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Auguste Vautrin

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Auguste Vautrin
Auguste Vautrin en 1894
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Auguste Côme Vautrin
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Mouvement
signature d'Auguste Vautrin
Signature.

Auguste Vautrin, né le à Nancy et mort le dans la même ville, est un sculpteur français de l'École de Nancy.

Auguste Côme Vautrin nait le au no 28 de la rue du faubourg des Trois-Maisons à Nancy (Meurthe), fils d'Étienne Nicolas Vautrin (1836-1871), maçon, et de Rosalie Lhote (1838-1916), son épouse[1],[2]. L'enfant est baptisé le en l'église Saint-Vincent-et-Saint-Fiacre ; c'est aussi dans cette église qu'il effectue sa première communion le [1].

Il est lauréat du certificat d'études primaires[1], auquel pouvaient se présenter à cette époque les enfants dès l'âge de onze ans, les dispensant en cas de réussite du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer.

Études et premiers travaux

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De 1881 à 1885, il étudie le dessin, le modelage et la sculpture à l'École municipale et régionale des Beaux-Arts de Nancy dirigée par Théodore Devilly, dont il sort avec un premier prix de figure, assorti d'une bourse d'études de 150 francs, et un deuxième prix de composition[1].

En 1888, il habite à Paris, où il est l'élève d'Auguste Truphème au cours supérieur de dessin de la Ville de Paris, récompensé par une médaille[1]. En 1889, il est modeleur pour l'ornementation des pylones des portes latérales du Palais de la Guerre de l'Exposition universelle[3].

L'architecte nancéien Ferdinand Genay fait appel à lui comme sculpteur lors de la reconstruction et restauration de l'église Saint-Laurent de Pont-à-Mousson de 1892 à 1895[1].

Entreprise de sculpture

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En 1896, Auguste Vautrin prend la succession du sculpteur F.-A. Pillement (1850-1896), de l'entreprise Pillement fondée en 1855, en occupant un local commercial no 11 rue de Metz[a] à Nancy et se présentant comme « sculpteur, spécialité pour la décoration en carton-pierre, corniches et moulures de plafond en staff, sculpture sur pierre, sur bois et sur marbre ». Il renonce quelques années plus tard à cette activité libérale pour devenir employé à plein temps de l'entreprise des frères Cayotte[b].

Il devient membre sociétaire de l'École de Nancy le [1].

Expositions

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En 1888, il expose au Salon de la Société des artistes français présidée par Antoine-Nicolas Bailly. Il expose de nouveau à ce salon en 1894, la Société des artistes français étant alors présidée par Léon Bonnat. Les lettres des présidents ont été conservées[1].

Enseignement

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À partir de 1915, il est professeur de sculpture et de modelage à l'École d'apprentissage du bâtiment fondée par Edmond Cayotte[1],[4], no 24 rue du Haut-Bourgeois à Nancy[5].

Service militaire

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Le conscrit Vautrin est incorporé au 4e régiment d'artillerie de forteresse à compter du . Il est mobilisé le , puis renvoyé dans ses foyers le [1].

Le , Auguste Vautrin épouse à Nancy Thérèse Célina Thincelin (1874-1954), tailleuse[1] ; le couple aura une fille, Jeanne, née le , qui aura elle-même une fille, deux petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants, dont Mathias Auclair.

Auguste Vautrin meurt d'une hémorragie brutale d'origine cancéreuse le , âgé de 52 ans, en son domicile no 2 rue de Mars-la-Tour à Nancy. Il est inhumé au cimetière de Préville, avec sa femme († 1954) et sa fille († 1973)[c].

Maison Ambiel-Renaudin, 1902, signatures
Maison Ambiel-Renaudin, 1902, signatures

La plupart de ses œuvres sont signées « Vautrin », « A.V. » ou « A. Vautrin », un manque de précision ayant entraîné dans beaucoup d'ouvrages de référence (Paul Arthur[6], Christian Debize[7] et autres[8]…), une transformation de son prénom en « Albert », alors qu'il n'existe aucun Albert Vautrin sculpteur. L'erreur sur le prénom imprimée dans les notices des trois tomes « Nancy architecture 1900. Inventaire général, Lorraine - Images du Patrimoine » en 1992 aux éditions Serpenoise a été corrigée dans les notices ultérieures en ligne, mais existe encore dans beaucoup d'autres sources.

