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Avaricum

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Avaricum
Image illustrative de l’article Avaricum
Vestiges du rempart gallo-romain.
Localisation
Pays Drapeau de l'Empire romain Empire romain
Province romaine Haut-Empire : Gaule aquitaine
Bas-Empire : Aquitaine première
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Commune Bourges
Type Chef-lieu de Civitas
Capitale de l'Aquitaine première
Coordonnées 47° 05′ 04″ nord, 2° 23′ 47″ est
Altitude 120 m
Histoire
Époque Antiquité (Empire romain)
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Avaricum
Avaricum
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Avaricum
Avaricum
Géolocalisation sur la carte : Cher
(Voir situation sur carte : Cher)
Avaricum
Avaricum

Avaricum est une ville gallo-romaine qui est devenue l'actuelle ville française de Bourges dans le département du Cher (région Centre-Val de Loire).

Ville gauloise

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Au Ve siècle av. J.-C., le peuple gaulois des Bituriges Cubes — nom signifiant « les rois du monde » — avait développé une vaste agglomération proto-urbaine, Avaricon, sur les bords de la rivière Yèvre (nommée alors Avara[1]). La ville, étendue sur plusieurs dizaines d'hectares, était en contact étroit avec les Arvernes (Luern, Vercingétorix) et la Méditerranée (Massalia, Golasecca, Étrurie padaneetc.).

À la fin du Ve siècle av. J.-C., le site fut abandonné en grande partie : il ne fut réoccupé densément qu'à partir du IIe siècle av. J.-C.

Conquête romaine

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Pendant la Guerre des Gaules, Vercingétorix pratiqua la politique de la terre brûlée : aucune ville, aucune ferme ne devait servir à l'approvisionnement des légions romaines. Cependant, les habitants d'Avaricon supplièrent Vercingétorix d'épargner leur cité, mettant en avant la sûreté de leur ville protégée par des défenses naturelles (car située sur une butte entourée d'une rivière et de marais) et par une puissante muraille au sud. De cette muraille lui venait le surnom de « ville rouge », au même titre que Le Mans.

Jules César assiégea Avaricon pendant de longs mois : c'est finalement en qu'il réussit à prendre la cité en affamant ses combattants et en repoussant l'armée de secours de Vercingétorix. Il ordonna à ses soldats de massacrer tous les habitants de la ville : des 40 000 hommes, femmes et enfants réfugiés dans ses murs, seuls 800 en réchappèrent.

Ville romaine

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Haut-Empire

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Après la conquête, la ville, qui prit le nom latinisé d'Avaricum[1], fut reconstruite selon les normes de l'Empire romain, à savoir un plan hippodamien avec forum et monuments (porte monumentale, aqueducs, thermes, amphithéâtre). De nombreuses villas furent bâties et la ville se développa.

Après la révoltes des bagaudes et les premières invasions barbares du IIIe siècle, Avaricum, comme la quasi-totalité des villes de Gaule, se rétracta et s'entoura d'une enceinte fortifiée en réemployant les pierres des bâtiments officiels. La surface enclose (40 ha), bien qu'en retrait par rapport à la période précédente, était l'une des plus étendues des Gaules[2]. Une voie importante longeait le Cher entre Bourges et Tours ; elle figure sur la table de Peutinger[3].

Diffusion du christianisme à Avaricum

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La ville fut évangélisée par Ursin de Bourges, dont la tradition catholique a fait le premier évêque de Bourges.

Bourges devint ensuite le siège d'un archevêché, dont relevaient les diocèses d'Albi, de Cahors, de Clermont-Ferrand, de Mende, du Puy-en-Velay, de Rodez, de Saint-Flour et de Tulle. Les archevêques de Bourges utilisèrent les titres de primats des Aquitaines et patriarches de l'Église romaine.

Les structures constituant la place publique antique ont été mises en évidence au cœur même des soubassements constituant le sous-sol du centre-ville[4].

Ce complexe monumental fut découvert par hasard en 1857, lors d'une opération architecturale visant à colmater les caves du palais ducal[4]. Mais ce ne fut qu'un siècle plus tard, en 1961, que des fouilles archéologiques furent effectuées à l'emplacement du forum d'Avaricum, sous la direction de Jean Favière, conservateur du musée du Berry[4]. Ces investigations archéologiques mirent au jour les parois et plaques de sol du forum, demeurées jusqu'alors inaccessibles[4].

Notes et références

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  1. a et b Pierre Malvezin, Dictionnaire des racines celtiques, Société philologique de France, (lire en ligne), p. 16.
  2. Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire (, Paris, Errance, coll. « Hespérides », (ISBN 2-87772-331-3), p. 21.
  3. Georges Gaume, « L'énigme de la voie romaine Tours-Bourges », revue archéologique du Centre de la France, t. XI, nos 3-4,‎ , p. 199-205 (DOI 10.3406/racf.1972.1800).
  4. a b c et d Jean-Pierre Adam et Claude Bourgeois, « Un ensemble monumental gallo-romain dans le sous-sol de Bourges (Cher) », Gallia, t. 35, no fascicule 1,‎ , p. 115-140 (DOI 10.3406/galia.1977.1558, lire en ligne).

Bibliographie

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  • Sophie Krausz et Ian Ralston, « Le siège d'Avaricum en ou comment les Gaulois se sont défendus contre les Romains », dans Olivier Buchsenschutz, Marie-Bernadette Chardenoux, Sophie Krausz et Michel Vaginay (dir.), L'Âge du Fer dans la boucle de la Loire : Les Gaulois sont dans la ville (Actes du 32e colloque de l'Association française pour l'étude de l'âge du fer), Bourges, (lire en ligne)
  • Sophie Krausz, « La rampe d'assaut de César devant l'oppidum d'Avaricum en  », Revue internationale d'histoire militaire ancienne (HIMA), no 9,‎ , p. 247-260 (lire en ligne)
  • Sophie Krausz, « Le massacre d'Avaricum », Dossiers d'archéologie, no 421,‎ , p. 59

Articles connexes

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Liens externes

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