Angaataha
| Angaataha | |
| Pays | Papouasie-Nouvelle-Guinée |
|---|---|
| Région | Vallée du Langimar |
| Nombre de locuteurs | 3 000 |
| Écriture | Alphabet latin |
| Classification par famille | |
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L'angaataha est une langue de Papouasie-Nouvelle-Guinée parlée dans la vallée de Langimar, comptant environ trois mille locuteurs du peuple Angaatiya. Elle est particulièrement étudiée par les linguistes car elle compte onze genres.
Classification
[modifier | modifier le code]Histoire et géographie
[modifier | modifier le code]L'angaataha est la langue des Angaatiya qui habitent des villages et hameaux situés dans la vallée du Langimar, entre 1 500 et 1 500 mètres d’altitude. En 1973, cette langue compte environ 750 locuteurs identifiés, mais ce nombre augmente au début du XXIe siècle, avec environ trois mille locuteurs identifiés entre 2020 et 2024[1],[2].
Morphologie
[modifier | modifier le code]Selon une étude entre 2020 et 2024, l'angaataha compte six voyelles et seize consonnes, ces dernières se répartissent en quatre séries de quatre consonnes : obstruantes, obstruentes prénasalisées, nasales et approximantes[3]. Une étude précédente menée entre 1968 et 1971 comptait pour sa part onze consonnes et sept voyelles[4].
Suivant un schéma commun en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les verbes présentent des formes complexes, que des affixes permettent de catégoriser dans une dizaine de catégories différentes, notamment en termes de négation, de personne, de mode réfléchi ou réciproque, de temps, d'aspect, de mode. Les phrases complexes sont organisées en propositions, jointes par des suffixes placés à la fin des verbes médiaux. La suffixe détermine si la proposition finale a le même sujet que la proposition médiale ou un sujet différent[5].
L'angaataha utilise au singulier onze genres différents : un masculin et un féminin, tous deux appliqués aux êtres humains, et neuf genres neutres s'appliquant aux noms non-humains. Le genre est marqué par un suffixe qui s'applique sur la plupart des mots : noms, adjectifs, déterminants, pronoms, verbes des propositions relatives, ainsi que les compléments du nom dans les syntagmes sans tête. De manière rare, le féminin, marqué par le suffixe -ap, l'emporte sur le masculin, formellement non marqué. Au pluriel, deux genres s'expriment : un macro-genre humain -ya, et un macro-genre non-humain -aiwa[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Roberta D. Huisman 1973, 0. Introduction, p. 29.
- ↑ Yann Le Moullec 2025, § 2, p. 245.
- ↑ Yann Le Moullec 2025, § 4, p. 245 & 246.
- ↑ Ronald Huisman 1973, 0. Introduction, p. 43.
- ↑ Yann Le Moullec 2025, § 7, p. 246.
- ↑ Yann Le Moullec 2025, § 9, p. 246.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- [Roberta D. Huisman 1973] (en) Roberta D. Huisman, « Angaataha narrative discourse », Linguistics (en), vol. 11, no 110, , p. 29-42 (ISSN 1613-396X, DOI 10.1515/ling.1973.11.110.29, lire en ligne)
- [Ronald Huisman 1973] (en) Ronald Huisman, « Angaataha verb morphology », Linguistics (en), vol. 11, no 110, , p. 43-54 (ISSN 1613-396X, DOI 10.1515/ling.1973.11.110.43, lire en ligne)
- [Eko & Graham 2013] (en) Robert Eko et Mack Graham, Tentative grammar description : for the Angaataha Language spoken in Morobe Province, , 42 p. (lire en ligne)
- [Yann Le Moullec 2025] Yann Le Moullec, « Une grammaire du genre en angaataha (Papouasie–Nouvelle-Guinée) », Journal de la Société des Océanistes, nos 160-161, , p. 245-248 (ISSN 1760-7256, DOI 10.4000/14pfe, lire en ligne)