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Alexis Legrand

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Alexis Legrand
Illustration.
Fonctions
secrétaire de la commission des canaux placée auprès de Becquey

(9 ans)
secrétaire du Conseil général des ponts-et-chaussées

(3 ans)
Prédécesseur Barnabé Brisson
Successeur Augustin Fresnel
secrétaire général du ministère des Travaux publics

(1 mois et 14 jours)
Prédécesseur Laubry ( - )
Successeur emploi supprimé à la suite de la suppression du ministère
chargé provisoirement de l’administration des ponts-et-chaussées et des mines

(2 ans et 1 jour)
Prédécesseur Simon Bérard
( - )
directeur général des ponts et chaussées et des mines

(13 ans, 6 mois et 10 jours)
Successeur emploi laissé vacant jusqu'à la nomination de Franqueville en 1855
vice-président de la section de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics au Conseil d’État

(2 mois)
Prédécesseur de Fréville
président de la section de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics au Conseil d’État

(6 mois)
Successeur au décès de Legrand Baude assure l'interim
Bethmont (1849-1851)
député de la Manche

(16 ans)
Sous-secrétaire d’État aux Travaux publics

(8 ans, 7 mois et 2 jours)
Biographie
Nom de naissance Baptiste Alexis Victor Legrand
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès Uriage
Nature du décès accident de santé (Thermes d'Uriage)
Sépulture Cimetière du Père-Lachaise
73ème division
2ème section
Nationalité Française
Père Pierre Jean Legrand
Mère Marie Anne Legros
Conjoint Marie Françoise Anasthasie de Roux (1808 - 1859)
Enfants Marie Victorine (1827 - 1897)
Marie Céline (1829 - 1923)
Marie Emeline (1831 - 1832)
Marie Alexis Arthur (1833 - 1916)
Maire Georges (1835 - 1837)
Marie Victor Anatole (1840 - 1929)
Profession inspecteur général des ponts-et-chaussées
Conseiller d’État
Religion catholique
Résidence Paris
Viroflay

Signature de Alexis Legrand
légion d'honneur (grand officier)
ordre de Léopold (grand officier)
ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (commandeur)
ordre du christ de Portugal (commandeur)

Alexis Legrand, né le à Paris et mort le [1] à Uriage-les-Bains (Isère), est un haut fonctionnaire français, député de la Manche. À la tête de l'administration des ponts-et-chaussées et des mines sous la monarchie de Juillet, il chercha à imprimer aux travaux publics une impulsion qu’ils n’avaient pas reçue jusqu’alors.

De l'union de Pierre Jean Legrand, maître boulanger à Paris, et de Marie Anne Legros, naissent Baptiste Alexis Victor Legrand et Émilie Ferming Legrand. Alexis et Émilie perdent très jeune leur père. Leur mère se remarie avec Pierre Raboin, propriétaire ; de cette seconde union, naît René Joseph Auguste Raboin[2].

Boursier, Alexis Legrand effectue de brillantes études au Lycée impérial, sous les auspices des professeurs Castel et Luce de Lancival, et obtient, en 1806, cinq premiers prix au concours général. Après avoir suivi le cours préparatoire d'admission à l'École polytechnique, il y est reçu le [3]. Il rejoint ensuite l'École des ponts-et-chaussées en 1811 où, lors de sa scolarité, il est envoyé en mission dans les Pyrénées-Orientales () et l'Ombrone ().

Alexis Legrand se marie à l'église de la Madeleine le avec Marie Françoise Anasthasie de Roux[note 1], fille mineure de Pierre Honoré Marie de Roux, député[4], et de Anne Marie Catherine Sophie de Roux, décédée. Par ce mariage, Legrand accède à une riche famille de négociants marseillais[5]. De cette union naissent six enfants ; Marie Victorine, Marie Céline, Marie Émeline, Marie Alexis Arthur, Marie Georges et Marie Victor Anatole.

Il décède à Saint-Martin d'Uriage le , aux thermes de ladite commune.

« AVIS DE FAIRE-PART. Naissances, Mariages, Décès, Obsèques, Notices nécrologiques.
M. Legrand, vice-président au conseil d'Etat, ancien sous-secrétaire d'Etat aux travaux publics, est décédé le 25 [26] de ce mois aux eaux d'Uriage, près Grenoble. Ses obsèques auront lieu aujourd'hui vendredi 1er septembre, à dix heures très précises du matin, en l'église Saint-Thomas-d'Aquin. Sa famille prie ceux de ses amis qui n'auraient pu être prévenus par elle, de vouloir bien considérer le présent avis comme une invitation. On se rendra directement à l'église. »

— La Presse, 1er sept. 1848, p. 4.


« Ainsi qu’on l’avait annoncé, aujourd’hui à dix heures ont eu lieu, à Saint-Thomas-d’Aquin, les funérailles de M. Legrand, ancien sous-secrétaire-d’état au ministère des travaux publics. Le corps avait été apporté à l’église dès le grand matin, et placé sur le riche catafalque qui était dressé à l'entrée du chœur. M. le ministre des travaux publics, les chefs de ce ministère, tout le corps national des ponts-et-chaussées et celui des mines, en uniformes brodés d'or, tous les membres du comité d'agriculture, du conseil d’état (dont M. Legrand était président), un grand nombre de dames et de gens du monde assistaient à ces funérailles. Un bataillon du 48e de ligne rendait les honneurs militaires au grand-officier de la Légion-d’Honneur, conformément aux statuts de l'ordre. Après les prières de l’église, le corps a été placé sur un riche corbillard, et le cortège s’est rendu, par les quais, les rues Saint-Antoine et de la Roquette, au cimetière du Père-Lachaise, où a eu lieu l'inhumation. Plusieurs discours ont été prononcés sur la tombe. »

— L'Assemblée nationale, , p. 3.

Alexis Legrand est inhumé dans un caveau sans ornements, seulement gravé d'une croix latine, portant les seules inscriptions « Legrand-Laudet-Maniel », dans la 73e division, 2e section, du cimetière parisien du Père-Lachaise[6].

Généalogie simplifiée d'Alexis Legrand[7]

Activité professionnelle

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Alexis Legrand est placé, à compter du , auprès de Charles Bérigny, secrétaire du Conseil général des ponts-et-chaussées. Il est nommé aspirant ingénieur le , puis ingénieur ordinaire des ponts-et-chaussées le . Il est appelé le à assurer (1821-1830) le secrétariat de la commission spéciale des canaux instituée par Becquey auprès de lui[note 2].

