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Camillo Massimi

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Camillo Massimi
Image illustrative de l’article Camillo Massimi
Camillo Massimi, portrait par Vélasquez (1650).
Biographie
Naissance
Rome,  États pontificaux
Décès (à 57 ans)
Rome,  États pontificaux
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Clément X
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Maria in Domnica
Cardinal-prêtre de S. Eusebio
Cardinal-prêtre de S. Anastasia
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par le card. Fabio Chigi
Nonce apostolique en Espagne
Patriarche titulaire de Jérusalem

(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Camillo Massimi, parfois appelé Massimo (né le à Rome, alors capitale des États pontificaux et mort le à Rome) est un cardinal italien du XVIIe siècle.

Carlo Camillo Massimi appartient à l'une des plus anciennes familles de l'aristocratie romaine dont l'origine remonterait au Xe siècle.

Il reçoit une éducation soignée en droit et en lettres, puis étudie à l'université La Sapienza de Rome dont il sort docteur en théologie à 20 ans en 1640. La même année, il hérite de l'immense fortune de son oncle Camillo Massimi consistant en des terres, palais et collections d'arts. Carlo doit en contrepartie prendre le nom de baptême du défunt[1]. Le jeune clerc débute une brillante carrière dans l'administration pontificale. En 1646, il devient camérier secret du pape Innocent X, puis chanoine de la basilique Saint-Pierre l'année suivante. En 1651, il achète la charge de clerc de la chambre apostolique, l'une des hautes charges de la Curie Romaine. En 1654, il est consacré patriarche titulaire de Jérusalem par deux futurs papes : le cardinal Fabio Chigi, et l'archevêque de Tarse Giulio Rospigliosi.

Quelques jours après sa consécration, Innocent X le nomme nonce apostolique et l'envoie en Espagne pour tenter de mettre un terme à la guerre franco-espagnole. Mais sa proximité avec la famille Barberini, donc supposé de sympathies pro-françaises en font une persona non grata à Madrid et il doit attendre un an l'autorisation de gagner la Cour. Massimi commet l'erreur d'exclure l'ambassadeur vénitien à Madrid des négociations avec l'Espagne, obligeant la Sérénissime à protester auprès du nouveau pape Alexandre VII qui le rappela à Rome[1]. Tombé en disgrâce pour sa maladresse vis-à-vis de Venise, et de fraudes comptables durant sa nonciature[2], il est exilé durant cinq ans à Roccasecca dei Volsci, un village des domaines légués par son oncle.

Alexandre VII lui permet de revenir à Rome en 1663. Le prélat achète alors le Palais Mattei au carrefour des Quatre-Fontaines qu'il rénove et décore avec soin, aujourd'hui Palais Albani Del Drago. Il se lance dans l'enrichissement systématique de ses collections d'antiquités, monnaies antiques, peintures et sculptures.

Ses goûts artistiques affirmés et sa réputation de collectionneur avisé ont sans aucun doute joué un rôle prépondérant pour se retour en grâce à la fin des années 1660. Il devient un conseiller artistique influent auprès du pape Clément X, et de son neveu le cardinal Paluzzo Paluzzi Altieri Degli Albertoni[2] qui en retour le comblent de faveurs : il est nommé préfet des Cubiculi (camériers) du pape et créé cardinal lors du consistoire du 22 décembre 1670.

Camillo Massimi meurt en son palais romain le 12 septembre 1677. Il est inhumé dans le caveau familial de la basilique basilique Saint-Jean-de-Latran.

Les goûts et les collections du cardinal

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Camillo Massimi eut des contacts précoces et privilégiés avec les milieux artistiques romains. A l'âge de dix ans, il suivait des cours de dessins dispensés par le peintre français Nicolas Poussin. Le jeune aristocrate fréquentait aussi le cercle de lettrés et de savants de la Maison du cardinal Francesco Barberini[1], bibliophile, mécène et collectionneur. Le cardinal Massimi était réputé pour sa passion des Antiquités et de la numismatique jusqu'à être considéré comme un spécialiste parmi les antiquaires romains et étrangers. Dans sa jeunesse, il avait été initié à l'antiquarisme par Francesco Angeloni, auquel il rendait fréquemment visite et qui possédait un important cabinet d'antiquités[1]. Il y rencontra Giovanni Pietro Bellori, qui devient son ami puis son antiquaire personnel dans les dernières années de sa vie.

L'héritage de son oncle lui permit de constituer des collections d'antiquités et d’œuvres d'art, en particulier picturales avec des chefs-d’œuvre notables de son ami Nicolas Poussin, de Diego Vélasquez qu'il rencontra à Rome en 1649-1650, et de Claude Gellée. Dans les années 1670, Massimi patronna le peintre Carlo Maratta et obtint pour lui du cardinal Paluzzo Paluzzi Altieri la décoration du grand salon du Palais Altieri.

Lors de son exil entre 1658 et 1663, Camillo Massimi ne resta pas inactif puisqu'il fait bâtir deux églises baroques à Roccasecca dei Volsci et maintient des contacts épistolaires avec les érudits italiens comme étrangers et ses amis artistes à Rome[2].

La richesse de ses collections, accessibles aux érudits, contribue à l'attractivité de la ville éternelle dans la République des Lettres. Le cardinal possédait, entre autres, une collection de plus de 2000 monnaies antiques attirant les meilleurs numismates du temps, dont Jean Foy-Vaillant, Charles Patin, et Jacob Spon. A sa mort en 1677, son frère Fabio Camillo hérita de ses biens et de ses collections[3].

Succession apostolique

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Camillo Massimi a ordonné les évêques suivants[4] :

Références

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  1. a b c et d (it) Claudia Terribile, « MASSIMO, Carlo Camillo », dans Dizionario biografico degli Italiani, vol. 72, (lire en ligne Accès libre).
  2. a b et c (en) Lisa Beaven, An Ardent Patron: Cardinal Camillo Massimo and His Antiquarian and Artistic Circle: Giovanni Pietro Bellori, Claude Lorrain, Nicolas Poussin, Diego Velázquez, London and Madrid, Paul Hoberto Publishing and Centro de Estudios Europa Hispanica, , 440 p. (ISBN 9781903470985).
  3. (it) Marco Buonocore (dir.), Camillo Massimo collezionista di antichità, Rome, "L'Erma" di Bretschneider, , 246 p. (ISBN 9788870629439), p. 91-157.
  4. (en) David M. Cheney, « Camillo Cardinal Massimi † », sur catholic-hierarchy.org.

Articles connexes

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Liens externes

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