Paul Albert Besnard est le fils de Louis Adolphe Ferdinand Besnard[1], peintre d'histoire élève d'Ingres, et de Marie Louise Pauline Vaillant[1], miniaturiste réputée, élève de Lizinska de Mirbel.
En 1874, il remporte le grand prix de Rome avec sa composition La Mort de Timophane, tyran de Corinthe. Il rencontre Franz Liszt au cours de son séjour romain à la villa Médicis[6] et son condisciple, le compositeur André Wormser, dont il fait le portrait en 1877[7].
Albert Besnard expose à la Biennale de Venise de 1909. En 1910, il part avec sa femme, Charlotte Gabrielle Dubray[1], et deux de ses fils pour un voyage de neuf mois aux Indes (Ceylan, Inde du Sud, Pondichéry, Rajasthan, Bombay)[9] dont il reviendra avec de nombreux croquis, esquisses et projets, et qu'il narre dans son ouvrage L'Homme en rose.
Il meurt le 4 décembre 1934 au soir en son domicile 17 rue Guillaume Tell à Paris 17e, d'une longue maladie, veuf, mais entouré de sa famille et de ses amis[10].
Au Salon de 1886, son portrait de Madame Roger Jourdain[11] annonce les caractéristiques de son art, influencé par l'impressionnisme tempéré par une technique proche de celle d'un Carolus-Duran. En 1887, il présente Femme devant un feu de cheminée dont la version au pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs.
Il exécute certains de ses portraits au pastel, comme Liseuse et Le Silence conservés au musée des Beaux-Arts de Reims. D'une facture sobre, ces portraits témoignent de l'influence des artistes du XVIIIe siècle sur Albert Besnard, tels que Rosalba Carriera et Jean-Siméon Chardin. De plus, Besnard s'attache à mettre en valeur la psychologie de ses modèles[12].
Il réalise aussi des décors à l'étranger : en 1908, il peint Union de l'Autriche-Hongrie et de la France à l'ambassade de France à Vienne (Autriche), et en 1914, La Paix par l'arbitrage pour la salle de Justice du Palais de la Paix à La Haye.
Son œuvre gravé compte plus de deux cents eaux-fortes dont certaines, sous forme de séries, sont restées célèbres : La Femme, Elle, L'Affaire Clemenceau, L’Île Heureuse, Les Petites Voluptés, etc.
Deux catalogues en ont été faits de son vivant, l'un par son ami André-Charles Coppier, le second par Louis Godefroy (chez Loÿs Delteil).
Besnard préside la Société internationale de la gravure originale en noir dont Raphaël-Schwartz devient le secrétaire général à partir de , où l’on croise également Auguste Lepère, Anders Zorn et Francis Picabia comme vice-présidents, et où tous ces artistes exposent régulièrement leurs travaux gravés[14].
L'état civil et les registres paroissiaux situent le berceau de la famille Besnard à Courtomer, petit village des environs de Sées. Ses ancêtres exercent l'activité de marchands, puis de négociants et migrent au milieu du XVIIIe siècle à Sées, avant de s'installer à Paris au début du Premier Empire[17]. Par sa grand-mère paternelle, Albert Besnard est lié à la famille de Ferdinand Gannal (1703-1775), sculpteur à Sarrelouis[18], et de Jean-Nicolas Gannal, inventeur de la méthode moderne de la thanatopraxie.
Selon l'état civil, il est le père de :
Louis Besnard (1873-1962), peintre, né avant son mariage d'une relation avec Ernestine Aubourg, décrite par Maupassant comme « la belle Ernestine »[19] ;
Germaine Besnard (1884-1975), sculptrice, mariée en premières noces au peintre Marius Avy (portrait au pastel par Besnard) et en secondes noces à l'architecte Stéphane Dessauer ;
Philippe Besnard (1885-1971), sculpteur, marié à Germaine Blavier, née Desgranges (1892-1974), fille du peintre Félix Desgranges, sculptrice ;
Jean Besnard (1889-1958), céramiste d'art, marié à Renée Baudry, belle-sœur de Paul Daum (1888-1944) maître verrier.