Il est promu ingénieur-en-chef le . En 1828, il remplace Barnabé Brisson, décédé, au secrétariat du Conseil général des ponts-et-chaussées et, la même année, assure le secrétariat de la commission des routes et des canaux décidée et présidée par le vicomte de Martignac qui le nomme en 1829 maître des requêtes au Conseil d'État[11], [note 3].

Ingénieur en chef de première classe en 1830, il est nommé[note 4] secrétaire général du ministère de Travaux publics[18] nouvellement créé et dirigé par Guillaume Capelle ; la direction générale des ponts-et-chaussées et des mines est supprimée en tant qu'entité administrative mais son organisation interne subsiste pour former les services du nouveau ministère[19]. À la suite de la révolution de juillet 1830, le ministère des Travaux publics est supprimé et la direction général des ponts-et-chaussées et des mines réinstallée à la tête de laquelle sont nommés Baude, provisoirement, puis Bérard. Legrand reprend le secrétariat du Conseil général des ponts-et-chaussées.

Durant la vacance du gouvernement à la suite du décès de Perier en et dans le cadre d'une démarche visant à rompre avec le « laissez-faire » cher aux économistes libéraux au profit d'une action pro-active du gouvernement en matière de travaux publics[note 5], d'Argout, ministre du Commerce et des Travaux publics, remercie Bérard, directeur général des ponts-et-chaussées et des mines, le , promeut de faveur Legrand au grade d'inspecteur général le [22], puis le nomme à titre provisoire chargé de l’administration des ponts-et-chaussée le [23]. C'est le premier administrateur des ponts-et-chaussées et des mines non politique contrairement avant lui de Neufchâteau, Crétet, Montalivet, Pasquier, Molé, Becquey, Capelle et Bérard. Alexis Legrand sera proposé à la députation comme candidat ministériel à l'élection partielle de Mortain (Manche) le [note 6]. Parallèlement, Legrand est nommé en 1831 conseiller d'État, fonction utile pour défendre les textes gouvernementaux au parlement en qualité de commissaire du gouvernement.

Peu avant les élections du 21 juin, Legrand est nommé le directeur général des ponts-et-chaussées et des mines[26].

« C'est avec peine que nous avons lu l'ordonnance par laquelle M. Legrand est nommé directeur-général des ponts et chaussées. Il n'est point ici question de la personne de ce fonctionnaire, qui réunit au plus haut degré les connaissances nécessaires à cette spécialité, mais bien du titre lui-même qui annonce un retour évident vers les allures de la restauration. (…) Par quelle fatalité veut-on toujours nous reporter en arrière, quand la nation entière veut bien, certainement, quoique d'un pas mesuré, aller en avant ! Sans doute que, dans cette circonstance, comme dans bien d'autres, on a le désir de placer le directeur des ponts et chaussées sur une ligne plus élevée que les directeurs des douanes et de la loterie ; l'amour-propre est donc la cause unique de ce changement. (…) la direction des ponts et chaussées n'est, et ne doit être, qu'une branche du ministère de l'intérieur, comme la direction des communes, celle des travaux publics, etc., etc.; et, sous ce rapport, le ministre seul est placé administrativement au-dessus de celui qui exerce cet emploi. (…) M. Legrand, directeur, rendait assurément au pays, par ses lumières, son zèle et son expérience, tous les services que pourra rendre désormais M. Legrand, directeur-général. »

— Le Constitutionnel, , p. 1.

« M. Legrand vient d’être nommé directeur-général des ponts et chaussées. Nous ne sommes pas pour ces places vulgairement appelées marche pied de ministère, et bien que nous reconnaissions à M. Legrand toutes les connaissances et même les droits à cette suprématie dans cette spécialité des travaux publics, nous nous occuperons prochainement de ces nouvelles créations de places qui rappellent la restauration, et ce, lors de la discussion que nous voulons soutenir sur le mode d’administration des travaux publics. »

— Le Locateur, , p. 3.

À la suite de la nomination de Dufaure (centre gauche) en qualité de ministre des Travaux publics le dans le ministère Soult[note 7], figurant comme un des trois seuls politiques du cabinet essentiellement composé de techniciens et d'obligés du maréchal Soult, Legrand est nommé sous-secrétaire d’État aux Travaux publics le [29].

Écarté de la direction générale des ponts-et-chaussées et des mines le , Legrand est nommé vice-président, puis président en , de la section de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics au Conseil d'État[30], [note 8]. Dans ses nouvelles fonctions, il continue à prendre une part active au développement des Travaux publics par des avis du Conseil sur des textes législatifs et réglementaires.

« M. Legrand, ainsi que nous l'avons annoncé, est enlevé à ses fonctions de sous-secrétaire d'État au ministère des travaux publics et de directeur-général des ponts-et-chaussées, et nommé à celles de président du comité des travaux publics au conseil d'Etat. C'est une quasi-destitution. On se demande ce qui lui a valu cette disgrâce. M. Legrand avait été en quelque sorte élevé dans l'administration des ponts-et-chaussées ; il avait été, sous la Restauration, le bras droit de M. Becquey et il avait toujours dirigé cette administration depuis 1830 ; homme spécial avant tout, étranger à toutes les luttes de parti, il avait conservé son poste sous tous les ministères qui s'étaient succédé (sic) depuis le gouvernement de juillet, à quelque couleur politique qu'ils appartinssent. D'où vient donc le coup qui le frappe aujourd'hui ? Serait-ce que M. Legrand, qui jadis avait énergiquement soutenu le principe de l'exécution des chemins de fer par l'Etat, se montrait tuteur trop vigilant des intérêts publics vis-à-vis des compagnies concessionnaires ? M. Jayr l'aurait-il trouvé d'un rigorisme incommode ? Nous l'ignorons. Mais ce que nous savons, c'est que toutes les administrations des compagnies de chemins de fer ont accueilli avec une véritable joie la destitution de M. Legrand, et qu'il a même été question d'un banquet en l'honneur de M. Jayr, qui les a débarrassés de cet importun défenseur des droits de l'Etat. Il est certain qu'on a lieu de s'étonner de voir le ministère se priver des services d'un homme dont personne n'a jamais révoqué la probité en doute au moment où tout le monde se plaint de voir les grandes compagnies peser si fort sur les décisions gouvernementales, et où M. Guizot lui-même reconnaît l’abus des influences. »

— Le Constitutionnel, , p. 1.

