Ꝭ
| is | |
| Graphies | |
|---|---|
| Capitale | Ꝭ |
| Bas de casse | ꝭ |
| Utilisation | |
| Écriture | alphabet latin |
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Ꝭ (minuscule ꝭ), appelé is, ou ꝸ, appelé um, sont des signes abréviatifs de l’alphabet latin. Le ꝭ est principalement utilisé en latin au Moyen Âge comme abréviation de -is et -um ou -us, et a aussi été utilisé dans d’autres langues, par exemple en cornique pour -ys et -es. Le ꝸ a été utilisé comme forme de ꝭ, et le trait diagonal à travers le dernier trait des lettres d, l, m, n, r ou ʀ ou ꝛ, et t : ꝱ, ꝲ, ꝳ, ꝴ, ꝵ ou ꝶ ou ꝝ, et ꝷ ; ou encore à travers le dernier trait des lettres c, f ou g.
Utilisation
[modifier | modifier le code]L’is cornique est utilisé dans un manuscrit du XVIe siècle de Bewnans Ke (en) (La vie de saint Ké), pièce de théâtre du XVe ou XVIe siècle, comme abréviation de -is en latin ou -ys et -es en cornique[1].

Selon Alphonse Chassant, en latin, le signe « sert à marquer la terminaison is et se lie à plusieurs lettres, et notamment aux c, g, r, t, avec lesquels, il produit les désinences cis, gis, ris, tis. Ce petit signe se rencontre spécialement dans les impressions gothiques. Il remplaçait par sa forme concise le trait que faisaient les scribes à la suite des lettres [...] désignées, et qui avait la même signification. »[2]
W. M. Lindsay indique que le manuscrit Vat. 5763 du VIIIe siècle utilise le c avec un trait diagonale dans la partie inférieure du c pour -cum, par exempel dans locum[3].
Le signe a aussi été utilisé avec la lettre de voyelle o, par exemple oꝭ pour omnis au XVe siècle[4],[5].
Charles Trice Martin, en 1892 et en 1910, ainsi qu’Adriano Capelli, en 1928, répertorient plusieurs abréviations latines comportant le signe ꝭ[6],[7].
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« Uñ legit̃ Actꝭ » dans Henricus de Vrimaria, Opus sermonum exactissimorum de sanctis, per excellentem, 1513
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« regꝭ » dans William Rastell, A collection of entrees, 1596.
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Texte avec « iniuſtꝭ » dans une Bible de c. 1502.
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« 2 fl.6 ß.14.dꝭ. » (2 florins, 6 schillings, 14 pfennige) dans H. Schreiber, Rechenbüchlin, 1572.
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Le signe ꝭ dans fꝭ et cꝭ dans un livre allemand d’arithmétique de Neudörffer publié en 1627.
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« ⹒CꝬ » (« etc. ») dans un texte en toutes majuscules dans le manuscrit BSB Clm 294 produit à Rome en 1483.
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INCIPIT FELICITꝬ (incipit feliciter) dans le manuscript BSB Clm 69 produit à Florence en 1465.
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DiocꝬ (Diocesis) dans le manuscrit Céret, Archives municipales, AA 1* du XVIe siècle.
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dyocꝭ. (dyocesis) dans Speculum Guilhelmi duranti imprimé en 1474.


Le signe ꝭ a été utilisé en allemand dans plusieurs symboles de poids et mesures ou symboles monétaires, par exemple fꝭ pour le florin, gꝭ pour le groschen, Cꝭ ou cꝭ pour le centner[8],[9],[10], kꝭ pour le kreuzer. Dans certains cas, les symboles se sont fossilisés en signes distincts, par exemple dꝭ avec ₰ pour le pfennig (du latin denario) ou mꝭ (ou mꝸ) avec ₻ pour le mark. En mathématique, le mot gleich est parfois utilisé au XVe siècle pour l’égalité (comme le signe égal) et est abrévié en gꝭ[11].
En français, le ꝭ a été utilisé comme signe abréviatif générique, par exemple pour fꝭ pour francs, toutꝭ pour toutes[12].
Um
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| Um | |
| ꝸ | |
| Graphies | |
|---|---|
| Bas de casse | ꝸ |
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Le signe abréviatif is a parfois une forme plus complexe, ꝸ[13], appelée um dans Unicode. Elle n’est pas à confondre avec le S barré diagonalement ‹ , › ou le S barré obliquement ‹ Ꞩ, ꞩ ›.
Le signe ꝸ est utilisé au cours du Moyen Âge dans des textes latins, s’attachant à une lettre b, d, l, m, n, r[14], ou encore c ou t, comme abréviation pour -um et -us[15],[16],[17] comme dans ductibꝸ aquarꝸ (ductibus aquarum, « aux cours d’eau »), ou -un- comme dans volꝸtas (voluntas, « volonté »), mꝸdum (mundum, « monde »), utrꝸqꝫ (utrumque, « tous les deux »)[18], ou en portugais pour -os comme dans cubꝸ (cubos, « cubes »)[19].
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eẽt minꝸ (esset minus) dans le Codex 74 de Cologne.
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dicimꝸ dans le Codex 115 de Cologne.
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Facsimile de accꝸ (accipe) dans Cappelli 1901.
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Facsimile de vtꝛꝸqꝫ (utrumque) dans Cappelli 1901.
