Bramidae
Les Bramidae sont une famille de poissons téléostéens de l’ordre des Scombriformes.
Dénominations
[modifier | modifier le code]La famille, tout comme certaines espèces qui la composent sont parfois appelées Castagnoles en français, ce même nom étant aussi utilisé pour des espèces du genre Chromis[1],[2]. Il semble plutôt restreint en France à l'espèce Chromis chromis[3],[4] qui n'est pas de la famille des Bramidae.
Il ne faut pas confondre cette famille, en particulier les espèces du genre Brama, avec l'espèce Abramis brama qui est un Cyprinidé ni plus généralement avec le nom vernaculaire « Brème » qui peut désigner différentes espèces de poissons d'eau douce. De même avec le terme « Brème de mer » qui désigne des sparidés marins.
Description
[modifier | modifier le code]Les Bramidae forment une famille de poissons où la variété des genres rend difficile l’identification de traits communs à l’ensemble du groupe, ce qui complique la définition même de la famille. Certaines caractéristiques typiques des acanthoptérygiens, comme le nombre de vertèbres ou la structure des nageoires ventrales, se trouvent ici altérées, notamment chez les espèces vivant en eaux intermédiaires. Pourtant, leur silhouette reste reconnaissable : un corps souvent ovale et comprimé, aux reflets sombres ou argentés, qui les distingue clairement. Une particularité partagée par tous est leur nageoire dorsale unique, dont les épines antérieures s’intègrent au lobe dorsal. Leurs écailles, ornées de crêtes ou d’épines, sont présentes à différents stades de leur vie, tandis que les marges de l’opercule et du préopercule, lisses chez l’adulte, contrastent avec celles des juvéniles qui ont des bordures operculaires spiniformes. Ces détails morphologiques, bien que variables, contribuent à leur identité collective[5]. La taille maximale observée est de 85 cm, relevée chez Taractichthys longipinnis[6].
Liste des genres
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Selon Catalogue of Life, FishBase et World Register of Marine Species (2 mars 2017)[7] :
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Selon ITIS (10 juillet 2014)[8] :
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Habitat et répartition
[modifier | modifier le code]La famille des Bramidae regroupe des poissons dont les espèces du genre Eumegistus, considéré comme le plus primitif, pourraient vivre près des fonds marins à l’âge adulte, tandis que leurs juvéniles, comme ceux des autres bramidés, sont pélagiques. Les adultes des autres espèces sont des poissons de haute mer, à l’exception de deux groupes, Brama orcini et B. caribbea ainsi que les espèces du genre Pterycombus, qui se trouvent plutôt à proximité des masses continentales et semblent s’être différenciés en conséquence. Les autres espèces sont océaniques, avec une répartition liée aux températures et aux structures des courants. Les jeunes de toutes les espèces représentent une part significative de l’alimentation des prédateurs océaniques comme les thons, les bonites, les poissons-voiliers et d’autres espèces pélagiques[5].
Il s'agit d'une famille ubiquitaire et cosmopolite dont les espèces peuvent être néritiques pélagiques, épipélagiques mais aussi méso- et bathypélagiques avec une espèce (Eumegistus brevorti) présente sur le talus continental et la zone bathyale entre 200 et 4000 m de fond. Les espèces de cette famille sont représentées en Mer Méditerranée et Mer Noire, dans l'ensemble des océans (Atlantique, Indien, Pacifique), y compris les océans Arctique et Antarctique, à l'exception de la zone Antarctique de l'Océan Pacifique[9].
Systématique et évolution
[modifier | modifier le code]Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Bramidae Bonaparte, 1831[10].
Le taxon a été, et est parfois encore, attribué à Lowe 1836 qui le premier a nommé la famille des Bramidae, cependant l'autorité retenue est Bonaparte 1831 qui a nommé Bramini une sous-famille des Chetodontidae[11], sur la base du principe de conservation de l’autorité et de la date lors d’un changement de rang, sous réserve que le type nominatif reste inchangé (article 11.7 du code ICZN[12]).