« M. Legrand, vice-président du comité des travaux publics au conseil d'Etat, a cessé aujourd'hui ses fonctions de sous-secrétaire d'Etat au ministère des Travaux publics. La retraite de ce fonctionnaire accroit démesurément les charges du ministre des travaux publics. Par un arrêté du 25 décembre, M. Jayr prend la signature de presque toutes les affaires, et autorise les chefs de division à ne signer que les expéditions tout-à-fait sans importance. Si nous en croyons quelques personnes bien informées, le poste que vient de quitter M. Legrand serait définitivement promis à M. de Goulard, député. Toutefois l'entrée en fonctions de ce député n'aurait lieu qu'après le vote de l'adresse. Ce qui, du reste, tend à faire croire que l'emploi de sous-secrétaire d'Etat n'est point supprimé au département des travaux publics, c'est que le logement contigu à l'hôtel, du ministre, et occupé jusqu'à ce jour par M. Legrand, ne reçoit aucune autre destination . »

—  Le Constitutionnel, , p. 3.

Sans méconnaître ni gêner l'entreprise privée dont il voulait cependant empêcher les monopoles, Legrand croyait à la nécessité d'une grande impulsion donnée par l’État et le Trésor dans la réalisation des travaux publics. Sensible au progrès technique, il donna une impulsion majeure au développent des voies ferrées[note 9] sans toutefois renoncer à la poursuite du réseau de navigation intérieure initié par le plan Becquey. Son action ne négligea pas l'amélioration du réseau routier (routes royales, routes départementales et vicinales, « routes stratégiques » de l'ouest, ponts en pierre ou suspendus), des bacs, des ports et des phares. Outre les aspects techniques, Legrand renouvela la législation relative à son administration (expropriation pour cause d'utilité publique, police des chemins de fer, police des routes, révision de la loi du relative aux mines, loi sur l'exécution des grandes lignes de chemins de fer...).

Activité politique

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L'activité politique de Legrand en qualité de député de la circonscription de Mortain, ou plus largement du département de la Manche, est inexistante[36]. En outre, il ne participe à aucun débat dans l'hémicycle outre ceux relatifs aux Travaux publics (routes, canaux, chemins de fer, ports, dessèchement, irrigation, mines...) en qualité de commissaire du gouvernement puis en qualité de sous-secrétaire d'État aux Travaux publics. Le poids de son activité professionnelle et la nécessaire neutralité à observer entre les diverses sollicitations locales le tenaient à distance du jeu politique et des conflits d'intérêt[note 10].

La désignation de Legrand à la députation comme candidat ministériel s'inscrit dans la pratique des députés fonctionnaires caractéristique de la monarchie censitaire et d’une forme de corruption du Parlement :

« L'élection de fonctionnaires au Parlement est pour le gouvernement une arme qui peut lui apporter un double avantage : d'une part, le fonctionnaire élu député peut être l'objet de pressions diverses qui le contraignent à adopter la ligne politique de son ministre, qui n'est ni plus ni moins que son supérieur hiérarchique, le gouvernement pouvant agiter, si besoin est, la menace de destitution ou au contraire fait luire l'espoir d'un avancement rapide ; d'autre part, le fonctionnaire non parlementaire dont le comportement est conforme à ce qu'attend de lui le ministre peut se voir récompenser de son zèle en recevant l'investiture ministérielle lors d'une élection législative. »

— François Julien-Laferrière, Les députés fonctionnaires sous la monarchie de juillet, Paris, Presses universitaires de France, 1970, p. 11.


Élection de M. Legrand[37]
Mortain (Manche)
date membres
du collège
votants participation nb de voix nb voix/votants
27 décembre 1832 270 161 59,6 % 94 58,4 %
21 juin 1834 322 292 90,7 % 166 56,8 %
4 novembre 1837 322 235 73,0 % 196 83,4 %
2 mars 1839 326 277 85,0 % 183 66,1 %
15 juin 1839[38] 324 179 55,2 % 158 88,3 %
9 juillet 1842 338 265 78,4 % 144 54,3 %
1er août 1846 399 357 89,5 % 238 66,7 %
15 janvier 1848 399 225 56,4 % 215 95,6 %

À la suite de la démission pour raison de santé du député Leverdays[39], Legrand est présenté en à la députation comme « candidat constitutionnel » pour lui succéder, face au candidat de « l'opposition » Chardel.

« A Mortain, département de la Manche, le ministère présente pour candidat M. Legrand, administrateur des ponts et chaussées. Les électeurs indépendants lui apposeront M. Jourdan dont l’honorable caractère et les opinions libérales ne se sont point démentis dans le cours d’une longue carrière administrative. On dit que M. Chardel, ancien député de la Seine, se met aussi sur les rangs. Nous espérons que les électeurs patriotes sauront s’entendre pour déjouer les efforts du parti ministériel. »

— Journal du commerce, , p. 2.

Legrand en ballottage au premier tour du scrutin est élu au second tour[40].

« M. Legrand, conseiller-d’état, directeur des ponts-et-chaussées, candidat constitutionnel, a obtenu 83 voix ; M Chardel, 69. Un scrutin de ballottage a dû avoir lieu entre ces deux candidats. »

— Le Bonhomme Richard, , p. 3.

En 1834 Legrand, « candidat constitutionnel », est réélu.

« Les nouvelles reçues aujourd'hui de tous les points de la France donnent une nouvelle et éclatante preuve de l'esprit de sagesse et de modération qui anime le corps électoral. Presque partout le parti de l'ordre et de la monarchie constitutionnelle l'a emporté. »

— Journal des débats politiques et littéraires, , pp. 1-2.

Il en est de même en [41] et en [42].

Une élection partielle est organisée le à la suite de la nomination de Legrand en qualité de sous-secrétaire d'État des Travaux publics.

« Mortain.— Le collège de cet arrondissement est convoqué pour le 15 juin, à l’effet de nommer un député, en remplacement de M. Legrand, nommé sous secrétaire d’état des travaux publics. »

— Le Temps, , p. 2.

Legrand est réélu en 1842 comme « candidat conservateur »[43] et en 1846 comme « candidat ministériel »[44].

