B.F.
| B.F. | |
| Type | Caboteur et épave |
|---|---|
| Fonction | Transport |
| Histoire | |
| Chantier naval | (Saint-Joseph-de-Sorel) |
| Lancement | |
| Statut | Naufrage dans la nuit du 13 au |
| Carrière | |
| Pavillon | Canada |
| modifier |
|
Le B.F., pour Bernier et frères, est un caboteur en acier ayant appartenu aux frères Bernier, originaires de Les Méchins, au Québec. Il sombre dans le fleuve Saint-Laurent dans la nuit du 13 au 14 mai 1952, au large de Baie-des-Sables, causant la mort de ses dix membres d'équipage, dont les trois frères Bernier.
Histoire
[modifier | modifier le code]Construit aux chantiers maritimes du gouvernement fédéral à Saint-Joseph-de-Sorel[1], le navire est lancé le sous le nom de Coal Barge No. 6[1],[2]. Il est destiné au ministère de la Marine et des Pêcheries et affecté, de 1916 à la fin des années 1930, à des travaux de dragage sur le Saint-Laurent[1],[2].
Réquisitionné au début de la Seconde Guerre mondiale par la défense nationale, il prend le nom de B.D. no. 3 et sert de navire d'appoint lors de convois marchands[1],[2]. Après la guerre, il est réparé, renommé Roseleaf et utilisé pour le transport de bananes dans le golfe du Mexique[2],[3]. Entre 1947 et 1951, il reste inactif[2].
À la suite de la perte de leur goélette les frères Bernier acquièrent le Roseleaf en 1951. Une source situe l'acquisition en juillet[1], tandis qu'une autre la place à l'automne[2]. Des modifications sont alors effectuées, dont l'ajout d'une troisième cale, d'une cabine en acier au-dessus des cuisines et de mâts de chargement[4]. Le navire est rebaptisé B.F. et mis au service du transport de bois de pulpe entre la Gaspésie et Trois-Rivières[1].
Naufrage
[modifier | modifier le code]Le , le B.F. charge du bois de pulpe à Marsoui puis à Sainte-Anne-des-Monts[1]. Il transporte alors environ 435 cordes de bois vers Trois-Rivières[1]. La coque aurait été endommagée lors du chargement à Marsoui, provoquant possiblement une infiltration d'eau[4].
Le navire est aperçu pour la dernière fois dans la nuit du 13 au [2],[5]. Il coule rapidement, vers 2h30, sans appel de détresse, à environ huit kilomètres de la côte, près de Baie-des-Sables[1],[2],[6]. Les conditions météorologiques incluent du vent, de la pluie et des vagues[4]. Les dix marins périssent, dont six originaires de Les Méchins, un de Cap-Chat, un de Matane, un de Rimouski et un de Grandes-Bergeronnes[1].
Découverte et exploration de l'épave
[modifier | modifier le code]L'épave reste introuvable pendant plus d'un demi-siècle, alimentant un certain mystère autour du naufrage[1],[3],[5]. En 2006, le Service hydrographique du Canada localise le navire lors d'un levé bathymétrique[1],[3],[5],[6]. L'identification est confirmée par une expédition utilisant un ROV[1].
En 2014, une image acoustique obtenue par sonar multifaisceaux dans le cadre d'un projet du CIDCO estime alors la taille des vestiges à environ 32 mètres de longueur, 10 mètres de largeur et 4 mètres de hauteur[4]. Le , de nouveaux levés bathymétriques et géophysiques à haute résolution sont réalisés par le navire océanographique Coriolis II et l'AUV Hugin[7]. Ces relevés révèlent des dimensions plus précises : 64 mètres de longueur, 11 mètres de largeur et 9 mètres de hauteur, avec une poupe surélevée atteignant 5,5 mètres[7]. Les images montrent un navire complet présentant une conservation exceptionnelle[7].
À l'été 2022, deux plongeurs du groupe Les plongeurs d'épaves techniques du Québec (PETQ) atteignent l'épave à une profondeur d'environ 74 mètres, constatant un bon état général et confirmant la présence de l'hélice. Ils explorent la timonerie, observent la roue et la boussole[5],[7],[8].
Mémoire
[modifier | modifier le code]Un monument à la mémoire des disparus est installé au parc du Sacré-Cœur à Baie-des-Sables[5]. En 2014, Louis Blanchette publie Disparus en mer, un ouvrage consacré à l'histoire et aux hypothèses entourant le naufrage[5],[6],[4].
En 2024, la bande dessinée La malédiction des Bernier, scénarisée par Yves Martel et illustrée par Dante Ginevra, s'inspire du drame et mêle éléments historiques et fiction[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Louis Blanchette, « Le navire B.F. »
, sur Société d'histoire et de généalogie de Matane (consulté le )
- Delmas et Rioux 2023, p. 15.
- « Il y a 62 ans mourraient 10 marins au large de Baie-des-Sables »
, sur Radio-Canada, (consulté le )
- Delmas et Rioux 2023, p. 16.
- Johanne Fournier, « Première plongée au coeur d’une épave vieille de 70 ans »
, sur Le Soleil, (consulté le )
- « Le naufrage du navire B.F. raconté par Donald Tremblay »
, sur Infodimanche, (consulté le )
- Delmas et Rioux 2023, p. 29.
- ↑ « L’épave du navire B.F. visitée pour la première fois, 70 ans après son naufrage à Baie-des-Sables »
, sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ Camille Lacroix, « Une BD sur le naufrage du navire des frères Bernier »
, sur Radio-Canada, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Vincent Delmas et Justine Rioux, Inventaire archéologique subaquatique par télédétection dans le Chenal Laurentien, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, Rimouski, Institut de recherche en histoire maritime et archéologie subaquatique (IRHMAS), (lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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