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Bespredel

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Bespredel

Titre original Беспредел
Réalisation Igor Gostev
Scénario Leonid Nikitinski (ru)
Acteurs principaux Andreï Tachkov
Anton Androssov (ru)
Sociétés de production Mosfilm
Ritm
Pays de production Drapeau de l'URSS Union soviétique
Genre film de prison
drame policier
Durée 102 minutes
Sortie 1989

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Bespredel (Беспредел, litt. « Anarchie ») est un film de prison soviétique réalisé par Igor Gostev et sorti en 1989. Le film s'inspire de l'essai éponyme de Leonid Nikitinski (ru), publié dans la revue Ogoniok.

Le thème principal du film est le « dedovchtchina », le conflit entre, d'une part, la majorité des détenus, réduits à l'état d'esclaves sans droits et refusant désormais de se résigner à cette situation, et, d'autre part, les « Noirs » (les voleurs dans la loi), leurs complices, ainsi que l'administration pénitentiaire. Le thème secondaire du film est celui de la révolution, de la lutte des classes, de la liberté et de sa définition, ainsi que de la déchéance morale de l'individu[1].

Dans une colonie pénitentiaire particulièrement rude, un nouveau détenu, Kalgan, est condamné à quatre ans de prison pour avoir agressé le nouveau compagnon de son ex-petite amie. Kalgan intègre la dixième brigade, dirigée par un détenu puissant surnommé Mongol et son gang, les « Noirs », qui dominent la hiérarchie de la colonie. Peu après, un jeune détenu, Viktor Mochkine dit « le Philatéliste », arrive, injustement condamné pour trafic de timbres. Après avoir subi au départ des punitions brutales, dont un séjour en isolement cellulaire, Kalgan finit par gagner le respect des détenus, qui reconnaissent son caractère inébranlable. Alors qu’il navigue dans les dangereuses dynamiques sociales, Kalgan se voit proposer de devenir chef d’équipe, ce qui lui permet d’échapper aux travaux pénibles. Pendant ce temps, le Philatéliste, désabusé par la structure de pouvoir oppressive, encourage subtilement les autres à résister. Les tensions atteignent leur paroxysme lorsque le Philatéliste critique les quotas de travail qui favorisent les Noirs et rejette leur domination, entraînant l’équipe dans une grève qui alarme l’administration pénitentiaire.

Cette rébellion déclenche une réaction en chaîne qui dégénère en tragédie. Les Noirs, méfiants face à l’influence grandissante du Philatéliste, complotent pour le discréditer, et celui-ci est sauvagement agressé après avoir été accusé de collusion avec les autorités. Cette agression pousse le Philatéliste à mettre fin à ses jours, ce qui incite Kalgan et les autres prisonniers à le venger. Kalgan riposte en tuant l’un des hommes de main de Mongol, déclenchant une révolte généralisée parmi les détenus. Le chaos culmine en un violent affrontement avec les forces de sécurité, les agents ouvrant le feu pour réprimer le soulèvement. Au lendemain des événements, Kalgan affronte Koum, l’officier manipulateur responsable de la mort du Philatéliste, l’accusant de trahison. Alors que Kalgan est transféré dans une autre prison, il brandit symboliquement les lunettes du Philatéliste — gage de leur espoir commun de justice — tandis qu’un officier blessé, Kassimov, jure de soutenir le combat de Kalgan pour sa survie.

Fiche technique

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Distribution

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  • Andreï Tachkov : Iouri Kolganov dit « Kalgan »
  • Anton Androssov (ru) : Viktor Mochkine dit « le Philatéliste »
  • Aleksandr Mokhov (ru) : Veniamin Guendelmane dit « Abrachka » ou « Parkhatyï »
  • Sergueï Garmach : Guennadi Ivanovitch Baranovski dit « Mongol », chef des « Noirs » du 10e détachement
  • Lev Dourov : major Markelov dit « Koum », chef de l'unité opérationnelle de la colonie pénitentiaire
  • Viktor Pavlov : lieutenant-colonel Mikhaïl Ivanovitch, chef de la colonie pénitentiaire
  • Aleksandr Kouznetsov (ru) : lieutenant supérieur Kassimov

Le tournage s'est déroulé à la colonie pénitentiaire de régime strict IK-10, située dans la banlieue de Tver (localité de Metallistov (ru)). Les figurants du film étaient de véritables détenus de la colonie[2].

Le film s'inspire d'un essai éponyme de Leonid Nikitinski (ru), publié dans le magazine Ogoniok[2],[3]. À la recherche d'un lieu de tournage, le réalisateur s'est rendu dans vingt colonies. Il a rencontré des détenus et, à la suite de ces rencontres, a réécrit de nombreuses scènes et dialogues afin de « ne pas faire de faux-semblants »[2].

Notes et références

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  1. a et b (ru) « Беспредел », sur kinopoisk.ru
  2. a b et c (ru) Гостев Ю. Беспредел // Sovietski ekran. — 1990. — № 4. — С. 8—9.
  3. (ru) Никитинский Л. Беспредел // Ogoniok — 1988. — № 32. — С. 27—29.

Liens externes

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