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Aaron Siskind

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Aaron Siskind
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Naissance
Décès
Nationalité
Américaine
Activité
Formation
Mouvement
Photographie abstraite, expressionnisme abstrait
Distinction

Aaron Siskind (, New York, Providence) est un photographe américain.

Aaron Siskind est diplômé du City College of New York en 1926 et enseigne l'anglais dans les écoles publiques de New York jusqu'aux années 1940[1].

Il commence la photographie en 1930, lors d'un voyage aux Bermudes. En 1932, il rejoint la Photo League de New York, où il réalise des séries documentaires sociales, dont Harlem Document (1937-1940), étude sur la vie dans le quartier de Harlem[2].

À partir des années 1940, son travail évolue vers l'abstraction : il photographie des détails de surfaces — murs écaillés, graffiti, textures de peinture, bitume craquelé — traités comme des formes autonomes, planes et graphiques, indépendantes du sujet originel. Cette évolution coïncide avec l'émergence de l'expressionnisme abstrait ; Siskind entretient des liens avec des peintres comme Franz Kline et Willem de Kooning[3].

Il enseigne la photographie au Black Mountain College (1950-1951), à l'Illinois Institute of Technology (1951-1981) et à la Rhode Island School of Design (1971-1976)[4].

Les photographies d'Aaron Siskind des années 1940-1960 transforment des éléments du quotidien urbain ou naturel — peintures écaillées, graffiti, murs fissurés, algues sur le sable — en compositions abstraites, souvent rapprochées de la peinture gestuelle. Parmi ses séries notables figurent Chicago (années 1950), Pleasures and Terrors of Levitation (plongeurs traités comme formes suspendues) et des travaux réalisés à Martha's Vineyard[5].

Son approche remet en cause la représentation réaliste et explore ce qu'il nomme lui-même une « autre réalité photographique », où l'image devient un objet autonome[6].

Réception critique

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L'œuvre de Siskind a été discutée en termes de rupture avec la photographie documentaire au profit de l'abstraction formelle. Plusieurs critiques ont souligné la proximité de son travail avec la peinture gestuelle de l'expressionnisme abstrait et son rôle dans l'élargissement du champ du médium photographique[7],[8].

D'autres observateurs ont relevé les limites d'un formalisme prononcé : la réduction systématique de l'image à une surface plane prive parfois le cliché de sa profondeur spatiale et de sa vocation documentaire, soulevant la question d'une tension entre abstraction et engagement social, sensible au regard de son parcours à la Photo League[9].

Expositions et collections

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Ses œuvres figurent dans les collections du Museum of Modern Art, du J. Paul Getty Museum, du Whitney Museum, du Center for Creative Photography et de la Tate. Une rétrospective se tient à Montpellier en 2014[7].

Le centenaire de sa naissance (2003-2004) donne lieu à des expositions dans une douzaine d'institutions américaines[8].

Notes et références

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  1. (en) « Aaron Siskind », sur Museum of Modern Art (consulté le )
  2. (en) « Aaron Siskind », sur International Center of Photography (consulté le )
  3. (en) « Aaron Siskind », sur Whitney Museum of American Art (consulté le )
  4. (en) « Aaron Siskind », sur Center for Creative Photography (consulté le )
  5. (en) « Aaron Siskind », sur J. Paul Getty Museum (consulté le )
  6. « Aaron Siskind, photographe du paysage intérieur », Le Monde, (consulté le )
  7. a et b « Aaron Siskind : "L'autre réalité photographique" de l'Amérique », sur Franceinfo, (consulté le )
  8. a et b (en) « Aaron Siskind », sur All About Photo (consulté le )
  9. (en) « Letters », sur Artforum (consulté le )

Liens externes

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