Viverra zibetha
Zibeth (Stricto sensu), Grande civette de l’Inde
Statut CITES
Répartition géographique
- Viverra Zibetha (Linnaeus, 1758) (Protonyme)
- Viverra annulata (G. Fischer, 1814)
- Viverra zibetta (A. G. Desmarest, 1817)
- Civetta zibetha (Muirhead, 1819)
- Viverra undulata (J. E. Gray, 1830)
- Viverra orientalis (B. H. Hodgson, 1841)
- (Viverra) civettoides (B. H. Hodgson, 1842)
- Viverra melanura (B. H. Hodgson, 1842)
- Viverra Melanurus (B. H. Hodgson, 1842)
- Civetta undulata (Lesson, 1842)
- Viverra ashtoni (Swinhoe, 1864)
- Viverra zivetta (A. David, 1871)
- Viverra Filchneri (Matschie, 1908)
- Viverra zibetha picta (Wroughton, 1915)
- Viverra zibetha pruinosa (Wroughton, 1915)
- Viverra zibetha sigillata (H. C. Robinson & Kloss, 1920)
- Viverra zibetha surdaster (O. Thomas, 1927)
- Viverra zibetha ashtoni (Pocock, 1933)
- Viverra zibetha zibetha (Pocock, 1933)
- Viverra zibetha expecta (Colbert & Hooijer, 1953)
- Viverra zibetha expectata (Colbert & Hooljer, 1953)
- Viverra zibetha hainana (Wang Yingxiang & Xu Longhui in Xu Longhui, Liu Zhenhe, Liao Weiping, Li Xiaohui, Yu Simian, Qiu Jinchang, Zhou Yuyuan, Deng Juxie, Guan Guanxun, Liu Jizhen & Yan Kun, 1983)
- Viverra tainguensis (Sokolov, Rozhnov & Trong Pham Anh, 1997)
- Viverra zibetha pruinosus (Wozencraft, 2005)
Le Zibeth (Viverra zibetha) est une espèce de mammifères carnivores de la famille des viverridés. Également désignée sous le nom de Grande civette de l'Inde, en opposition avec « Small Indian civet » (petite civette indienne), ou Viverricula indica [1].
Dénominations
[modifier | modifier le code]- Nom scientifique valide : Viverra zibetha Linneaus, 1758[2] ;
- Nom vernaculaires locaux : thaï :ชะมดแผงหางปล้อง ; lao : ເຫງັນແຜງຫາງກ່ານ[3] ;
- Nom normalisé anglais : Large Indian civet ;
- Nom typique en français : Zibeth (peut s’écrire Zibet) ;
- Noms vulgaires : Grande civette de l’Inde[4], Grande civette indienne ;
- Noms vernaculaires : Civette.
Taxonomie
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Viverra zibetha est le nom scientifique donné au Zibeth par Carl von Linné en 1758 dans son Systema Naturae. Il s’agit d’une des premières espèces de viverridés décrits, autrefois toutes classées dans le genre Viverra[5], genre qu’il conserve toujours dans la taxonomie actuelle.
Plusieurs sous-espèces ont été proposées au cours du temps, mais leur validité reste débattue en raison du manque de données morphologiques et génétiques robustes[6]. Les sous-espèces enregistrées selon ITIS (8 décembre 2025)[7] sont :
- Viverra zibetha zibetha (Linnaeus, 1758)
- Viverra zibetha expectata (Colbert and Hooijer, 1953)
- Viverra zibetha hainana Wang and Xu, 1983
- Viverra zibetha pruinosus (Wroughton, 1917)
- Viverra zibetha sigillata (Robinson and Kloss, 1920)
- Viverra zibetha surdaster (Thomas, 1927)
Description
[modifier | modifier le code]| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 4 | 4 | 2 | 3 | 3 | 2 | 4 | 4 |
| 4 | 4 | 2 | 3 | 3 | 2 | 4 | 4 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 40 | |||||||
| Dentition du Zibeth | |||||||
Comme l’indique son nom vulgaire, il s’agit d’une civette relativement grande, presque certainement la plus grande des espèces du genre Viverra et dépassée en taille parmi les Viverridés seulement par les civette africaines et les binturongs. Sa longueur tête-corps varie de 50 à 95 cm avec une queue longue de 38 à 59 cm. Les pattes postérieures mesurent de 9 à 14,5 cm. Son poids varie de 3,4 à 9,2 kg. Certaines sources, sûrement issues d’individus détenus en captivité, affirment que l’espèce peut atteindre jusqu’à 11 kg[8],[9],[10]. Comparé aux autres civettes, le Zibeth possède une mâchoire plus robuste, avec des incisives plus grandes, des canines plus longues et épaisses mais des prémolaires supérieures plus petites[11].
Le zibeth possède un pelage gris ou fauve et possède une bande dorsale noire allant de l’arrière des épaules à la base de la queue. L’avant du museau présente une zone blanchâtre soulignée de noir de chaque côté. Le menton et le haut de la gorge sont noirâtres. Les côtés et la partie inférieure du cou sont marqués de bandes de rayures noires et d’espaces blancs. La queue comporte un nombre variable d’anneaux noirs et blancs complets. Ses griffes sont rétractiles. Les coussinets sont garnis de poils[12]. Une faible crinière longe le dos jusqu’à la base de la queue et peut se dresser en cas de danger. Les poils sont plus longs chez les populations du nord que chez celles du sud (90 mm en Chine, 70 mm au Népal et 50 mm dans la péninsule Malaise)[11].
