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Akata Warrior

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Akata Warrior
Auteur Nnedi Okorafor
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Fantasy
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Akata Warrior
Éditeur Viking Press
Lieu de parution New York
Date de parution
Nombre de pages 477
ISBN 978-0-670-78561-2
Version française
Traducteur Anne Cohen Beucher
Éditeur L'École des loisirs
Collection Médium +
Lieu de parution Paris
Date de parution
Type de média Livre papier
Nombre de pages 544
ISBN 978-2-211-31014-7
Chronologie
Série Akata

Akata Warrior (titre original : Akata Warrior) est un roman de fantasy de l’écrivaine nigériano-américaine Nnedi Okorafor, publié en 2017 puis traduit en français et publié en 2020. Deuxième tome de la série de la série Akata (Nsibidi Scripts), après Akata Witch (2011), il poursuit les aventures de Sunny Nwazue, adolescente née aux États-Unis et vivant au Nigeria, qui découvre son appartenance au peuple magique des Léopards. Récompensé par le prix Locus du meilleur roman pour jeunes adultes 2018 et le prix Lodestar du meilleur livre pour jeunes adultes 2018, Akata Warrior reçoit un accueil critique favorable pour son originalité et sa portée sociale.

Le récit reprend un an après les événements de Akata Witch. Sunny Nwazue, treize ans, vit à la fois son quotidien scolaire et son initiation magique dans la société secrète des Léopards, tout en dissimulant cette double vie à sa famille, non-magique[1]. Avec ses compagnons Orlu, Chichi et Sasha, elle forme un coven chargé d’affronter de nouvelles menaces surnaturelles[2].

Au début du roman, l’esprit maléfique Ekwensu, vaincu dans le volume précédent, réapparaît et brise le lien de Sunny avec son double spirituel, Anyanwu, ce qui met sa vie en danger[3]. Guidée par des visions prophétiques et par son mentor Sugar Cream, Sunny découvre que son destin est lié à une apocalypse imminente[4]. Pour rétablir son union avec Anyanwu et empêcher la destruction du monde, Sunny et ses amis doivent trouver Udide, un esprit-araignée géant, afin qu’il leur tisse une créature magique, le grasscutter volant, capable de les transporter jusqu’à la cité spirituelle d’Osisi[1],[3].

Leur périple les conduit à traverser Lagos et à rencontrer divers dangers, y compris des membres de sociétés secrètes violentes qui menacent le frère aîné de Sunny[5],[6]. Malgré son jeune âge et les discriminations liées à son albinisme, Sunny apprend à assumer son rôle de guerrière et affronte Ekwensu dans un combat décisif[2].

Comme Akata Witch, ce second tome explore la construction identitaire d’une adolescente prise entre plusieurs mondes : celui des personnes non-magiques, celui des Léopards, et sa propre condition d’albinos et de biculturelle nigériano-américaine[1]. Le terme péjoratif « akata », utilisé pour désigner Sunny, souligne sa position d’altérité dans la société nigériane, où l’albinisme est souvent associé à la sorcellerie[7]. Nnedi Okorafor intègre ces réalités sociales et les relie à la magie, faisant de la différence de Sunny une source de pouvoir mais aussi de stigmatisation[1],[4].

Le roman s’inscrit dans une dynamique de récit initiatique : Sunny apprend la loyauté, le courage et la responsabilité, tout en restant confrontée aux incertitudes de l’adolescence[4],[5]. L’ouvrage introduit également des critiques sociales précises sur la corruption policière, la violence des fraternités étudiantes, ou encore la marginalisation des personnes atteintes d’albinisme[5],[6]. La présence de son frère dans une société secrète sert notamment à dénoncer la réalité des fraternités criminelles au Nigeria[6].

Sur le plan stylistique, Okorafor mêle plusieurs registres de langues, en intégrant des onomatopées, des références à la culture populaire, tout en mobilisant les mythes et légendes d’Afrique de l’Ouest[3],[7]. L’introduction du dieu-araignée Udide illustre cette volonté de revisiter des figures mythologiques africaines en les adaptant à un récit de fantasy contemporain[6].

