Ngari Rinpoché
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Tendzin Choegyal (en tibétain : བསྟན་འཛིན་ཆོས་རྒྱལ, Wylie : bstan 'dzin chos rgyal), né en à Lhassa au Tibet, mort le à Dharamsala en Inde[1], frère cadet du 14e dalaï-lama, reconnu comme le 16e Ngari Rinpoché (tibétain : མངའ་རིས་རིན་པོ་ཆེ, Wylie : mnga' ris rin po che), est un tulkou et un homme politique tibétain.
Biographie
[modifier | modifier le code]Un enfant des parents du 14e dalaï-lama est mort à l'âge de deux ans, probablement de la variole. Tenzing Paljor, l'oracle de Gadhong, prédit qu'il renaîtrait dans la même famille. Tendzin Choegyal, né un an après, est considéré comme sa réincarnation[2].
Tendzin Choegyal est né en mars 1946[3] à Lhassa. Trois jours après sa naissance, une célébration est organisée par ses parents. Parmi les invités, se trouve Heinrich Harrer[4],[5]. À l'âge de quatre ans, il est reconnu comme le 16e Ngari Rinpoché[6]. Son prédécesseur était proche du 13e dalaï-lama qui lui avait prédit : « dans notre prochaine réincarnation, nous serons plus proches l’un de l’autre »[7].
Il commence ses études monastiques au monastère de Drépung en 1953, à l'âge de 7 ans[6].

Il accompagne son frère, le 14e dalaï-lama, ainsi que d'autres membres de sa famille, en Chine en 1954. D’une vive intelligence, il parle rapidement le mandarin[7].
En 1956, il accompagne le 14e dalaï-lama quand il se rend en Inde pour participer aux cérémonies du 2 500e anniversaire de la mort du Bouddha[8].
Le , date qui allait marquer l'histoire du Tibet comme étant le jour du soulèvement tibétain, Tendzin Choegyal est amené dans une voiture soviétique du monastère de Drépung au camp militaire où un spectacle doit être donné en l'honneur du dalaï-lama, lequel annule sa venue en raison des demandes inhabituelles de s'y rendre sans ses ministres ni ses gardes du corps. Tendzin Choegyal observe que tous les Chinois et les Tibétains pro-chinois sont armés et décrit le général Tan Guansan comme furieux de l'absence du dalaï-lama. Sa mère envoie un domestique chercher son fils après la représentation, lui demandant de le rejoindre sous le prétexte qu'elle est souffrante. Tous deux rejoignent dalaï-lama au Norbulingka le lendemain[9].
Il accompagne le 14e dalaï-lama dans sa fuite du Tibet à la suite du soulèvement tibétain de 1959, puis étudie au collège Saint-Joseph des jésuites de Darjeeling, ce qui lui inculque un respect pour les religieux chrétiens, disciples de Saint Ignace, leur discipline, le sens de l’action et leur intégrité. Il obtint son diplôme de fin d'études en 1969[6].
La même année, il quitte son ordre monastique et passe les deux années suivantes à étudier en Inde et aux États-Unis[6],[10].
Sans remettre en question sa propre religion, il se dit hinayaniste. Moine à Dharamsala, il fréquente la même école que Tenzin Geyche Tethong[7].
Après son retour en Inde, Ngari Rinpoché rencontre Rinchen Khandro Choegyal au Loreto Convent, Darjeeling (en), où elle est entrée en 1967[7].
En 1971, il rejoint le gouvernement tibétain en exil, y restant jusqu'en 1988[6].
Ngari Rinpoché et Rinchen Khandro travaillent au Congrès de la jeunesse tibétaine lors de la formation de cette association. En 1972, ils se marient et deviennent enseignants au Tibetan Children's Villages[7].

Ngari Rinpoché rejoint ensuite les Forces spéciales des frontières, créées par le gouvernement indien afin que les Tibétains en exil assurent la surveillance de la frontière chinoise. Il sert deux années durant[6]. Rinchen Khandro, avec ses deux nouveau-nés, un fils et une fille, le rejoignent[7].