Façades d'immeubles à Nancy

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  • Maison Simette, no 12 bis rue de Metz, construite de 1900 à 1902 pour Léon Simette, entrepreneur de travaux publics et administrateur de société, par Charles-Désiré Bourgon, architecte. La date 1901 et les signatures sont portées par l'avant-corps. Ornement végétal : lierre, marronnier, clématites, tournesols, capucines, nénuphars[9],[10],[11].
  • Maison Ambiel-Renaudin construite en 1902 no 49-51 rue Pasteur pour Georges Ambiel par Lucien Bentz, architecte. Georges Ambiel meurt avant la fin de la construction, et sa veuve vendra la maison au peintre Alfred Renaudin en 1906. La date et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade antérieure sur la chaîne d'angle droite. Ornement végétal : iris, pavot[12],[13],[14],[15],[11].
  • Maison Loppinet, no 45 avenue Foch, construite en 1902-1903 pour Fernand Loppinet, inspecteur puis conservateur honoraire des eaux et forêts, par Charles-Désiré Bourgon, architecte. Date et signatures portées sur l'angle gauche de la façade. Ornement végétal : ombelles, nénuphars, chardons[16],[17],[18],[19].
  • Pharmacie Jacques, construite pour le pharmacien Victor-Alphonse Jacques (1860-1909) par Lucien Bentz, architecte, à l'angle du no 55 rue Jeanne-d'Arc et du no 33 rue de la Commanderie. La date 1903 et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade rue Jeanne-d'Arc, à l'angle droit sous le bandeau couronnant le premier niveau. Ornement végétal : pavot, colchique, gui, chêne, nénuphar, lierre, clématite, glycine. Sur la sculpture surplombant la porte d'entrée, deux serpents viennent boire à la coupe d'Hygie, symbole de la corporation des pharmaciens[20],[21],[22].
  • Maison Vautrin, construite en 1903 au no 38 rue de Cronstadt pour Auguste Vautrin par Léon Cayotte, architecte : médaillon avec deux chérubins. La date et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade. Cette maison a été habitée par la famille du sculpteur du au . La petite Jeanne Vautrin, née en 1898, a servi de modèle pour l'un des deux sujets.

Autres sculptures

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Monument aux morts : signature de la maquette originale
  • Sculptures en plâtre : buste de sa femme, main de sa fille, jardinière, bougeoirs…
  • Sculptures sur bois : présentoir à médailles, miroir face à main, sceau de sa fille…

Les céramiques de Vautrin sont éditées par la Société anonyme de produits céramiques de Rambervillers dirigée par Alphonse Cytère, qui publie un catalogue en 1905, avec suppléments en 1906 et 1907.

  • Pied de lampe Eucalyptus, récompensé par un 1er prix au concours de l'École de Nancy du [30],[31],[32].
  • Bonbonnière, récompensée par une 4e mention au concours de l’École de Nancy de 1906[30].

La manufacture de Rambervillers commercialise deux modèles de cheminées de salon signés Auguste Vautrin[33],[34],[30]

  • Cheminée Capucines, 1907 (n° 102 du catalogue)
  • Cheminée Le Singe et le Chat[30], grès émaillé à reflets métalliques cuivrés[33], 1907 (n° 103 du catalogue), ou Bertrand et Raton, avec sculpture illustrant la fable de La Fontaine.

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Détruit et remplacé par un nouvel immeuble en 1903.
  2. a et b Entreprise de plâtrerie et de décoration Cayotte Frères (Edmond Cayotte, 1866-1929, et Paul Cayotte, 1870-1941), no 22 rue du Téméraire à Nancy.
  3. Cimetière de Préville, sépulture n° 2455, série 1e, Famille Thincelin-Vautrin, localisation allée H, 6e plate-bande, 8e droite.
  4. La métalline est un mortier composé de poudre et de granulats de calcaire dans du plâtre qui imite la pierre naturelle.
  5. L'encadrement de cette grande porte intérieure en métalline est exécuté en grès émaillé de la manufacture de Rambervillers (Catherine Coley, « Les Magasins Réunis : une réalisation architecturale exemplaire avant la première guerre », Le Pays lorrain, Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain,‎ , p. 83-94 (lire en ligne).
  6. Détruite lors de l'incendie de janvier 1916.

