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Alexis Curvers

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Alexis Curvers
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Biographie
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signature d'Alexis Curvers
Signature.

Alexis Curvers, né à Liège le et mort dans la même ville le , est un écrivain belge d'expression française. Il est surtout connu pour son roman Tempo di Roma (1957). Il était l'époux de l'helléniste Marie Delcourt.

reunion 26 février 1965 au chateau Dresse, 26 février 1965

La mère d'Alexis Curvers meurt quand il a trois ans et son père quand il en a dix-neuf.

Etudiant à l'université de Liège, il suit les cours de Marie Delcourt (1891-1979). Celle-ci est la première femme enseignant dans cette université, comme chargée de cours, à partir de 1929.

En , il fait partie du groupe d' « irréductibles » étudiants maurassiens qui lance la revue catholique Quartier Latin qui, dénonçant les « insanités majeures » du démocratie et le pacifisme, s'aliène une bonne partie de son lectorat au point de disparaitre dès [1]. Il collabore ensuite aux Cahiers Mosans, publication liégeoise également d’influence maurassienne[2] réunissant des « belgicains conservateurs », animés par « la recherche de la tradition perdue »[3].

Après ses études, il entre dans l'enseignement et est d'abord nommé professeur de rhétorique à Alexandrie en Égypte, puis rentre à Liège où il épouse Marie Delcourt en 1932. En 1933, il publie un article intitulé « De l'objection de conscience » qui lui vaut d'être exclu de l'enseignement.

En 1940, à la suite de l'offensive de l'armée allemande et de l'occupation de la Belgique, il se réfugie dans le sud de la France (non occupé). Là, il fait la connaissance d'autres écrivains[Qui ?] chez Aline de Saint-Hubert (Mme Mayrisch). Il rentre ensuite[Quand ?] à Liège.

En 1957, son roman Tempo di Roma, refusé par Gallimard, est publié chez Robert Laffont grâce à Marie Jacquart (écrivain belge publiant sous le nom de Marie de Vivier) et obtient un grand succès[4]. Tempo di Roma obtient le prix Sainte-Beuve en 1957 et est adapté au cinéma par Denys de La Patellière en 1963 sous le même titre[5].

Catholique traditionaliste, il combat les réformes initiées par le concile Vatican II, milite pour la sauvegarde du latin et du chant grégorien dans la liturgie catholique[6] et s'engage dans une collaboration avec la revue traditionaliste Itinéraires (1964-1992) et le journal d'extrême-droite Présent (1982-1989)[7], publications de son ami et confident Jean Madiran[8].

En réaction à la pièce Le Vicaire de Rolf Hochhuth dans lequel l'auteur attaque le pape Pie XII, Alexis Curvers s'engage dans une véritable « croisade » — souvent qualifiée d'« intégriste » — et publie en 1967 Pie XII, le pape outragé[9], un essai polémique dans lequel il justifie l'attitude du pape pendant la Seconde Guerre mondiale[10].

Il meurt à Liège[5], le vendredi à l'âge de quatre-vingt-cinq ans[10].

Distinctions

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  • Bourg-le-Rond, Paris, Gallimard, 1937, en collaboration avec Jean Sarrazin (Jean Hubaux).
  • Printemps chez des ombres, Paris, Gallimard, 1939. Réédition avec un commentaire de Françoise Tilkin, Bruxelles, Labor, 1987)

Cet ouvrage obtient le prix Auguste-Beernaert.

  • Tempo di Roma, Paris, Robert Laffont, 1957. Rééditions : Robert Laffont, 1985 ; Arles, Actes Sud, 1991, avec une préface de Jacques Peuchmaurd et un commentaire de Véronique Jago-Antoine ; Actes Sud, coll. Babel, n° 27.

Cet ouvrage obtient le prix triennal du roman de la Communauté française de Belgique.

  • La Famille Passager, études et contes, Bruxelles, Libris, 1942. (Coll. Le balancier, 8).
  • « Mercredi des cendres », dans Vingt nouvelles belges, Verviers, Marabout, 1958. (Coll. Melio) p. 66 sqq.
  • Entre deux anges, chroniques et nouvelles, Bruxelles, Audace et le Rond-Point, 1955.
  • Jean ou le monastère des deux saints Jean, dans Prénoms, Paris, Plon, 1967. Réédition : Arles, Actes Sud, 1988.
  • Le Ruban chinois dans Reflets, Bruxelles, Noël, 1937.
  • Le Massacre des innocents et Le ruban chinois, Paris, Les belles lectures, 1954
  • Cahier de poésie (1922-1949), Paris, Typographie François Bernouard, 1949.
  • La Flûte enchantée, Cahiers d'art poétique, édités à Liège de 1953 à 1962.
  • Ce vieil Œdipe, drame satirique en quatre actes, en prose et en vers, d'après Sophocle, Bruxelles, De Visscher, 1947. (Coll. du Rideau de Bruxelles).

