Alcalose

L’alcalose est un trouble de l'équilibre acido-basique, désignant un état pathologique dû à une hausse du pH du sang, qui devient supérieur à la normale et donc basique (par opposition à l'acidose, liée à une baisse du pH du sang).
Il est particulièrement connu en médecine vétérinaire car il touche notamment les ruminants, entraînant une augmentation du potentiel hydrogène du rumen et une météorisation.
Cause
[modifier | modifier le code]L’alcalose résulte d’une accumulation dans le rumen d’azote soluble, liée à la consommation massive d’aliments qui en sont riches comme l’herbe jeune au printemps, les légumineuses, les crucifères, les ensilages d’herbe pauvre en matière sèche et les pailles traitées qui n’ont pas fixé l’ammoniac[1].
Cet azote est transformé en ammoniac lors des fermentations réalisées par les bactéries du rumen. Mais s’il est en trop grande quantité, il ne pourra pas être utilisé intégralement par les bactéries du rumen pour la fabrication de leurs protéines, en particulier si la ration est pauvre en énergie. L’ammoniac excédentaire passe dans le sang, où sa teneur est régulée par l’action du foie qui le transforme en urée avant qu’il ne soit évacué dans les urines. Les troubles apparaissent lorsque le foie est débordé, auquel cas l’animal développe une alcalose sanguine qui déséquilibre son métabolisme[1].
Symptômes
[modifier | modifier le code]Les symptômes peuvent évoluer très rapidement, et conduire à la mort de l’animal de manière foudroyante. L’animal commence par météoriser un peu. Il présente une diarrhée vert foncé ou noire. L’alcalose sanguine se traduit par des signes de malaise : tremblements de tête et des oreilles, salivation excessive et respiration rapide, et évolue rapidement vers la mort de l’animal[1].
Intoxication à l’urée
[modifier | modifier le code]L’intoxication à l’urée est une forme particulière d’alcalose, qui est encore plus foudroyante que la précédente. Elle est également susceptible d’engendrer une carence en vitamine B1 qui se manifeste par des troubles nerveux et une excitation anormale[1].
Prophylaxie
[modifier | modifier le code]La prévention de la maladie passe essentiellement par la gestion de l’alimentation des animaux. Il faut surveiller que l’équilibre entre azote et énergie est bien respecté, et éviter certains aliments comme l’urée ou le pâturage de prairies constituées uniquement de légumineuses[1].
Traitement
[modifier | modifier le code]L’alcalose peut se traiter par ingestion de vinaigre, riche en acide acétique, additionné de l'emploi d’hépatoprotecteurs[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- [1925] René Goiffon (d), L'augmentation de l'élimination des acides organiques urinaires dans l'alcalose, Paris, Masson & Cie, , 16 p., in-8o (OCLC 459457915, BNF 32177136, présentation en ligne) — Extrait de la Presse médicale, no 79, du 3 octobre 1925.
- [1928] Maxime Laignel-Lavastine, vagotonie (en) et alcalose, Paris, Impr. L. Maretheux / Masson, , 7 p., in-8o (OCLC 459358192, BNF 32339834) — Extrait de la Presse médicale, no 78, du 29 septembre 1928.
- [1928] Floride Nepveux et Marcel Labbé, Acidose et alcalose, physiologie, pathologie, thérapeutique, Paris, Masson & Cie, , 295 p., 24 cm (OCLC 14733868, BNF 31009073, SUDOC 019948379, présentation en ligne).
- [1929] Charles Sannié, Sur l'alcalose du cancer et sa signification, Paris, Masson, , 11 p., in-8o (OCLC 458940026, BNF 31295823) — Extrait du Bulletin de l'Association française pour l'étude du cancer (d), mars 1929.
- [1938] Pierre-Georges Delaforge, L'Alcalose chronique, relations entre sa pathogénie et son traitement par entéroclyse (en)… (Thèse de médecine), Paris, L. Arnette, , 100 p., in-8o (BNF 32007154, SUDOC 115812741).
- [1943] Raoul Lecoq (d), Le rôle de l'alcalose dans la production du rachitisme expérimental et du rachitisme du nourrisson, Paris, Masson, , 8 p., in-4° (OCLC 459525086, BNF 32362595, présentation en ligne) — Extrait de la Presse médicale, 2 octobre 1943.
- [1991] Institut de l'élevage, Maladies des bovins, Paris, éditions France Agricole (d), coll. « Manuel pratique » (réimpr. 1994, 2000 et 2008) (1re éd. 1991), 319 p., 24 cm (ISBN 2-85557-003-4, OCLC 53776739, BNF 35702570, SUDOC 066964903, présentation en ligne, lire en ligne
).
— compte-rendu sur Persée par Pierre Royer (1932-2022).
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressources relatives à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :