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Alpha Pictoris

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α Pictoris
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 06h 48m 11,455s[1]
Déclinaison −61° 56 29,00[1]
Constellation Peintre
Magnitude apparente 3,27[2]

Localisation dans la constellation : Peintre

(Voir situation dans la constellation : Peintre)
Caractéristiques
Type spectral A8 Vn kA6[3]
Indice U-B +0,13[2]
Indice B-V +0,21[2]
Indice R-I +0,13[2]
Variabilité δ Sct[4],[5]
Astrométrie
Vitesse radiale +15,3 ± 1,3 km/s[6]
Mouvement propre μα = −66,07 mas/a[1]
μδ = +242,97 mas/a[1]
Parallaxe 33,78 ± 1,78 mas[1]
Distance 97 ± 5 al
(30 ± 2 pc)
Magnitude absolue +0,89[7]
Caractéristiques physiques
Masse 1,6 ± 0,1 M[5] / 1,05 ± 0,05 M[5]
Rayon 3,55 R[8]
Gravité de surface (log g) 3,48[9]
Luminosité 38,7+6,0
−5,2
 L[10]
Température 7 550 ± 35 K[10] / 5 068 ± 91 K[5]
Métallicité [M/H] = −0,11[3]
Rotation 206 km/s[11]
Âge 660 Ma[12],[13]
Composants stellaires
Composants stellaires α Pic A, α Pic B
Orbite
Compagnon α Pic B[5]
Excentricité (e) 0,29 ± 0,02
Période (P) 1 316 ± 2 j
Inclinaison (i) 121 ± 2°
Argument du périastre (ω) 353 ± 4°
Longitude du nœud ascendant (Ω) 219 ± 4°
Époque du périastre (τ) 2 456 390 ± 13 BJD

Désignations

α Pic, HD 50241, HIP 32607, HR 2550, CD-61 1478, CPD-61 720, GJ 248, LTT 2656, SAO 249647[14]

Alpha Pictoris (α Pic / α Pictoris) est une étoile binaire de la constellation australe du Peintre. Elle est visible comme étant l'étoile la plus brillante de la constellation, avec une magnitude apparente de 3,27[1]. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, le système est situé à environ ∼ 97 a.l. (∼ 29,7 pc) de la Terre, avec une marge d'erreur de 5 %[1]. Il s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de +15 km/s[6]. Alpha Pictoris a la particularité d'être l'étoile polaire sud de la planète Mercure[15].

Propriétés

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Alpha Pictoris est une étoile binaire dont les deux composantes orbitent l'une autour de l'autre selon une période de 1 316 jours (soit trois ans et sept mois) et avec une excentricité de 0,29[5]. La composante primaire, désignée α Pic A, est une étoile blanche de la séquence principale de type spectral A8 Vn kA6[3], la notation « kA6 » indiquant que son spectre présente une raie K du calcium plutôt typique d'une étoile de type A6, alors que ses raies de l'hydrogène sont celles d'une étoile de type A8. La lettre « n » suivant sa classe de luminosité V indique quant à elle que les raies spectrales apparaissent élargies (« nébuleuses ») en raison de la rotation rapide de l'étoile. Elle tourne en effet sur elle-même à une vitesse de rotation projetée de 206 km/s[11]. La spectroscopie montre également des caractéristiques en absorption étroites et variables dans le temps, dues à des mouvements de gaz circumstellaire en direction de l'étoile. Alpha Pictoris est ainsi catégorisée comme une étoile à enveloppe à rotation rapide, qui pourrait avoir récemment éjecté du gaz de son atmosphère externe[9],[16].

Alpha Pictoris A est 1,6 fois plus massive que le Soleil[5] et elle est âgée de 660 millions d'années[12],[13]. Son rayon est 3,55 fois plus grand que le rayon solaire[8], elle est environ 40 fois plus lumineuse que le Soleil et sa température de surface est de 7 550 K[10]. Le satellite TESS a montré que l'étoile est également une étoile variable de type Delta Scuti[4],[5].

Son compagnon, désigné α Pic B, apparaît être 5 % plus massif que le Soleil et avoir une température de surface de 5 068 K[5]. Il a été détecté lors de l'analyse des données du satellite Hipparcos , car Alpha Pictoris présente une accélération astrométrique marquée[5]. Alpha Pictoris est une source de rayons X, ce qui est inhabituel pour une étoile de type A. Cette émission pourrait plutôt être issue du compagnon en orbite[9],[17].