Essais et critique

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  • De l'objection de conscience, état de la question, le Flambeau, et Bruxelles, Finacom, 1933.
  • « Sur la réforme de l'orthographe et la pédagogie nouvelle, réflexions d'un observateur », dans Bulletin de l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, 1954. Reproduit dans le Bulletin de l'Association des Classiques de l'Université de Liège, n° 2, 1954, p. 8-22.
  • Pie XII, le pape outragé, Paris, Robert Laffont, 1964 (Deuxième édition revue et augmentée : Pie XII, le pape outragé, s.l., Dominique Martin Morin, 1988.)
  • « La théologie secrète de la prétendue Adoration de l'Agneau », dans Approches de l'Art Mélanges d'esthétique et de sciences de l'Art offerts à Arsène Soreil, Bruxelles, Renaissance du Livre, 1973.
  • « Une clef architecturale de l'Agneau mystique des frères Van Eyck », dans Il était douze fois Liège, Liège, Mardaga, 1980.
  • Edgar Scauflaire, par Alexis Curvers et Marie Curvers-Delcourt, Anvers, De Sikkel, s.d. (monographies de l'art belge, 5e série, nE7).
  • Entretien Georges Moucheron - Alexis Curvers, Mons, RTBF, centre de production du Hainaut, s.d.

Collaborations

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  • Alexis Curvers a collaboré aux revues Les cahiers mosans, Le courrier des poètes, La gaillarde, Revue Générale Belge, Marginales, Raf, Savoir et beauté, Le flambeau, Synthèses, Empreintes, Cahiers du Nord, Itinéraires, Lecture et tradition
  • Il a participé à l'anthologie Il était douze fois Liège, Liège, 1980,

Cet ouvrage est considéré comme une réponse à La Belgique malgré tout de Jacques Sojcher, paru la même année avant le Manifeste pour la culture wallonne (1983) que Curvers ne signa pas[pas clair].

Notes et références

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  1. Michel Leymarie, Jacques Prévotat et Olivier Dard, Maurrassisme et littérature : L'Action française. Culture, société, politique (IV), Presses Universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-0401-0), p. 240
  2. Benoît Denis, « Le roman poétique en 1929 », Textyles. Revue des lettres belges de langue française, no 21,‎ , p. 31–40 (ISSN 0776-0116, lire en ligne, consulté le )
  3. Théo Pirard, « Marcel Thiry et ses amitiés littéraires », Bulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises, vol. LXXV, nos 1-2,‎ , p. 47
  4. Véronique Jago-Antoine 1991, 501-503.
  5. a et b Catherine Gravet, « D’un portrait graphologique: « Infiniment séduisant » », Bulletin des Amis d'André Gide, vol. 35, no 155,‎ , p. 371 (ISSN 0044-8133)
  6. Curvers et Gravet 2010, p. 463.
  7. Catherine Gravet, « Le Roman de Renart : Une retraduction en vers du romancier Alexis Curvers », dans L’erreur culturelle en traduction : Lectures littéraires, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Traductologie », (ISBN 978-2-7574-3012-5), p. 243
  8. Curvers et Gravet 2010, p. 12.
  9. Curvers et Gravet 2010, p. 421.
  10. a et b « Le décès de l'écrivain belge Alexis Curvers », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Véronique Jago-Antoine 1991, 504.

Bibliographie

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  • Véronique Jago-Antoine, « Éléments biographiques », dans Alexis Curvers, Tempo di Roma, Actes Sud, (ISBN 2-86869-660-0)
  • Alexis Curvers, l'homme et l'œuvre, n° spécial de la revue Ouvertures, 1981
  • S. et N. De Winter, « Alexis Curvers », dans André Malraux, Alexis Curvers, Francis Ponge, Bruxelles, Hatier, Auteurs contemporains, 1986, p. 45-67.
  • « Alexis Curvers, pour son 80ème anniversaire », Itinéraires, n°306, sept.-oct. 1986.
  • Marie de Vivier, « Alexis Curvers », Le Thyrse, n°59, 1957.
  • Alexis Curvers et Catherine Gravet (Édition, notes et introduction de Catherine Gravet), Journal (1924-1961), Université Paul Verlaine–Metz, (ISBN 978-2-917403-15-0)

Articles connexes

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Liens externes

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