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Famille Tolomei

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Famille Tolomei
Type Maison noble
Pays

Royaume de Naples

Royaume de Sicile

Royaume d'Italie

Grand-duché de Toscane

République de Sienne
Lignée

Branche de Naples

Branche dell'Assassino

Branche della Stella

Branche di porta Santa Susanna

La famille Tolomei était une des plus riches familles d'Europe, originaire de Sienne, grands banquiers du Moyen Âge détenant des comptoirs dans de nombreux pays, entre autres, en France à Paris, rue des Lombards, Bordeaux, Troyes, Marseille, en Italie, à Bologne, Gênes, Sienne et aussi dans le Levant (région comprenant le Liban, la Palestine, la Jordanie, Israël, la Mésopotamie et l'Égypte). Cette richesse et ses liens avec la papauté ont donné à la famille une influence considérable jusqu'au XVIe siècle[1]. Le palais Tolomei à Sienne montre quelle était la puissance de la famille.

La famille a par le biais de la banque qu'elle a fondée, la banque Tolomei et aux côtés de la famille Bonsignori, financé la papauté et de nombreuses royautés dont la monarchie française, la monarchie anglaise, le duché de Bourgogne et autres Etats d'Italie indépendants[2]. Elle a notamment aidé finacièrement les papes Honorius IV, Nicolas IV, Célestin V ou encore Boniface VIII pour reconquérir la Sicile ou encore pour permettre à ces derniers de soutenir les Angevins. La papauté a aussi utilisé la famille précisement par le biais de la Gran Tavola dans le nord de la France, Angleterre, Ecosse, Danemark ou Allemagne[2].

La famille a aussi dominé les très importantes foires de Champagne et contribué au développement la Gran Tavola, l'institution financière la plus influente d'Europe au XIIIè siècle créée par la famille Bonsignori[3].

La famille a à travers le temps, contracté de nombreuses alliances prestigieuses, que ce soit avec des familles elles aussi du secteur de la finance, comme les Bonsignori, Malavolti, Piccolomini [4]mais aussi avec d'autres familles nobles sans lien avec la finance comme les Carafa.

Selon les archives, la première personne de la dynastie à partir de laquelle la filiation est prouvée est Baldistricca Tolomei (début XIIe siècle)[5]. L'un de ses descendants a fondé à Sienne, durant le même siècle, la Maison Tolomei. Cette riche famille de marchands et de banquiers, de sensibilité guelfe[6], fit construire un palais à Sienne avant 1205[6], ce qui en fait la plus ancienne résidence privée de Sienne aujourd'hui[6]. Détruit par les gibelins, il fut reconstruit après 1267[6]. Ils étaient par ailleurs propriétaires de tours et de châteaux dans les territoires allant de la Montagnola Senese à la Maremme[6]. La famille avait déjà une considérable assise territoriale et avait pour ennemi principal la famille Salimbeni, riche famille comme le démontre le Palais Salimbeni de Sienne.

Saint Bernard Tolomei.

À la suite des conflits internes de la république de Sienne, une partie de la famille s'exila. Certains s'installèrent à Paris, rue des Lombards, ainsi qu'à Neauphle-le-Vieux. Ainsi, après 1270, une partie de la famille, alliée des Bonsignori, fondateurs de la Grande Table de Sienne, demeurèrent hors d'Italie, tandis que d'autres rentrèrent[7]. Ils étaient présents dans les foires de Champagne, par exemple en 1306 à Lagny-sur-Marne[7], ainsi qu'à Bordeaux où ils disposaient d'une représentation permanente[7](la famille employait beaucoup de personnes qui étaient souvent des citoyens de Sienne). Cependant, ils quittèrent le royaume de France au début du XIVe siècle, à la suite, notamment, des mesures prises, vers 1311, par Philippe le Bel pour obliger les banquiers lombards à racheter leur droit de résidence[7]. Divers litiges conduisirent à porter l'affaire devant le Parlement de Paris pendant plusieurs années ; finalement, les dettes des Tolomei furent rachetées par le roi de France, et Charles IV (1322-1328) tenta, sans succès, d'obliger Sienne à contraindre les Tolomei à rembourser leurs dettes[7]. Le roi de France en ne réussissant pas à contraindre la famille Tolomei à rembourser ses dettes démontre la puissance de cette dernière. La république siennoise s'y refusa, avec comme seule conséquence l'interdiction, pour les Tolomei, de fréquenter les foires de Champagne lesquelles, du reste, perdaient de l'importance[7].

