André Caplet
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(à 46 ans) Boulevard d'Inkermann (Neuilly-sur-Seine) |
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André Léon Caplet |
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André Caplet, né le au Havre et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un compositeur et chef d'orchestre français.
Biographie
[modifier | modifier le code]André Caplet étudie la composition dans sa ville natale avant d’effectuer de brillantes études au Conservatoire de Paris, sous la direction de Paul Vidal pour le solfège et l'accompagnement[1], Xavier Leroux pour l'harmonie et de Charles Lenepveu pour la composition, qui aboutissent rapidement à un premier prix d'harmonie en 1898[2], puis au Grand prix de Rome[3], qui lui a été décerné en , devant Maurice Ravel, avec une cantate intitulée Myrrha, ce qui a été à l’origine de leur amitié et de leur collaboration. Le véritable maitre, ou plutôt l’initiateur, de Caplet n’est autre que Claude Debussy. L’admiration affectueuse que vouait Caplet à ce dernier se reflète dans ses œuvres, notamment le Miroir de Jésus, qu’il a dirigé lui-même aux Concerts Colonne[3].
Son tempérament ne lui permettant pas de se plier à la discipline de la villa Médicis, il quitte l’École, et avant la fin de son séjour, pour voyager à travers l’Europe musicale. Un long séjour en Allemagne développe ses qualités latentes de chef d’orchestre[4]. Il compose des œuvres vocales et religieuses, telles que la Messe des petits de Saint-Eustache-la-Forêt (1919), Pie Jesu (1919) et Le Miroir de Jésus (1923). Compositeur doublé d’un chef d'orchestre, il crée le Martyre de Saint-Sébastien de Debussy en 1911. Appelé à diriger aux États-Unis, il dirige l'opéra de Boston de 1910 à 1914[5], dont la première américaine de L'Enfant prodigue de Debussy, le avec la soprano Alice Nielsen[6].

En 1914, nommé chef de l'orchestre de l'Opéra de Paris, il révèle, lors des premières représentations du Châtelet, la partition du Martyre de Saint Sébastien, sur l’expresse volonté de Claude Debussy lui-même[3]. Au moment de la déclaration de la Première Guerre mondiale, bien qu'exempté du service militaire, il s’engage. Sous le feu ennemi, il reprend la composition de mélodies, dont certaines, d’inspiration religieuse[7]. Lorsqu’il est gazé, sa santé l'empêche de continuer sa carrière de chef d'orchestre, alors qu'il était considéré comme l'un des meilleurs de son époque au niveau international[8]. Dès lors, il se consacre essentiellement à l'orchestration (La Boîte à joujoux, Jet d'eau, Clair de lune de Claude Debussy) et à la composition avec une dominante religieuse (Messe à trois voix, La Part à Dieu, Le Miroir de Jésus : Mystères du Rosaire[9]). Il est également l'auteur de Légende, qui comporte une partie significative de saxophone[10].
Ses œuvres instrumentales ont mis en musique des thèmes populaires persans, Salammbô de Flaubert (1902), le Conte fantastique d'après Le Masque de la mort rouge d’Edgar Allan Poe et la Suite persane pour double quintette à vent. On a encore de lui un Epithalame, pour violoncelle et orchestre, des morceaux religieux, des chœurs, des trios pour voix de femmes et orchestre, des mélodies sur des poèmes de Rémy de Gourmont et des ballades françaises de Paul Fort. Il a, en outre, mis en musique plusieurs fables de La Fontaine, et écrit des exercices vocaux dont le recueil s’intitule ; Le Pain quotidien[3].
