyla en raison d'un nombre de doigts impair.

Description

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Les trois doigts principaux de la patte du tapir laissent dans la boue une empreinte caractéristique en trèfle

Son corps est massif et est recouvert d'une peau très épaisse (il est d'ailleurs chassé pour son cuir). Il a une courte trompe, qui lui sert à attraper sa nourriture. D'une espèce à l'autre, les tailles peuvent varier, mais la plupart mesurent environ deux mètres pour une hauteur pouvant aller jusqu'à approximativement un mètre, pour une masse allant de 150 à 300 kg.

Il possède une ouïe et un odorat excellents, mais une vue peu développée. Dans la nature, un tapir vit approximativement 30 ans.

Écologie et comportement

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Comportement social

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C'est un animal vivant principalement la nuit, méfiant et solitaire (le couple ne se forme que pour l'accouplement) et résidant en forêt.

Alimentation

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Le tapir a un régime alimentaire strictement herbivore. Très sélectif, il se nourrit de plantules, de fruits et de graines qu’il collecte à l’aide de sa courte trompe préhensile. Il possède de larges dents, parfaitement adaptées pour couper les branches et briser les graines. Le tapir joue ainsi un rôle clé dans la régénération de la forêt en disséminant avec ses déjections les graines de certaines espèces consommées.[réf. nécessaire] L’alimentation du tapir est étudiée par examen des restes végétaux dans les excréments (graines des fruits et analyse des codes génétiques des feuilles) et l’identification des plantes broutées directement sur le terrain. Ces études permettent de connaître les préférences alimentaires et les besoins de l’espèce.

Reproduction

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Un bébé tapir du Brésil avec les rayures et les taches caractéristiques de tous les tapirs juvéniles.

La gestation du tapir est d'environ 13 mois, une femelle met au monde un petit (parfois deux), d'une masse d'environ 7 kg. Le petit est allaité pendant presque un an.

Prédateurs

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Dans la nature, il est chassé par des félins.

Mais son principal prédateur reste l'Homme, qui le tue pour différentes raisons (son cuir très épais, sa viande mais aussi comme « remèdes pharmaceutiques » ...). Selon la Liste rouge de l'UICN, le tapir est soit vulnérable (Tapir de Malaisie (Tapirus indicus) et Tapir du Brésil (Tapirus terrestris), soit en danger (Tapirus pinchaque, Tapirus kabomani et Tapir de Baird (Tapirus bairdii).

Quelques tribus d'Amérique du Sud telles que les Panoan capturent les progénitures des tapirs pour les apprivoiser, ensuite ces animaux sont engraissés et ils sont utilisés pour leur cuir et leur viande.

Taxonomie et évolution

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Tapirus terrestris
Tapirus indicus

Il existe aujourd'hui cinq espèces de tapir, dont quatre vivent en Amérique centrale et du Sud et une en Asie du Sud-Est :

Vers 1968, des tapirs hybrides (entre un tapir de Baird et un tapir du Brésil) ont vu le jour au zoo de San Francisco et ont donné naissance à deux générations vers 1970[réf. souhaitée].

Espèces éteintes

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Les plus anciens représentants du genre Tapirus sont apparus en Europe au milieu du Miocène, Tapirus s'est ensuite dispersé en Asie et en Amérique du Nord à la fin du Miocène[2],[3]. La dernière espèce de tapirs indigène d'Europe, Tapirus arvernensis (en), s'est éteinte vers la fin du Pliocène, il y a environ 2,6 millions d'années (Ma)[3],[4]. Les tapirs se sont dispersés en Amérique du Sud au cours du Pléistocène dans le cadre du grand échange faunique interaméricain, leurs plus anciens fossiles sur ce continent datant d'environ 2,6 à 1 Ma[2].

Les dates de divergence, fondées sur une analyse des séquences d'ADNmt, sont d'environ 0,5 Ma pour T. kabomani et le clade T. terrestris-T. pinchaque, 5 Ma pour T. bairdii et les trois espèces d'Amérique du Sud, et 9 Ma pour la ramification de T. indicus. T. pinchaque provient d'un complexe paraphylétique de populations de T. terrestris[5].

Tapirus


 T. bairdii (Tapir de Baird)




 T. kabomani




 T. terrestris (Tapir du Brésil)



 T. pinchaque (Tapir des montagnes)






 T. indicus (Tapir de Malaisie)



Les tapirs et l'Homme

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Dans la culture asiatique, le tapir chasse les mauvais rêves, les cauchemars, et peut même les transformer en chance. Ainsi, le baku, une créature fantastique du folklore japonais, apparaît souvent sous les traits d'un tapir.

Dans le jargon de l'École normale supérieure, le « tapir » désigne un élève à qui un normalien donne des cours particuliers. Son étymologie reste incertaine[6].

Notes et références

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  1. Mario A. Cozzuol et al. A new species of tapir from the Amazon dans Journal of Mammalogy no 94 (6), 1331-1345, 2013. doi: 10.1644/12-MAMM-A-169.1
  2. a et b (en) Elizete Celestino Holanda et Brenda Soledad Ferrero, « Reappraisal of the Genus Tapirus (Perissodactyla, Tapiridae): Systematics and Phylogenetic Affinities of the South American Tapirs », Journal of Mammalian Evolution (en), vol. 20, no 1,‎ , p. 33-44 (DOI 10.1007/s10914-012-9196-z).
  3. a et b (en) Jan van der Made et Ivan Stefanovic, « A small tapir from the Turolian of Kreka (Bosnia) and a discussion on the biogeography and stratigraphy of the Neogene tapirs », Neues Jahrbuch für Geologie und Paläontologie - Abhandlungen, vol. 240, no 2,‎ , p. 207-240 (DOI 10.1127/njgpa/240/2006/207).
  4. (en) Omar Cirilli, Luca Pandolfi et Raymond L. Bernor, « The Villafranchian perissodactyls of Italy: knowledge of the fossil record and future research perspectives », Geobios, vol. 63,‎ , p. 1-21 (DOI 10.1016/j.geobios.2020.09.001).
  5. (en) M. A. Cozzuol, C. L. Clozato, E. C. Holanda, F. V. H. G. Rodrigues, S. Nienow et al., « A new species of tapir from the Amazon », Journal of Mammalogy, vol. 94, no 6,‎ , p. 1331-1345 (DOI 10.1644/12-MAMM-A-169.1 Accès libre).
  6. Yann Ollivier, « Les mots de l'École - Tapir » (consulté le ).

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Références taxinomiques

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