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Alice Brill

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Alice Brill
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
Itu ou São PauloVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités

Alice Brill Czapski, née le à Cologne en Allemagne et morte le à Itu au Brésil, est une photographe, peintre et critique d'art naturalisée brésilienne. Elle a vécu et a travaillé dans la ville de São Paulo[1],[2].

Alice Brill est née à Cologne en 1920. Son père Erich est peintre et photographe amateur. Sa mère Marta est journaliste et écrivaine. À l'âge d'un an, ses parents divorcent. Alice Brill grandit avec sa mère et sa grand-mère paternelle. Sa mère est antifasciste et féministe. En 1933, les médias sont contrôlés par Adolf Hitler. Les émissions radiophoniques de Marta Brill sont supprimées. Alice et sa mère quittent l'Allemagne pour l'Espagne. Alice Brill découvre ses origines juives, lors du Nouvel An juif[3]. Sa mère embarque pour Rio de Janeiro, laissant Alice à Amsterdam, avec son père. En 1934, accompagnée de son père, elle retrouve sa mère au Brésil. Éblouis par le paysage, Alice et son père s'installent dans une pension de famille sur l'île de Paquetá. Ils y restent six mois, peignant et photographiant. Ils échangent plusieurs tableaux contre une voiture pour parcourir l'état de São Paulo[4]. En 1935, son père rentre en Allemagne, Alice retourne vivre avec sa mère à São Paulo. En 1942, son père est arrêté et meurt au camp de concentration de Jungfernhof, en Lettonie[5],[4].

Alice reprend ses études au Colégio Rio Branco. Elle vit quelque temps chez le directeur du collège. Elle enseigne également l'allemand aux filles du directeur. Elle poursuit ses études à l'American School[4].

À 16 ans, elle est vendeuse à la Livraria Guatapará, une librairie internationale appartenant à un Allemand. C'est un lieu de rencontre pour de nombreux exilés de la Seconde Guerre mondiale. Elle y rencontre les peintres Paulo Rossi Osir et Aldo Bonadei qui lui donnent des cours de peinture[3]. Paulo Rossi Osir présente Alice au Grupo Santa Helena, collectif de peintres de São Paulo. Elle rencontre des artistes tels que Mario Zanini et Alfredo Volpi.

En 1946, elle obtient une bourse et part étudier à l'Université du Nouveau-Mexique et à l'Art Students League de New York. Elle étudie le dessin, la photographie, la peinture, la sculpture, la gravure, l'histoire de l'art, la philosophie et la littérature[4],[6].

De retour au Brésil en 1948, elle approfondit la technique de gravure sur bois avec Hansen Bahia et Yolanda Mohalyi[4]. Elle travaille comme photographe pour le magazine Habitat, coordonné par l'architecte Lina Bo Bardi. Elle documente l'architecture et les arts visuels, réalise des portraits d'artistes et enregistre des œuvres et des expositions au Musée d'art de São Paulo et au Musée d'Art moderne de São Paulo. Elle participe également à une expédition à Corumbá organisée par la Fundação Brasil Central, où elle photographie le peuple indigène Carajás[7].

En 1950, elle réalise un projet photographique à l'hôpital psychiatrique de Juqueri à l'invitation de l'artiste Maria Leontina da Costa[4]. La même année, Pietro Maria Bardi lui commande un essai sur São Paulo pour le 4e centenaire de la ville. Entre 1953 et 1954, elle documente le processus de modernisation de la ville au détriment de certaines populations[7],[8]. Elle montre la précarité des conditions de vie des ouvriers et la marginalisation des populations noires[9].

Outre sa pratique de la photographie, elle travaille comme graveuse et peintre. Elle participe à la 1re et à la IXe Biennale de São Paulo, en 1951 et 1967[4]. Ses thèmes de prédilection sont les paysages urbains et l'abstraction, produisant des aquarelles et des peintures batik. Diplômée en philosophie en 1976, elle obtient sa maîtrise en 1982 et son doctorat en 1994. Elle est également critique d'art, écrivant des articles pour le supplément culturel du journal O Estado de S. Paulo. Ses articles sont rassemblés dans l'ouvrage Da arte e da linguagem publié en 1988[8].

Elle enseigne à la Faculté de philosophie, sciences et lettres du Centre Universitaire Nossa Senhora do Patrocínio, à Itu, et à la Faculté Santa Marcelina, à São Paulo. Elle soutient également deux thèses sur l'art : son mémoire de master, qui a inspiré l'ouvrage Mário Zanini et son temps, et sa thèse de doctorat, soutenue à 72 ans à l'Université de São Paulo, sur le batik[4].

Publications

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  • Mario Zanini et son temps, Perspectiva, 1984.
  • Da arte e da linguagem, Perspectiva, 1988.
  • Flexor, Edusp, 1990.

Prix et distinctions

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Rétrospectives

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  • Alice Brill: impressões ao rés do chão, São Paulo, IMS Higienópolis, 2016

Notes et références

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(pt) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en portugais intitulé « Alice Brill » (voir la liste des auteurs).
  1. (pt) Instituto Itaú Cultural, « Alice Brill », sur Enciclopédia Itaú Cultural (consulté le )
  2. Alice Brill, O Mundo de Alice Brill, Instituto Moreira Salles, , 48 p.
  3. a et b Czapiski, Alice Brill. Alice Brill Czapski. In: Morris, Katherine. Odyssey of Exile: Jewish women flee the Nazis for Brazil. Detroit: Wayne State University Press, 1996. p. 146-162.
  4. a b c d e f g h et i Israel BELOCH, Fábio KOIFMAN et Kristina MICHAHELLES, Dicionário dos refugiados do fascismo no Brasil, Casa Stefan Zweig, , 113-115 p. (ISBN 658957202X)
  5. (pt-BR) « A experiência de exílio na trajetória da fotógrafa Alice Brill », puc-rio.br (consulté le )
  6. Silvia Czapski, Cavaleiro da Saúde, Novo Século, , 424 p.
  7. a et b Cadernos de Fotografia Brasileira: São Paulo 450 anos, Instituto Moreira Salles,
  8. a et b (pt-BR) Moreira, Marina Rago, « Alice Brill, retratos de uma metrópole » (consulté le )
  9. Helouise Costa, Marcella Legrand Marer et Antoine Chareyre, La photographie moderniste brésilienne, Actes sud, coll. « Photo poche », (ISBN 978-2-330-20713-7)

Liens externes

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