Enfin, dans ses dernières années, il est souvent monté au pupitre des associations symphoniques, en particulier les Concerts Pasdeloup qui, pendant un temps, l’ont eu pour chef-adjoint, avec Rhené-Baton. Cette dernière période de sa carrière a été la plus active, comme si l’approche de sa fin le poussait inconsciemment à se dépenser avec une ardeur accrue. L’une des figures les plus vivantes de la jeune école, il disparait en pleine maturité, frappé presque subitement par une congestion pulmonaire, des suites d’une affection chronique de la poitrine, contractée au contact des gaz du front[3]. De Geneviève Perruchon (1886-1955), épousée le , il a eu un fils. Il a eu une brève liaison avec Isadora Duncan[11].
Lors de ses obsèques, sur la demande formelle du Général Mangin, la Marche de Douaumont, qu’il avait rapportée de la tourmente, a accompagné son cercueil[1]. Il repose dans la 22e division du cimetière de Montmartre. Une partie de ses partitions manuscrites originales est conservée par la Bibliothèque municipale du Havre.
Jugements
[modifier | modifier le code]« Hier, pour la première fois, j’ai entendu deux mélodies d’André Caplet sur des vers de Georges Jean-Aubry [...] Ce Caplet est un artiste. Il sait trouver l’atmosphère sonore et, avec une jolie sensibilité, a le sens des proportions ; ce qui est beaucoup plus rare qu’on ne le croit, à notre époque de musique bâclée, ou hermétique comme un bouchon[7] ! »
— Claude Debussy, 1908
Catalogue des œuvres
[modifier | modifier le code]Musique vocale
[modifier | modifier le code]Voix et piano
[modifier | modifier le code]- Green (P. Verlaine), 1902
- Il était une fois (J. Richepin), 1903
- Poème de mai (A. Silvestre), 1902
- Dans la fontaine (P. Gravollet), 1903
- Papillons (P. Gravollet), 1903
- Le Livre rose (P. J. Pain), 1898–1901
- 1. Le Livre où je veux lire
- 2. Premier Prix
- 3. Les Pleurs de bébé
- 4. Le Furet du bois, Mesdames
- Chanson d'automne (A. Silvestre), 1900
- Paroles à l'absente (G. Jean-Aubry), 1908
- 1. Préludes
- 2. Ce sable fin et fuyant
- 3. Angoisse
- Le Vieux Coffret (R. de Gourmont), 1914–1917
- 1. Songe
- 2. Berceuse
- 3. In una selva oscura
- 4. Forêt
- En regardant ces belles fleurs (Charles d’Orléans),
- Nuit d'automne (H. de Régnier),
- Prière normande (J. Hébertot), 1916
- Solitude (J. Ochse), 1915
- La Croix douloureuse (R. P. Lacordaire) 1918
- Détresse ! (H. Charasson),
- Trois Fables (La Fontaine), 1919
- 1. Le Corbeau et le Renard
- 2. La Cigale et la Fourmi
- 3. Le Loup et l'Agneau
- Le Pain quotidien, (15 exercices), 1920
- Cinq Ballades françaises (P. Fort) 1920
- 1. Cloche d'aube
- 2. La Ronde
- 3. Notre chaumière en Yvelines
- 4. Songe d'une nuit d'été
- 5. L'Adieu en barque
- L'Hymne à la naissance du matin (d’après Paul Fort), 1920
- La Cloche fêlée (C. Baudelaire), 1922
- La Mort des pauvres (C. Baudelaire), 1922
- La Part à Dieu (chanson populaire), 1925
Voix et orgue
[modifier | modifier le code]- Pie Jesu, 1919
- Panis angelicus, 1919
- Pater noster, 1919
- Tu es sacerdos, 1920
- Les Prières, 1914-1917
Voix et flûte
[modifier | modifier le code]- Viens! Une flûte invisible soupire, poème de Victor Hugo, 1900
- Corbeille de fruits (Rabindranath Tagore), 1924
- Écoute mon cœur (Tagore), 1924
Voix et harpe
[modifier | modifier le code]Voix et orchestre
[modifier | modifier le code]- Myrrha, scène lyrique pour trois voix solistes et orchestre (F. Beissier d'après Sardanapale de Lord Byron), 1901 - Grand Prix de Rome
- Il était une fois (J. Richepin)
- Paroles a l'absente (G. Jean-Aubry), 1908
- 1. Préludes
- 2. Angoisse