L'Excursion botanique, L'Excursion géologique, Le Cours de chimie, Le Cours de physiologie, 1888, panneaux décoratifs pour le vestibule d'honneur de l'École de pharmacie de Paris
La Leçon de botanique. La Promenade botanique (esquisse), vers 1885, huile sur toile, 59 × 81 cm, Paris, musée d'Orsay[29]
Femme nue couchée et Femme nue aux bras croisés, 1895, deux pendants, encre de chine et pastel/papier rectangulaire surmonté d'un demi-cercle, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin
Les Cygnes sur le Lac d'Annecy, 1890, carton de Besnard pour la verrière réalisée par Henri Carot, destinée au vestibule de l'hôtel particulier parisien du peintre Henry Lerolle au 20 avenue Duquesne. Paris, musée d'Orsay
Les Paons, 1895, carton transcrit par Carot à la forme d'une baie cintrée dans des dimensions supérieures à celle de l'École de pharmacie, exposée au Salon des dissidents de 1895. Musée des arts décoratifs de Paris
↑ ab et c« Acte de décès », sur archives.paris.fr (consulté le ), p. 8
↑Son inscription fait l'objet d'un quiproquo : l'École l'a enregistré à tort sous le nom de « Bénard », et une note du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts de novembre 1867 s'étonne que l'élève signe « A. Besnard ».
↑Ernestine Aubourg, est une personnalité forte qui reçoit dans son auberge Alexandre Dumas, Jacques Offenbach ou la reine d'Espagne. Elle décrite par Maupassant en 1882 dans une nouvelle éponyme comme : « C’est une forte fille, mûre maintenant, belle encore, d’une beauté puissante et simple, une fille des champs, une fille de la terre, une paysanne vigoureuse. Le front et le nez superbes, le front droit, tourné comme un front de statue, le nez continuant la ligne droite qui part des cheveux, rappellent les Vénus, bien qu’ils soient jetés, comme par mégarde, sur une tête à la Rubens. Car toute cette fille semble Flamande, par sa carnation, sa structure, son rire osé, sa bouche forte, bien ouverte. C’est une de ces servantes charnues et saines qu’on a vues danser dans les kermesses du grand peintre. »
↑Millet, Rousseau, Daumier: chefs-d'oeuvre de la donation d'arts graphiques d'Henry Vasnier, Somogy Éd. d'Art, (ISBN978-2-85056-529-8), p.48-50
↑Actuellement amphitéâtre Oury. La toile est intitulée La Vie renaissant de la mort.
↑« Raphaël-Schwartz », notice dans Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, Arts et métiers graphiques/Flammarion, 1985, p. 273.
Georges Lecomte, Albert Besnard, préface de Gustave Geffroy, Paris, Nilsson, 1925.
Louis Godefroy, Le Peintre-Graveur illustré - Albert Besnard – Tome III de la série de Loÿs Delteil, Paris, Chez l’auteur, 1926.
René Benjamin, « Albert Besnard, peintre-roi », dans La Revue universelle, Tome XXXVIII. N°8, 15 juillet 1929.
Jean-Louis Vaudoyer, Albert Besnard Fauteuil XIII, Paris, Félix Alcan, 1933.
Jean Adhémar (1908-1987), catalogue de l'exposition organisée à la Bibliothèque Nationale en 1949, à l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste : Albert Besnard : l'œuvre gravé, peintures, dessins, pastels.
Benoît Noël, « Roger Jourdain, un maire de Rueil-Malmaison atypique », dans Bulletin de la Société historique de Rueil-Malmaison, no 26, .
À propos du portrait d'Henriette Jourdain par Albert Besnard.
Benoît Noël et Jean Hournon, Les Arts en Seine, le paradis des peintres, Les Presses Franciliennes, Paris, 2004.
À propos d'Albert Besnard canotier, en compagnie de Guy de Maupassant.
Benoît Noël, « Sept moments de la vie de Roger Jourdain », dans Le Pays d’Auge, no 3, mai-.
À propos du portrait d'Henriette Jourdain par Albert Besnard.
Benoît Noël et Jean Hournon, Parisiana - La Capitale des peintres au XIXe siècle, Les Presses Franciliennes, Paris, 2006.
À propos du portrait d'Henriette Jourdain par Albert Besnard.
Chantal Beauvalot et al. : Albert Besnard 1849-1934, catalogue de l’exposition du musée Eugène-Boudin de Honfleur, 2008.
John Singer Sargent le représente au milieu de sa famille en 1885 dans un tableau intitulé Fête familiale, Minneaplois Institute of Arts. The Ethel Morrisson Van Derlip and The John R. Van Derlip Funds.
Le graveur Albert Herbemont (1874-1953), président de la Société des artistes médailleurs, a gravé de lui en 1930 une médaille commémorative en bronze (voir en ligne).