Une nouvelle élection partielle est organisée en par suite de la nomination de Legrand au Conseil d’État fin 1847.

« Par suite de la mort de M. Terme et de la nomination de M. Legrand aux fonctions de vice-président du comité de l’agriculture, du commerce et des travaux publics du conseil d’Etat, deux ordonnances royales, en date des 21 et 22 de ce mois, ont convoqué pour le 15 janvier prochain le 5e collège électoral du Rhône à Villefianche, et le 7e collège électoral de la Manche à Mortain, à l’effet d’élire chacun un député. »

— L'Aube, , p. 3.

Distinctions honorifiques

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Légion d'honneur

  • Grand officier ()
  • Commandeur ()
  • Officier ()
  • Chevalier (1828)

Ordre de Léopold

  • Grand officier

Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare

  • Commandeur

Ordre du christ de Portugal

  • Commandeur
  • Annales des ponts-et-chaussées.
  • Archives de Paris (registre journalier des inhumations - cimetière du Père Lachaise).
  • Archives nationales (Pierrefitte, Paris CARAN) :
    • dossier personnel de l’ingénieur Legrand (F1422622) ;
    • contrat de mariage des parents d'Alexis Legrand, (MC/ET/LXXI/65) ;
    • contrat de mariage d'Alexis Legrand, (MC/ET/XIV/693) ;
    • contrat de mariage de Marie Victorine Sophie Legrand, fille d'Alexis, (MC/ET/II/1050) ;
    • inventaire après décès de M. Legrand, (MC/ET/II/1055)[45].
  • Archives parlementaires, recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises de 1800 à 1860, Deuxième série, Tome LV, Paris, Paul Dupont éditeur, 1884.
  • Léon Aucoc, Le Conseil d’État avant et depuis 1789…, Paris, imprimerie nationale, 1876
  • base Sycomore, Assemblée nationale (base de données des députés français depuis 1789).
  • Alexandre Corréard (dir), Journal du génie civil, Tomes III et IV, Paris, chez Alexandre Corréard, 1829.
  • Amable Charles Franquet comte de Franqueville, Souvenirs intimes sur la vie de mon père, Paris, 1878.
  • François Julien-Laferrière, Les députés fonctionnaires sous la monarchie de juillet, Paris, Presses universitaires de France, 1970.
  • Villemain, « Legrand (Baptiste-Alexis-Victor) », in Dr Hoefer (dir), Nouvelle biographie générale..., Tome XXX, Paris, Firmin-Didot, 1859.
  • Nathalie Montel, Écrire et publier des savoirs au XIXe siècle. Une revue en construction : les Annales des ponts et chaussées (1831-1866), Rennes, PUR, 2015.
  • Retronews (la base de la presse de la BNF).
  • Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny (dir), Dictionnaire des parlementaires français..., Tome quatrième, Paris, Bourloton éditeur, 1891.
  • Ravinet, Code des Ponts et chaussées et des mines :
    • Tome cinquième, supplément, Paris, 1836 ;
    • Tome huitième, second supplément, Paris, 1840.
  • [Louis] Tisseron de L. [Lamathière] et C. V. [Charles Villagre], M. Legrand, député de la Manche, sous-secrétaire d'État des travaux publics, directeur des Ponts-et-chaussées, s.l. s.d. [circa 1847].

