Aller au contenu

Alfred Ilg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Alfred Ilg
En .
Fonction
Ministre des Affaires étrangères d'Éthiopie
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
ZurichVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière d'Enzenbuhl (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Vue de la sépulture.

Alfred Ilg, né le à Frauenfeld et mort le à Zurich, est un ingénieur suisse et conseiller de l'empereur d'Éthiopie Menelik II.

Action de la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens en date du 14 décembre 1899 dessinée par Louis Bombled, et portant la signature d'Alfred Ilg[1].

Alfred Ilg naît le à Frauenfeld, dans le canton de Thurgovie. Il est originaire de Fruthwilen, localité de Salenstein, dans le même canton[2].

Il fait des études de mécanique à l'École polytechnique fédérale de Zurich de 1873 à 1876 et y obtient un diplôme d'ingénieur[2].

Il est envoyé en 1879 par une société suisse à la cour de Menelik II, negus du Choa, qui devient empereur d'Éthiopie en 1889.

Alfred Ilg collabore avec Arthur Rimbaud de 1887 à 1891, notamment pour le commerce du café, de gommes, de peaux et de musc. Une longue correspondance s'établit entre eux[3],[N 1]. Jean-Jacques Lefrère, dans sa biographie de Rimbaud parue en 2001, consacre de nombreuses pages à Ilg, notamment sur les années 1888 et 1889..

En Éthiopie, Alfred Ilg apprend l'amharique et contribue au développement d'Addis-Abeba, nouvelle capitale du pays. Il améliore la production locale d'armes et de munitions, contribue à la construction de routes et de ponts, et facilitant la victoire des troupes éthiopiennes à Adoua.

Sa proximité avec Ménélik, qui gouverne alors le Choa (aujourd'hui au centre de l’Éthiopie), lui permet de devenir son ministre des Affaires étrangères, puis une sorte de Premier ministre (1896)[3].

Alfred Ilg prend prend un grand nombre de photographies de Ménélik II et de la cour ; ainsi, à l'issue de la bataille d'Adoua qui met fin le à la première tentative d'invasion et de colonisation de l’Abyssinie par l'Italie, Ménélik pose avec les attributs d'un chef de guerre et une dépouille de lion à ses pieds. Le fonds photographique d'Alfred Ild est déposé au Musée ethnographique de l'Université de Zurich[4],[5].

Ménélik II après sa victoire à la bataille d'Adoua, phoyographie d'Alfred Ilg, 1896.

Selon le spécialiste de l'Éthiopie (et de l'Abyssinie) Jean-Michel Cornu de Lenclos, Alfred Ilg aurait eu à son service des esclaves, encore tard dans le siècle[6].

Il est un des concessionnaires du Chemin de fer djibouto-éthiopien en 1894, il participe à la création d'une monnaie nationale, le birr talari, et à l'établissement d'un système postal. Il reçoit l'Étoile d'Éthiopie, alors la plus haute des récompenses. En 1907, après avoir assisté à l'influence croissante des pays européens dans le pays, il démissionne.

Alfred Ilg s'est marié deux fois en Abyssinie, d'abord avec une Choane, puis après son décès, avec une de ses compatriotes, dont il aura un fils, prénommé Ménélik[7].

Il retourne en Suisse et s'installe à Zurich, où il meurt le , à l'âge de 61 ans.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Jean-Baptiste Baronian, « Alfred Ilg », dans Jean-Baptiste Baronian (dir.), in Dictionnaire Rimbaud, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », .
  • (de) Elisabeth Biasio, Prunk und Pracht am Hofe Menilek, Zurich, Verlag NZZ, Zurich, 2004 (ISBN 3-03823-089-8).
  • (de) Elisabeth Biasio, Hans Brunschweiler et Peter R. Gerber, Alfred Ilg 1854-1916 : ein Thurgauer Ingenieur als Staatsminister in Äthiopien, Frauenfeld, Alfred Ilg-Gesellschaft, , 56 p. (ISBN 978-3-03789-022-6).
  • (de) Conrad Keller, Alfred Ilg, sein Leben und sein Wirken als schweizerischer Kulturbote in Abessinien, Frauenfeld, Huber 1918.
  • (de) Heribert Küng, Staatsminister Alfred Ilg (1854-1916), ein Thurgauer am Hof Kaiser Menelik II. von Äthiopien, Zurich, Thesis-Verlag, 1999 (ISBN 3-908544-34-3).
  • (de) Willi Loepfe, Alfred Ilg und die äthiopische Eisenbahn, Zurich, Atlantis-Verlag, 1974 (ISBN 3-7611-0446-4).
  • (en) Bairu Tafla (dir.), Ethiopian records of the Menelik era, Wiesbaden, Harrassowitz, 2000 (ISBN 3-447-04258-3).
  • Jean Voellmy, « Alfred Ilg « à la loupe » : 1888-1892 », Parade sauvage. Revue d'études rimbaldiennes, no 19,‎ , p. 179-198 (présentation en ligne).

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Une partie de ces lettres est reprise dans l'édition Arthur Rimbaud — Œuvre complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2015, p. 640 et suivantes

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Galerie Sevogel: Historische Wertpapiere Volume 3. NZZ Verlag, 1984, p.114-115 (ISBN 3-85823-108-8)
  2. a et b Elisabeth Eggimann Gerber (trad. Pierre-G. Martin), « Alfred Ilg » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  3. a et b Jean Voellmy (éditeur ecientifique), Arthur Rimbaud. Correspondance avec Alfred Ilg, 1888-1891, Paris, Gallimard, , 225 p.
  4. Estelle Sohier, « La photographie comme fenêtre sur le monde depuis les hauts-plateaus éthiopiens », dans Christine Barthe, Annabelle Lecour (dir.), Mondes photographiques, histoires des débuts (catalogue d'exposition), Paris / Arles, Musée du quai Branly-Jacques Chirac / Actes Sud, (ISBN 978-2-35744-146-0 et 978-2-330-17813-0), p. 149-151.
  5. Hugues Fontaine, Ménélik. Une Abyssinie des photographes (1868-1916), Nanterre, Amarna, , 317 p. (ISBN 979-10-92157-01-7).
  6. Jean-Michel Cornu de Lenclos, L’Abyssinienne de Rimbaud, Éditions Lurlure, 2020, p. 134, note 32.
  7. Jean-Baptiste Baronian 2014.

Liens externes

[modifier | modifier le code]