En 1974, Ngari Rinpoché et sa famille s'installent au Kashmir Cottage à la demande de sa mère, Diki Tsering. Après le décès de cette dernière en 1982, ils transforment le cottage en maison hôtelière[7].
En 1991, il est élu membre du Parlement tibétain en exil, représentant l'Amdo[11].
Tendzin Choegyal a été responsable spirituel de monastères du Ladakh dont le monastère de Karsha, le plus important du Zanskar[7].
Ngari Rinpoché a été aussi traditionnellement le responsable spirituel de plusieurs monastères de Ngari, une vaste région du Tibet occidental[12].
Tendzin Choegyal est membre du Mind and Life Institute dont il reste membre honorifique jusqu'à la fin de sa vie[13]. Il apparaît dans les films Women of Tibet: Gyalyum Chemo – The Great Mother et Women of Tibet: The Buddha's Wife.
Mort
[modifier | modifier le code]Ngari Rinpoché meurt le à l'âge de 79 ans à sa résidence, Kashmir Cottage à Dharamsala, en Inde[14]. Il est incinéré dans la même ville le 19 février[8]. Le 25 février, le dalaï-lama donne ses conseils à des représentants de huit monastères relevant de l'autorité spirituelle de Ngari Rinpoché dans la recherche de sa réincarnation, une perspective qu'il avait évoquée ouvertement[15].
Publication
[modifier | modifier le code]- (en) Tenzin Geyche Tethong, Gautam Pemmaraju, Tendzin Choegyal, Jane Moore (photographies), His Holiness the Fourteenth Dalai Lama: An Illustrated Biography, Interlink Books; 2021, (ISBN 1623718775)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en-US) Tenzin Nyidon, « Ngari Rinpoche, youngest brother of Dalai Lama, passes away at 80 », sur Phayul.com, (consulté le )
- ↑ Bertrand Odelys, Dharamsala: Chroniques tibétaines, p. 28
- ↑ Heinrich Harrer, Chronologie de Thupten Jigme Norbu, in Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, éd. Albin Michel, 1963, p. 283-287. Dans la version anglaise de l'ouvrage, Harrer précise "1946 First Month : Norbu's youngest brother Tenzing Chögyel, later to be Ngari Rimpoche , born in Lhasa". Le premier mois de l'année tibétaine de 1946 commence le 4 mars et se termine le 2 avril
- ↑ Heinrich Harrer, Sept ans d'aventures au Tibet, traduction de Henry Daussy, Paris, Arthaud, 1954, 292 p. (ISBN 2-7003-0427-6), p. 117
- ↑ Craig 1998, p. 135.
- « Board of Directors » (version du sur Internet Archive), Mind & Life Institute et « Tenzin Choegyal » (version du sur Internet Archive).
- Bertrand Odelys, Dharamsala, Chroniques tibétaines, Albin Michel, 2003, (ISBN 2226142592 et 9782226142597), p 37-51, 92-104
- (bo) « ༸སྐུའི་གཅུང་པོ་མངའ་རིས་རིན་པོ་ཆེ་མཆོག་གི་སྐུ་ཕུང་ཞུགས་འབུལ། », Voice of Tibet, (lire en ligne)
- ↑ Craig 1998, p. 237-238.
- ↑ (en-GB) tibetanreview, « Dalai Lama bereaved by the passing of his youngest brother », sur Tibetan Review, (consulté le )
- ↑ Patrick Jagou, Meetchong et fier de l'être, éditions Kahunavision, 2009, (ISBN 2918370002 et 9782918370000), p. 105-106
- ↑ Ngari Rinpoche, Tenzin Choegyal.
- ↑ (en-US) « Board of Directors and Founders », sur Mind & Life Institute (consulté le )
- ↑ (en) « Dalai Lamas brother Ngari Rinpoche Tenzin Choegyal passes away at 80 », sur The Tribune (consulté le )
- ↑ (en-US) Phayul Newsdesk, « Search committee for late Ngari Rinpoche’s reincarnation seek blessings from Dalai Lama », sur Phayul, (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Mary Craig (trad. François Vidonne, préf. 14e dalaï-lama), Kundun : Une biographie du Dalaï-Lama et de sa famille, Presses du Châtelet, , 391 p. (ISBN 2911217330).
Liens externes
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