Notes et références

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  1. Outre les membres de sa famille, figurent parmi les témoins d'Alexis Legrand à son contrat de mariage, Louis Becquey, directeur général des ponts-et-chaussées et des mines, Gabrielle Philippine Le Blanc de Closmussey, nièce adoptive de Louis Becquey et épouse de Charles Joseph Alexandre [Lefebvre] de Gouy capitaine commandant des hussards de la garde royale, Jean Armand Laubry, secrétaire général et chef de la division des mines à l'administration des ponts & chaussée et des mines.
    Au titre de son épouse, figurent Jacques Gabriel Caccia, régent de la Banque de France, le comte et la comtesse de Sainte-Marguerite.
  2. « Nommé secrétaire d'une commission créée pour prendre connaissance de toutes les affaires relatives aux travaux de navigation exécutés par suite de concessions ou au moyen de fonds prêtés au gouvernement par des compagnies »[8]. « M. le directeur général Becquey ne tarda pas à apprécier lui-même le mérite de M. Legrand ; il fut en même temps frappé des formes modestes et polies qui distinguaient le jeune ingénieur ; il le rapprocha de lui, lui donna sa confiance et lui voua bientôt après une affection pour ainsi dire paternelle. Combien ce digne et respectable vieillard, que M. Legrand, dans sa profonde reconnaissance, regardait, en effet, comme un second père, ne doit-il pas gémir aujourd’hui de sa mort prématurée, et de quels amers regrets ne doit-elle pas affliger ses dernières années ! »[9] La commission spéciale des canaux apparait dans l'Annuaire du corps royal des ponts et chaussées seulement pour les années 1829 et 1830. Les membres du Conseil général des ponts-et-chaussées ont vu d'un mauvais œil la mise en place de cette commission spéciale estimant qu'elle empiétait sur leurs prérogatives. La commission est supprimée par Bérard en octobre 1830 : « ...une gde partie des affaires dont la commission des canaux était appelée à s’occuper sera examinée par la commission de la navigation [nouvellement créée au sein du Conseil général des ponts-et-chaussées]. Dès lors la mission qui était confiée à celle des canaux se trouve accomplie et le nouvel ordre des choses amène naturellement la suppression de cette commission. (…) Je sais M. combien vous y avez porté de zèle et de dévouement ; combien le concours de votre expérience et de vos lumières y a été utile et je me plais à vous en exprimer toute ma satisfaction. »[10]
  3. « Quand au rédacteur de ces procès-verbaux [de la commission des routes et canaux de 1828], son habileté lui vaut d’être remarqué par Martignac qui, le , le fait entrer au Conseil d’État en qualité de maître des requêtes. »[12] Sur un ton sarcastique, le Journal du génie civil indique que « M. Legrand a été nommé récemment, à la sourdine, maître des requêtes… [13]»
  4. D’aucuns ont vu dans cette nomination comme une revanche : « Cher camarade, j’apprends par le journal votre nomination à la place de secrétaire général du ministère des travaux publics. Ce haut témoignage de confiance doit vous flatter d’autant plus que lors du début de notre nouveau chef [Capelle] tout semblait présager du contraire. Ce changement de vues prouve à la fois la prudence de notre ministre et l’ascendant de votre mérite personnel. On ne pouvait se passer de vous sans mettre en souffrance les principales affaires de l’administration. Vous seul en aviez la clef et du moins vous pourrez menez à bonne fin avec l’aide de Monsieur Capelle ce que vous aviez si bien commencé sous Monsieur Becquey. Vous connaissez assez mon attachement pour vous et l’intérêt constant que je vous ai porté pour qu’il me soit permis de ne pas vous exprimer longuement tout le plaisir que me cause une nouvelle aussi agréable. Je laisse aux indifférents et même à vos adversaires cachés la peine de s’étendre en longues protestations de dévouement. Vous saurez bien les apprécier et ne pas confondre l’yvraie [(sic)] avec le bon grain. »[14] eu égard au feu nourri des critiques portées contre l’administration des ponts-et-chaussées[15] issues tant de l’intérieur du corps des ingénieurs des ponts-et-chaussées[16] que de l’extérieur dont plus virulentes s’exprimaient dans le Journal du génie civil dirigé par Corréard et porte-parole des ingénieurs civils[17].
  5. Face à l’urgence de la crise sociale, il n’y a pas lieu d’attendre les initiatives des investisseurs mais, au contraire, les susciter. En s’adressant aux préfets, d’Argout souligne que « les circonstances qui ne sont pas encore aussi favorables aux opérations ordinaires de l’industrie qu’on pourrait le souhaiter, nous font un devoir de provoquer tous les travaux qui pourraient donner de l’ouvrage aux ouvriers. Les travaux publics emploient sans doute beaucoup de bras, mais les ressources dont le gouvernement dispose ne sont jamais assez étendues pour qu’il puisse ouvrir des ateliers partout où des soulagemens [(sic)] sont nécessaires ; cette considération doit porter l’administration à rechercher avec soin les entreprises dont l’esprit d’association pourrait s’emparer. (…) on ne doit pas se borner à attendre, comme dans les temps ordinaires, que les spéculateurs, sans exiger le concours du trésor public, présentent leurs offres à l’administration : il faut aller au-devant de leurs propositions, éveiller leur attention sur les projets dont l’exécution pourrait avoir des avantages pour eux, appeler et solliciter même leur concours, enfin de ne rien omettre de tout ce qui pourrait provoquer des entreprises d’utilité publique. »[20] L’indépendance de Bérard à la tête des ponts-et-chaussées est fustigée dans le rapport de présentation de l’ordonnance du relative à la Modification apportée à l’organisation du service des ponts et chaussées et des mines, signée d’Argout : l’organisation de « La direction générale… n’est pas en harmonie avec les principes du gouvernement représentatif… Les attributions de ce chef [directeur général] ne peuvent rester plus longtemps ce qu’elles sont aujourd’hui… Il est indispensable de revenir à des principes et à des règles conformes à l’esprit de nos institutions. »[21].
