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Buoso da Duera

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Buoso da Duera
Le Corps de Buoso da Duera retrouvé par les moines capucins, peinture de Giacomo Di Chirico.
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Enfant
Anna Dovara (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Buoso da Duera (ou da Dovera), né à Dovera et mort à Vérone en 1291, est un seigneur de Soncino et de Crémone au XIIIe siècle.

En 1244 Buoso fut nommé podestat de Lodi par l'empereur Frédéric II. En 1247 il défendit Vérone avec le condottiere Uberto II Pallavicino. Il fut d'abord ami puis l'adversaire du condottiere Ezzelino III de Romano. En 1249 Buoso fut capturé par les Bolonais lors de la bataille de Fossalta, en compagnie du roi Enzio. Il fut libéré deux ans plus tard grâce à l'intercession du pape Innocent IV[1].

Il réapparut à Crémone en 1255, au côté du « seigneur perpétuel » de la ville, Uberto II Pallavicino, dont il devint le principal lieutenant. En 1265 Manfred Ier de Sicile le chargea de recruter des milices à opposer aux troupes françaises de Charles d'Anjou, mais selon certains chroniqueurs, dont Dante Alighieri, Buoso da Duera fut acheté par les Français et les laissa transiter vers le champ de bataille de Bénévent où eut lieu la célèbre bataille en 1266. L'année suivante, Buoso fut banni de Crémone. En 1268, il apporta son soutien au jeune Conradin[1].

En 1271, en compagnie d'autres chefs gibelins, Buoso prêta allégeance au roi Alphonse X de Castille. En 1274, il se rendit en Espagne afin de lever des troupes castillanes, avec lesquelles il combattit en Italie l'année suivante. En 1278, il s'allia avec Guillaume VII de Montferrat, le nouveau chef du parti gibelin. En 1285, il fut élu podestat de Verceil. Il mourut à Vérone en 1291[1].

Dans la littérature

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Dans la Divine Comédie, Dante Alighieri le situe dans le dernier cercle de l'Enfer, parmi les traîtres à leur patrie (L'Enfer, XXXII, 116). En traversant le Cocyte, dans la deuxième zone du neuvième cercle où sont punis les traitres, Dante trébucha sur une tête dépassant de la glace (il écrit qu'il ne sait pas expliquer si c'est selon sa volonté, selon le destin ou la volonté divine) laquelle jure et fait un bref signe à la « vengeance de Montaperti ». Alors, Dante a un doute et demande à Virgile de l'attendre un instant ; de retour vers le damné, il l'invite à révéler son identité mais quand celui-ci (Bocca degli Abati), refuse (les deux ont une véritable altercation), Dante devient violent et saisit le damné par le col le menaçant de lui arracher les cheveux.

À ce moment, un autre damné trahit Bocca, révélant à Dante son nom, mais avant que le poète ne s'en aille, satisfait d'avoir résolu l'énigme du traitre de Montaperti, le même Bocca se mit à hurler autant de noms que possible de ses compagnons de malédiction dont celui de Buoso da Duera, ainsi que ceux de Tesauro Beccaria, Gianni de' Soldanieri (it), Ganelon et Tebaldello Zambrasi (it)), de façon à les traîner, eux aussi, dans l'infamie au plus profond de l'Enfer.

Notes et références

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  1. a b et c (it) Ernst Voltmer, « Buoso da Dovara », Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 41 (1992). [lire en ligne]

Articles connexes

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Liens externes

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