-
Zibeth dans le parc national de Namdapha, en Inde.
-
Crâne du zibeth
Répartition et habitat
[modifier | modifier le code]Le zibeth est présent du Népal, du nord-est de l’Inde, du Bhoutan et du Bangladesh jusqu’au Myanmar, à la Thaïlande, dans la péninsule Malaise et à Singapour, puis au Cambodge, au Laos, au Viêt Nam et en Chine[13].
Au Népal, l’espèce a été observée jusqu’à 2 250 m d’altitude en Himalaya[14].
En Chine, la population sauvage a diminué drastiquement de 94 à 99 % depuis les années 1950 à la suite de la déforestation, de la chasse pour le commerce de la fourrure et de l’utilisation de ses glandes à musc en médecine et dans l’industrie du parfum[8]. Dans les années 1990, elle était principalement confinée au nord de la province du Guangdong dans le sud de la Chine, mais n’a pas été observée sur l’île de Hainan lors des inventaires menés entre 1998 et 2008[15].
Écologie et comportement
[modifier | modifier le code]Activité
[modifier | modifier le code]Le zibeth est solitaire, nocturne et principalement terrestre, mais il peut également grimper. Son activité principale se situe en soirée et début de nuit, entre 19h30 et 22h30. Le jour, il se cache dans les hautes herbes ou les buissons denses[11].
Alimentation
[modifier | modifier le code]Le zibeth est omnivore opportuniste et se nourrit de fruits et racines, de petits mammifères, d’oiseaux, d’œufs, de reptiles, de grenouilles, d’insectes, de crabes et de poissons[11].
Reproduction
[modifier | modifier le code]Au moment de la saison des amours, le zibeth ne passe que quelques jours avec son partenaire. Il se reproduit toute l'année et a généralement 2 portées par an. Après environ 60 jours de gestation, la femelle met bas dans l'épaisseur des fourrés ou un creux d'arbre de 1 à 4 petits[16]. À la naissance, ceux-ci sont noirs avec des taches blanches sur les lèvres, les oreilles, la gorge et la queue. Les yeux s’ouvrent après environ dix jours et ils sont allaités pendant environ un mois. Les femelles peuvent avoir deux portées par an[11].
Le zibeth et l’Homme
[modifier | modifier le code]Le Zibeth est chassé principalement pour son musc issu des glandes périnéales, utilisé dans la fabrication de parfums, mais aussi pour sa fourrure.
L’espèce a été mise sur la liste des espèces protégées à Hong Kong à en vertu du Wild Animals Protection Ordinance Cap 170, bien qu’elle n’ait pas été observée à l’état naturel à Hong Kong depuis les années 1970 et soit considérée comme extirpée[17].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Large Indian civet » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Indische Zibetkatze » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Wildlife Institute of India : (en) « Mustelids, Viverrids and Herpestids of India: Species Profile and Conservation Status »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) (en)
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 8 décembre 2025.
- ↑ (en) Parcs nationaux de Thaïlande, « Large Indian Civet », sur thainationalparks.com (consulté le )
- ↑ Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.
- ↑ (en) Linnæus, C., « Viverra Zibetha », Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species,
- ↑ (en) Veron, G.; et al., « Systematics and evolution of the Viverridae », Zoological Journal of the Linnean Society,
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 8 décembre 2025.
- (en) Wozencraft, W. C., « Viverridae », A Guide to the Mammals of China, Princeton, Princeton University Press, , p. 404−414
- ↑ (en) Menon, V., « Indian mammals: a Field Guide », -, Hachette India,
- ↑ (en) Hahn, A., « Zoo and Wild Mammal Formulary », -, John Wiley & Sons,
- (en) Andrew P. Jennings; Geraldine Veron, Family Viverridae (Civets, genets and oyans), Lynx Editions, , 212 p. (ISBN 978-84-96553-49-1)
- ↑ (en) Pocock, R. I., « Viverra zibetha Linnaeus. The Large Indian Civet », The Fauna of British India, including Ceylon and Burma. Mammalia. – Volume 1, London, Taylor and Francis, , p. 346−354
- ↑ UICN, consulté le 2025-12-08.
- ↑ (en) Appel, A.; Werhahn, G.; Acharya, R.; Ghimirey, Y.; Adhikary, B., « Small carnivores in the Annapurna Conservation Area, Nepal », Vertebrate Zoology, vol. 63, no 1, , p. 111–121
- ↑ (en) Lau, M. W. N.; Fellowes, J. R.; Chan, B. P. L., « Carnivores (Mammalia: Carnivora) in South China: a status review with notes on the commercial trade », Mammal Review, vol. 40, no 4, , p. 247–292
- ↑ Jiří Felix (trad. Jean et Renée Karel), Faune d'Asie, Gründ, , 302 p. (ISBN 2-7000-1512-6), Grande civette de l'Inde page 30
- ↑ Shek, C. T., A Field Guide to the Terrestrial Mammals of Hong Kong, Hong Kong, Friends of the Country Parks / Cosmos Books, , 403 p. (ISBN 978-988-211-331-2), p. 281
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Taxinomie:
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Viverra zibetha
- (fr) CITES : taxon Viverra zibetha (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Viverra zibetha Linnaeus, 1758
- (en) Animal Diversity Web : Viverra zibetha
- (en) NCBI : Viverra zibetha (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Viverra zibetha Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (fr + en) CITES : espèce Viverra zibetha Linnaeus, 1758 (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
Autres sites:
- Wildlife Institute of India : Large Indian civet Viverra zibetha Linnaeus, 1758 (en)