  6. L'accélération de la carrière de Legrand entre le 5 juin (départ de Bérard) et le (nomination inaccoutumée de Legrand en qualité d'inspecteur général et chargé de l’administration des ponts-et-chaussées) puis son élection comme député en juillet, peuvent laisser à penser que Legrand fut, sinon l'âme, du moins l'exécuteur docile de d'Argout dans la reprise en main de la direction générale des ponts-et-chaussées (remise en cause des réformes de Bérard, mise à la retraite d'office de certains ingénieurs, nomination d'ingénieurs à la tête des divisions de la direction générale)[24]. Dans un courrier de 1834 à Cordier qui fait appel à lui au sujet de sa mise à la retraite d’office par d’Argout en juin 1832, Legrand rappelle ce qu’il doit à d’Argout : « Mr d’Argout n’est plus au pouvoir ; tant qu’il y a été, j’ai reçu de sa part des marques nombreuses de bienveillance et d’affection : mon attachement et ma reconnaissance le suivront dans sa retraite : c’est vous dire que vous ne m’aurez jamais pour auxiliaire toutes les fois que vous vous tournerez conter lui. »[25].
  7. « M. Dufaure, ministre des travaux publics, est ce député de la gauche, que le cabinet du 22 février avait trouvé moyen de rattacher à lui pour une place de conseiller d’état, qui depuis a fait de l’opposition au cabinet du 6 septembre, et qui aujourd’hui entre au pouvoir avec M. Duchâtel, ministre du 6 septembre. Il n’y a rien de tel qu’un portefeuille pour éteindre les antipathies, même les plus prononcées. M. Dufaure, avocat, parle d’une manière lucide, mais il n’a pas prouvé encore qu’il eût dirigé ses études vers le département qui lui est confié. Autrefois on disait: à l’œuvre on connaît l'ouvrier. Aujourd’hui, on se fait ouvrier politique, sans être porteur d’un livret d’apprentissage. »[27]
    « Un conflit administratif s’élève à propos du ministère de M. Dufaure. M. Dufaure est ministre des travaux publics. Certes, les routes, les canaux, les lignes de fer constituent un gros budget et un grand ministère, mais à la condition de demander à M. Legrand, directeur des ponts-et-chaussées, homme spécial et de hautes études, de donner sa démission. Jusqu'à la démission de M Legrand, M. Dufaure est ministre sans ministère, sans hôtel, sans cabinet, sans personnel administratif et même sans traitement, puisque le budget ne reconnait que huit ministres. M. Dufaure a vainement cherché à multiplier ses attributions, en demandant à M. le garde des sceaux les cathédrales, à M. le ministre de l'intérieur les prisons, et surtout les monumens (sic) de Paris qui constituent la division de M. Vatour. M. Dufaure n’a rien obtenu de ses collègues, et le cabinet n'a encore rien exigé de M. Legrand. Cependant un journal assure que M. Dufaure s'est installé hier à l'hôtel des ponts-et-chaussée (ancien hôtel des cultes), rue des Saints-Pères, qui devient l’hôtel du ministère des travaux publics. M. Legrand, directeur-général des ponts-et-chaussées, qui occupait l’hôtel de la rue des Saints-Pères, a fait hier son déménagement et a pris un appartement particulier rue de Lille. M. Legrand aurait été nommé sous-secrétaire d’état au ministère des travaux publics. Nous croyons que rien n’est encore décidé à ce sujet. »[28]
  8. Cette nomination à un poste important de la justice administrative ne s’apparente pas moins à une mise à l’écart. Le combat de Legrand contre les compagnies ferroviaires et l’émergence de monopole de toute nature[31] a fini pas indisposer les ministres, eux-mêmes relais politiques de ces intérêts privés soit en raison de leur participation à l’actionnariat des compagnies, soit en raison de liens familiaux avec leurs dirigeants. Dumon[32] et Jaÿr[33], derniers ministres des Travaux publics de la monarchie de Juillet, n’en furent pas les moindre exemples. En outre, la présence de Legrand, comme celle de de Cheppe (directeur des mines) son collaborateur, comme témoin au procès du scandale Teste-Cubière terni son étoile.
    Après le départ de Legrand, l’emploi de directeur général des ponts-et-chaussées et des mines reste vacant jusqu’à la nomination de Franqueville en 1855. Dans l’intervalle, les ministres traitent directement des affaires avec les chefs de division de l’administration des ponts-et chaussées, tels Dubois ou Heurtier, directeur généraux au ministère[34].
  9. « Les premières applications de la vapeur sur les voies ferrées l'avaient singulièrement frappé ; et, après l'avoir entendu s'exprimer, on ne peut oublier la vive préoccupation qu'il marquait un jour, au sortir d'une séance publique de l'Institut où Cuvier, dans un de ses Comptes-rendus de l'état des sciences, avait raconté les merveilles du principe de traction par la vapeur appliqué dans quelques comtés d'Angleterre aux travaux de l'agriculture, et décrit ces charrettes pesantes qui revenaient toutes seules à la ferme, ces charrues qui labouraient d'elles-mêmes, toute cette magie de la science, dont l'illustre secrétaire éblouissait son auditoire : « C'est charmant, disait Le Grand ; mais le côté admirable du problème, la communication rapide à longue distance, la concentration illimitée de notre beau pays, si riche et si divers dans ses produits voilà la vraie merveille ! Quel rôle pour l'État s'éclairant de libres discussions et agissant dans les limites de la loi, s'il sait se mettre à la tête de tout, par la création et l'habile disposition des grandes lignes ! » Et dès lors, l'habile administrateur n'eut plus d'autre idée que de hâter les études, de multiplier et de choisir les plans et d'amener la présentation réfléchie de quelque vaste projet de loi, qui fit ressortir l'action de la puissance publique sur un point si capital pour tous. »[35].
  10. Dans l'inventaire après décès d'Alexis Legrand, au titre des créances et biens mobiliers, ne figurent que 102 actions du chemin de fer de Naples à Nocera et Castellamare acquises le pour 100 000 F sur des fonds de la succession de son beau-père.