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Facsimile de tꝸ (et caetera) dans Cappelli 1901.
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Facsimile de tꝸ (tertiolorum) dans Cappelli 1901.
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factoꝛꝸ (factorum) et dictoꝛꝸ (dictorus) dans un manuscrit du XIIe siècle.
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alioꝛꝸꝙ quoꝛꝸdã doctoꝛꝸ (aliorumque quorumdam doctorum) dans un manuscrit du XIIe siècle.
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Carta de fundação da igreja de Lardosa, 882 avec bꝸ et mꝸ.
Représentations informatiques
[modifier | modifier le code]Le is peut être représenté avec les caractères Unicode (latin étendu D) suivants :
| formes | représentations | chaînes de caractères |
points de code | descriptions |
|---|---|---|---|---|
| capitale | Ꝭ | Ꝭ | U+A76C |
lettre majuscule latine is |
| minuscule | ꝭ | ꝭ | U+A76D |
lettre minuscule latine is |
| minuscule | ꝸ | ꝸ | U+A778 |
lettre minuscule latine um |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Everson et al. 2006.
- ↑ Chassant 1884, p. xxxvi.
- ↑ Lindsay 1908, p. 50.
- ↑ Pluta 2020, p. 13.
- ↑ Walther 1756, tab. CXX.
- ↑ Martin 1910.
- ↑ Cappelli 1928a.
- ↑ Lambeck 1701, p. 16.
- ↑ Hemeling 1753, p. 78.
- ↑ von Clausberg 1795.
- ↑ Nebe 1674.
- ↑ Anonyme 1501.
- ↑ Cappelli 1928a, p. xii.
- ↑ (es) Luis Núñez Contreras, Manual de paleografía : fundamentos e historia de la escritura latina hasta el siglo VIII, Catedra, , p. 112
- ↑ Lindsay 1915, p. 498.
- ↑ Foerster 1916, p. 106-107.
- ↑ Wattenbach 1886, p. 70.
- ↑ Cappelli 1928a, p. 399.
- ↑ Everson 2006, p. 7.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Anonyme, Liure de Chiffres [et] de getz nouuelleme[n]t imprime, Lyon, Mareschal & Chaussard, (lire en ligne)
- [Cappelli 1928a] (it) Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latini ed italiani, Milan, (lire en ligne)
- [Cappelli 1928b] (de) Adriano Cappelli, Lexicon abbreviaturarum, Leipzig, J. J. Weber, (lire en ligne)
- Alphonse Chassant, Dictionnaire des abréviations latines et francaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les manuscrits et les chartes du moyen âge, Paris, Martin, (lire en ligne)
- (en) Olaf Pluta, « Abbreviations », dans Frank T. Coulson, Robert G. Babcock, The Oxford Handbook of Latin Paleography, New york, Oxford University Press, , p. 9-24
- (en) Michael Everson (directeur), Peter Baker, António Emiliano, Florian Grammel, Odd Einar Haugen, Diana Luft, Susana Pedro, Gerd Schumacher et Andreas Stötzner, Proposal to add medievalist characters to the UCS, (lire en ligne)
- (en) Hans Foerster, Die Abkürzungen in den Kölner Handschriften der Karolingerzeit, Tübingen, H. Laupp jr., (lire en ligne)
- (en) Charles Johnson et Hilary Jenkinson, English court hand, A.D. 1066 to 1500 : illustrated chiefly from the public records, Oxford, Clarendon Press, (lire en ligne)
- (de) Heino Lambeck, Wolgegründetes Rechen-Buch, Hamburg, Völcker, , p. 16
- (en) W. M. Lindsay, Contractions in early Latin minuscule MSS, Oxford, Parker, (lire en ligne)
- (en) W. M. Lindsay, Notae Latinae : An account of abbreviation in Latin MSS. of the early minuscule period (c. 700-850), Cambridge, University Press, (lire en ligne)
- (de) Johann Hemeling, Neu vermehrter vollkommener Rechenmeister, Oder Selbst-lehrendes Rechen-Buch, Wolfenbüttel, Meißner, 1753 [1653] (lire en ligne), p. 78
- (en) Charles Trice Martin, The record interpreter: A collection of abbreviations, Latin words and names used in English historical manuscripts and records, London, Reeves and Turner, (lire en ligne)
- (en) Charles Trice Martin, The record interpreter: A collection of abbreviations, Latin words and names used in English historical manuscripts and records, London, Stevens and Sons, , 2e éd. (lire en ligne)
- (de) Georgius Nebe, Nucleus Arithmeticae, Oder Ein Körn-Rechne-Büchlein, Brieg, Jacob, (lire en ligne)
- (de) Christlieb von Clausberg, C. von Clausbergs Demonstrative Rechenkunst, Leipzig, Breitkopf, (lire en ligne)
- (la) Johann Ludolph Walther, Lexicon diplomaticum, abbreviationes syllabarum et vocum in diplomatibus et codicibus a seculo VIII. ad XVI., Ulmae, Sumptibus Gaumianis, (Archive.org, ULB Düsseldorf, MDZ)
- (de) Wilhelm Wattenbach, Anleitung zur Lateinischen Palaeographie, Leipzig, Verlag von S. Hirzel, , 4e éd. (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Letter forms and abbreviations - The University of Nottingham », sur www.nottingham.ac.uk (consulté le )