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Alkhon

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Alkhon
Période 380 à 560
Ethnie Huns
Langue(s) écriture : brahmi et bactrien
Religion hindouisme et bouddhisme
Région d'origine Nord-Ouest de l'Inde, Nord du Pakistan et Est de l'Afghanistan
Rois/monarques Khiṇgila (fondateur)
Toramāṇa
Mihiragula

Les Alkhon (bactrien : αλχοννο, alkhonno), Alxon (-xon/-khon signifiant probablement Hun), Alchon, Alakhana ou Walxon, dénommés ainsi d'après le terme (αλχοννο alkhonno) apparaissant sur leur monnaie[1], parfois aussi appelés Huns iraniens[2], sont un peuple Hun. Ils ont remplacé au IVe siècle le Royaume kidarite[1] dans une zone géographique correspondant au Nord-Ouest de l'Inde actuelle, au Nord du Pakistan et à l'Afghanistan. Ils mènent des incursions contre l’empire Gupta, puis fondent au début du VIe siècle un royaume monarchique centré sur le Pendjab, avant de voir leur autorité se réduire au Gandhāra et au Cachemire[3].

Les Alkhons appartiennent à un ensemble de groupes nomades désignés dans les sources indiennes sous le nom de Hūṇas et dans les sources chinoises sous celui de Xiongnu. Ces populations migrent depuis l’Asie centrale vers la Perse et le sous-continent indien à partir du IVe siècle. Contrairement à une identification plus ancienne, les Alkhons ne sont pas assimilés aux Hephtalites, qui ne franchissent pas l’Hindou Kouch. Les Kidarites sont les premiers groupes hunniques à entrer en Inde, suivis par les Alkhons, qui atteignent la Bactriane à la fin du IVe siècle[3],[4].

Sous le règne de Khīṅgīla, au milieu du Ve siècle, les Alkhons étendent leur autorité de la Bactriane au Gandhāra et au Pendjab. Après avoir consolidé leurs bases en Bactriane orientale, les Alkhon ont commencé leurs échanges diplomatiques avec la Chine en 457 (Dynastie Wei du Nord), contrôlant les routes autour de l'Hindou Kouch auparavant contrôlées par les Kidarites (Kidāras), et contribué à la chute de l'empire Gupta[3],[5]. Durant les règnes des empereurs guptas Kumāragupta Ier et Skandagupta, ils tentent sans succès de s’imposer en Inde centrale et au Gujarat[3].

La situation évolue au début du VIe siècle sous Toramāṇa qui fonde un vaste royaume et repousse l'autorité gupta. Il prend le contrôle du Malwa occidental et du Gujarat. Toramāṇa remplace les Guptas à Eran et gouverne une partie de l’Inde centrale. À partir des années 510, les Guptas et leurs alliés reprennent l’initiative. Le souverain gupta Bhanugupta (en) récupère Eran et inflige une défaite majeure à Toramāṇa . Le contrôle alkhon sur le Malwa s’en trouve affaibli, bien que Toramāṇa conserve une autorité au Gujarat[3].

Son fils Mihirakula lui succède et poursuit l’expansion militaire, menant des campagnes depuis le Pendjab vers l’Inde centrale. Son pouvoir est attesté jusque dans la région de Gwalior vers 535. Sous Mihirakula, les affrontements se poursuivent. Toutefois, cette victoire ne met pas immédiatement fin à la domination alkhon[3].

Après Mihirakula, l’autorité des Alkhons se limite au Gandhāra et au Cachemire. Les souverains hunniques postérieurs sont identifiés comme Sri Pravarasena (en), Gokarna, Khiṅkhila Narendrāditya et Yudhiṣṭhira. Le dernier roi hun du Cachemire, Yudhiṣṭhira, règne jusqu’aux environs de 657, marquant la disparition définitive de l’autorité alkhonne dans la région[3].

Plusieurs de leurs rois (khan) sont décrits dans ces sources, tels que Khiṇgila, son successeur Tora-māṇa et le fils de ce dernier, Mihiragula. Ce dernier a été défait par des maharajas. Après sa mort (entre 542 à 550), une partie des Alkhon indiens sont partis vers l'Afghanistan[1].

Le pèlerin chinois Xuanzang rapporte que Mihirakula gouverne depuis Śākala et domine de nombreux royaumes voisins, y compris le Magadha. Selon son récit, Mihirakula est finalement vaincu par un roi nommé Bālāditya, ce qui restreint son pouvoir au Gandhāra et au Cachemire jusqu’à environ 550. L’identification de ce Bālāditya reste débattue, et le témoignage de Xuanzang est considéré avec prudence[3].

Organisation politique

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Le royaume alkhon se caractérise par la transformation d’un groupe nomade en une monarchie territoriale. Le modèle politique gupta sert de référence, notamment sous Toramāṇa. Les souverains alkhons adoptent des titres impériaux guptas tels que mahārāja, rājādhirāja, mahārājādhirāja ou paramabhaṭṭāraka, et se présentent comme des souverains universels. Les Alkhons imitent également la numismatique gupta. Les monnaies de Toramāṇa reprennent des formules de victoire similaires à celles des empereurs guptas, tandis que celles de Mihirakula combinent iconographie royale, références religieuses et éléments vestimentaires d’origine centre-asiatique. L’administration repose sur une structure bureaucratique héritée des Guptas, avec des gouverneurs locaux conservant leurs fonctions en échange de leur loyauté envers le pouvoir alkhon[3].

Notes et références

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  1. a b et c (en) « HUNS », sur Encyclopædia Iranica
  2. Jäger 2019.
  3. a b c d e f g h et i (en) Ashish Kumar, « Alchon Huns », dans The Encyclopedia of Ancient History, John Wiley & Sons, Ltd, , 1–4 p. (ISBN 978-1-119-39991-9, DOI 10.1002/9781119399919.eahaa00567, lire en ligne)
  4. Alram 2014, p. 279.
  5. Neelislire 2011, p. 167.

Bibliographie

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  • (en) Ulf Jäger, « A Unique Alxon-Hunnic Horse-and-Rider Statuette (Late Fifth Century CE) from Ancient Bactria / Modern Afghanistan in the Pritzker Family Collection, Chicago », Sino-Platonic Papers, no 290,‎ (lire en ligne)
  • (en) Jason Neelislire, Early Buddhist Transmission and Trade Networks: Mobility and Exchange Within and beyond the Northwestern Borderlands of South Asia, Brill, coll. « Dynamics in the history of religion » (no 2), (ISBN 978-90-04-18159-5, ISSN 1878-8106, lire en ligne)
  • (en) Michael Alram, « From the Sasanians to the Huns New Numismatic Evidence from the Hindu Kush », The Numismatic Chronicle, vol. 174,‎ , p. 261–291 (ISSN 0078-2696, JSTOR 44710198)

Articles connexes

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