L'étude de l'évolution des Bramidae a montré combien l'apparition de traits morphologiques extrêmes peut influencer le destin adaptatif d’un groupe. Au sein de cette famille, les poissons-éventails (Pteraclis[13] et Pterycombus) se démarquent par une nageoire dorsale démesurément avancée vers l’avant du crâne, une particularité qui a profondément remodelé leur anatomie. Cette adaptation, bien qu’avantageuse pour la manœuvrabilité, semble avoir limité leurs capacités d’alimentation par succion, révélant un compromis fonctionnel typique des innovations évolutives. Les analyses phylogénétiques montrent que ces transformations craniofaciales et des nageoires sont apparues rapidement et de manière corrélée, suggérant un lien évolutif fort entre la tête et les nageoires. La phylogénie place les poissons-éventails à la base des Bramidae et indique que les autres bramidés ont réduit leurs nageoires médianes et rétabli les crêtes supraoccipitales. Mais même après la réduction de ces nageoires chez les autres bramidés, l’héritage de cette morphologie ancestrale persiste, contraignant peut-être l’ensemble de la famille à des stratégies alimentaires restreintes. Ainsi, l’évolution de formes extrêmes peut avoir des effets persistants, même après la perte de ces traits, limitant la diversification écologique des lignées[14],[15].
WoRMS ne retient pas de sous-ordres dans la classification des Scombriformes, mais le Catalogue Eschmeyer classe les Bramidae dans le sous-ordre des Scombroidei[16].
Au plan phylogénétique, les Bramidae ont pour groupe frère les Caristiidae et sont placés au sein des Siluriformes dans un clade qui regroupe également les Scombrolabracidae, les Gempylidae, les Trichiuridae et le genre Lepidocybium dont la position reste incertaine[17].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Tout comme le nom de genre Brama Bloch & Schneider 1801 le nom de la famille provient de abramis, probablement sur la base du nom lesser sea‑bream (« brème de mer mineure ») mentionnée dans le « British Zoology » de Pennant (1769) ou d’autres ouvrages britanniques où les Bramidae sont désignés sous le nom de « bream »[18].
Publications originales
[modifier | modifier le code]- (it) Carlo Luciano Bonaparte, Saggio di una distribuzione metodica degli animali vertebrati, Roma, Italia, Presso Antonio Boulzaler, , 242 p. [lire en ligne (page consultée le 18 octobre 2025)]
Le taxon y apparaît sous la forme de Bramini, sous-famille des Chetodontidae, par la suite élevé au rang de famille sous le nom de Bramidae par Lowe en 1836 :
- (la) « Piscium Maderensium species quaedam novae, vel minus rite cognitae breviter descriptae », Transactions of the Cambridge Philosophical Society, vol. 6, no Part I, , p. 195-202 (Pls. 1‑6) (lire en ligne). Ce document est parfois cité comme publié en 1838. Cependant, la couverture de la partie 1 est datée de 1836 alors que la partie 3 et la couverture du volume complet portent la date de 1838[19].
Les espèces et l'Homme
[modifier | modifier le code]Certaines espèces de la famille sont de petite taille et rares, tandis que d’autres, plus abondantes, présentent un intérêt commercial notable, comme Brama brama, qui constitue une prise importante pour la pêche espagnole dans l’Atlantique. D’autres espèces, autrefois considérées comme rares, telles que celles du genre Taractichthys et Taractes rubescens, sont désormais capturées en quantités commercialisables, notamment au Japon, grâce à l’exploitation intensive des zones pélagiques par les pêcheurs de thons. Cependant, la rareté relative des juvéniles par rapport aux autres bramidés ou aux scombridés suggère que leurs populations ne sont pas très étendues[5].
En 2025, les 9 espèces de la famille évaluées par la liste Rouge de l'UICN sont classées en Préoccupation mineure (LC)[20].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 18 octobre 2025.
- ↑ GBIF, « Espèces dénommées Castagnole » (consulté le )
- ↑ Museum national d'Histoire naturelle, « Chromis chromis (Linnaeus, 1758) - Castagnole » [archive du ], sur Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le )
- ↑ « Chromis chromis | DORIS », sur doris.ffessm.fr (consulté le )
- (en) G. W. Mead, Bramidae, vol. XV (81), Copenhagen, Denmark, Andr. Fred. Høst & Søn, coll. « Dana-Report: The Carlsberg Foundation’s Oceanographical Expedition round the world 1928-30 and previous Dana-expeditions », , 166 (+ 9 plates) (lire en ligne)
- ↑ Joseph S. Nelson, Mark V. H. Wilson et Terry Grande, Fishes of the world, John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-118-34233-6, 978-1-119-17484-4 et 978-1-119-22081-7)
- ↑ World Register of Marine Species, consulté le 2 mars 2017.