Les critiques soulignent l’originalité de cette approche, qui s’oppose aux conventions de la fantasy occidentale centrée sur les mythologies européennes[1]. Akata Warrior est ainsi considéré comme une contribution marquante à la diversification des imaginaires dans la littérature jeunesse[8].

Akata Warrior est publié en 2017 par Viking Children’s Books (label de Penguin Random House)[4]. Il constitue le deuxième tome de la série Akata (Nsibidi Scripts), et est suivi par Akata Woman ()[6].

Le roman reçoit des critiques majoritairement positives. La presse spécialisée salue son inventivité, sa richesse culturelle et son ancrage dans le Nigeria contemporain[2],[3]. Kirkus Reviews note l’équilibre entre les éléments de fantasy et la réalité sociale, et relève quelques longueurs[7]. The Horn Book Magazine met en avant la profondeur du personnage principal et l’originalité de l’intrigue[2]. La revue School Library Journal le qualifie de « fantasy magnifiquement écrite » pour la construction de son univers imaginaire[3]. Pour OkayAfrica, le roman illustre la capacité d’Okorafor à combiner culture, histoire et imaginaire[8].

En , Akata Warrior remporte le prix Locus du meilleur roman pour jeunes adultes et le prix Lodestar du meilleur livre pour jeunes adultes[9],[10]. Il est traduit en français par Anne Cohen Beucher en , chez L'École des loisirs[11].

Postérité

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Le roman apparaît en 2025 dans la série télévisée américaine Forever, produite par Netflix, où il est présenté comme une lecture formatrice pour une héroïne afro-américaine[12]. Cette intégration est interprétée comme une mise en valeur du livre comme une « part of a Black girl intellectual canon » (« partie intégrante du canon intellectuel des filles noires »)[12].

Prix et distinctions

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Notes et références

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  1. a b c d et e (en) Cait Caffrey, « Akata Warrior », Critical Survey of Young Adult Literature: Plot Summaries,‎ , p. 1-2
  2. a b c et d (en) Anita L. Burkam, « Akata Warrior », Horn Book Magazine, vol. 93, no 5,‎ , p. 104 (ISSN 0018-5078)
  3. a b c d et e (en) Sharon Rawlins, « Akata Warrior », School Library Journal, vol. 63, no 9,‎ , p. 135 (ISSN 0362-8930)
  4. a b c et d (en) Melanie Kirkwood, « Akata Warrior by Nnedi Okorafor », Bulletin of the Center for Children's Books, vol. 71, no 3,‎ , p. 127–127 (ISSN 1558-6766, DOI 10.1353/bcc.2017.0798, lire en ligne, consulté le )
  5. a b et c (en-US) « Gary K. Wolfe reviews Akata Warrior by Nnedi Okorafor », Locus Online,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  6. a b c d et e (en) « So Much More Than Nigerian Harry Potter: On Nnedi Okorafor’s “Akata Woman” », Los Angeles Review of Books,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  7. a b et c (en) « Akata Warrior », Kirkus Reviews, vol. 85, no 15,‎ , p. 127 (ISSN 1948-7428, lire en ligne Accès libre)
  8. a et b (en-US) Antoinette Isama, « Nnedi Okorafor's New Novel 'Akata Warrior' Just Released Today—And a Third Is In the Works | OkayAfrica », OkayAfrica,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  9. « La mort de l'auteur : entre identité et technologie, Nnedi Okorafor réinvente la SF », ActuaLitté,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  10. (en) Rey Rowland, « The Dragon’s Gold: 20 of the Best Award-Winning Fantasy Books », Bookriot,‎ (lire en ligne Accès libre)
  11. « Akata Warrior » sur le site NooSFere (consulté le ).
  12. a et b (en) Ainehi Edoro, « Nnedi Okorafor’s Akata Warrior Spotted in Netflix’s Teen Drama Forever », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)
  13. (en-US) « 2018 Hugo Awards » Accès libre, sur The Hugo Award, (consulté le )
  14. (en) Kuhelika Ghosh, « Nnedi Okorafor Wins the 2023 Lodestar Award for Akata Woman », Brittle Paper,‎ (lire en ligne Accès libre)

Liens externes

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