Bataille de Cervera
| Date | 29 juillet 1000 |
|---|---|
| Lieu | Près de Espinosa de Cervera, comté de Castille (actuelle Province de Burgos, Espagne) |
| Issue | Victoire de Cordoue |
| Comté de Castille Royaume de Pampelune |
| Sanche Ier de Castille García Gómez de Saldaña |
Almanzor |
| Inconnues | Estimation moderne: 20 000[1] |
| Inconnues, peut-être mineures [1] | 700 morts [1],[2] |
| Coordonnées | 41° 54′ nord, 3° 28′ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Cervera a lieu près d'Espinosa de Cervera le entre les troupes des comtes Sanche Ier de Castille et García Gómez de Saldaña contre celles du Califat de Cordoue, commandées par le Hadjib Almanzor.
Contexte
[modifier | modifier le code]La trêve entre la Castille et Cordoue est rompue en 999 lorsque le comte Sanche Ier refuse de payer le tribut annuel et vient en aide à son voisin chrétien, García III de Pampelune, attaqué par les Musulmans [3]. Le 21 juin 1000, une armée quitte Cordoue sous le commandement d'Almanzor pour une expédition punitive contre la Castille [4], [5],[6]. Au cours de sa marche, il détruit la ville de Canales de la Sierra, à la frontière orientale du comté de Castille, sur les contreforts sud de la Sierra de la Demanda [1].
Almanzor traverse le Douro et envahit la Castille près de Medinaceli, où il aperçoit une armée commandée par Sanche Ier [7], composée de castillans ainsi que de troupes envoyées par le roi de Pampelune, le roi de León ou le comte de Saldaña [8],[9],[10]. Le comte de Castille campe au rocher de Yarbayra [7] ou Peña Cervera, au sud de Santo Domingo de Silos, un endroit central, bien situé pour le ravitaillement, et inaccessible en raison de sa géographie [11]. L'implication de ces événements montre que la planification et les communications de Sanche Ier ont été supérieures à celles d'Almanzor [12].
La Bataille
[modifier | modifier le code]Les deux armées entrent en contact le 29 juillet et se préparent au combat le lendemain. Almanzor, incertain de la conduite à tenir après avoir constaté la taille de l'armée chrétienne et son emplacement avantageux, décide de rencontrer ses officiers pour élaborer une stratégie. Le matin du 30, alors que les Cordouans n'ont pas encore arrêté de plan d'action, le comte de Castille lance une attaque inattendue, descendant les pentes du rocher contre les flancs de l'armée cordouane. Les Chrétiens pressent les deux flancs des Musulmans avec leur cavalerie et, alors que le flanc droit est sur le point d'être complètement mis en déroute, Almanzor envoie son fils préféré, Abd al-Malik al-Muzaffar, pour le soutenir, tandis que son autre fils, Abd al-Rahman Sanchuelo, va l'aider à un autre point de la ligne de bataille [13].
Ces renforts équilibrent les combats, qui s'intensifient [13],[14]. L'un des chefs berbères accompagnant al-Muzaffar tue l'un des comtes Banu Gómez [13]. Almanzor réalise alors la manœuvre qui lui vaut la victoire dans cette confrontation acharnée : il ordonne que le camp soit déplacé du creux où il se trouve vers une colline proche [1],[9],[14],[2]. Sanche Ier de Castille croit que les forces qui apparaissent sur la colline sont des renforts maures venant à la bataille et ordonne la retraite [1],[9] qui se transforme en déroute [14],[2]. La cavalerie musulmane poursuit les Chrétiens [2] et Almanzor réussi à capturer le camp ennemi [2].
Conséquences
[modifier | modifier le code]Il s'agit de la première fois que l'unité chrétienne affronte l'armée d'Almanzor et qu'elle faillit provoquer sa défaite [15], [16]. Les pertes de l'armée califale sont estimées à sept cents morts par les chroniqueurs musulmans [2]. Almanzor parvient à s'emparer du camp ennemi, emportant de nombreuses armes et objets de valeur [2]. Bien que la bataille soit une victoire musulmane, les Chrétiens réussissent à empêcher de nouvelles incursions d'Almanzor en Castille [17]. Ce dernier meurt en 1002, lors d'une campagne dans les terres de La Rioja, à l'âge de 62 ans. Selon certaines versions, il souffre d'une maladie inconnue depuis le sac de Saint-Jacques-de-Compostelle (997), au cours duquel il donne à son cheval de l'eau des fonts baptismaux [18]. L'animal décède aussitôt et il contracte la maladie [9].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (es) Juan Bautista González, España estratégica: guerra y diplomacia en la historia de España, Silex Ediciones, (ISBN 9788477371830), p. 501
- (es) Juan Castellanos Gómez, Geoestrategia en la España musulmana: las campañas militares de Almanzor, Ministerio de Defensa, , 199 p. (ISBN 9788478239672)
- (es) José María Fernández del Pozo, Reyes de León: Alfonso V (999-1028) - Vermudo III (1028-1037), Burgos: Editorial la Olmeda, , 287 p. (ISBN 978-8-48991-507-7)
- (en) Richard A. Fletcher, The Quest for El Cid, Oxford University Press, (ISBN 9780195069556, lire en ligne)
- (es) Gonzalo Martínez Díez, El condado de Castilla, 711-1038: la historia frente a la la leyenda, Volumen 2, Marcial Pons Historia, (ISBN 9788495379948, lire en ligne), p. 819
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Fernández del Pozo,1999,p53
- Martínez Díez,2005,p567
- ↑ Martínez Díez, 568.
- ↑ Martínez Díez, 564–567
- ↑ Castellanos Gómez, 2002, p134
- ↑ Martínez Díez,2005,p564
- Martínez Díez,2005,p568
- ↑ Castellanos Gómez,2002,p135
- Bautista,2007,p125
- ↑ "Un possible interregno en la monarquía pamplonesa (1000-1004)", "Primer Congreso General de Historia de Navarra", 3, "Comunicaciones. Edad Media, Pampelune, 15–18
- ↑ Martínez Díez, 564.
- ↑ Martínez Díez, 568–569.
- Martínez Díez,2005,p566
- Castellanos Gómez, 2002, p136
- ↑ Martínez Díez,2005,p569
- ↑ Castellanos Gómez,2002,p134
- ↑ Martinez Diez, 2005, p570.
- ↑ Bautista, 2007, p124