- Le Vieux Coffret (R. de Gourmont)
- La Croix douloureuse (R. P. Lacordaire)
- Détresse ! (H. Carasson)
- Hymne à la naissance du matin (P. Fort),
- Les Prières pour voix, harpe et quatuor à cordes, 1914–1917
- 1. Oraison dominicale
- 2. Salutation angélique
- 3. Symbole des apôtres
- Le Miroir de Jésus (Henri Ghéon) pour voix solo, chœur à 3 voix, harpe et quatuor à cordes, 1923
Musique chorale
[modifier | modifier le code]- Inscriptions champêtres pour trois voix a cappella (R. de Gourmont),
- Messe à trois voix, dite des petits de Saint-Eustache la Forêt, a cappella 1919-1920
- 1. Kyrie eleison
- 2. Gloria
- 3. Sanctus
- 4. Agnus Dei
- 5. O Salutaris
- Été (V. Hugo), pour chœur mixte et orchestre, 1899
- Pâques citadines (C. Spinelli), pour chœur mixte et orchestre, 1920
Musique instrumentale
[modifier | modifier le code]Harpe
[modifier | modifier le code]- Deux Divertissements (1924)
- 1. à la française
- 2. à l'espagnole
Piano
[modifier | modifier le code]- Menuet dans le style ancien, 1897
- Prélude pour piano à quatre mains, 1899
- Deux pièces, 1900
- Do, ré, mi, fa, sol dans tous les tons (petites pièces faciles) pour piano à quatre mains, 1901
- Un tas de petites choses pour piano à quatre mains, 1919
Musique de chambre
[modifier | modifier le code]- Rêverie et Petite Valse pour flûte et piano, 1897
- Quintette pour piano, flûte, hautbois, clarinette et basson, 1898-1899
- 1. Allegro
- 2. Adagio
- 3. Scherzo
- 4. Finale
- Suite persane pour 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, et 2 cors, 1900
- 1. Scharki (allegretto)
- 2. Nihavend (andantino)
- 3. Iskia Samaisi (vivo)
- Feuillets d'album pour flûte et piano, 1901
- Élégie pour violoncelle et piano, 1903
- Allégresse pour violoncelle et piano, 1903
- Septuor pour cordes vocales et instrumentales (quatuor à cordes et trois voix de femmes), 1909
- Sonate pour piano, voix, violoncelle, 1919
- Épiphanie pour violoncelle et piano (réduction de la version pour orchestre), 1923
- Improvisations pour violoncelle et piano d'après Le Pain quotidien, 1923
- Conte fantastique d'après Le Masque de la mort rouge d'Edgar Allan Poe pour harpe et quatuor à cordes, 1924
- Sonata da chiesa pour violon et orgue, 1924
- 1. Calme
- 2. Intérieur
- 3. Alléluia
Orchestre
[modifier | modifier le code]- Suite d'orchestre (sur des mélodies populaires persanes), 1900
- Légende (suite symphonique pour saxophone et orchestre), 1905
- Le Masque de la mort rouge pour harpe chromatique principale et orchestre à cordes, 1908
- Marche solennelle pour le centenaire de la Villa Médicis, 1903
- Salammbô, poème symphonique, 1902
- Marche héroïque de la Ve Division pour musique militaire, 1917
- Épiphanie, fresque musicale pour violoncelle et orchestre, 1923
Arrangements
[modifier | modifier le code]Réductions pour piano
[modifier | modifier le code]- Images (Debussy)
- 1. Rondes de printemps
- 2. Gigues
- 3. Iberia
- La Mer (Debussy)
- Le Martyre de Saint Sébastien, voix et piano (Debussy)
- La Mer, pour 2 pianos, 6 mains (Debussy)
Orchestrations
[modifier | modifier le code]- Children's Corner (Claude Debussy)
- Pagodes (Debussy)
- Clair de lune de la Suite bergamasque (Debussy)
- Le Martyre de Saint Sébastien, fragments symphoniques (Debussy)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- René Gobillot (d), « André Caplet », La Revue normande, Paris, vol. 10, no 86, , p. 126-7 (ISSN 2739-9893, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « André Caplet », Le Ménestrel, Paris, Heugel, vol. 87, no 18, , p. 204 (ISSN 2391-3096, lire en ligne sur Gallica).
