Anagaste
Anagastes ou Anagaste est un haut dignitaire militaire de l’Empire byzantin, actif principalement sous le règne de Léon Ier, vers 460-470. Il se distingue par des succès militaires contre les Huns et par une tentative de sédition.
Biographie
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Ses origines sont mal connues, son père est Arnegisclus, d'origine gothique, qui occupe la fonction de maître des milices en Thrace vers 447 et meurt lors d'une bataille contre Attila[1]. Anagaste est mentionné en 466 ou 467 comme comes rei militaris en Thrace. Il participe notamment à la lutte contre le chef hunnique Dengitzic qui a pris la suite d’Attila et tente de maintenir la cohésion de l’empire hunnique. Il envoie notamment des émissaires auprès de lui pour connaître les raisons de ses actions contre l’Empire romain, sans succès. Dans les mêmes années, il fait partie, avec Basiliscus, des généraux à la tête d’une armée qui combat une troupe mêlant des Huns et des Goths qui ont fait irruption en Thrace. La nature exacte de sa fonction est alors incertaine. Il pourrait être duc de Scythie ou bien duc de Mésie seconde[2].
En 469-470, il est mentionné comme maître des milices pour la Thrace, soit le chef des forces armées présentes dans cette province. Il a probablement succédé à Zénon dans cette fonction même si un doute demeure. Zénon pourrait en effet lui avoir succédé à cette fonction car la chronologie est imprécise. En 468 ou 469, il aurait notamment remporté une bataille lors de laquelle meurt Dengitzic, ce qui met un terme à la menace que font peser les Huns sur l’Empire. Sa tête est d’ailleurs envoyée en trophée à Constantinople. La même année, il se révolte contre l’empereur Léon Ier et s’empare de plusieurs forts. La raison de cette sédition est mal connue. Elle pourrait être une réaction à la nomination comme consul de Flavius Jordanès alors qu’il aurait pu être un candidat crédible mais fragilisé par le fait qu'il aurait souffert d'épilepsie[3]. Il aurait également eu l'envie d'être mieux payé ou récompensé de son succès contre les Huns. L'empereur envoie Zénon contre lui mais Aspar et Ardabur seraient intervenus pour contraindre Zénon à partir pour l'Orient[4]. Quoi qu’il en soit, Anagaste finit par renoncer à son action et accuse Ardabur, le fils de l’influent général Aspar, qui domine alors la cour byzantine, d’être à l’origine de sa tentative de soulèvement. Aspar fait alors l’objet de tentatives de déstabilisation de la part de ses adversaires, qui lui reprochent son influence trop grande, au point parfois d’être considéré comme le véritable détenteur du pouvoir impérial aux dépens de Léon Ier. Même si certaines de ces accusations sont sans doute mensongères, le fait que Jordanès ait évincé Ardabur de son poste de maître des milices d'Orient peut expliquer cette alliance[3]. Il demeure difficile de connaître les raisons exactes de cet épisode, d’autant qu’un conflit familial est à prendre à compte, étant donné que le père d’Anagaste a tué le propre père de Jordanès, implliquant une opposition entre la famille d'Anagaste, d'origine gothe et celle de Jordanès, d'ascendance vandale[2]. Enfin, c’est peut-être lors de cet épisode qu’Anagaste aurait tué un soldat goth du nom de Vllibos, un événement notamment rapporté par Zacharie le Rhéteur[5]. Vllibos serait également un rebelle à l'autorité byzantine, même si son identité demeure incertaine[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 151.
- Martindale, Jones et Morris 1980, p. 82.
- Puech 2022, p. 37 (note 22).
- ↑ Puech 2022, p. 40 (note 46).
- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 82-83.
- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 1180.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) Christoph Begass, Die Senatsaristokratie des oströmischen Reiches, ca. 457-518, Munich, (ISBN 978-3-406-71632-4)
- (en) Brian Croke, « Dynasty and Ethnicity: Emperor Leo I and the Eclipse of Aspar », Chiron, vol. 35, , p. 147-201
- (en) J. Martindale, Arnold H.M. Jones et John Morris, The Prosopography of the Later Roman Empire, AD 395-527, vol. II, Cambridge, Cambridge University Press, , 1342 p. (ISBN 978-0-521-20159-9, lire en ligne).
- Vincent Puech, Les élites de cour de Constantinople (450-610), Ausonius éditions, coll. « Scripta Antiqua 155 »,