C'est à cette époque que naquit Bernardo Tolomei (1272-1348), fondateur de l'Ordre du Mont-Olivet, béatifié au XVIIe siècle et canonisé en 2009.

La branche aînée, proche du pape Innocent VI (1352-1362), partit pour Rome. En 1358, Raimondo Tolomei devint le dirigeant du Sénat. La via dell'Arco dei Tolomei existe ainsi à Rome, où un de leurs palais héberge aujourd'hui le Centre hébraïque italien Pitigliani. Ce bâtiment, immense, existe encore.

Pia de' Tolomei par Eliseo Sala.

Pia de' Tolomei, évoquée par Dante dans le Purgatoire[6], ainsi que le lettré Claudio Tolomei étaient issus de cette famille.

Au XIVe siècle, deux branches de la famille s'installèrent à Pérouse, où ils demeurèrent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. C'est de là que vient le lettré Scipione Tolomei (1553-1630), secrétaire à la Cour des della Corgna, titulaires au XVIe et XVIIe siècles du marquisat de Castiglione del Lago, situé sur les bords du lac Trasimène. À Ferrare se trouvaient, au XIVe siècle, la branche dite del'Assassino, dont Stella de Tolomei, amante du marquis de Ferrare Niccolò III d'Este et mère de Leonello et Borso d'Este, lequel devint duc de Modène et de Reggio d'Émilie au XVe siècle.

Une branche s'installa dans le royaume de Naples au XVe siècle, dans les Pouilles, et posséda le fief de Santeramo in Colle dans la Terre de Bari à partir de 1410 et les fiefs d'Alliste, Racale et Felline dans le Salento. Antonio Tolomei, évêque de Lecce de 1485 à 1498, appartient à cette branche qui s'éteignit à la fin du XVIe siècle. Une membre de cette branche s'est alliée avec un aristocrate de la famille Carafa. De ce mariage est issu Vincenzo Carafa, archevêque de Naples, cardinal et cousin de Paul IV, pape issu de la famille Carafa. L'évêque Antoine Caracciolo, issu de la prestigieuse famille Caracciolo descend de cette union[8].

Certaines branches de la famille perdurent jusqu'à aujourd'hui. L'une d'entre elles s'est éteinte à la mort de la comtesse Sofia Manni, veuve du comte Filippo Tolomei.

Notes et références

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  1. « Annales d'histoire économique et sociale : revue trimestrielle / directeurs : Marc Bloch, Lucien Febvre », sur Gallica, (consulté le )
  2. a et b Edward D. Internet Archive, Enterprise and liability in Sienese banking, 1230-1350, Cambridge, Mass. : Medieval Academy of America, (ISBN 978-0-910956-94-9 et 978-0-910956-95-6, lire en ligne)
  3. (it) Bruno Rossi, Gli Estensi, Mondadori, (lire en ligne)
  4. (it) « Bonsignori - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
  5. Giuseppe Corradi, « Tolomei », Grande dizionario enciclopedico, vol. XII, Turin, UTET, 1962.
  6. a b c d e et f Descriptif du Palais Tolomei à Sienne sur un site sur la Toscane.
  7. a b c d e et f Bigwood Georges. «Les Tolomei en France au XIVe siècle. », Revue belge de philologie et d'histoire, t. 8, fasc. 4, 1929, p. 1109-1130. doi : 10.3406/rbph.1929.6652 ; url : /web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1929_num_8_4_6652.
  8. Joseph University of Ottawa, Antonio Caracciolo, évêque de Troyes (1515-1570), Paris : Letouzey et Ané, (lire en ligne)

Bibliographie

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  • (it) AA. VV., Gli Estensi, Mondadori, Milano 1972.
  • (it) E. Agostini, Famiglie perugine, ms. 210, Archivio Storico di San Pietro, Perugia.
  • (it) G. Corradi, voce Tolomei, <Grande dizionario enciclopedico>, vol. XII, Torino 1962.
  • (it) M. G. Donati-Guerrieri, Lo Stato di Castiglione del Lago e i della Corgna, Grafica, Perugia 1972.
  • (it) R. Mucciarelli, I Tolomei banchieri di Siena, Protagon, Siena 1995.
  • (it) S. Tolomei, Lettere, Stamperia Augusta, Perugia 1617.

Articles connexes

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