- Jean Poueigh, « André Caplet », L'Ère nouvelle, Paris, vol. 7, no 2734, , p. 2 (ISSN 2540-4954, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ R. M., « Mort d’André Caplet », Fortunio, Marseille, vol. 11, no 67, , p. 847-8 (ISSN 2546-8006, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ (en) « Boston », sur www.andre-caplet.fr (consulté le )
- ↑ (en) « Nielsen, Alice (c. 1870–1943) | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
- Brigitte François-Sappey, Gilles Cantagrel et Marie-Claire Beltrando-Patier, « André Caplet », dans Guide de la mélodie et du lied, Paris, Fayard, , 928 p., illustr. ; in-16 (ISBN 978-2-21359-210-7, OCLC 34515385, lire en ligne), p. 208.
- ↑ « André Caplet » dans Jean-Pierre Thiollet, Sax, Mule & Co, H & D, Paris, 2004, p. 109.
- ↑ André Caplet, Le Miroir de Jésus : Mystères du Rosaire pour chant (voix principale), chœur de femmes, orchestre à cordes et harpe, éditions Durand.
- ↑ Jean-Pierre Thiollet, Sax, Mule & Co, op. cit., p. 108-109.
- ↑ (en) Carl Leon Bankston, Great Events from History : 1904-1972, Pasadena, Salem Press, , lxxxvi, 1259, XLIII p., 3 vol. () : illustrations ; 26 cm (ISBN 9781587654695, OCLC 800827159, lire en ligne), p. 35.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Ouvrages généraux
[modifier | modifier le code]- Roland de Candé, La Musique : Histoire, dictionnaire, discographie, Paris, Éditions du Seuil, , 688 p., p. 191,
- Antoine Goléa, La musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles, Paris, Alphonse Leduc, , 954 p. (ISBN 2-8568-9001-6), p. 515-516,
- Paul Pittion, La Musique et son histoire : tome II — de Beethoven à nos jours, Paris, Éditions ouvrières, , 574 p., p. 440-441,
- Gustave Samazeuilh, Musiciens de mon temps : Chroniques et souvenirs, Paris, Marcel Daubin, (1re éd. 1925), 430 p., in-16 (BNF 43254580), p. 234-238,
- Émile Vuillermoz, Histoire de la musique, Paris, Fayard, coll. « Les grandes études historiques », , 606 p. (ISBN 2-213-00859-0), p. 504,
- Roger Wild (dir.), L'Initiation à la musique, à l'usage des amateurs de musique et de radio, Paris, Éditions du Tambourinaire, , 439 p., p. 99.
Monographies
[modifier | modifier le code]- Denis Herlin et Cécile Quesney, André Caplet : compositeur et chef d'orchestre, Paris, Société française de musicologie, , 540 p. (ISBN 978-2-853-57269-9).
- (en) Williametta Spencer (Thèse de doctorat), The influence and stylistic heritage of André Caplet, Los Angeles, University of Southern California, , 394 p. (OCLC 493895122, lire en ligne)
Articles
[modifier | modifier le code]- Yvonne Gouverné et Dom Angelico Surchamp (dir.), André Caplet, Zodiaque (no 107), , 44 p.
Liens externes
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- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Chef d'orchestre français
- Compositeur français du XXe siècle
- Compositeur français de musique classique de la période moderne
- Prix de Rome en composition musicale
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- Naissance en novembre 1878
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- Décès à Neuilly-sur-Seine
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