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Akhtenskite

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Akhtenskite
Catégorie IV : oxydes et hydroxydes[1]
Image illustrative de l’article Akhtenskite
Cristaux semi-métalliques prismatiques d'akhtenskite, provenant de la localité type du gisement de fer d'Akhtenskoe, en Russie.
Général
Symbole IMA Akh
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique ε-Mn4+O2
Identification
Couleur gris clair à noir
Système cristallin hexagonal
Classe cristalline et groupe d'espace 6/mmm (6/m 2/m 2/m) - Dihexagonal dipyramidal

P63/mmc

Clivage net/bon sur {001}
Habitus cristaux microscopiques, feuilletés à lamellaires sur {001}, en agrégats parallèles, parfois en rangées à 120°, probablement dus au remplacement d’un minéral hexagonal antérieur ; agrégats polycristallins feuilletés.
Trait noir
Propriétés optiques
Biréfringence uniaxe
Transparence opaque
Propriétés chimiques
Densité 4,78

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'akhtenskite est un minéral très rare, constitué d'oxyde de manganèse MnO2. On la trouve sous la forme de cristaux microscopiques de structure hexagonale gris à noirs, feuilletés à lamellaires, en agrégats parallèles[2].

L'akhtenskite est nommée d'après sa localité type en Russie, le gisement de fer d'Akhtenskoye situé sur la commune de Magnitka (district de Kosinsky (en), oblast de Tcheliabinsk)[3]. Elle y a été trouvée associée à la cryptomélane, la goethite, la nsutite (en), la pyrolusite et la todorokite (en)[4].

Décrite en 1979[5], l'akhtenskite est approuvée par l'IMA en 1982 qui lui attribue le symbole Akh[6]. Elle est l'analogue naturel d'un oxyde de synthèse produit par les chimistes russes Kondrashev et Zalslavkyi en 1951, qu'ils ont nommé ε-MnO2[5].

De masse molaire de 86,94 g/mole, elle est composée à 100 % d'oxyde de manganèse MnO2. Les deux éléments se répartissent à 63,19 % pour le manganèse et à 36,81 % pour l'oxygène[7].

Du fait de son oxydation, elle a des propriétés catalytiques qui peut être utilisées dans des réactions chimiques. L'akhtensite synthétique couplée à la goethite peut être utilisée pour éliminer l’arsenic[8].

L’akhtenskite est un polymorphe de la pyrolusite et de la ramsdellite et membre du groupe de la ramsdellite, avec cette dernière, la nsutite et la paramontroséite.

Classification

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Dans la classification de Strunz, le minéral est classé sous la cote 4.DB.15b, où il est identifié comme un oxyde, aux côtés des hydroxydes, vanadates, arsénites, antimonites, bismuthites, sulfites, sélénites, tellurites et iodates. Ce groupe se caractérise par la présence de cations de taille moyenne et une structure de maille qui présente des chaînes d'octaèdres à arêtes partagées. Dans la classification de Dana, il est classé sous la référence 4.4.10.1 en tant qu'oxyde simple de forme AX2 où « A » représente un cation ; « X », un anion, et l'indice de 2 indique qu'il y a deux anions pour chaque cation.

Formation et gisements

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L’akhtenskite est un minéral secondaire d'altération et/ou de métamorphisme élevés des gisements de Ba/Mn/Pb/Zn (mode paragénétique 32). La formation a commencé au stade paragénétique 5, à savoir après le début de la tectonique des plaques entre 3,5 et 2,5 milliards d'années dans des nodules de manganèse des fonds marins (mode 42) — concrétions énigmatiques riches en manganèse et en fer, avec une teneur significative en nickel, cuivre et cobalt, qui forment des gisements étendus sur certaines régions du plancher océanique — ou au stade 7 lors de la Grande Oxydation à partir de 2,4 milliards d'années qui a permis l'oxydation et la déshydratation de minéraux près de la surface (mode 47h)[2].

Elle a probablement une origine biotique dans la localité type (le gisement d'Akhtensk). Elle s'y trouve dans des mélanges de « psilomélane » avec d'autres oxydes de manganèse du gisement d'oxyde de fer, probablement altérés par des bactéries à partir d'un minéral précédent, dans des incrustations de minéraux de ferromanganèse sur des fonds océaniques.

La base de données minéralogiques Mindat.org recense en 2025, neuf gisements dans le monde. Deux en Russie, 4 en Europe centrale (Roumanie et Hongrie), 1 en Chine et 2 au Japon[2].

Notes et références

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  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. a b et c (en) « Akhtenskite », sur Mindat.org (consulté le )
  3. (de) « Mineralienatlas - Fossilienatlas », sur Mineralienatlas (consulté le )
  4. (en) « Akhtenskite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  5. a et b (en) F. V. Chukhrov, A. I. Gorshkov, A. V. Sivtsov et V. V. Berezovskaya, « AKHTENSKITE—THE NATURAL ANALOG OF ε-MnO2 », International Geology Review, vol. 31, no 10,‎ , p. 1068–1072 (ISSN 0020-6814 et 1938-2839, DOI 10.1080/00206818909465960, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  7. (en) « Akhtenskite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  8. (en) Yu-Jen Shih, Re-Lin Huang et Yao-Hui Huang, « Adsorptive removal of arsenic using a novel akhtenskite coated waste goethite », Journal of Cleaner Production, vol. 87,‎ , p. 897–905 (ISSN 0959-6526, DOI 10.1016/j.jclepro.2014.10.065, résumé)

Liens externes

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