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 10 juillet 2014.
- ↑ UICN, consulté le 17 octobre 2025.
- ↑ World Register of Marine Species, consulté le 17 octobre 2025.
- ↑ (en) Richard Van Der Laan, William N. Eschmeyer, Ronald Fricke, « Family-group names of Recent fishes », Zootaxa, vol. 3882, no 1, , p. 1‑230 (ISSN 1175-5334, DOI 10.11646/zootaxa.3882.1.1, lire en ligne)
- ↑ W. D. L. Ride (dir.), H. G. Cogger (dir.), C. Dupuis (dir.), O. Kraus (dir.), A. Minelli (dir.), F. C. Thompson (dir.), P. K. Tubbs (dir.), International code of zoological nomenclature = Code international de nomenclature zoologique, vol. 1999, London, International Trust for Zoological Nomenclature, c/o Natural History Museum, , 4th ed. éd., 344 p. (ISBN 978-0-85301-006-7, DOI 10.5962/bhl.title.50608, lire en ligne), p. 1‑344
- ↑ Auteurs Aquaportail, « Pteraclis (genre) : les poissons-éventails », sur AquaPortail (consulté le )
- ↑ Michelle C Gilbert, Andrew J Conith, Catherine S Lerose, Joshua K Moyer, Steve H Huskey, R Craig Albertson, « Extreme Morphology, Functional Trade-offs, and Evolutionary Dynamics in a Clade of Open-Ocean Fishes (Perciformes: Bramidae) », Integrative Organismal Biology, vol. 3, no 1, , obab003 (ISSN 2517-4843, DOI 10.1093/iob/obab003, lire en ligne)
- ↑ (en) Michelle C. Gilbert, Catherine S. Lerose, Andrew J. Conith, R. Craig Albertson, « Breaking constraints: The development and evolution of extreme fin morphology in the Bramidae », Evolution & Development, vol. 24, no 3‑4, , p. 109‑124 (ISSN 1525-142X, DOI 10.1111/ede.12409, lire en ligne)
- ↑ (en) California Academy of Sciences, « Eschmeyer's Catalog of Fishes Classification », sur www.calacademy.org (consulté le )
- ↑ (en) Christine E. Thacker, Thomas J. Near, « Phylogeny, biology, and evolution of acanthopterygian fish clades », Reviews in Fish Biology and Fisheries, vol. 35, no 2, , p. 805‑845 (ISSN 1573-5184, DOI 10.1007/s11160-025-09935-w, lire en ligne)
- ↑ (en-US) « Order SCOMBRIFORMES: Families AMARSIPIDAE, CENTROLOPHIDAE, NOMEIDAE, ARIOMMATIDAE, TETRAGONURIDAE, STROMATEIDAE, ARRIPIDAE, BRAMIDAE, CARISTIIDAE, CHIASMODONTIDAE and POMATOMIDAE », sur The ETYFish Project, (consulté le )
- ↑ (en) CAS - Eschmeyer's Catalog of Fishes:, « Eschmeyer's Catalog of Fishes Reference Record Lowe R.T., 1836 », sur researcharchive.calacademy.org (consulté le )
- ↑ UICN, consulté le 17octobre 2025.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code](en) H. G. Moser, B. C. Mundy, « Bramidae: pomfrets », dans The early stages of fishes in the California current region: final report, Camarillo, CA, U.S. Dept. of the Interior, Minerals Management Service, Pacific OCS Region, coll. « Atlas », (ISBN 978-0-935868-82-1, lire en ligne), p. 964‑971
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Animal Diversity Web : Bramidae (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Bramidae Bonaparte, 1831 (consulté le )
- (en + fr) FishBase : () (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Bramidae (consulté le )
- (en) IRMNG : Bramidae Bonaparte, 1831 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Bramidae (consulté le )
- (en) NCBI : Bramidae (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Bramidae (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Bramidae Bonaparte, 1831 (consulté le )
- (en) UICN : taxon Bramidae (consulté le )
- (en) WoRMS : Bramidae (+ liste genres + liste espèces) (consulté le )