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Wilhelm von Mirbach

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Wilhelm von Mirbach Harff
Portrait en 1917.
Fonctions
Ambassadeur du Reich allemand (d)
-
Député de la chambre des seigneurs
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Père
Ernst von Gudenau-Mirbach (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Wilhelmine von Thun und Hohenstein (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Le comte Wilhelm von Mirbach Harff, né le 2 juillet 1871 à Bad Ischl en Haute-Autriche et mort le 6 juillet 1918 à Moscou, est un diplomate allemand. Il a participé aux négociations soviéto-allemandes de Brest-Litovsk entre décembre 1917 et mars 1918. Il a été nommé ambassadeur d'Allemagne à la RSFSR en avril 1918.

Origine et enfance

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Il naît dans la famille von Mirbach, noblesse d’épée rhénane. Son père est Ernst von Mirbach-Harff et sa mère Wilhelmine von Thun-Hohenstein.

Issu d'une riche famille catholique d'aristocrates prussiens, il est un descendant de Johann Wilhelm von Mirbach-Harff (de), fondateur de l'Académie de chevalerie rhénane et de Richard von Vorst-Gudenau (de) son grand-père paternel.

Entre 1908 et 1911, il sert comme conseiller à l'ambassade d'Allemagne de Saint-Pétersbourg[1]. Il est ensuite conseiller politique du commandement militaire allemand à Bucarest. En 1915, Mirbach est ambassadeur d'Allemagne à Athènes, dont il est expulsé en décembre 1916 après la prise du pouvoir par le gouvernement favorable à l'Entente d'Elefthérios Venizélos[2]. Du 16 décembre 1917 au 10 février 1918, il est envoyé en mission extraordinaire à Saint-Pétersbourg, qui aboutit à la signature du traité de Brest-Litovsk, à la suite duquel il est nommé ambassadeur allemand à Moscou en avril 1918[3].

Il est assassiné par Iakov Bloumkine, à la demande du comité central du Parti socialiste-révolutionnaire de gauche, qui a essayé de provoquer la reprise de la guerre avec l'Allemagne[4],[5]. Bloumkine est entré dans la résidence de Mirbach en utilisant des documents falsifiés et a tiré sur sa victime à bout portant.

Loin de remettre en cause le traité de paix avec l'Allemagne, cet acte terroriste confirme l'urgence de parachever les négociations avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, qui aboutissent au Traité de Berlin (27 août 1918) ; toutefois, l'assassinat de Mirbach marque le début de la révolte des socialistes-révolutionnaires de gauche à Moscou en 1918.

Wilhelm v. Mirbach est remplacé par Karl Helfferich comme ambassadeur allemand à la RSFSR. Le Traité de Berlin sera finalement dénoncé à la chute de l'Empire allemand (9-11 novembre 1918).

Notes et références

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  1. Richard Pipes (trad. Jean-Mathieu Luccioni), La Révolution russe, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Connaissance de l'Est », , 866 p. (ISBN 978-2-13-045373-4, OCLC 1023996646), p. 566.
  2. « L'expulsion du comte de Mirbach, ministre d'Allemagne, à Athènes », Le Miroir, no 160,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Richard Pipes, Les Révolutions russes (1905-1917), Perrin 2018, p. 779
  4. Nicolas Werth, Essai sur l'histoire de l'Union soviétique 1914 - 1991, Paris, Perrin, coll. « Tempus », (1re éd. 2019), 476 p. (ISBN 9782262078799)
  5. Léon Trotski, « L'endroit d'où l'on ne revient pas », avril 1936.

Bibliographie

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Liens externes

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