Notes et références

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  1. a b c d e f et g (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2,‎ , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
  2. a b c et d (en) D. Hoffleit et W. H. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050,‎ (Bibcode 1995yCat.5050....0H)
  3. a b et c (en) R. O. Gray et al., « Contributions to the Nearby Stars (NStars) Project: spectroscopy of stars earlier than M0 within 40 pc-The Southern Sample », The Astronomical Journal, vol. 132, no 1,‎ , p. 161–170 (DOI 10.1086/504637, Bibcode 2006AJ....132..161G, arXiv astro-ph/0603770)
  4. a et b (en) V. Antoci et al., « The first view of δ Scuti and γ Doradus stars with the TESS mission », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 490, no 3,‎ , p. 4040–4059 (DOI 10.1093/mnras/stz2787 Accès libre, Bibcode 2019MNRAS.490.4040A, arXiv 1909.12018)
  5. a b c d e f g h i et j (en) Shishir Dholakia et al., « A catalogue of binary stars from phase modulation in the first four years of TESS mission photometry », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 536, no 3,‎ , p. 2313–2323 (DOI 10.1093/mnras/stae2551 Accès libre, Bibcode 2025MNRAS.536.2313D, arXiv 2410.19729)
  6. a et b (en) G. A. Gontcharov, « Pulkovo Compilation of Radial Velocities for 35 495 Hipparcos stars in a common system », Astronomy Letters, vol. 32, no 11,‎ , p. 759 (DOI 10.1134/S1063773706110065, Bibcode 2006AstL...32..759G, arXiv 1606.08053)
  7. (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5,‎ , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
  8. a et b (en) I. McDonald, A. A. Zijlstra et R. A. Watson, « Fundamental parameters and infrared excesses of Tycho-Gaia stars », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 471,‎ , p. 770–791 (DOI 10.1093/mnras/stx1433 Accès libre, Bibcode 2017MNRAS.471..770M, arXiv 1706.02208, lire en ligne)
  9. a b et c (en) M. Hempel et J. H. M. M. Schmitt, « High resolution spectroscopy of circumstellar material around A stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 408, no 3,‎ , p. 971–979 (DOI 10.1051/0004-6361:20030946 Accès libre, Bibcode 2003A&A...408..971H)
  10. a b et c (en) J. Zorec et F. Royer, « Rotational velocities of A-type stars. IV. Evolution of rotational velocities », Astronomy & Astrophysics, vol. 537,‎ , article no A120 (DOI 10.1051/0004-6361/201117691, Bibcode 2012A&A...537A.120Z, arXiv 1201.2052, lire en ligne)
  11. a et b (en) F. Royer, J. Zorec et A. E. Gómez, « Rotational velocities of A-type stars. III. Velocity distributions », Astronomy & Astrophysics, vol. 463, no 2,‎ , p. 671-682 (DOI 10.1051/0004-6361:20065224, Bibcode 2007A&A...463..671R, arXiv astro-ph/0610785)
  12. a et b (en) K. Y. L. Su et al., « Debris Disk Evolution around A Stars », The Astrophysical Journal, vol. 653, no 1,‎ , p. 675–689 (DOI 10.1086/508649, Bibcode 2006ApJ...653..675S, arXiv astro-ph/0608563)
  13. a et b (en) Inseok Song et al., « Ages of A-Type Vega-like Stars from uvbyβ Photometry », The Astrophysical Journal, vol. 546, no 1,‎ , p. 352–357 (DOI 10.1086/318269, Bibcode 2001ApJ...546..352S, arXiv astro-ph/0010102)
  14. (en) * alf Pic -- High Proper Motion Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  15. (en) Patrick Moore, Moore on Mercury: the planet and the missions, Springer, (ISBN 978-1846282577, lire en ligne), p. 121
  16. (en) Aki Roberge et Alycia J. Weinberger, « Debris Disks around Nearby Stars with Circumstellar Gas », The Astrophysical Journal, vol. 676, no 1,‎ , p. 509–517 (DOI 10.1086/527314, Bibcode 2008ApJ...676..509R, arXiv 0711.4561)
  17. (en) C. Schröder et J. H. M. M. Schmitt, « X-ray emission from A-type stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 475, no 2,‎ , p. 677–684 (DOI 10.1051/0004-6361:20077429 Accès libre, Bibcode 2007A&A...475..677S)

Liens externes

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