Références

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  1. a b c d e f g h i j k l et m Mathias Auclair, Inventaire des pièces relatives à Auguste Vautrin : État-civil, papiers personnels ; Lettres ; Diplômes ; Médailles ; Croquis, dessins et plans ; Sculptures ; Photographies ; Journaux et revues ; Maisons sculptées par Auguste Vautrin, École des chartes, , 17 p.
  2. « Auguste Côme Vautrin », sur gw.geneanet.org (consulté le )
  3. « Expositions de 1851-1900, Expo Paris 1889, Pavillons, Pavillons nationaux, Guerre », sur worldfairs.info (consulté le )
  4. Émile Badel, « L'École d'apprentissage du bâtiment à Nancy », L'Immeuble et la construction dans l'Est, no 26,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  5. Edmond Cayotte, Une leçon de la guerre : l'École d'apprentissage de Nancy, Nancy, Rigot & Cie, , 79 p.
  6. (en) Paul Arthur (it), French Art Nouveau Ceramics : An illustrated Dictionary, Paris, Éditions Norma, , 423 p., notice « Albert (sic) Vautrin », p. 360
  7. Christian Debize, Guide de l'École de Nancy, Presses universitaires de Nancy et éditions Serpenoise de Metz, , 159 p. (ISBN 978-286480373-7)
  8. (fr + de + en) Jean-Claude Groussard, Francis Roussel, Catherine Coley, Francis Loyer et Françoise Thérèse Charpentier (préf. René Gachet), Nancy Architecture 1900 (guide édité dans le cadre de l'exposition Nancy Architecture 1900, 1976), Ville de Nancy
  9. Francis Roussel (photogr. Daniel Bastien), Nancy Architecture 1900, t. 3 : de la rue de Malzéville à la Cure d'Air Trianon, Serpenoise, coll. « Images du Patrimoine », , 95 p. (ISBN 2-87692-138-3), p. 12 bis rue de Metz, p. 24-25
  10. Francis Roussel, « Immeuble », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  11. a et b Nancy Architecture 1900 (1976, opus cité), p. 52
  12. Francis Roussel (photogr. Daniel Bastien), Nancy Architecture 1900, t. 3 : de la rue de Malzéville à la Cure d'Air Trianon, Serpenoise, coll. « Images du Patrimoine », , 95 p. (ISBN 2-87692-138-3), p. 51 rue Pasteur, p. 27
  13. Francis Roussel, « Maison dite Villa Ambiel, puis Renaudin », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  14. « Maison dite Villa Ambiel, Renaudin », sur inventaire.grandest.fr (consulté le )
  15. Christian Debize, Guide de l'École de Nancy (opus cité), , Maison du peintre Renaudin, p. 141
  16. Francis Roussel, « Maison dite Hôtel Loppinet », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  17. Francis Roussel (photogr. Daniel Bastien), Nancy Architecture 1900, t. 2 : de l'avenue Foch à la rue Louis-Majorelle, Metz, Serpenoise, coll. « Images du Patrimoine », , 95 p. (ISBN 2-87692-137-5), p. 45 avenue Foch, p. 12-13
  18. Christian Debize, Guide de l'École de Nancy (opus cité), , Maison Loppinet, p. 129
  19. Nancy Architecture 1900 (1976, opus cité), p. 26
  20. Francis Roussel, « Immeuble », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  21. Florence Leclerc et Pierre Labrude, « Les pharmacies Art Nouveau à Nancy », Revue d'Histoire de la Pharmacie, t. 90, no 335,‎ , La pharmacie Jacques, p. 389 (lire en ligne, consulté le )
  22. Nancy Architecture 1900 (1976, opus cité), p. 33
  23. Valérie Thomas et al. (préf. André Rossinot), Le musée de l'École de Nancy dévoile ses réserves (catalogue de l'exposition du 3 mars au 13 mai 2007 aux Galeries Poirel de Nancy), Lyon, Fage éditions, , 127 p. (ISBN 978-2-84975-103-9), « L'École de Nancy et les Galeries Poirel », p. 20-21
  24. « Le Salon des arts décoratifs de Nancy, octobre 1904 », sur onris.free.fr (consulté le )
  25. « L'histoire de la Lorraine dans les rues de Nancy », sur galeries.limedia.fr (consulté le )
  26. « Monument militaire (Bathelémont-lès-Bauzemont) », sur image-est.fr (consulté le )
  27. « Projet de monument aux morts », Nancy, Archives municipales (consulté le )
  28. Pascal Étiennette, « Maquette 22 Fi 1 001 », Nancy, Archives municipales, (consulté le ), p. 6
  29. Hélène Say (dir.), « Fonds de l'entreprise France-Lanord et Bichaton 113 J. Catalogue raisonné », Nancy, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, 2002-2021 (consulté le ), p. 8 et 25
  30. a b c et d Francine Bertrand (préf. Antoinette Faÿ-Hallé), Grès flammés de Rambervillers : Art nouveau dans les Vosges (catalogue de l'exposition du 28 février au 28 avril 1997), Épinal, Musée départemental d'art ancien et contemporain, , 173 p.
  31. L'École de Nancy. Art nouveau et industrie d'art (catalogue de l'exposition du 19 mai au 3 septembre 2018 à Nancy), Paris, Somogy Éditions d'art, , 215 p. (ISBN 978-2-7572-1382-7), p. 82
  32. Mathias Auclair, Inventaire des pièces relatives à Auguste Vautrin, , 17 p., « Lettres », lettre lui attribuant le 1er prix pour le corps de lampe (), lettre de la société Produits Céramiques de Rambervillers lui demandant d'apporter des modifications techniques au pied de la lampe (), et lettre à en-tête "École de Nancy" au sujet de son prix ()
  33. a et b Frédéric Descouturelle, « La Grande Tuilerie d'Ivry : Muller tout feu tout flammes, les cheminées Art nouveau en grès émaillé », sur lecercleguimard.fr, (consulté le )
  34. Marie-Claude Ferry-Cuny, Les grès d'Alphonse Cytère : À Rambervillers, sur le chemin de l'École de Nancy, Lunéville, Amis de la faïence ancienne de Lunéville-Saint-Clément, , 63 p. (ISBN 978-2-95327270-3, présentation en ligne)