Références

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  1. Dépôt d'un acte de décès de Mr Legrand et notoriété rectificative du prénom dudit, (AN MC/ET/II/1055).
  2. Contrat de mariage des parents d'Alexis Legrand, 14 novembre 1785. Contrat de mariage d'Alexis Legrand, 31 juillet 1826.
  3. Dr Hoefer (dir), Nouvelle biographie générale..., Tome XXX, Paris, Firmin-Didot, 1881, p. 432-439. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny (dir), Dictionnaire des parlementaires français..., Tome quatrième, Paris, Bourloton éditeur, 1891, p. 70.
  4. Base sycomore de l'Assemblée nationale Pierre, Honoré, Marie de Roux (1774-1843), député des Bouches-du-Rhône, domicilié à Marseille.
  5. Thierry Allain, « Nouveau regard sur la maison Roux au XVIIIe siècle. Les beaux fruits du dialogue entre les sources marseillaises et hollandaises », Cahiers de la Méditerranée, 108|2024.
  6. Le registre des inhumations du cimetière indique « n° général 93880. no  d’ordre 1584. 1er 7bre [septembre] 1848 ».
    Dans un deuxième temps, le registre des inhumations indique la réunion de trois dépouilles le « 11 8bre [octobre] 1848. 53e division » : Legrand Marie Emeline, Legrand Marie Georges et Legrand [Baptiste Alexis] Victor(★). Le registre est complété par la mention : « Autorisation du . Changement d’emplacement autorisé ».
    Enfin dans un troisième temps, le registre des inhumations au indique que les trois dépouilles sont déplacées dans un caveau de la « 73e division, 2e section, 7e ligne du chemin serré sur le bord du petit chemin en face de Prévost-Devernois [de Vernois] ».
    C'est dans ce caveau qu'est inhumé, entre autres, Arthur Legrand (le registre des inhumations indique « n° du titre 44976. no  d’ordre 1382. Date 13 mai [1916]. Caveau 73e division, 7e ligne face 15e division no 46 de la 74e division »).
    (★) L'inventaire après décès d'Alexis Legrand indique, à la vacation du , que Mme Legrand a réglé depuis le décès de son mari diverses sommes, dont : « Exhumation des enfants de Mr Legrand.....66 F. »
  7. D'après le contrat de mariage des parents d'Alexis Legrand, le contrat de mariage d'Alexis Legrand, les registres des inhumations du cimetière du Père Lachaise et geneanet.
  8. Dossier Legrand (AN F1422622).
  9. Cavenne, éloge funèbre à la mémoire M. Legrand, le Moniteur universel, , p. 4.
  10. Lettres de Bérard du à Legrand et Cavenne, qui avait remplacé Brisson dans cette commission en 1828 (AN F1422622 et F1421881).
  11. Léon Aucoc, Le Conseil d’État avant et depuis 1789…, Paris, imprimerie nationale, 1876, p. 355.
  12. Nathalie Montel, Écrire et publier des savoirs au XIXe siècle. Une revue en construction : les Annales des ponts et chaussées (1831-1866), Rennes, PUR, 2015, p. 38.
  13. Journal du génie civil, tome IV, 1829, p. 686.
  14. Lettre de Tarbé de Vauxclairs à Legrand du à Nailly près de Sens (AN F1423281). Tarbé faisait partie de la commission des canaux instituée par Becquey auprès de lui afin de contourner le Conseil général des ponts-et-chaussées pour la mise en œuvre de son plan de navigation intérieure, dit « plan Becquey ».
  15. Ces critiques prennent d’autant plus d’ampleur que les résultats de l’action majeure de Becquey, son plan de navigation intérieure, peinent à se réaliser et pour un coût dépassant toutes les estimations au point de devoir demander au parlement, en 1828, une rallonge d’une cinquantaine de millions. Entre autres critiques, voir Artaud (Nicolas Louis Marie), Des Canaux exécutés par le Gouvernement depuis 1821 et 1822, Paris, 1828. Texte figurant également dans le Journal du génie civil.
  16. L. D. Jousselin, « Lettre au directeur du Journal », Journal du génie civil, Tome IV (1829), p. 680-83 (« nullité » de Becquey, cf. p. 672, et « médiocrité » de Legrand, cf. p. 681). L.-D. Jousselin, dont la nature franche et pugnace, et la stature imposante, ont amené ses collègues ingénieurs à le surnommer « Jousselin l'Effrayant » pour le distinguer de son frère timide et maladif qu'ils surnomment « Jousselin l'Effrayé ». Outre ses critique des ponts-et-chaussées, c'est après une vive altercation à la Chambre en août 1831 avec le président du Conseil Perier, que Jousselin est rétrogradé de son grade d’inspecteur divisionnaire(★). Le dossier personnel de Jousselin (AN F142249) révèle qu’il s'est plaint de la lenteur de sa promotion dans les années 1820 et il existe des preuves qu'il s'est heurté à d'autres fonctionnaires ainsi que des plaintes sur la façon dont il a exercé ses fonctions. Voir également Cecil O. Smith, Jr., « The Longest Run : Public Engineers and Planning in France », The American Historical Review, 1990, volume 95, issue 3 (Traduction O. Montès, Un parcours au long cours : Les ingénieurs de l’État et la planification en France, Paris, 2021, médiathèque Rail & Histoire, cote O CEC 1).
    (★) Le Moniteur universel, , p. 9, 3ème col. « M. Jollivet et M. Jousselin s’élancent à la tribune, qu’occupe toujours M. le président du conseil. M. Jousselin interpelle vivement M. le président. Il a l’air de menacer M. Périer ; celui-ci le repousse doucement, aussitôt trois huissiers entourent M. le président du conseil. » (La France nouvelle, , p. 6, 3ème col. Commentaire, Journal des débats, , 1ère page. Réponse de Jousselin, Le Moniteur universel, , 1èrr page).
  17. « Observations sur le service des ponts et chaussées en France », Journal du génie civil, Tome III (1829), pp. 485-501 ; « Réflexions sur l'administration des ponts et chaussées, et sur l’autorité abusive des préfets relativement aux travaux publics », ibidem, Tome 4 (1829), pp. 129-38.
    Pour une analyse des critiques du Journal du génie civil à l'encontre de l'administration des ponts-et-chaussées, et particulièrement envers Becquey et Legrand, voir Georges Ribeill, « Autour du Journal du génie civil (1828-1831), ou les ambiguïtés d'un courant libéral d'ingénieurs », in Alexandre Herlea (dir), Science-technology relationships - relations science-technique, XVIII International Congress of ICOHTEC (International Committee for the History of Technology) in Paris, San Francisco, San Francisco Presse Inc., 1993. (NB : Ribeill (p. 340) prête à Artaud, faisant référence aux débats à la Chambre des députés en juillet 1828 sur le budget 1829, l’expression « l’art arriéré de l’ingénieur » qu’aurait utilisé Becquey pour se défendre des accusations d’estimations erronées à propos des coûts des canaux de 1821-1822. Or, si Artaud écrit « Mais il est inexact de dire que l’art de l’ingénieur soit arriéré », Becquey, n’a jamais utilisée cette expression, rappelant que l’imprécision initiale des coûts est inéluctable compte tenu des imprévus, d’ailleurs pas davantage en France qu’en Angleterre ou aux États-Unis. Becquey rappelle aux députés : « Ne demandez pas à l’art plus qu’il ne peut donner » (Archives parlementaires, Tome LV (du au ), p. 712)).
  18. Legrand est secrétaire général du ministère des Travaux publics du 13 juin au (Ministère de l’Intérieur, Chronologie des lois, décrets, ordonnances et arrêtés…, pp. 40 et 137).
  19. Ordonnance du portant création d'un ministère des Travaux publics, Bulletin des lois du royaume de France, tome douzième, pp. 306-308.
  20. Circulaires du 24 août 1831 du ministre aux 1° préfets, Annales des ponts et chaussées… lois, ordonnances concernant l’administration des ponts et chaussées, 1ère série, 1831, Paris, Carilian-Gɶury, pp. 297-299.
  21. Rapport au roi, Annales des ponts et chaussées. Lois, ordonnances et autres actes concernant l’administration des ponts et chaussées, 1ère série, Paris, 1832, p. 197.
  22. Texte « n° CXXV », arrêté ministériel du , Annales des ponts et chaussées - Lois, ordonnances concernant l’administration des ponts et chaussées, 1re série, 1832, pp. 209. Lors de sa promotion, Legrand est ingénieur-en-chef ; jusqu’alors les inspecteurs généraux sont choisis parmi les inspecteurs divisionnaires, « Sans autre exemple » d’une telle rapide promotion (Tarbé de Saint-Hardouin, Notices biographiques sur les ingénieurs des ponts et chaussées, Paris, Baudry et Cie, 1884, p. 207).
  23. Ordonnance du , in Ravinet, Code des Ponts et chaussées et des mines, Tome cinquième, supplément, Paris, 1836, p. 245.
  24. « Legrand n’entre pas seul à la direction générale. Il nomme rapidement plusieurs ingénieurs aux postes clés. Le corps s’empare des échelons supérieurs de l’appareil administratif d’État et ne les cédera plus. Si une date de naissance devait être donnée à la technocratie, celle de juin 1832 conviendrait assez bien… » Ces nominations ont des conséquences sur la composition des deux commissions mixtes maintenues, créées par Bérard comme filtre des affaires présentées au Conseil général, car les chefs de division de l’administration centrale qui y siégeaient sont dorénavant des ingénieurs des ponts-et-chaussées et non plus des personnes extérieures au Corps ; la mixité a ainsi disparu ; « Ces nominations rendent inutiles la décision, prise par Bérard et si peu appréciée par le corps, de faire participer les chefs de division aux travaux du Conseil général des ponts-et-chaussées. » (N. Montel, Écrire et publier des savoirs au XIXe siècle. Une revue en construction : les Annales des ponts et chaussées (1831-1866), Rennes, PUR, 2015, pp. 183-184).
  25. AN F1421971.
  26. Le Moniteur universel, , p. 1. Thiers est ministre du Commerce et des Travaux publics ( - ), puis ministre de l’Intérieur ( - ) en ayant l’administration des ponts-et-chaussées et des mines dans ses attributions.
  27. La France, , p. 2.
  28. Gazette de France, , p. 2.
  29. Ravinet, Code des ponts et chaussées et des mines, Tome huitième, second supplément, 1840, p. 178. Également Ordonnance du roi du 18 mai 1839 qui nomme M. Legrand, Sous-secrétaire d’état des travaux publics, et détermine ses attributions. Ses nouvelles attributions équivalent à celles de directeur général des ponts-et-chaussées et des mines telles que définies en 1832 (circulaire du au préfets, Secrétariat général – Nomination d’un sous-secrétaire d’état des travaux publics du , Annales des ponts et chaussées, 1re série, lois, ordonnances et autres actes…, Paris, 1839, p. 146, (n° CMXXIII).
  30. Léon Aucoc, Le Conseil d’État avant et depuis 1789…, Paris, imprimerie nationale, 1876, p. 343 et p. 355.
  31. En 1845, Bartholony et Adrien Delahante, administrateurs de la Compagnie des mines de la Loire propose d’affermer les canaux du centre. Bartholony dirige la compagnie du chemin de fer d’Orléans et est administrateur de la compagnie de la Compagnie des quatre canaux. Le projet d’affermage recueille un avis favorable de Dumon, ministre des Finances. Face à l’émergence d’un monopole des transports sur un axe d’importance Nord-Sud, Legrand écrit au ministre des Travaux publics sa réprobation sur ce projet « Voici pour moi de chercher à éclairer votre réflexion et de vous supplier de combattre de tout votre pouvoir ce nouvel envahissement des compagnies financières et cette aliénation véritable d’une partie du territoire. (…) Le développement des voies navigables qu’embrasse la soumission de MM Bartholony et de La Hante est de 1,841,930 mètres… Une seule et même compagnie serait maitresse de ce vaste réseau !! Son action, son pouvoir, son influence s’étendra sur le vaste territoire qu’il parcourt. Je demande de grâce qu’on veuille bien réfléchir à ce pouvoir nouveau qu’on institue à côté du gouvernement à l’immense part d’influence qu’on abandonne pour la livrer à une société particulière ! A-t-on bien songé aux conséquences de cette abdication d’une grande partie des pouvoirs publics ? Veut-on rétablir les anciennes fermes générales que la révolution française a si heureusement abolies pour remettre aux mains de l’état l’administration des intérêts généraux du pays ? (…) Le gouvernement est aujourd’hui embarrassé, je dirai même inquiété par l’association monstrueuse qui s’est formée pour l’exploitation des mines du bassin de la vallée de la Loire. Eh bien que l’on étudie les voies qui couvrent la nouvelle opération qu’on voudrait autoriser on y verra l’association des mêmes capitaux et des mêmes intérêts, et je n’hésite pas à déclarer qu’il existe un lien secret ou au moins un intérêt commun entre la compagnie des mines de la Loire et la compagnie qui veut exploiter nos voies navigables. » (Extraits de la note manuscrite de Legrand du adressée au ministre des Travaux publics (AN F147076)).
  32. « …ce fut au cours de son ministère que fut donnée une impulsion décisive à la construction des lignes de chemins de fer en France. Il investit lui-même une grande partie de sa fortune personnelle dans des entreprises ferroviaires, en particulier dans la Cie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (P. L. M.), et fut donc très hostile à l’étatisation de celles-ci, ce qui lui fut vivement reproché par l’opposition de gauche. » (« Dumon (Pierre-Sylvain) », in Guy Antonetti, Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire (II) : Dictionnaire biographique 1814-1848, Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2007).
  33. « Il ne semble pas que la compagnie [des mines de la Loire] soit arrivée à se faire de Guizot un allié très actif, mais elle fut plus heureuse avec Jayr, successeur de Dumon au ministère des Travaux publics en mai 1847. Cet ancien préfet de la Loire était le gendre de Baude, président [des mines] de la Roche-la-Molière et de Firminy, que la Compagnie de la Loire avait eu grand soin de ménager ; force nous est de croire qu’il fut intéressé par la Compagnie de la Loire, puisqu’il en devint [actionnaire (1850) puis] président [(1851)] moins de deux ans après avoir quitté le ministère ; c’est lui qui, en décembre 1847, prit l’initiative de faire déposer ses rapports de statuts [de société anonyme] par la Compagnie, et qui les fit approuver par le Conseil des ministres quelques jours plus tard. » (Pierre Guillaume, La compagnie des mines de la Loire (1846-1854), Paris, PUF, 1966, p. 198).
  34. Amable Charles Franquet comte de Franqueville, Souvenirs intimes sur la vie de mon père, Paris, 1878, pp. 204-205. Voir Heurtier et Dubois in Annuaire du ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, État général du personnel au 1er janvier 1853 et au .
  35. Villemain, « Le grand (Baptiste-Alexis-Victor) », Nouvelle biographie général..., Tomme XXX, 1859, p. 435.
  36. La presse relate un déplacement de Legrand en juin 1834, accompagné de l'inspecteur divisionnaire Eustache, à Granville pour inspecter les travaux du port et du phare. Il se rend ensuite à Cherbourg (Le Moniteur universel, , p. 1).
  37. Assemblée nationale base sycomore.
  38. « Nous donnons ci-après les élections des députés soumis à la réélection par suite d’acceptation de fonctions publiques. On y verra que ces honorables membres que le Ministère s’est adjoints ont été réélus, comme l’avaient été déjà les ministres eux-mêmes, à la presque unanimité. » (Le Moniteur universel, , p. 1).
  39. Lettre de démission in Le Temps, , p. 3.
  40. Journal des débats politiques et littéraires, , p. 2.
  41. Le Moniteur universel, , p. 2.
  42. Journal des débats politiques et littéraires, , p. 2.
  43. Journal des débats politiques et littéraires, , p. 2.
  44. Le Constitutionnel, , p. 1.
    Le Moniteur universel indique « candidat conservateur » (, p. 2).
  45. L’inventaire s'est déroulé du 12 septembre au 10 novembre 1848.

Articles connexes

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Liens externes

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